Les variations de l’exposition : itérations et objets satellites pour la recherche
Chercher – exposer – trouver #2
Published on Monday, March 02, 2026
Abstract
Chercher–Exposer–Trouver #2 est un colloque international consacré aux logiques de variation, de reprise et de réécriture des expositions dans les pratiques de recherche contemporaine. Après une première rencontre au musée d’archéologie de Nice / Cimiez en 2024 qui a permis de mettre en avant le caractère heuristique des expositions pour les chercheurs et chercheuses de divers horizons, la deuxième édition de Chercher-exposer-trouver vise à approfondir notre compréhension des effets de l’écriture expographique sur la recherche et ses objets.
Announcement
Argumentaire
Après le succès d’une première journée au Musée d’archéologie de Nice / Cimiez1, Chercher-exposer-trouver #2 vise à approfondir notre compréhension des logiques heuristique de l’écriture expographique, sous un angle particulier : les dérivés de l’exposition. Ces dérivés concernent autant les produits d’exposition (les écrits) que les méthodes dérivées de l’écriture expographique : exposition itinérante (qui implique réécriture ou traduction), exposition miniature (cabinet de curiosité et autre format portatif qui s’appuie sur le même langage), et enfin, les produits d’éditions qui découlent de l’exposition ou qui s’en inspire (catalogue, folio, etc.). Interroger ce que font ces dérivés permettra d’identifier autant les logiques heuristiques de l’écriture expographique, que celle des réécritures pour penser l’exposition non comme une fin en soi, mais comme un moyen pour les chercheurs-en-train-de-chercher. Comme pour la première journée, la deuxième se veut toujours pluridisciplinaire, dans l’objectif de favoriser une meilleure compréhension des expositions comme objets complexes, en prenant en compte leur diversité historique, théorique et politique. Il s’agit ainsi de poser les bases d’un champ interdisciplinaire, les Exhibition Studies, qui considèrent les expositions non seulement comme des formes de créations contemporaines ou patrimoniales, mais aussi comme des dispositifs de recherche et de création à part entière.
Session 1 - Dérivés itinérants
L’itinérance d’exposition offre, à certaines conditions, matière à penser. Elle doit parfois s’adapter à un nouvel espace et une nouvelle scénographie, intégrer des objets issus des collections locales, ou supprimer des éléments devenus inopérants dans le nouveau contexte culturel, institutionnel ou politique investi. Lorsque l’itinérance n’est pas simple « téléportation », elle oblige donc à réécriture un premier texte expographique – processus qui n’est pas sans conséquence et qui peut être source de réflexion, en engageant un travail de reformulation à partir de nouvelles contraintes matérielles, discursives et symboliques. Ces nouvelles contraintes peuvent mettre à l’épreuve les choix initiaux : pertinence des dispositifs, équilibre du discours, légitimité des objets sélectionnés, et surtout repérage de ce qui, dans la première version, relevait de l’automatisme ou de l’implicite. Ce que l’on pensait aller de soi est alors interrogé, déplacé, voire remis en cause. La réécriture devient un révélateur d’éventuelles habitudes et normes, dont il est possible de se détacher une fois identifiées.
Session 2 - Dérivés portatifs
D’autres formats itinérants sont à rapprocher de l’exposition : l’agencement d’objets dans un format portatif, avec l’intention constitutive de dire et en même temps de montrer. L’exposition devient alors cabinet de curiosités portatif, ou exposition-postale : pensée pour être envoyée ou découverte ailleurs et autrement. Il ne s’agit plus de penser un espace à parcourir, mais bien de « claquemurer, pour ainsi dire, toute l’exposition ». Réduite et condensée, elle devient un objet portatif et manipulable. Elle s’ouvre et se ferme, s’expédie, se déploie selon les contextes et les besoins. Ce n’est plus le visiteur qui se déplace dans l’exposition, mais l’exposition elle-même qui voyage, qui se déplace d’un lieu à l’autre, qui demande à être ouverte pour révéler son contenu, à être manipulée pour pleinement exister - l’exposition n’est plus pensée comme un lieu à habiter mais comme un format à activer. Quels impacts les caractéristiques du formats ont-ils sur la pensée du chercheur qui met en boîte sa recherche, ou qui anticipe l’activation ? Comment la recherche est-elle pensée lorsqu’elle est saisissable dans sa totalité, car délimitée et non dispersée dans un espace à parcourir ?
Session 3 - Dérivés éditoriaux
Une autre forme de réécriture de l’exposition s’opère dans son passage au format éditorial, notamment celui du livre. Cette transposition ne relève pas d’une simple documentation ou d’un prolongement illustratif, mais engage une véritable reconfiguration des contenus et des intentions, à travers des formes qui, elles-mêmes, s’affranchissent souvent des normes académiques. Le livre issu d’une exposition peut prendre la forme d’un catalogue raisonné, d’un essai visuel, d’une édition limitée expérimentale, d’un pdf interactif ou d’un site web multimédia. Dans quelle mesure l’exposition, en tant que dispositif de médiation et de réflexion, contamine-t-elle les modes traditionnels de production et de diffusion du savoir ? En quoi l’attention accrue portée à la spatialisation du discours, à sa dimension visuelle, à la scénarisation de ses contenus – caractéristiques des dérivés éditoriaux, influent sur une manière de penser ? Comment s’articulent écrits académiques et écrits d’exposition ?
Programme
Jeudi 2 avril
8h45-9h15 Accueil café.
- 9h15-9h30 Camille Béguin (ULiège), Introduction aux dérivés méthodologiques de l’exposition.
- 9h30-10h00 Gaëlle Crenn (Université de Lorraine – CREM), L’exposition de collecte comme variation sur le projet muséal : le cas de Mission Dakar- Djibouti, 1931–1933. Contre-enquêtes.
- 10h00-10h30 Jessica Cendoya (Université Bordeaux Montaigne – MICA), Les variations itinérantes du Guernica : écritures expographiques et mémoire(s) en mouvement.
10h30-11h00 [Pause-café]
- 11h00-11h30 Camille Hoffsummer (ULiège – UR AAP), Du mythe de l’exposition à l’exposition mythique : ce que l’itinérance fait à l’exposition. L’exemple de Entartete Kunst (1937) et de Family of Man (1955).
- 11h30 - 12h00 Sophie Decroupet (Université de Gand), Expositions itinérantes et transferts culturels : le cas des expositions environnementales.
12h00-14h00 Pause dîner & préfiguration de l’après-midi (cabinets de curiosité sur table).
- 14h00-15h00 Thomas Beyer (ULiège, Pôle muséal et culturel), Corentin Lahouste (FNRS – UCLouvain/Musée royal de Mariemont) et Céline Moureau (Centre d’interprétation de la pierre de Sprimont), Les cabinets de curiosité de la recherche, table ronde animée par Anne Reverseau et Sofiane Laghouati.
- 15h00-15h30 Hubert Renard (artiste, Paris), L’exposition d’Hubert Renard.
- 15h30-16h00 Myriam Suchet (Sorbonne nouvelle – Paris 3 / Centre d’études québécoises), Des arborescences virtuelles aux navigations IRL, l’expérience du site enfrancaisaupluriel.fr .
16h30-18h00 Visite du Trinkhall Museum avec Carl Havelange (directeur).
Vendredi 3 avril
09h00-09h30 Accueil café.
- 09h30-10h00 Alexander Streitberger (UCLouvain), Staged research. L’exposition comme forme hybride de recherche.
- 10h00-10h30 Sofiane Laghouati (Domaine & Musée royal de Mariemont / UCLouvain), Créer les conditions d’une recherche sur les expositions littéraires (2012–2026) : bilan d’un site-atelier, de ses dispositifs et écrits (litteraturesmodesdemploi.org).
10h30-11h00 [Pause-café]
- 11h00-11h30 Fanny Fouché (Université Paris Descartes – CANTHEL), Une présentation au cœur du parcours pendant les travaux du musée de Cluny : laboratoire pour la recherche expographique ?
- 11h30-12h00 Brigitte Auziol (Nîmes Université, UPR Projekt), Variations curatoriales : quand une collection de design devient le matériau d’une recherche.
12h00-14h00 [Pause dîner]
- 14h00-14h30 Caroline Sebilleau (ESADTPM), Carte(s) Mémoire(s) : espace < > pages < > espace.
- 14h30-15h00 Félixe Kazi-Tani (Université Paul Valéry – Montpellier / Villa Arson), Editing : agencer des espaces sensibles et dynamiques pour l’intelligibilité, de l’installation à l’édition.
- 15h00 - 15h30 Mots collectifs de la (presque) fin.
- 16h30-17h30 Nolwen Vouiller (EHESS / ULiège), visite commentée, Du manuscrit à l’exposition, et vice versa. L’exposition Karnali : vies et morts autour de la rivière, Théâtre de Liège, salle des Pieds Légers.
Comité scientifique et d’organisation
Colloque organisé par l’Université de Liège, en collaboration avec l’UCLouvain, sous la direction de Camille Béguin (ULiège), Thomas Beyer (ULiège), Sofiane Laghouati (Domaine & Musée royal de Mariemont / UCLouvain), Nicolas Navarro (ULiège) et Anne Reverseau (FNRS / UCLouvain).
Contact : chercher.exposer.trouver@gmail.com.
Bibliographie indicative
ATHANASSOPOULOS Vangelis et Nicolas BOUTAN (dir.), « Le commissariat comme forme de recherche » (dossier), Proteus, n°10, 2016.
BÉGUIN Camille (dir.), « Chercher-exposer-trouver » (dossier), Les Cahiers de muséologie, n°4, 2025. BJERREGAARD Peter (ed.), Exhibitions as Research. Experimental Methods in Museums, Abingdon, Routledge, 2020.
DAVALLON Jean (dir.), Claquemurer, pour ainsi dire, tout l’univers : la mise en exposition, Paris, Centre Georges Pompidou-CCI, 1986.
DAVALLON Jean, L’exposition à l’œuvre, Paris, L’Harmattan, 1999.
DAVALLON Jean, « L'écriture de l'exposition : expographie, muséographie, scénographie », Culture & Musées, n°16, 2010, pp. 229-238.
BERT Jean-François et Jérôme LAMY, Voir les savoirs : lieux, objets et gestes de la science, Paris, Anamosa, 2021.
GARCIA Tristant et Vincent NORMAND (eds.), Theater, garden, bestiary : a materialist history of exhibitions, Lausanne, Berlin, EXAL Sternberg Press, 2019.
JACOB Christian (dir.), Lieux de savoir. Espaces et communautés, Paris, Albin Michel, 2007. JACOB Christian (dir.), Lieux de savoir 2. Les mains de l’intellect, Paris, Albin Michel, 2011. KARA Helen, Creative Research Methods. A practical guide. Bristol, Policy Press. 2020.
LATOUR Bruno, La Science en action, Paris, La Découverte, 1989 [1987].
LEHMANN-BRAUNS Susanne, Christian SICHAU and Helmuth TRISCHLER (eds.), The Exhibition as Product and Generator of Scholarship, Berlin, Max Planck Institute for the History of Science, 2010.
MACDONALD Sharon, The Politics of Display: Museums, Science, Culture, London, New York, Routledge, 1998.
MACDONALD Sharon and Paul BASU (eds.), Exhibition Experiments, Malden, Blackwell Publishing, 2007. PERSHON, Lindsay, « Curation as methodology », Qualitative Research, n°21/1, 2020, pp. 20-41.
REVERSEAU Anne, « Littérature et culture visuelle : L’exposition au coeur de la recherche », Entre- temps.net, rubrique « Façonner », 7 novembre 2023.
WAQUET Françoise, L’ordre matériel du savoir : comment les savants travaillent, XVIe-XIXe siècles, Paris, CNRS Editions, 2015.
NB. Pour la question spécifique des liens entre exposition et littérature, voir la bibliographie établie par le groupe RIMELL sur leur site: https://www.litteraturesmodesdemploi.org/bibliographie/
Subjects
- Science studies (Main category)
- Mind and language > Epistemology and methodology > Research and researchers
- Society > Ethnology, anthropology > Cultural anthropology
- Mind and language > Representation > Heritage
- Mind and language > Representation > Visual studies
- Society > Sociology > Sociology of culture
Places
- Bâtiment A1 Salle des Professeurs - Place du 20-Août 7
Liège, Belgium (4000)
Event attendance modalities
Full on-site event
Date(s)
- Thursday, April 02, 2026
- Friday, April 03, 2026
Attached files
Keywords
- exposition, objet satellite, exposition itinérante, cabinet de curiosité, catalogue
Contact(s)
- Thomas Beyer
courriel : polemc [at] uliege [dot] be
Reference Urls
Information source
- Elina Noris
courriel : elina [dot] noris [at] uliege [dot] be
License
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To cite this announcement
« Les variations de l’exposition : itérations et objets satellites pour la recherche », Conference, symposium, Calenda, Published on Monday, March 02, 2026, https://doi.org/10.58079/15s88

