Published on Friday, March 20, 2026
Abstract
Depuis une dizaine d’années, le domaine des sciences archéologiques biomoléculaires connaît un essor remarquable, se traduisant par une diversification des approches (ADN ancien, biogéochimie isotopique, résidus organiques, paléoprotéomique, paléométabolomique, spectroscopie infra-rouge) et une multiplication des champs d’application — humains, animaux, végétaux, pathogènes ou encore sédiments. Face à cette dynamique, le projet CRABi (Communauté de Recherche en Archéologie Biomoléculaire et Isotopique) a pour objectif de fédérer l’ensemble des actrices et acteurs français.es et francophones du domaine, qu’ils soient chercheur·es, ingénieur·es, doctorant·es et post-doctorant·es afin de stimuler les échanges, renforcer les réseaux et encourager les collaborations interdisciplinaires au sein de cette communauté scientifique.
Announcement
Bordeaux, 12 et 13 novembre 2026
Argumentaire
Depuis une dizaine d’années, le domaine des sciences archéologiques biomoléculaires connaît un essor remarquable, se traduisant par une diversification des approches (ADN ancien, biogéochimie isotopique, résidus organiques, paléoprotéomique, paléométabolomique, spectroscopie infra-rouge) et une multiplication des champs d’application — humains, animaux, végétaux, pathogènes ou encore sédiments.
Face à cette dynamique, le projet CRABi (Communauté de Recherche en Archéologie Biomoléculaire et Isotopique) a pour objectif de fédérer l’ensemble des actrices et acteurs français.es et francophones du domaine, qu’ils soient chercheur.e.s, ingénieur.e.s, doctorant.e.s et post-doctorant.e.s afin de stimuler les échanges, renforcer les réseaux et encourager les collaborations interdisciplinaires au sein de cette communauté scientifique.
Dans cette optique, venez nous rejoindre pour la première conférence de la CRABi à Bordeaux les 12 et 13 novembre 2026 dédiée à l’ensemble des disciplines des sciences archéologiques biomoléculaires et isotopiques.
L’objectif est de favoriser les interactions entre approches et thématiques autour de grands thèmes transdisciplinaires, complétés par des temps d’échanges informels (tables rondes, discussions thématiques, moments conviviaux). Cette conférence se veut une opportunité unique à l’échelle francophone pour les chercheur.e.s de tous niveaux académiques, et en particulier pour les jeunes chercheur.e.s, de présenter leurs travaux, d’élargir leur réseau professionnel et de nouer des collaborations au-delà de leur équipe ou discipline d’origine.
Nous souhaitons à terme que cette première rencontre de la CRABi, conférence à taille humaine, devienne un rendez-vous structurant pour la communauté française de l’archéologie biomoléculaire et isotopique, contribuant à sa visibilité, sa cohésion et son dynamisme. Nous espérons ainsi poser les bases d’un réseau pérenne et collaboratif, favorisant sa visibilité nationale et internationale et la formation de la nouvelle génération de chercheur.e.s dans ce domaine en pleine expansion.
Pour cette édition bordelaise, notre ambition est de rassembler tous types de communications, reflétant la richesse des approches de notre communauté : qu’elles soient hyper-spécialisées ou résolument interdisciplinaires, méthodologiques ou appliquées, et quel que soit le sujet d’étude proposé. Tous les angles d’analyse sont les bienvenus pour nourrir les échanges et les réflexions collectives !
Session 1 : "Tracer le vivant : circulations, échanges et mobilités des populations humaines et animales"
L’évolution récente des outils en bioarchéologie moléculaire et isotopique a mis à disposition de la communauté scientifique différents moyens de tracer les déplacements et les mouvements des populations passées, remettant au goût du jour ces problématiques. De fait, la multiplication et la combinaison de différentes approches méthodologiques a permis de renouveler ces questionnements de façon plus complexe, plus complète, et mêlant des échelles d’analyse et de résolution plus variées. Ainsi, la mobilité, élément constitutif tant du vivant que des sociétés humaines, peut désormais être étudiée à différentes échelles : mobilité temporaire ou définitive ; individuelle, familiale ou populationnelle ; exceptionnelle ou cyclique ; à l’échelle de quelques mois, années ou millénaires. Elle concerne à la fois les individus d’un groupe, d’une population ou d’une société, mais aussi leurs biens et les réseaux dans lesquels ils fonctionnent ainsi que les espèces animales, commensales et domestiques, qui les accompagnent. Les raisons qui motivent cette mobilité peuvent être extrêmement variées, que ce soit pour chercher de nouvelles ressources, ou répondre à des transformations sociétales ou culturelles, s’adapter aux changements environnementaux ou investir consciemment de nouveaux territoires. Les communications proposées dans cette session présenteront des études questionnant la nature du mouvement, de l’individu ou du groupe (cyclicité, fréquence, saisonnalité), son impact éventuel sur les populations locales, et ce qu’apportent ces déplacements à la compréhension du fonctionnement des populations anciennes.
Session 2 : Alimentation humaine : de la transformation des ressources au régime alimentaire
Fait bioculturel par excellence, l’alimentation est un moteur central de l’évolution et de l’organisation des sociétés humaines, de la Préhistoire jusqu’aux périodes plus récentes. Objet de tabou, d’échange et de réglementation, son contenu est fortement conditionné par sa symbolique et par la place occupée par un individu dans une société. Cette session propose d'explorer les trajectoires des aliments, de leur collecte/production à leur consommation, en interrogeant les choix techniques, culturels et sociaux qui les sous-tendent. Les ressources naturelles, à l'état brut (viande, moelle osseuse, fruits, racines, graines) ou transformé (viande cuite, bouillis, fromage), offrent un large panel de produits consommables par les êtres humains, dont les propriétés peuvent être améliorées grâce à divers chaînes opératoires (cuisson, macération, broyage) que cela soit pour des raisons culturelles ou sanitaires. Les approches modernes en bioarchéologie permettent désormais de mieux identifier l'origine des aliments, de documenter les pratiques culinaires et de caractériser les régimes alimentaires à partir d'objets, de restes organiques ou de squelettes humains. L’objectif de cette session est de montrer la diversité des terrains, des périodes,des supports d’analyse, des protocoles analytiques, ainsi que la pluridisciplinarité des recherches menées sur cette thématique de l’alimentation, de la transformation des ressources à la caractérisation du régime alimentaire. Une attention particulière pourra être portée sur les inégalités d’accès aux ressources, sur les différences liées à l’âge, au genre ou au statut social, sur les disparités géographiques ou culturelles, ainsi que sur les continuités de pratiques et innovations (persistances/modulations/ruptures).
Session 3 : Vivre, coexister, s'adapter : interactions entre humains, environnements et autres vivants
Les interactions entre organismes (ex: prédation, compétition, commensalisme, parasitisme, mutualisme…) sont au cœur de la structuration des écosystèmes et des réseaux trophiques et de la transformation des paysages. Les populations humaines, par leurs activités, peuvent influencer durablement ces relations en modifiant la disponibilité des ressources et la distribution des espèces. L’évolution des modes de vie et des stratégies de subsistance, à travers des pratiques comme la chasse, l’élevage, l’agriculture ou la gestion des milieux, façonne ainsi les dynamiques écologiques et sanitaires, tant à l’échelle macroscopique que microscopique. En effet, les interactions entre les humains, leur environnement et les autres vivants incluent aussi les échanges invisibles mais fondamentaux avec le microbiome, dont l’influence sur la santé et l’adaptation des hôtes est aujourd’hui largement reconnue. De même, l’étude des pathogènes, acteurs majeurs de ces dynamiques, révèle comment les sociétés humaines ont coévolué avec des agents infectieux, souvent en réponse à leurs propres transformations environnementales et culturelles.
Les outils méthodologiques de l’archéologie biomoléculaire disponibles aujourd’hui offrent de nouvelles perspectives pour retracer ces histoires croisées. Ils permettent d’étudier l’adaptation biologique des espèces face aux changements des contraintes environnementales, ainsi que les réponses culturelles associées. Ces méthodes éclairent aussi les dynamiques alimentaires, environnementales et sanitaires, façonnées par l’évolution des sociétés et l’anthropisation des paysages, qu’il s’agisse de l’exploitation des ressources, de la transformation des sols ou des régimes hydriques et climatiques.
Ce thème propose d’explorer les multiples formes d’interactions entre les populations humaines, les environnements et les autres organismes et micro-organismes vivants, dans une perspective interdisciplinaire et diachronique.
Session 4 : Corps, matières et temps : production, transformation et préservation
Les résidus biologiques et chimiques préservés sur ou au sein des corps et des artéfacts archéologiques constituent des archives essentielles pour documenter les gestes techniques, les usages sociaux et les relations entre humains, corps humains, matières travaillées et environnements actuels et passés. Cette session vise à explorer la biographie des objets et des vestiges, depuis l’acquisition des matières premières jusqu’à leur transformation, leur manipulation, leur dépôt, ainsi que les conditions de leur préservation. Les communications portant sur les objets manufacturés pourront aborder l’identification des substances naturelles utilisées, la fonctionnalité des objets, les usages multiples ou détournés, les phénomènes d’usure/dégradation (chronomètre) et de contamination, ainsi que les processus taphonomiques influençant la préservation des biomolécules. Un volet de la session pourra également aborder les procédés taphonomiques affectant les vestiges humains ou animaux, des processus dépositionnels à leur découverte et leur conservation, abordant de ce fait également les questions de préservation muséale. Une attention particulière sera portée aux approches intégrées croisant données analytiques en archéologie moléculaire, bioarchéologie, datation sur matières organiques, tracéologie et contextes sédimentaires ou archéologiques, afin de comprendre la matérialité des pratiques passées et leur inscription dans la longue durée.
Modalités de contribution
Le projet CRABi a pour objectif de fédérer l’ensemble des actrices et acteurs français.es et francophones du domaine de l'Archéologie Biomoléculaire et Isotopique, qu’ils soient chercheur.e.s, ingénieur.e.s, doctorant.e.s et post-doctorant.e.s afin de stimuler les échanges.
Pour soumettre une communication ou un poster dans l'une des sessions, veuillez compléter le formulaire en ligne avant le jeudi 2 avril 2026, 23h59.
Langue des communications : français ou anglais
Comité d’organisation
- Mélina Abdou (DSA, Bordeaux)
- Ana Arzelier (PACEA, Bordeaux)
- Sierra Blunt (PACEA, Bordeaux)
- Marie-France Deguilloux (PACEA, Bordeaux)
- Claire-Élise Fischer (Uni. Tromsø, Norvège)
- Anne-Cécile Baudry Jouvin (FSAB, Bordeaux)
- Aurélie Manin (ArchAm, Paris)
- Fanny Mendisco (PACEA, Bordeaux)
- Alexandre Lefebvre (PACEA, Bordeaux)
- Marie-Hélène Pemonge (PACEA, Bordeaux)
- Mélanie Pruvost (PACEA, Bordeaux)
- Maïté Rivollat (PACEA, Bordeaux)
- Antoine Souron (PACEA, Bordeaux)
- Caroline Tokarski (Plateforme Bordeaux Protéome, Bordeaux)
- Rowan Welti (PACEA, Bordeaux)
- Théodore West (Archéosciences, Bordeaux)
Comité scientifique
- Ana Arzelier (Post-doc, PACEA, Bordeaux)
- Patrick Auguste (CR CNRS, Evo-Eco-Paléo, Lille)
- Vincent Balter (CR CNRS, ENS Lyon, Lyon)
- Céline Bon (MCF, Musée de l’Homme, Paris)
- Léa Drieu (CR CNRS, CEPAM, Nice)
- Claire-Elise Fischer (Associate professor, Uni. Tromsø, Norvège)
- Klervia Jaouen (CR CNRS, GET, Toulouse)
- Aurélie Manin (CR CNRS, ArchAm, Paris)
- Morgane Ollivier (MCF, UMR CReAAH, Rennes)
- Camielsa Prévost (Post-doc, IMBE, Avignon)
- Mélanie Pruvost (DR CNRS, PACEA, Bordeaux)
- Nicolas Rascovan (PI, Institut Pasteur, Paris)
- Maïté Rivollat (CR CNRS, PACEA, Bordeaux)
- Virginie Sinet-Mathiot (Post-doc, Plateforme Bordeaux Protéome, Bordeaux)
- Caroline Tokarski (Professeure, Plateforme Bordeaux Protéome, Bordeaux)
- Alessandra Varalli (CR CNRS, LAMPEA, Aix en Provence)
Subjects
- Ethnology, anthropology (Main category)
- Mind and language > Epistemology and methodology > Archaeology
Places
- Domaine du Haut-Carré
Talence, France (33)
Event attendance modalities
Full on-site event
Date(s)
- Thursday, April 02, 2026
Keywords
- ADN ancien, biogéochimie isotopique, résidus organiques, paléoprotéomique, paléométabolomique, spectroscopie infra-rouge
Contact(s)
- Maïté Rivollat
courriel : maite [dot] rivollat [at] u-bordeaux [dot] fr
Reference Urls
Information source
- Anne-Cécile Baudry Jouvin
courriel : anne-cecile [dot] jouvin [at] fsab [dot] cnrs [dot] fr
License
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To cite this announcement
« Première conférence de la communauté de recherche en archéologie biomoléculaire et isotopique », Call for papers, Calenda, Published on Friday, March 20, 2026, https://doi.org/10.58079/15x6t

