Announcement
Argumentaire
Les traditionnelles Journées d’études organisées par les Jeunes Chercheur·euses Médiévistes (JCM) se tiendront cette année les 12 et 13 mars 2026 à l’Université de Fribourg en Suisse. Selon une perspective interdisciplinaire, elles seront consacrées au thème de la marginalité au Moyen Âge.
En français, le terme marge a pour sens premier « bord, bordure d’une chose (en général) » (dès 1125), avant de prendre au XIIIe siècle le sens particulier « blanc qui est autour d’un côté d’une page écrite » (FEW 6 : 334a) et enfin au XVe, sous forme adjectivale, « ce qui est situé dans la marge d’une page » (FEW 6 : 335a). Le terme marginalité, quant à lui, est un dérivé de marginal créé dans la seconde moitié du XXe siècle (v. 1965) afin de véhiculer d’autres idées, notamment celle d’anomalie sociale (DHLF, sv marginal, ale, aux). Ce constat terminologique invite à s’interroger sur un phénomène complexe dont la réalité demeure nébuleuse. Mendiants, prostituées, lépreux, béguines et vagabonds etc. composent une population difficile à définir, à la fois dépendante et exclue du reste de la société ; elle se situe aux marges de certaines normes sociales : mais de quelles normes et formes de marginalité parle-t-on exactement ? Comment peut-on mobiliser cette notion moderne, consciemment anachronique, à l’étude de la période médiévale ?
Marges sociales
Pour tenter de répondre à ces questionnements, nous souhaiterions, dans un premier temps, nous pencher sur les marges sociales. On peut s’intéresser à la place et au statut des corps souffrants ou « différents » (Delattre 2018), tels que les lépreux et les handicapés, dans les sociétés médiévales. Peuvent également être concernés les individus marginalisés en raison de leur religion ou de leur profession. Plusieurs corps de métier sont alors réputés vils ou dépréciés : par exemple ceux liés au nettoyage (balayeurs, blanchisseuses) ; ceux en contact avec le sang (bouchers, chirurgiens, croque- morts etc…) ; ou encore les activités jugées moralement répréhensibles (prostituées, acteurs, usuriers, prêteurs) (Zaremska 2004 : 639-640). De même, les pratiques religieuses, les rites et les cultes peuvent contribuer à des effets de marginalisation, de communautarisme voire d’affrontements ou à l’inverse, favoriser une mixité (Montesano 2021 : 17). Comment la croyance et la pratique religieuses étaient-elle abordées dans la sphère littéraire ? Si les écrits des théologiens chrétiens ont une tendance plutôt adversative et marginalisante vis à vis de l’altérité religieuse, il existe cependant des preuves de tolérance et d’inclusivité, comme en témoigne, pour ne citer qu’elle, la célèbre novella I, 3 du Decamerone de Boccacio.
Le phénomène de marginalisation peut être lié au genre social des individus (Klapisch-Zuber 2004). Des études récentes ont mis en évidence la potentielle émancipation des femmes, que ce soit par l’exemple des béguines ou encore des femmes autrices (Bartoli, Manzoli, Tonelli 2023 ; Bartoli, Garbini, Manzoli 2024 et Howes 2024). Les femmes sont exclues d’un grand nombre d’espaces masculins, et mettent en place différents subterfuges genrés pour les intégrer et sortir de la marge, tel que le cross-dressing de certain·es saint·es (Maillet 2020) ou l’écriture « masculinisante » pratiquée par les trobairitz (LeNan 2021). Le point commun de ces stratégies est le camouflage de leur identité sociale féminine en une performativité masculine qui les fait « devenir des hommes » aux yeux de la société. Les hommes aussi peuvent être exclus socialement. Certaines catégories d’hommes s’écartant trop des normes de la masculinité hégémonique en vigueur (McNamara 1994) se retrouvent exclus, par exemple les « efféminés » ou les « sodomites » (Mills 2012). Selon leur catégorie sociale, les hommes sont alors tenus de correspondre à une masculinité codifiée pour ne pas être marginalisés. Comment les sources nous renseignent-elles sur les stratégies adoptées par celles et ceux qui s’écartent de ces normes ?
Espaces de la marge
La marge a ceci de particulier qu’elle est tout à la fois incluse dans et exclue de l’objet qu’elle circonscrit. Nous aimerions nous demander de quelle manière cet espace de seuil fait office d’intermédiaire entre une œuvre, un lieu, un objet et le reste du monde. Se pose également la question de savoir dans quelle mesure son positionnement spatial – en marge, en périphérie – se fait le reflet du sens ou de la valeur accordées aux éléments marginaux, qu’ils s’agissent de groupes sociaux, d’objets, de lieux ou d’artefacts (Camille 1992).
Par ailleurs, on peut lire les discriminations exercées envers des populations marginalisées par le biais de l’urbanisme. Les prostituées comme les lépreux constituent un exemple concret de groupes sociaux qui sont à la fois exclus et inclus dans l’espace et la société urbaine. Les prostituées sont soit forcées de vivre extramuros, soit confinées dans des maisons closes intramuros ; les deux situations pouvant coexister (Roby 2016 : 136–137). Également installées extramuros pour des raisons sanitaires, les léproseries bénéficient de cette situation qui leur permet de demeurer malgré tout en contact avec la population urbaine : elles profitent des nombreuses transactions commerciales qui s’y déroulent ainsi que de l’aumône des passants, lesquels considèrent les lépreux comme des intermédiaires privilégiés dans l’obtention du Salut (Brenner 2010, Le Blévec 2008).
Aux confins d’une principauté ou d’un royaume tant en Occident que dans l’Orient latin, les lignages nobles installés dans les marches sont un bel exemple de la tension entre opportunités et contraintes. La « noblesse des marches » se trouvent ainsi prise dans les enjeux du contrôle territorial, entre la fidélité au prince ou la multiplication des relations, la recherche d’une autonomie dynastique ou la nécessité de s’assimiler au contexte politique et culturel (Paviot&alii 2017, Chevalier&Ortega 2017). En outre, si les remparts, fortifications et frontières servent à défendre les espaces circonscrits, ils ont également pour effet de cartographier certaines conceptions sociales (Frontières 2021). Il en va de même de la perception des confins du monde. En prenant à témoin des récits de voyage tels que Le livre de Jean de Mandeville ou plus tardivement Le devisement du monde de Marco Polo, mais aussi les représentations visuelles du monde (par ex. celle de la rosace de la Cathédrale de Lausanne, datée du XIIIe s.), on peut observer la relation qu’entretenaient les médiévaux avec l’altérité et l’inconnu (Girinon&Lejosne 2024, Josserand&Jerzy 2017).
Un autre espace marginal est celui que l’on trouve dans le codex. Les marginalia des manuscrits enluminés des XIIIe-XVe s., qui présentent souvent des êtres, scènes ou objets fantasques et parfois obscènes (Wirth 2008) sont, comme tout artefact médiéval, attachés à leur environnement d’apparition. Leur étude permet de mettre en lumière l’interaction entre l’objet et sa périphérie. Nous proposons deux angles d’approche – non-exhaustifs – de cette relation. Les espaces liminaux – marges et bordures – peuvent s’étudier au prisme de l’ornementation esthétique, de l’ornatus (Bonne 1996). On peut également considérer les éléments cohabitant en marge du texte dans le codex sous l’angle narratologique du paratexte (Brown-Grant et al. 2019, Stout 2021). Par ailleurs, si les gloses semblent exclues du texte, elles peuvent cependant interagir avec celui-ci, comme le révèle l’exemple de la transmission textuelle des Eschés amoureux et son commentaire en prose par Évrart de Conty, Livre des eschez amoureux moralisés (Mussou 2006).
Les interstices comme marge
Il est possible d’envisager la marge en tant qu’entre-deux, inscrit dans les interstices d’un ensemble homogène, sans pour autant qu’elle constitue une altérité radicale et marquée. Selon Foucault, c’est dans une hiérarchisation générale de l’espace selon de multiples critères – sacré/profane, ouvert/fermé, urbain/campagnard, céleste/terrestre – que se manifeste la conception médiévale de l’espace localisé (Foucault 1967). Or cette hiérarchisation crée des entrecroisements et suscite des « espaces autres » que l’on pourrait qualifier de marginaux, et qu’il nomme ’hétérotopies’ (cimetières, théâtres, jardins, bibliothèques, casernes, foires, harems).
Certains groupes se forment également au-delà de l’espace, dans un non-lieu mouvant, que l’on pense aux troupes de routiers, aux armées en campagne, aux marchands et artistes ambulants ou aux groupes de pèlerins formant des communautés qui sortent des structures et créent leurs propres espaces. Mais l’interstice est aussi, dans les zones urbanisées, un lieu toléré quoique non reconnu – bords des routes, théâtres ambulants, roulottes de chirurgiens, podiums de prédicateurs, etc. –, où la présence marginale échappe aux logiques officielles tout en s’inscrivant dans les dynamiques sociétales (Lefebvre 1974). Il peut également constituer le terrain de la résistance face aux structures en place : dans ce cas, l’interstice n’est pas subi mais bel et bien approprié. C’est le cas par exemple des communautés religieuses qualifiées de dissidentes (Vaudois, Dolciniens, Parfaits, Hussites, etc.) qui prônèrent des modes de vie alternatifs.
L’interstice peut avoir une fonction identitaire lorsqu’il désigne les conditions de celles et ceux qui n’appartiennent pas totalement à un monde, ni à un autre (migrants, métis, minorités de genre ou religieuse, esclaves), qu’il soit forcé (ghetto, casernes), organisé (quartiers de corporations) ou organique (communautés ethniques ou religieuses ; Conesa Soriano & Pilorget 2016). A l’inverse, il peut permettre la désindividualisation et constituer ainsi ce qu’Augé a défini comme un « Non- Lieu » (Augé 1992). Ces espaces interstitiels peuvent également être des catalyseurs de rencontre et d’hybridité culturelle – Third Space – permettant aux identités de se réinventer en marge des dualismes (Bhabha 1994). Ils sont alors des lieux de production et d’innovation, et font office de laboratoire d’expérimentations sociales, culturelles et politiques. L’interstitiel, si puissant dans la philosophie de Deleuze (1995), est un espace de génération et de création privilégié. En ce sens, la littérature et l’art incarnent ce déplacement, ou pour le dire avec Blanchot, « dépasse[nt] le lieu et le moment actuels pour se placer à la périphérie du monde » (1997 : 326).
Programme
Jeudi 12 mars
13:30 Accueil
14:00 Introduction
SESSION I : Le laid, la brute et le mendiant : représentations littéraires des marges
- 14:30 Hugo Tullii (Université de Neuchâtel)
« Barbe ou menton ; elle me fait trambler. ». Revendication de la marginalité par l’érotisation de la laideur à la fin du Moyen Âge
- 15:05 Tilleane Charavel (Université de Lausanne)
Conscience présente de la marginalité : Girart de Roussillon, Wien, ÖNB, Cod.2549
15:40 Pause
- 16:00 Smilla Steiner (Université de Lausanne)
La poésie de William Dunbar (XVe-XVIe s.) comme outil pour faire émerger les voix oubliées dans James IV : Queen of the Fight (2022) de Rona Munro
- 16:35 Camille Rivoire (Université de Toulon)
Marges et marginalités du Mystère de la Passion de Jésus-Christ, ms. Paris, BnF, nouv. acq. fr. 28471
17:10 Pause
18:00 Conférence plénière: Prof. Marina Montesano (Università degli Studi di Messina)
Marginality and Otherness. Themes, Problems, Representations
Vendredi 13 mars
9:00 Accueil
SESSION II : Faire la marge: élaboration et stratégies
- 9:15 Tom Oubelkhir (Université Lyon 2 Lumière et Université de Lausanne)
Renvoyer l’Islam des marges aux marges de la mémoire : le chiisme syrien dans la chronique Ḍayl Tārīḫ Dimašq (Continuation de l’histoire de Damas : 1048-1160) d’Ibn al-Qalānisī.
- 9:50 Livia Bausi (Università degli Studi di Firenze)
Luoghi di culto condivisi come interstizi nel Medio Oriente medievale
- 10:25 Milan Herlth (Universität Zürich)
Damit das man die erkenn den man solichs almosen geben sol: Zur Konstruktion der ‘Hausarmen’ in Freiburg i.Ü. im 15. und 16. Jahrhundert
11:00 Pause
SESSION III : Marges Concrètes - sur la page, sur le mur
- 11:20 Denise Ugliano (Università degli Studi di Napoli)
Paratextes et émotions dans les marges des manuscrits napolitains de Sénèque le tragique
- 11:55 Anna Adashinskaya (University of Thessaly, Volos)
Graffiti in Moldavian Painted Churches (16th–18th c.): Marginal Texts on the Margins of Images
12:30 Repas
SESSION IV : Lunettes marginales: relire texte et histoire au prisme de la marginalité
- 14:10 Morgane Leclerc (Université Jean Moulin Lyon 3 et Université de Lille)
Dire et penser un espace de la marge : pour une approche géopoétique des îles médiévales
- 14:45 Priscilla Benke (Université Caen Normandie)
Repenser la société médiévale par la lecture d’un poème « en marge » : le Dittamondo de Fazio degli Uberti
- 15:20 Letizia Nuscis (Università degli Studi di Teramo)
Gostanza di Vanni Bonaccorsi : marginalità e azione in una disputa ereditaria trescentesca
15:55 Conclusion
16:15 Fin
Präsentation
Das traditionelle Kolloquium der Jeunes Chercheur·euses Médiévistes (JCM) finden dieses Jahr am 12. und 13. März 2026 an der Universität Freiburg im Üechtland statt. In interdisziplinärer Ausrichtung sind sie dem Thema der Marginalität im Mittelalter gewidmet.
Im Französischen bedeutet der Begriff marge zunächst „Rand, Begrenzung einer Sache (allgemeinen)“ (seit 1125), bevor er im 13. Jahrhundert die besondere Bedeutung „leerer Rand einer beschriebenen Seite“ (FEW 6 : 334a) annahm und schließlich im 15. Jahrhundert in adjektivischer Form „das, was sich am Rand einer Seite befindet“ (FEW 6 : 335a). Der Begriff marginalité bzw. Marginalität wiederum ist ein Derivat vom Adjektiv marginal, das in der zweiten Hälfte des 20. Jahrhunderts (ca. 1965) geprägt wurde, um weitere Vorstellungen zu vermitteln, insbesondere jene der sozialen Anomalie (DHLF). Diese terminologische Feststellung lädt dazu ein, über ein komplexes Phänomen nachzudenken, dessen Realität nach wie vor unscharf bleibt. Bettler, Prostituierte, Leprakranke, Beginen, Vagabunden usw. bilden im Mittelalter eine schwer zu fassende Bevölkerungsgruppe, die zugleich vom Rest der Gesellschaft abhängig und ausgeschlossen ist ; sie befindet sich marginal und am Rande bestimmter sozialer Normen. Doch von welchen Normen und Formen von Marginalität ist hier genau die Rede ? Und wie lässt sich dieser moderne, bewusst anachronistische Begriff für die Untersuchung des Mittelalters anwenden ?
Soziale Marginalität
Um diese Fragestellungen zu beantworten, möchten wir uns zunächst den sozialen Rändern zuwenden. Dabei kann man sich für die Stellung und den Status leidender oder ‚abweichender’ Körper (Delattre 2018) in mittelalterlichen Gesellschaften interessieren, wie etwa diejenigen von Leprakranken oder Menschen mit Behinderung. Betroffen können aber auch Individuen sein, die aufgrund ihrer Religion oder ihres Berufs marginalisiert werden. Mehrere Berufsgruppen gelten als verächtlich oder minderwertig : zum Beispiel jene, die mit Reinigung zu tun haben (Straßenkehrer, Wäscherinnen) ; jene, die mit Blut in Berührung kommen (Metzger, Chirurgen, Totengräber usw.) ; oder Tätigkeiten, die als moralisch verwerflich angesehen werden (Prostituierte, Schauspieler,‚Wucherer’, Geldverleiher) (Zaremska 2004 : 639–640). Ebenso können religiöse Praktiken, Riten und Kulte Effekte der Marginalisierung, der abgrenzenden Gemeinschaftsbildung oder des offenen Konfliktes erzeugen – oder aber im Gegenteil eine gemeinschaftliche Durchmischung fördern (Montesano 2021 : 17). Wie wurden Glaube und religiöse Praxis in der literarischen Sphäre behandelt ? Wenn auch die Schriften christlicher Theologen eher eine abgrenzende und marginalisierende Haltung gegenüber religiöser Alterität aufweisen, so gab es dennoch Beispiele für Toleranz und Inklusivität, wie beispielsweise die berühmte novella I, 3 aus Boccaccios Dekameron zeigt.
Das Phänomen der Marginalisierung kann auch mit der sozialen Geschlechtsrolle von Individuen zusammenhängen (Klapisch-Zuber 2004). Neuere Studien haben die mögliche Emanzipation von Frauen hervorgehoben, sei es durch das Beispiel der Beginen oder von Schriftstellerinnen (Bartoli, Manzoli, Tonelli 2023 ; Bartoli, Garbini, Manzoli 2024 ; Howes 2024). Frauen werden von vielen männlich geprägten Räumen ausgeschlossen und entwickeln verschiedene geschlechtsspezifische Strategien, um gesellschaftliche Ränder zu verlassen – wie etwa das cross-dressing bestimmter Heiligen (Maillet 2020) oder das „maskulinisierende“ Schreiben der trobairitz (LeNan 2021). Gemeinsam ist diesen Strategien das Verbergen ihrer weiblichen sozialen Identität in einer maskulinen Performativität, die es ihnen in den Augen der Gesellschaft ermöglicht „Männer zu werden“. Auch Männer können sozial ausgeschlossen werden. Bestimmte Kategorien von Männern, die zu sehr von den Normen hegemonialer Männlichkeit abweichen (McNamara 1994), werden ausgegrenzt – so z. B. ‚Verweiblichte’ oder ‚Sodomiten’ (Mills 2012). Je nach ihrer sozialen Kategorie müssen Männer einer kodifizierten Männlichkeit entsprechen, um nicht marginalisiert zu werden. Wie geben uns die Quellen Auskunft über die Strategien derjenigen, die von diesen Normen abweichen ?
Marginale Räume
Das Besondere an einem marginalen Raum ist, dass er zugleich in das Objekt eingeschlossen ist und doch von ihm ausgeschlossen bleibt. Wir möchten fragen, inwiefern dieser Schwellenraum als Vermittler zwischen einem Werk, einem Ort, einem Objekt und dem Rest der Welt fungiert. Ebenso stellt sich die Frage, inwieweit seine räumliche Positionierung – am Rand, an der Peripherie – den Sinn oder den Wert widerspiegelt, der den marginalen Elementen zugeschrieben wird, seien es soziale Gruppen, Objekte, Orte oder Artefakte (Camille 1992).
Auch im Bereich städtischer Raumstrukturierung lassen sich Diskriminierungen gegen marginalisierte Bevölkerungsgruppen erkennen. Prostituierte und Leprakranke sind zwei konkrete Beispiele für soziale Gruppen, die im urbanen Raum zugleich ausgeschlossen und einbezogen sind. Prostituierte werden etwa entweder gezwungen, extramuros zu leben, oder werden in Bordellen intramuros eingewiesen, wobei beide Situationen auch simultan existieren können (Roby 2016 : 136– 137). Leprosorien, die aus gesundheitspräventiven Gründen ebenfalls extramuros angesiedelt sind, profitieren gewissermaßen von dieser Lage : Diese ermöglichte es den Kranken, mit der städtischen Bevölkerung in Kontakt zu stehen, am regen Handelsverkehr teilzunehmen und Almosen von Passanten zu erhalten, welche die Leprakranken als privilegierte Heilsvermittler betrachten (Brenner 2010 ; Le Blévec 2008).
Sowohl im Westen als auch im lateinischen Osten bieten Adelshäuser, die an den Rändern eines Fürstentums oder Königreichs ansässig waren, ein gutes Beispiel für die Spannung zwischen Chancen und Zwängen marginaler Lage. Diese „noblesse des marches“ ist in Fragen der territorialen Kontrolle eingebunden und findet sich etwa im Spannungsfeld zwischen der Loyalität zum Fürsten und der Ausweitung von Beziehungen oder dem Streben nach dynastischer Autonomie und der Notwendigkeit, sich an den politischen und kulturellen Kontext anzupassen (Paviot et al. 2017 ; Chevalier & Ortega 2017). Mauern, Befestigungen und Grenzen dienen nicht nur der Verteidigung, sondern kartieren auch bestimmte soziale Vorstellungen (Frontières 2021). Gleiches gilt für die Wahrnehmung der Weltenränder. Reiseliteratur wie Le Livre de Jean de Mandeville oder Marco Polos Buch der Wunder, ebenso wie visuelle Darstellungen (z. B. das Rosenfenster der Kathedrale von Lausanne, 13. Jh.), zeigen die Beziehung mittelalterlicher Zeitgenossen zur Alterität und zum Unbekanntem (Girinon & Lejosne 2024 ; Josserand & Jerzy 2017).
Ein weiterer marginaler Raum findet sich im Codex. Die Marginalien der illuminierten Handschriften des 13. bis 15. Jahrhunderts, die oft fantastische oder obszöne Wesen, Szenen oder Objekte darstellen (Wirth 2008), sind wie jedes mittelalterliche Artefakt an ihr Umfeld gebunden. Ihre Untersuchung beleuchtet die Interaktion zwischen dem Objekt und seiner Peripherie. Wir schlagen zwei – nicht erschöpfende – Zugänge zu dieser Beziehung vor : Liminale Räume – marges und Ränder – können durch das Prisma der ästhetischen Ornamentik, des ornatus (Bonne 1996), betrachtet werden. Die Elemente am Rande des Textes im Codex lassen sich aber auch narratologisch als Paratext verstehen (Brown-Grant et al. 2019 ; Stout 2021).
Auch Glossen, die zunächst ausgeschlossen scheinen, können mit dem Text interagieren, wie das Beispiel der Textüberlieferung der Eschés amoureux und des Prosakommentars Évrart de Contys, Livre des eschez amoureux moralisés, zeigt (Mussou 2006).
Zwischenräume als marginale Räume
Der marginale Raum lässt sich auch als Zwischenraum betrachten, der in die Überschneidungs- und Übergangsräume eines homogenen Ganzen eingeschrieben wird, ohne dass er eine radikale und klar markierte Alterität darstellt. Nach Foucault manifestiert sich die mittelalterliche Raumvorstellung in einer allgemeinen Hierarchisierung nach vielfältigen Kriterien, wie z. B. heilig/profan, offen/geschlossen, städtisch/ländlich, himmlisch/irdisch (Foucault 1967). Diese Hierarchisierung schafft zwischenräumliche Kreuzungen und bringt „andere Räume“ hervor, die man als marginal bezeichnen könnte, wobei er von hétérotopies spricht (Friedhöfe, Theater, Gärten, Bibliotheken, Kasernen, Jahrmärkte, Harems).
Bestimmte Gruppen bilden sich auch jenseits des Raums, in einem beweglichen Nicht-Ort – seien es Söldnertruppen, Armeen im Feld, Straßenhändler und -Künstler oder Pilgergruppen, die eigene Gemeinschaften jenseits der etablierten Strukturen schaffen. Doch auch im urbanen Raum gibt es Zwischenräume, die zwar toleriert, aber nicht offiziell anerkannt wurden– Straßenränder, Wanderbühnen, Wagen von Chirurgen, Predigtpodien usw. –, Orte, an denen marginale Präsenz den offiziellen Logiken entgeht und sich doch in gesellschaftliche Dynamiken einfügt (Lefebvre 1974). Der Zwischenraum kann auch zum Raum des Widerstands gegenüber den bestehenden Strukturen werden : In diesem Fall wird es nicht erlitten, sondern aktiv angeeignet. So etwa bei religiösen Gemeinschaften, die alternative Lebensformen propagieren und als dissident wahrgenommen werden (Waldenser, Dolcinianer, Katharer, Hussiten usw.).
Der Zwischenraum kann auch eine identitätsstiftende Funktion haben, indem er die Bedingungen jener festschrieb, die weder völlig zu der einen noch zu der anderen Welt gehören (Migranten‚ Mischlinge’, Geschlechter- oder Religionsminderheiten, Sklaven) – sei diese räumliche Marginalisierung erzwungen (Ghetto, Kasernen), selbst organisiert (Zunftviertel) oder organisch gewachsen (ethnische oder religiöse Gemeinschaften) (Conesa Soriano & Pilorget 2016). Umgekehrt kann es auch zur Entindividualisierung beitragen und das, was Augé als Non-Lieu bezeichnet, darstellen (Augé 1992). Als third space können Zwischenräume ebenso Katalysatoren für Begegnung und kulturelle Hybridität sein, die Identitäten erlauben, sich jenseits von Dualismen neu zu erfinden (Bhabha 1994). Sie werden dann zu Orten der Produktion und Innovation, zu Laboratorien sozialer, kultureller und politischer Experimente. Das Interstitium, so bedeutend in der Philosophie Deleuzes (1995), ist ein bevorzugter Ort der Erzeugung und Neuschöpfung. In diesem Sinne verkörpern Literatur und Kunst diese Verschiebung – oder, wie von Blanchot formuliert : „sie überschreiten den gegenwärtigen Ort und Moment, um sich an die Peripherie der Welt zu stellen“ (1997 : 326).
Programme
Jeudi 12 mars
13:30 Accueil
14:00 Introduction
SESSION I : Le laid, la brute et le mendiant : représentations littéraires des marges
- 14:30 Hugo Tullii (Université de Neuchâtel)
« Barbe ou menton ; elle me fait trambler. ». Revendication de la marginalité par l’érotisation de la laideur à la fin du Moyen Âge
- 15:05 Tilleane Charavel (Université de Lausanne)
Conscience présente de la marginalité : Girart de Roussillon, Wien, ÖNB, Cod.2549
15:40 Pause
- 16:00 Smilla Steiner (Université de Lausanne)
La poésie de William Dunbar (XVe-XVIe s.) comme outil pour faire émerger les voix oubliées dans James IV : Queen of the Fight (2022) de Rona Munro
- 16:35 Camille Rivoire (Université de Toulon)
Marges et marginalités du Mystère de la Passion de Jésus-Christ, ms. Paris, BnF, nouv. acq. fr. 28471
17:10 Pause
- 18:00 Conférence plénière: Prof. Marina Montesano (Università degli Studi di Messina)
Marginality and Otherness. Themes, Problems, Representations
Vendredi 13 mars
9:00 Accueil
SESSION II : Faire la marge: élaboration et stratégies
- 9:15 Tom Oubelkhir (Université Lyon 2 Lumière et Université de Lausanne)
Renvoyer l’Islam des marges aux marges de la mémoire : le chiisme syrien dans la chronique Ḍayl Tārīḫ Dimašq (Continuation de l’histoire de Damas : 1048-1160) d’Ibn al-Qalānisī.
- 9:50 Livia Bausi (Università degli Studi di Firenze)
Luoghi di culto condivisi come interstizi nel Medio Oriente medievale
- 10:25 Milan Herlth (Universität Zürich)
Damit das man die erkenn den man solichs almosen geben sol: Zur Konstruktion der ‘Hausarmen’ in Freiburg i.Ü. im 15. und 16. Jahrhundert
11:00 Pause
SESSION III : Marges Concrètes - sur la page, sur le mur
- 11:20 Denise Ugliano (Università degli Studi di Napoli)
Paratextes et émotions dans les marges des manuscrits napolitains de Sénèque le tragique
- 11:55 Anna Adashinskaya (University of Thessaly, Volos)
Graffiti in Moldavian Painted Churches (16th–18th c.): Marginal Texts on the Margins of Images
12:30 Repas
SESSION IV : Lunettes marginales: relire texte et histoire au prisme de la marginalité
- 14:10 Morgane Leclerc (Université Jean Moulin Lyon 3 et Université de Lille)
Dire et penser un espace de la marge : pour une approche géopoétique des îles médiévales
- 14:45 Priscilla Benke (Université Caen Normandie)
Repenser la société médiévale par la lecture d’un poème « en marge » : le Dittamondo de Fazio degli Uberti
- 15:20 Letizia Nuscis (Università degli Studi di Teramo)
Gostanza di Vanni Bonaccorsi : marginalità e azione in una disputa ereditaria trescentesca
15:55 Conclusion
16:15 Fin
Argument
The annual Study Days organized by the Jeunes Chercheur·euses Médiévistes (JCM) will be held this year on the 12th and 13th of March 2026 at the University of Fribourg in Switzerland. Approached from an interdisciplinary perspective, the conference will be devoted to the theme of marginality in the Middle Ages.
In English, the word margin originally meant “An edge, a border” (attested from 1382). A few years later, it acquired the specific sense of the “The space on a page, etc., between its extreme edge and the main body of written or printed matter” (OED, “margin”), and by the sixteenth century, in adjectival form, it came to signify that which “Written or printed in the margin of a page” (OED, “marginal”). The word marginality is a derivative of marginal coined in the first half of the twentieth century (c. 1908) to convey additional notions, most notably that of social anomaly. This terminological development invites us to reflect on a complex phenomenon whose reality remains elusive. Beggars, prostitutes, lepers, beguines, and vagabonds, among others, constitute a population that is difficult to define : at once dependent on and excluded from the rest of society, they occupied the margins of certain social norms. But which norms are at stake, and which forms of marginality are we speaking about ? How can this modern, and knowingly anachronistic, concept be mobilized in the study of the medieval period ?
Social Margins
To address these questions, we would first like to consider social margins. This includes examining the place and status of “suffering” or “different” bodies (Delattre 2018), such as lepers and the disabled, within medieval societies. Individuals marginalized because of their religion or occupation also fall within this scope. Certain trades were notoriously deemed vile or disreputable : for instance, those associated with cleaning (sweepers, laundresses), those in contact with blood (butchers, surgeons, gravediggers), or activities judged morally reprehensible (prostitutes, actors, usurers, moneylenders) (Zaremska 2004 : 639–640). Similarly, religious practices, rites, and cults could foster processes of marginalization, sectarianism, or even conflict—or, conversely, promote integration (Montesano 2021 : 17). How were religious belief and practice addressed in the literary sphere ? While Christian theological writings tended toward adversarial and marginalizing views of religious alterity, evidence of tolerance and inclusivity also exists, as exemplified, among others, by the famous novella I.3 of Boccaccio’s Decameron.
The phenomenon of marginalization could also be linked to social gender (Klapisch-Zuber 2004). Recent studies have highlighted the potential emancipation of women, through examples such as the beguines or women writers (Bartoli, Manzoli, Tonelli 2023 ; Bartoli, Garbini, Manzoli 2024 ; Howes 2024). Women, often excluded from male-dominated spaces, devised gendered strategies to access them and thus step out of the margins : cross-dressing in the case of certain saints (Maillet 2020), or the adoption of a “masculinizing” style by the trobairitz (LeNan 2021). The common feature of these strategies was the masking of female social identity by performing masculinity— effectively becoming “men” in the eyes of society. Men, too, could be socially excluded. Those who strayed too far from prevailing norms of hegemonic masculinity (McNamara 1994) risked marginalization : the “effeminate,” for instance, or “sodomites” (Mills 2012). Depending on their social class, men were expected to conform to a codified masculinity in order to avoid marginalization. What do the sources reveal about the strategies adopted by those who deviated from these norms ?
Spaces of the Margin
The margin is peculiar in that it is at once included in and excluded from the entity it frames. We wish to explore how such threshold spaces functioned as intermediaries between a work, a place, an object, and the wider world. To what extent does spatial positioning—in the margins, in the periphery—reflects the meaning or value attributed to marginal elements like social groups, objects, places, or artifacts (Camille 1992) ?
Urban planning too can illuminate the discriminations exercised against marginalized populations. Prostitutes and lepers for instance are concrete examples of social groups simultaneously excluded from and integrated into urban space. Prostitutes might be forced to live outside city walls (extramuros) or confined within brothels inside them (intramuros), with both arrangements sometimes coexisting (Roby 2016 : 136–137). Lepers, for sanitary reasons, were likewise housed extramuros, yet this location allowed them to remain connected to urban populations, benefiting both from commercial exchanges and from alms, since they were regarded as privileged intercessors in the quest for salvation (Brenner 2010 ; Le Blévec 2008).
At the borders of principalities or kingdoms in both the West and the Latin East, noble lineages established in the marches exemplify the tension between opportunities and constraints. The so- called “nobility of the Marches” was caught between loyalty to the prince and the multiplication of external ties, between the pursuit of dynastic autonomy and the necessity of assimilation to political and cultural contexts (Paviot & al. 2017 ; Chevalier & Ortega 2017). Fortifications, walls, and borders not only defended enclosed spaces but also served to map social conceptions (Frontières 2021). The same holds true for perceptions of the world’s limits. Travel narratives such as The Book of John Mandeville or, later, Marco Polo’s Description of the World, alongside visual representations (e.g., the thirteenth-century rose window of Lausanne Cathedral), bear witness to medieval engagements with alterity and the unknown (Girinon & Lejosne 2024 ; Josserand & Jerzy 2017).
Another marginal space lies within the codex itself. The marginalia of illuminated manuscripts (13th– 15th c.), often populated by fantastic and sometimes obscene creatures, scenes, or objects (Wirth 2008), are deeply tied to their context of appearance. Their study highlights the interaction between the text and its periphery. Two (non-exhaustive) approaches can be adopted : liminal spaces— margins and borders—may be studied through the lens of aesthetic ornamentation (ornatus, Bonne 1996) ; alternatively, elements cohabiting with the text may be analyzed in narratological terms as paratext (Brown-Grant et al. 2019 ; Stout 2021). Furthermore, while glosses might appear excluded from the text, they can nevertheless interact with it, as seen in the transmission of the Eschés amoureux and its prose commentary by Évrart de Conty, Livre des eschez amoureux moralisés (Mussou 2006).
Margins as Interstices
The margin may also be envisaged as an in-between space, inscribed within the interstices of a homogeneous whole, without constituting a radical alterity. According to Foucault, the medieval conception of localized space emerged through a general hierarchy articulated along multiple criteria—sacred/profane, open/closed, urban/rural, celestial/terrestrial (Foucault 1967). This hierarchy generated overlaps and produced “other spaces” that might be termed marginal and that he called heterotopias (cemeteries, theaters, gardens, libraries, barracks, fairs, harems).
Certain groups formed beyond fixed spaces, in shifting “non-places” : roving bands of mercenaries, armies on campaign, itinerant merchants and artists, or pilgrim groups establishing temporary communities outside established structures. Within urbanized zones, interstices also existed as tolerated but unrecognized sites—the edges of roads, traveling theaters, surgeons’ wagons, preachers’ pulpits—where marginal presence escaped official logics while nonetheless participating in broader social dynamics (Lefebvre 1974). Such interstices could also serve as grounds for resistance against established structures : in this case, they were not endured but actively appropriated. This was the case, for instance, with so-called dissident religious communities (Waldensians, Dolcinians, Cathar Perfecti, Hussites, etc.), who promoted alternative ways of life.
The interstice could also bear an identity function, designating the conditions of those who belonged fully neither to one world nor to another—migrants, mixed-heritage individuals, gender or religious minorities, slaves—whether this situation was imposed (ghettos, barracks), organized (guild districts), or organic (ethnic or religious communities ; Conesa Soriano & Pilorget 2016). Conversely, it could produce de-individualization and function as what Augé termed a “Non-Lieu” (Augé 1992). Interstitial spaces could also act as catalysts of encounter and cultural hybridity—a “Third Space”—allowing identities to reinvent themselves beyond binary oppositions (Bhabha 1994). In this sense, they were loci of production and innovation, laboratories for social, cultural, and political experimentation. For Deleuze (1995), the interstitial space was privileged as a site of generation and creation. Literature and art, in turn, embody this displacement ; as Blanchot observed, they “transcend the present place and moment to situate themselves at the world’s periphery” (1997 : 326).
Programme
Jeudi 12 mars
13:30 Accueil
14:00 Introduction
SESSION I : Le laid, la brute et le mendiant : représentations littéraires des marges
- 14:30 Hugo Tullii (Université de Neuchâtel)
« Barbe ou menton ; elle me fait trambler. ». Revendication de la marginalité par l’érotisation de la laideur à la fin du Moyen Âge
- 15:05 Tilleane Charavel (Université de Lausanne)
Conscience présente de la marginalité : Girart de Roussillon, Wien, ÖNB, Cod.2549
15:40 Pause
- 16:00 Smilla Steiner (Université de Lausanne)
La poésie de William Dunbar (XVe-XVIe s.) comme outil pour faire émerger les voix oubliées dans James IV : Queen of the Fight (2022) de Rona Munro
- 16:35 Camille Rivoire (Université de Toulon)
Marges et marginalités du Mystère de la Passion de Jésus-Christ, ms. Paris, BnF, nouv. acq. fr. 28471
17:10 Pause
- 18:00 Conférence plénière: Prof. Marina Montesano (Università degli Studi di Messina)
Marginality and Otherness. Themes, Problems, Representations
Vendredi 13 mars
9:00 Accueil
SESSION II : Faire la marge: élaboration et stratégies
- 9:15 Tom Oubelkhir (Université Lyon 2 Lumière et Université de Lausanne)
Renvoyer l’Islam des marges aux marges de la mémoire : le chiisme syrien dans la chronique Ḍayl Tārīḫ Dimašq (Continuation de l’histoire de Damas : 1048-1160) d’Ibn al-Qalānisī.
- 9:50 Livia Bausi (Università degli Studi di Firenze)
Luoghi di culto condivisi come interstizi nel Medio Oriente medievale
- 10:25 Milan Herlth (Universität Zürich)
Damit das man die erkenn den man solichs almosen geben sol: Zur Konstruktion der ‘Hausarmen’ in Freiburg i.Ü. im 15. und 16. Jahrhundert
11:00 Pause
SESSION III : Marges Concrètes - sur la page, sur le mur
- 11:20 Denise Ugliano (Università degli Studi di Napoli)
Paratextes et émotions dans les marges des manuscrits napolitains de Sénèque le tragique
- 11:55 Anna Adashinskaya (University of Thessaly, Volos)
Graffiti in Moldavian Painted Churches (16th–18th c.): Marginal Texts on the Margins of Images
12:30 Repas
SESSION IV : Lunettes marginales: relire texte et histoire au prisme de la marginalité
- 14:10 Morgane Leclerc (Université Jean Moulin Lyon 3 et Université de Lille)
Dire et penser un espace de la marge : pour une approche géopoétique des îles médiévales
- 14:45 Priscilla Benke (Université Caen Normandie)
Repenser la société médiévale par la lecture d’un poème « en marge » : le Dittamondo de Fazio degli Uberti
- 15:20 Letizia Nuscis (Università degli Studi di Teramo)
Gostanza di Vanni Bonaccorsi : marginalità e azione in una disputa ereditaria trescentesca
15:55 Conclusion
16:15 Fin
Argomento
Le tradizionali Giornate di studio organizzate dai Giovani Ricercatori Medievisti (Jeunes Chercheur·euses Médiévistes – JCM) si terranno quest’anno il 12 e 13 marzo 2026 presso l’Università di Friburgo in Svizzera e verteranno sul tema della marginalità nel Medioevo.
In italiano, il termine margine ha come significato « Parte estrema di una superficie (uno dei lati o l’intero perimetro) » (TLIO) e non è attestato in epoca medievale nella forma aggettivale. Il termine marginalità, invece, è un derivato di marginale e creato nella seconda metà del XX secolo (circa 1965) per veicolare altre idee, in particolare quella di esclusione sociale (DELI). Questa constatazione terminologica invita a interrogarsi su un fenomeno complesso, la cui realtà rimane nebulosa. Mendicanti, prostitute, lebbrosi, beghine, vagabondi, ecc. costituiscono una popolazione difficile da definire, allo stesso tempo dipendente ed esclusa dal resto della società medievale ; di quali norme e forme di marginalità si tratta ? Come si può utilizzare questo concetto moderno, consapevolmente anacronistico, nello studio del periodo medievale ?
Margini sociali
Per cercare di rispondere a queste domande, il primo asse di studio riguarda dunque i margini sociali. È interessante osservare lo status dei corpi sofferenti o “diversi” (Delattre 2018), come i lebbrosi e i disabili, nelle società medievali, ma anche gli individui emarginati a causa della loro religione o della loro professione. Infatti, a quei tempi, diversi mestieri erano considerati degradanti : ad esempio quelli legati alla pulizia (spazzini, lavandaie) ; quelli a contatto con il sangue (macellai, chirurghi, becchini, ecc.) ; le attività considerate moralmente riprovevoli (prostitute, attori, usurai, prestatori) (Zaremska 2004 : 639-640). Inoltre, le pratiche religiose, i riti e i culti possono contribuire a effetti di emarginazione, comunitarismo e persino scontri o, al contrario, favorire la mescolanza (Montesano 2021 : 17). Come venivano affrontate la fede e la pratica religiosa nella sfera letteraria ?
Se gli scritti dei teologi cristiani hanno una tendenza piuttosto antagonistica ed emarginante nei confronti di altre religioni, esistono tuttavia prove di tolleranza e inclusività, come testimonia, solo per citarne una, la famosa novella I, 3 del Decameron di Boccaccio.
Il fenomeno dell’emarginazione può essere legato al genere sociale degli individui (Klapisch-Zuber 2004). Recenti studi hanno evidenziato la potenziale emancipazione delle donne, sia nella figura delle beghine che delle scrittrici (Bartoli, Manzoli, Tonelli 2023 ; Bartoli, Garbini, Manzoli 2024 e Howes 2024). Le donne sono escluse da molti spazi maschili e mettono in atto diversi stratagemmi di genere per integrarsi e uscire dall’emarginazione, come il travestitismo di alcuni santi (Maillet 2020) o la scrittura “mascolinizzante” (LeNan 2021). Il punto in comune di queste strategie è il camuffamento della loro identità sociale femminile in una maschile che le faccia “diventare uomini” agli occhi della società. Anche gli uomini possono essere socialmente esclusi. Alcune categorie di uomini che si discostano troppo dalle norme della mascolinità egemonica vigente (McNamara 1994) si ritrovano escluse, ad esempio gli effeminati o i sodomiti (Mills 2012). A seconda della loro categoria sociale, gli uomini sono quindi tenuti a corrispondere a una mascolinità codificata per non essere emarginati. Come vengono descritte nelle fonti le strategie adottate da coloro che si discostano da queste norme ?
Spazi ai margini
Il margine ha la particolarità di essere allo stesso tempo incluso ed escluso dall’oggetto che circoscrive : in che modo questo spazio di soglia funge da intermediario tra un’opera, un luogo, un oggetto e il resto del mondo ? Si pone anche la questione di sapere in quale misura la sua posizione spaziale – ai margini, alla periferia – rifletta il significato o il valore attribuiti ad altri elementi marginali, come gruppi sociali, oggetti, luoghi o manufatti (Camille 1992).
È possibile interpretare le discriminazioni esercitate nei confronti delle popolazioni emarginate attraverso l’urbanistica : le prostitute, come i lebbrosi, costituiscono un esempio concreto di gruppi sociali che sono allo stesso tempo esclusi e inclusi nello spazio e nella società urbana. Le prostitute sono costrette a vivere fuori dalle mura o confinate in bordelli all’interno delle mura ; le due situazioni possono coesistere (Roby 2016 : 136-137).Benché i lebbrosi siano invece situati fuori dalle mura per motivi sanitari, i lebbrosari hanno però la possibilità di rimanere in contatto con la popolazione urbana approfittando delle numerose transazioni commerciali e delle elemosine dei passanti, che considerano i lebbrosi come intermediari privilegiati per ottenere la salvezza (Brenner 2010, Le Blévec 2008).
Ai confini di un principato o di un regno sia in Occidente che nell’Oriente latino, le famiglie nobili insediate ai confini dell’Europa (« noblesse des marches ») sono un ottimo esempio della tensione tra opportunità e vincoli. La « noblesse des marches » si trova così coinvolta nelle questioni relative al controllo territoriale, tra la fedeltà al principe o la moltiplicazione delle relazioni, alla ricerca di un’autonomia dinastica o alla necessità di assimilarsi al contesto politico e culturale (Paviot&alii 2017, Chevalier&Ortega 2017). Inoltre, se le mura, le fortificazioni e i confini servono a difendere gli spazi circoscritti, hanno anche l’effetto di mappare alcune concezioni sociali (Frontières 2021). Lo stesso vale per la percezione dei confini del mondo. Prendendo come riferimento i racconti di viaggio come I viaggi di Jean de Mandeville o, più tardi, Il milione di Marco Polo, nonché le rappresentazioni visive del mondo (ad esempio quella del rosone della Cattedrale di Losanna, risalente al XIII secolo), si può osservare il rapporto che i medievali avevano con l’alterità e l’ignoto (Girinon e Lejosne 2024, Josserand e Jerzy 2017).
Un altro spazio marginale è quello che si trova nei codici. I marginalia dei manoscritti miniati del XIII-XV secolo, che spesso presentano esseri, scene o oggetti fantasiosi e talvolta osceni (Wirth 2008), sono – come tutti i manufatti medievali – legati al loro contesto di apparizione. Il loro studio permette di mettere in luce l’interazione tra l’oggetto e la sua periferia. Proponiamo due approcci – non esaustivi – a questa relazione ; gli spazi liminali – margini e bordi – possono essere studiati attraverso il prisma dell’ornamentazione estetica (Bonne 1996).
Si possono anche considerare gli elementi che coesistono ai margini del testo presentato nel codice dal punto di vista narratologico del paratesto (Brown-Grant et al. 2019, Stout 2021). Inoltre, sebbene le glosse sembrino escluse dal testo, possono comunque interagire con esso, come rivela l’esempio della trasmissione testuale degli Eschés amoureux e il suo commento in prosa di Évrart de Conty, Livre des eschez amoureux moralisés (Mussou 2006).
Gli interstizi come margine
È possibile considerare il margine come uno spazio intermedio, inserito negli interstizi di un insieme omogeneo, senza che esso costituisca tuttavia un’alterità radicale e marcata. Secondo Foucault, è in una gerarchizzazione generale dello spazio secondo criteri multipli – sacro/profano, aperto/chiuso, urbano/rurale, celeste/terrestre – che si manifesta la concezione medievale dello spazio localizzato (Foucault 1967). Tuttavia, questa gerarchizzazione crea intrecci e suscita « spazi altri » che potremmo definire marginali e che egli chiama « eterotopie » (cimiteri, teatri, giardini, biblioteche, caserme, fiere, harem).
Alcuni gruppi si formano anche in un non-luogo mutevole, come le truppe di briganti, gli eserciti in campagna, i mercanti e gli artisti ambulanti o i gruppi di pellegrini che formano comunità che escono dalle strutture e creano i propri spazi. Ma l’interstizio è anche, nelle zone urbanizzate, un luogo tollerato anche se non riconosciuto – bordi delle strade, teatri ambulanti, roulotte di chirurghi, podi di predicatori, ecc. –, dove la presenza marginale sfugge alle logiche ufficiali pur inserendosi nelle dinamiche sociali (Lefebvre 1974). Può anche costituire il terreno della resistenza alle strutture esistenti : in questo caso, l’interstizio non è subito, ma ben appropriato. È il caso, ad esempio, delle comunità religiose definite dissidenti (valdesi, dolciniani, hussiti, ecc.) che predicano stili di vita alternativi.
L’interstizio può avere una funzione identitaria quando designa le condizioni di coloro che non appartengono completamente né a un mondo né all’altro (migranti, meticci, minoranze di genere o religiose, schiavi), sia esso forzato (ghetti, caserme), organizzato (quartieri di corporazioni) o organico (comunità etniche o religiose ; Conesa Soriano e Pilorget 2016). Al contrario, può consentire la deindividualizzazione e costituire così ciò che Augé ha definito un « non-luogo » (Augé 1992). Questi spazi interstiziali possono anche essere catalizzatori di incontro e ibridità culturale – Third Space – consentendo alle identità di reinventarsi al margine dei dualismi (Bhabha 1994). Sono quindi luoghi di produzione e innovazione e fungono da laboratorio di sperimentazioni sociali, culturali e politiche. L’interstizio, così potente nella filosofia di Deleuze (1995), è uno spazio privilegiato di generazione e creazione. In questo senso, la letteratura e l’arte incarnano questo spostamento o, per dirla con Blanchot, « superano il luogo e il momento attuali per collocarsi alla periferia del mondo » (1997 : 326).
Programme
Jeudi 12 mars
13:30 Accueil
14:00 Introduction
SESSION I : Le laid, la brute et le mendiant : représentations littéraires des marges
- 14:30 Hugo Tullii (Université de Neuchâtel)
« Barbe ou menton ; elle me fait trambler. ». Revendication de la marginalité par l’érotisation de la laideur à la fin du Moyen Âge
- 15:05 Tilleane Charavel (Université de Lausanne)
Conscience présente de la marginalité : Girart de Roussillon, Wien, ÖNB, Cod.2549
15:40 Pause
- 16:00 Smilla Steiner (Université de Lausanne)
La poésie de William Dunbar (XVe-XVIe s.) comme outil pour faire émerger les voix oubliées dans James IV : Queen of the Fight (2022) de Rona Munro
- 16:35 Camille Rivoire (Université de Toulon)
Marges et marginalités du Mystère de la Passion de Jésus-Christ, ms. Paris, BnF, nouv. acq. fr. 28471
17:10 Pause
- 18:00 Conférence plénière: Prof. Marina Montesano (Università degli Studi di Messina)
Marginality and Otherness. Themes, Problems, Representations
Vendredi 13 mars
9:00 Accueil
SESSION II : Faire la marge: élaboration et stratégies
- 9:15 Tom Oubelkhir (Université Lyon 2 Lumière et Université de Lausanne)
Renvoyer l’Islam des marges aux marges de la mémoire : le chiisme syrien dans la chronique Ḍayl Tārīḫ Dimašq (Continuation de l’histoire de Damas : 1048-1160) d’Ibn al-Qalānisī.
- 9:50 Livia Bausi (Università degli Studi di Firenze)
Luoghi di culto condivisi come interstizi nel Medio Oriente medievale
- 10:25 Milan Herlth (Universität Zürich)
Damit das man die erkenn den man solichs almosen geben sol: Zur Konstruktion der ‘Hausarmen’ in Freiburg i.Ü. im 15. und 16. Jahrhundert
11:00 Pause
SESSION III : Marges Concrètes - sur la page, sur le mur
- 11:20 Denise Ugliano (Università degli Studi di Napoli)
Paratextes et émotions dans les marges des manuscrits napolitains de Sénèque le tragique
- 11:55 Anna Adashinskaya (University of Thessaly, Volos)
Graffiti in Moldavian Painted Churches (16th–18th c.): Marginal Texts on the Margins of Images
12:30 Repas
SESSION IV : Lunettes marginales: relire texte et histoire au prisme de la marginalité
- 14:10 Morgane Leclerc (Université Jean Moulin Lyon 3 et Université de Lille)
Dire et penser un espace de la marge : pour une approche géopoétique des îles médiévales
- 14:45 Priscilla Benke (Université Caen Normandie)
Repenser la société médiévale par la lecture d’un poème « en marge » : le Dittamondo de Fazio degli Uberti
- 15:20 Letizia Nuscis (Università degli Studi di Teramo)
Gostanza di Vanni Bonaccorsi : marginalità e azione in una disputa ereditaria trescentesca
15:55 Conclusion
16:15 Fin