Annonce
Argumentaire
Le présent appel à contributions se veut un hommage au travail d’histoire littéraire mené par le professeur Roger Toumson depuis la publication, dans la revue Présence africaine, de son article « La littérature antillaise d’expression française. Problèmes et perspectives ». Le problème majeur tenait à l’ambiguïté énonciative de l’écrivain antillais ; la perspective sous laquelle se plaçait l’étude, hégélienne, était le développement d’une « conscience “pour soi” » (Toumson 1982, 131‑32). Cela exigeait, par conséquent, de s’appesantir sur les « structures mentales » en fonction desquelles s’élabore la création littéraire (Goldmann 1970) dans le contexte singulier des sociétés esclavagistes de l’Amérique et de la Caraïbe où s’institue une « colonialité du pouvoir » (Quijano 2007). La littérature s’y développe selon une « ligne de couleur », problème majeur du xxe siècle comme le signalait W. E. B. du Bois (Edwards 2024, 13‑14), liée à « l’enjeu d’une lutte double : lutte des races et lutte des classes » (Toumson 1982, 132). Pour saisir cet enjeu, au principe de la création, il importait de revenir sur les premiers littérateurs antillais, soient les auteurs solidaires d’une suprématie chez lesquels s’exprime la « célébration euphorique, profuse, de l’ordre féodal esclavagiste », les « apologies du guerrier conquérant » et les « éloges du système de la terreur despotique » (Toumson 1989a, 179‑82). Telle était l’exigence philosophique à laquelle devait se plier son travail d’histoire littéraire. Les différents essais que publiera Roger Toumson témoignent de ce souci constant, que ce soit Mythologie du métissage (Toumson 1998), ou sa biographie d’Aimé Césaire (Toumson et Henry-Valmore 1993, 2002), ou encore L’utopie perdue des Îles d’Amérique (Toumson 2004).
La thèse soutenue par Roger Toumson, en novembre 1985, « Le Discours littéraire afro-antillais d’expression française : thèmes, structures, significations », avait pour objet d’« établir quand, pourquoi et comment ladite littérature afro-antillaise accède à l’autonomie signifiante » (Toumson 1989a, 7). Celle-ci sera adaptée et publiée quatre ans plus tard aux éditions caribéennes sous le titre La Transgression des couleurs : littérature et langage des Antilles, xviiie, xixe, xxe siècles. Dédiée aux territoires caribéens sous juridiction française (Guadeloupe, Martinique, Guyane), l’étude est une monographie d’histoire littéraire qui s’intéresse aux conditions de possibilité d’un « discours littéraire afro-antillais » et à son orientation politique. L’adjectif « afro-antillais » qualifie un « ensemble discursif spécifique » dont la cohésion tient à l’émergence énonciative du sujet nègre et à sa représentation au sein de l’histoire littéraire (Toumson 1989a, 7). Dans la quatrième section de l’ouvrage, « Une instance d’accession à l’autonomie signifiante : la négritude », Toumson considère l’article de Paulette Nardal, « Éveil de la conscience de race », comme « l’un de ceux où s’exposent les grandes lignes de la visée idéologique “théorique” du groupe » (Toumson 1989b, 354) rassemblé sous l’étendard de la négritude. Avec la publication de la première anthologie des écrits de Paulette Nardal et sa sœur Jane Nardal, il paraît aujourd’hui nécessaire de revenir sur la portée théorique et l’orientation idéologique de ce mouvement qui consistait à « écrire le monde noir » (Nardal 2024) en situation coloniale alors que les intellectuels afro-antillais et africains, mais aussi indochinois faisaient l’objet d’une surveillance policière (Sagna 1986 ; Goebel 2015 ; Bollenot 2022).
Intrinsèquement liée à une politique génocidaire instituée dans un « nouveau monde » (Todorov 1982), la littérature afro-antillaise se donne à lire comme une entreprise de « désoccultation de son mythe formateur » (Toumson 1989a, 39). Son trait structurant est l’examen d’un « discours dominant » et sa critique. Étayée par une érudition humaniste, l’œuvre de Toumson offre un cadre d’intellection et d’interprétation dont il conviendrait d’éprouver l’intérêt heuristique pour la recherche. La méthode de l’histoire littéraire appliquée par Roger Toumson au champ antillais aura permis de montrer la richesse de mythes transnationaux et transculturels tels que celui de Caliban, de William Shakespeare à Aimé Césaire en passant par Ernest Renan (Toumson 1983).
Il faudrait alors se rappeler que l’histoire littéraire, comme discipline, s’est progressivement institutionnalisée au cours du xixe siècle, particulièrement en France sous l’impulsion du professeur Gustave Lanson. La discipline devait s’employer à soutenir, au sein de l’académie, du secondaire au supérieur, une critique fondée sur la lecture et l’explication des textes plutôt que sur la biographie des écrivains et les généralités préconçues. Il importait de consolider le régime républicain en formant, par la médiation littéraire, les citoyens d’une démocratie. Encore fallait-il institutionnaliser une littérature conforme à cet idéal et fournir les éléments d’une critique de la littérature monarchique. Ainsi a-t-on fait entrer les auteurs des Lumières dans les curricula, ce qui ouvrait la voie à une réappréciation des siècles antérieurs. On appelait à une nouvelle lecture des classiques et de leur « témoignage » sociologique (Lanson 1912). C’est à ce même impératif qu’obéissent les études postcoloniales : décoloniser les savoirs pour fonder une république post-impériale.
Décoloniser les savoirs suppose de repérer les schèmes mentaux ayant conditionné la sensibilité et normalisé certains rapports de domination, soient les « mythologies » que Roland Barthes s’attachait à décrire et analyser, dès les années 1950, notamment la « colonialité » et l’« impérialité » (Barthes 1970, 203 ; Achille et Moudileno 2018). Pour ce qui est du champ antillais, ne faudrait-il pas interroger certaines évidences ? Par exemple, si les rédacteurs de la Revue du Monde noir affichent l’intention de « [c]réer entre les Noirs du monde entier, sans distinction de nationalité, un lien intellectuel et moral qui leur permettra de se mieux connaître, de s’aimer fraternellement, de défendre plus efficacement leurs intérêts collectifs et d’illustrer leur race », peut-on en circonscrire la portée et la réduire à une question raciale et/ou culturelle ? Est-ce que vraiment « la question raciale demeurait dissociée de la question politique » si bien que « [l]a tension entre conscience de race et conscience de classe, autrement dit, entre négritude et marxisme, ne se ressentait pas encore » (Toumson 1989b, 354‑55) ? Le travail méthodique mené par Roger Toumson nous y invite, lui qui mentionnait, en note de bas de page, « l’intervention de la police » et l’absence de dépôt légal expliquant la disparition des numéros de L’Étudiant noir, revue dans laquelle Aimé Césaire théorise l’action révolutionnaire du « philosophe nègre » (Toumson 1989b, 357). On sait, par ailleurs, que la réception de Batouala, véritable roman nègre suscita l’attention du Ministère des colonies et valut à son auteur d’être suspecté de communisme et de velléités anti-françaises (Rubiales 2005 ; Allouache 2018). On sait aussi que la revue au sein de laquelle s’engagera René Maran, Les Continents, s’éteindra quelques mois après sa création en mai 1924 au terme d’un procès diligenté par le Ministère des colonies. Le premier numéro, absent des collections de bibliothèques, se trouve dans les archives du réseau de surveillance impériale (Demougin 2022), ce qui est significatif du climat politique sous lequel se coordonne, parallèlement à l’internationale marxiste, un « internationalisme noir » (Nardal 2024, 357‑60).
La littérature est un lieu réfléchissant, davantage qu’un simple miroir de la société (Lanson 1965, 32‑33). Considérée dans ses rapports avec les institutions sociales, la littérature s’avère autant leur expression que leur négation (Staël-Holstein 1991). Pour Gustave Lanson, la littérature est infiniment plus que la simple « expression de la société » à moins de « donner au mot [société] un sens qui ne comprenne pas seulement les institutions et les mœurs, et qui s’étende à ce qui n’a pas d’existence actuelle, à l’invisible que ni les faits ni le pur document d’histoire ne révèlent » (Lanson 1965, 33). Sous cet angle, s’intéresser au discours littéraire afro-antillais conduit à « passer au crible le discours dominant », à en « vérifier sa légitimité, sa validité » (Toumson 1989a, 38). On voudrait, dans le cadre de ce dossier d’hommage au professeur Roger Toumson, rassembler des études du discours littéraire afro-antillais. Celles-ci devront être dédiées à des écrivains appartenant au corpus défini dans La Transgression des couleurs : littérature et langage des Antilles, xviiie, xixe, xxe siècles, soit l’ensemble des œuvres de l’esprit produites aussi bien en langue française que créole ou toute autre langue par des ressortissants des départements français d’outremer, Guadeloupe, Martinique, Guyane. Cela comprend les œuvres publiées dans la presse écrite que sont les articles, entrefilets et reportages, ainsi que les créations radiophoniques et télévisuelles telles que les adaptations et les séries.
Axes d’étude
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Publication et censure : comment les intellectuels afro-antillais ont développé un discours littéraire alors que le Ministère des colonies surveillait et encadrait la politisation des sujets de l’empire. Quelles seraient les politiques et les écritures déployées par les journalistes et les écrivains ?
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Littérature et critique : comment se développe la critique littéraire antillaise lorsque s’initie la décolonisation et que se proclament les indépendances africaines et caribéennes. Quels seraient les modèles et les pratiques critiques de la littérature mis en œuvre ?
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Écriture et réécriture : comment les œuvres occidentales se constituent-elles pour les écrivains afro-antillais comme des modèles littéraires à imiter et/ou à critiquer ? Peut-on parler de contre-littératures ? Quelles en seraient les formes, selon quelles modalités et en fonction de quels moyens ?
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Poétique et énonciation : comment les œuvres afro-antillaises élaborent-elles une autonomie signifiante au moyen de régimes énonciatifs qui transforment les langues et les structures symboliques dominantes ? Peut-on repérer des traits structurels et déceler une intertextualité propre à un champ de production et de diffusion ?
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Histoire littéraire et canon : comment l’écriture d’une histoire littéraire afro-antillaise conduit-elle à reconfigurer les périodisations et à interroger les processus de canonisation postcoloniale ? Le développement de la littérature afro-antillaise s’inscrit-il en continuité ou en rupture avec la littérature européenne qui lui sert de modèle ou de contre-modèle ?
Calendrier
- 11 mai 2026 : soumission des titres et résumés par les auteurs.
- 9 novembre 2026 : envoi des articles par les auteurs.
- Décembre 2026 – février 2027 : évaluations en double aveugle.
- Mars 2027 : remise des articles corrigés par les auteurs.
Coordinateurs
- Xavier Luce : Université des Antilles (CRILLASH)
- Maria Yaksic : Université du Chili (CECLA), Université catholique du Chili (Instituto de Estética)
Soumission des articles
Les propositions d’article (titre et résumé de 400 mots maximum) sont à envoyer avant le 11 mai 2026 à : archipelies@univ-antilles.fr et xavier.luce@univ-antilles.fr (en copie).
Veuillez consulter les instructions aux autrices et auteurs préparées par la revue ici : Instruction aux auteurs.
Bibliographie
Achille, Étienne, et Lydie Moudileno. 2018. Mythologies postcoloniales : pour une décolonisation du quotidien. Francophonies 9. Honoré Champion.
Allouache, Ferroudja. 2018. Archéologie du texte littéraire dit francophone : 1921-1970. Bibliothèques francophones 4. Classiques Garnier.
Barthes, Roland. 1970. Mythologies. Seuil.
Bollenot, Vincent. 2022. « Maintenir l’ordre impérial en métropole : le service de contrôle et d’assistance en France des indigènes des colonies (1915-1945) ». Thèse d’État, Université Panthéon-Sorbonne – Paris I.
Demougin, Laure. 2022. « René Maran essayiste : une légitimité par le journal ». Archipélies, no 14 (décembre). https://www.archipelies.org/1388#bodyftn54.
Edwards, Brent Hayes. 2024. Pratique de la diaspora. Littérature, traduction et essor de l’internationalisme noir. Traduit par Jean-Baptiste Naudy et Grégory Pierrot. Rot-Bo-Krik.
Goebel, Michael. 2015. Anti-Imperial Metropolis: Interwar Paris and the Seeds of Third World Nationalism. Global and International History. Cambridge University Press.
Goldmann, Lucien. 1970. Structures mentales et création culturelle. Sociologie et connaissance. Éditions Anthropos.
Lanson, Gustave. 1912. « Questions diverses sur l’histoire de l’esprit philosophique en France avant 1750 (Suite) ». Revue d’Histoire littéraire de la France 19 (2) : 1‑29.
Lanson, Gustave. 1965. Essais de méthode, de critique et d’histoire littéraire. Édité par Henri Peyre. Hachette.
Nardal, Paulette. 2024. Écrire le monde noir : premiers textes, 1928-1939. Édité par Brent Hayes Edwards et Eve Gianoncelli. Rot-Bo-Krik.
Quijano, Aníbal. 2007. « “Race” et colonialité du pouvoir ». Sociologie. Mouvements 51 (3) : 111‑18. https://doi.org/10.3917/mouv.051.0111.
Rubiales, Lourdes. 2005. « Notes sur la réception du Goncourt 1921 en France ». Francofonía, janvier 1, 123‑45.
Sagna, Olivier. 1986. « Des pionniers méconnus de l’indépendance : Africains, Antillais et luttes anti-colonialistes dans la France de l’entre-deux-guerres (1919-1939) ». Université Paris VII Diderot.
Staël-Holstein, Germaine de. 1991. De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales. Édité par Gérard Gengembre et Jean Goldzink. GF Flammarion.
Todorov, Tzvetan. 1982. La conquête de l’Amérique : la question de l’autre. Éditions du Seuil.
Toumson, Roger. 1982. « La littérature antillaise d’expression française. Problèmes et perspectives ». Présence africaine, nos 121‑122 : 130‑34.
Toumson, Roger. 1983. « Trois calibans : Shakespeare, Renan, Césaire généalogie d’un mythe littéraire ». Université Bordeaux Montaigne.
Toumson, Roger. 1989a. La Transgression des couleurs : littérature et langage des Antilles, xviiie, xixe, xxe siècles, tome 1. Éditions caribéennes.
Toumson, Roger. 1989b. La Transgression des couleurs : littérature et langage des Antilles, xviiie, xixe, xxe siècles, tome 2. Éditions caribéennes.
Toumson, Roger. 1998. Mythologie du métissage. Écritures francophones. Presses universitaires de France.
Toumson, Roger. 2004. L’utopie perdue des Îles d’Amérique. Bibliothèque de littérature générale et comparée 48. H. Champion.
Toumson, Roger, et Simonne Henry-Valmore. 1993. Aimé Césaire : le nègre inconsolé. Syros Vents des îles.
Toumson, Roger, et Simonne Henry-Valmore. 2002. Aimé Césaire : le nègre inconsolé. Nouv. éd. rev. et Augm. Vents d’ailleurs.
Argument
This call for papers is intended as a tribute to the literary history work carried out by Professor Roger Toumson since the publication, in the journal Présence africaine, of his article “La littérature antillaise d'expression française. Problèmes et perspectives.” The major issue was the Caribbean writer's enunciative ambiguity; the Hegelian perspective underpinning the study was the development of a “self-consciousness 'for itself'” (Toumson 1982, 131-32). This, in turn, called for a focus on the “mental structures” that shape literary creation (Goldmann 1970), in the singular context of the slave societies of America and the Caribbean, where a “coloniality of power” is instituted (Quijano 2007). Here, literature develops along a “color line,” a major problem of the twentieth century as pointed out by W. E. B. du Bois (Edwards 2024, 13-14), linked to “the stakes of a double struggle: the struggle of races and the struggle of classes” (Toumson 1982, 132). To grasp this struggle, which lies at the heart of literary creation, it was important to look back at the first Caribbean writers, i.e., those who were in solidarity with a supremacy that expressed “a euphoric, profuse celebration of the feudal-slavery order,” “apologies for the conquering warrior,” and “praise for the system of despotic terror” (Toumson 1989a, 179-82). His work in literary history had to meet this philosophical criterion. Roger Toumson's essays, including Mythologie du métissage (Toumson 1998), his biography of Aimé Césaire (Toumson and Henry-Valmore 1993, 2002), and L'Utopie perdue des Îles d'Amérique (Toumson 2004), all bear witness to this ongoing concern.
In November 1985, Roger Toumson defended his thesis, “Le Discours littéraire afro-antillais d'expression française: thèmes, structures, significations,” which aimed to “establish when, why, and how the aforementioned Afro-Caribbean literature achieved signifying autonomy” (Toumson 1989a, 7). It was adapted and published four years later by Editions Caribéennes under the title La Transgression des couleurs: littérature et langage des Antilles, XVIIIe, XIXe, XXe siècles. This monograph is a literary history that examines the political orientation and conditions of possibility of an “Afro-Caribbean literary discourse” in the Caribbean territories under French jurisdiction (Guadeloupe, Martinique, and Guyana). The adjective “Afro-Caribbean” qualifies a “specific discursive ensemble” whose cohesion derives from the enunciative emergence of the Negro subject and its representation within literary history (Toumson 1989a, 7). In the fourth section of the book, “Une instance d'accession à l'autonomie signifiante: la négritude,” Toumson considers Paulette Nardal's article, “Éveil de la conscience de race,” as “one of those in which the outlines of the group's 'theoretical' ideological aim are set out” (Toumson 1989b, 354), gathered under the banner of négritude. Given the publication of the first anthology of Paulette Nardal and her sister Jane Nardal's writings, it now seems necessary to revisit the theoretical scope and ideological orientation of this movement. This movement consisted of “writing the Black world” (Nardal 2024) in a colonial context where Afro-Caribbean and African, but also Indochinese, intellectuals were subject to police surveillance (Sagna 1986; Goebel 2015; Bollenot 2022).
Afro-Caribbean literature can be interpreted as an effort to “deoccult its formative myth” (Toumson 1989a, 39), as it is intrinsically linked to a genocidal policy that was implemented in a “new world” (Todorov 1982). Its structuring feature is the examination and critique of a “dominant discourse.” Toumson's work provides a framework for intellection and interpretation that is influenced by a humanist erudition and should be evaluated for its heuristic appeal in research. The method of literary history applied by Roger Toumson to the Caribbean field will have shown the richness of transnational and transcultural myths such as Caliban, from William Shakespeare to Aimé Césaire via Ernest Renan (Toumson 1983).
It should be remembered that literary history, as a discipline, was gradually institutionalized during the 19th century, particularly in France under the impetus of Professor Gustave Lanson. The discipline was to support, within the academy, from secondary to higher education, a criticism based on the reading and explanation of texts rather than on the biography of writers and preconceived generalities. It was important to consolidate the republican regime by training the citizens of a democracy through literary mediation. It was also necessary to institutionalize a literature that conformed to this ideal and to provide the elements for a critique of monarchical literature. The authors of the Enlightenment were thus included in curricula, paving the way for a reappraisal of earlier centuries. A new reading of the classics and their sociological “testimony” was called for (Lanson 1912). Postcolonial studies obey the same imperative: to decolonize knowledge to establish a post-imperial republic.
Decolonizing knowledge presupposes identifying the mental structures that have conditioned sensibility and normalized certain relations of domination, i.e., the “mythologies” that Roland Barthes set out to describe and analyze as early as the 1950s, notably “coloniality” and “imperialism” (Barthes 1970, 203; Achille and Moudileno 2018). As far as the Caribbean field is concerned, shouldn't we question certain obvious facts? For example, when the editors of the Revue du Monde Noir declare their intention “[t]o create among the Blacks of the whole world, regardless of nationality, an intellectual and moral bond which will enable them to know each other better, to love one another fraternally, to defend their collective interests more effectively and to glorify their race,” can we limit its scope and reduce it to a racial and/or cultural question? Was it truly the case that “the racial question remained dissociated from the political question” such that “[t]he tension between race consciousness and class consciousness, in other words, between negritude and Marxism, was not yet felt” (Toumson 1989b, 354-55)? In a footnote, Roger Toumson mentions that the absence of a legal deposit and “police intervention” are the causes of the disappearance of issues of L'Étudiant noir, the journal in which Aimé Césaire theorized the revolutionary action of the “negro philosopher” (Toumson 1989b, 357). We also know that the Ministry of Colonies was attracted to the reception of Batouala, A Negro Novel from the French of René Maran, which resulted in suspicions of communism and anti-French sentiments from its author (Rubiales 2005; Allouache 2018). We also know that Les Continents, the magazine to which René Maran was to dedicate himself, was shut down a few months after its creation in May 1924, following a trial initiated by the Ministry of the Colonies. The first issue, absent from library collections, can be found in the archives of the imperial surveillance network (Demougin 2022), which is indicative of the political climate under which a “Black internationalism” was being coordinated alongside the Marxist international (Nardal 2024, 357-60).
Literature is a space of reflection, more than a mere mirror of society (Lanson 1965, 32-33). Literature, when considered in its relationship with social institutions, is as much their expression as it is their denial (Staël-Holstein 1991). According to Gustave Lanson, literature is infinitely more than the mere “expression of society” unless we “assign to the term [society] a meaning that encompasses not only institutions and mores, but also that which is nonexistent, that which is invisible and cannot be revealed by facts or the pure document of history” (Lanson 1965, 33). In this context, the act of engaging with Afro-Caribbean literary discourse entails “sifting through the dominant discourse” and “verifying its legitimacy, its validity” (Toumson 1989a, 38). In this tribute to Professor Roger Toumson, we aim to bring together research on Afro-Caribbean literary discourse. These should be dedicated to writers who are part of the corpus defined in La Transgression des couleurs: littérature et langage des Antilles, XVIIIe, XIXe, XXe siècles. This corpus encompasses all works of the mind produced in French, Creole, or any other language by nationals of the French overseas departments of Guadeloupe, Martinique, and Guyana. This includes works published in the written press, such as articles, briefs, and feature reports, as well as radio and television productions, such as adaptations and series.
Thematic Areas
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Publishing and censorship: How did Afro-Caribbean intellectuals develop a literary discourse while the Ministry of the Colonies monitored and supervised the politicization of the empire’s subjects? What strategy did journalists and writers implement in terms of politics and writing?
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Literature and critique: How did Caribbean literary criticism develop when decolonization began and African and Caribbean independence was proclaimed? Which literary critical models and practices were implemented?
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Writing and rewriting: How do Afro-Caribbean writers perceive Western works as literary models that can be emulated and/or criticized? Can we refer to counter-literatures? In what ways and by what means might they manifest?
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Poetics and enunciation: How do Afro-Caribbean works create signifying autonomy through enunciative regimes that alter dominant languages and symbolic structures? Can we identify structural features and detect an intertextuality specific to a field of production and dissemination?
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Canon and literary history: How does writing an Afro-Caribbean literary history change the way we think about periodizations and how we canonize works after colonization? Is the development of Afro-Caribbean literature in conflict with or in continuity with the European literature that serves as its model or counter-model?
Submission Guidelines
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May 11, 2026: submission of titles and abstracts by authors.
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November 9, 2026: submission of articles by authors.
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December 2026 - February 2027: double-blind peer-review evaluations.
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March 2027: submission of corrected articles by authors.
Coordinators
- Xavier Luce: University of the Antilles (CRILLASH)
- Maria Yaksic: University of Chile (CECLA), Catholic University of Chile (Instituto de Estética)
Submission of Articles
Article proposals (title and abstract of no more than 400 words) should be submitted by May 11, 2026, to: archipelies@univ-antilles.fr and xavier.luce@univ-antilles.fr (cc).
Please consult the guidelines for authors prepared by the journal here: Guidelines for Authors.
Bibliography
Achille, Étienne, and Lydie Moudileno. 2018. Postcolonial mythologies: for a decolonization of the everyday. Francophonies 9. Honoré Champion.
Allouache, Ferroudja. 2018. Archéologie du texte littéraire dit francophone: 1921-1970. Bibliothèques francophones 4. Classiques Garnier.
Barthes, Roland. 1970. Mythologies. Seuil.
Bollenot, Vincent. 2022. “Maintenir l’ordre impérial en métropole: le service de contrôle et d’assistance en France des indigènes des colonies (1915-1945)”. Thèse d’État, Université Panthéon-Sorbonne - Paris I.
Demougin, Laure. 2022. “René Maran essayiste: une légitimité par le journal”. Archipélies, no14 (December). https://www.archipelies.org/1388#bodyftn54.
Edwards, Brent Hayes. 2024. Pratique de la diaspora. Littérature, traduction et essor de l’internationalisme noir. Translated by Jean-Baptiste Naudy and Grégory Pierrot. Rot-Bo-Krik.
Goebel, Michael. 2015. Anti-Imperial Metropolis: Interwar Paris and the Seeds of Third World Nationalism. Global and International History. Cambridge University Press.
Goldmann, Lucien. 1970. Mental Structures and Cultural Creation. Sociologie et connaissance. Éditions Anthropos.
Lanson, Gustave. 1912. “Questions diverses sur l’histoire de l’esprit philosophique en France avant 1750 (Suite)”. Revue d'Histoire littéraire de la France 19 (2): 1-29.
Lanson, Gustave. 1965. Essais de méthode, de critique et d'histoire littéraire. Edited by Henri Peyre. Hachette.
Nardal, Paulette. 2024. Écrire le monde noir: premiers textes, 1928-1939. Edited by Brent Hayes Edwards and Eve Gianoncelli. Rot-Bo-Krik.
Quijano, Aníbal. 2007. “‘Race’ et colonialité du pouvoir”. Sociologie. Mouvements 51 (3): 111-18. https://doi.org/10.3917/mouv.051.0111.
Rubiales, Lourdes. 2005. “Notes sur la réception du Goncourt 1921 en France”. Francofonía, January 1, 123-45.
Sagna, Olivier. 1986. “Des pionniers méconnus de l'indépendance: Africains, Antillais et luttes anti-colonialistes dans la France de l'entre-deux-guerres (1919-1939)”. Université Paris VII Diderot.
Staël-Holstein, Germaine de. 1991. De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales. Edited by Gérard Gengembre and Jean Goldzink. GF Flammarion.
Todorov, Tzvetan. 1982. The conquest of America: the question of the other. Éditions du Seuil.
Toumson, Roger. 1982. “La littérature antillaise d’expression française. Problèmes et perspectives”. Présence africaine, nos121-122: 130-34.
Toumson, Roger. 1983. “Trois calibans: Shakespeare, Renan, Césaire généalogie d'un mythe littéraire". Université Bordeaux Montaigne.
Toumson, Roger. 1989a. La Transgression des couleurs: littérature et langage des Antilles, XVIIIe, XIXe, XXe siècles, tome 1. Éditions caribéennes.
Toumson, Roger. 1989b. La Transgression des couleurs: littérature et langage des Antilles, XVIIIe, XIXe, XXe siècles, tome 2. Éditions caribéennes.
Toumson, Roger. 1998. Mythologie du métissage. Écritures francophones. Presses universitaires de France.
Toumson, Roger. 2004. L’utopie perdue des Îles d'Amérique. Bibliothèque de littérature générale et comparée 48. H. Champion.
Toumson, Roger, and Simonne Henry-Valmore. 1993. Aimé Césaire: le nègre inconsolé. Syros Vents des îles.
Toumson, Roger, and Simonne Henry-Valmore. 2002. Aimé Césaire: le nègre inconsolé. Nouv. éd. rev. et Augm. Vents d'ailleurs.
Argumentario
Esta convocatoria se enmarca en un homenaje a la labor crítica del profesor guadalupeño Roger Toumson realizada desde los años ochenta al presente. En su trabajo intelectual ha impulsado una relevante historia literaria que comienza con la publicación de su artículo «La littérature antillaise d’expression française. Problèmes et perspectives [La literatura antillana de expresión francesa. Problemas y perspectivas]» en la revista Présence Africaine. Desde allí en adelante, investigó la ambigüedad enunciativa del escritor antillano desde una perspectiva hegeliana de desarrollo de una «conciencia "para sí"» (Toumson 1982, 131-32). Eso exigía insistir en la existencia de ciertas « estructuras mentales » desde las cuales surge la creación literaria (Goldmann 1970) en las sociedades esclavistas de América y el Caribe, donde se instituye una «colonialidad del poder» (Quijano 2007). La literatura, por tanto, se desarrolla en esos contextos a partir de una «línea de color», problema mayor del siglo XX, como señalaba W. E. B. du Bois (Edwards 2024, 13-14), y vinculado «a una doble lucha: la de razas y de clases» (Toumson 1982, 132). Para comprender estos procesos desde la creación, Toumson consideró necesario volver a los primeros escritores antillanos, es decir, a los autores que fueron solidarios con la «celebración eufórica y profusa del orden feudal esclavista», las «apologías del guerrero conquistador» y los «elogios del sistema del terror despótico» (Toumson 1989a, 179-82). Esa fue la exigencia filosófica a la que debió someter su trabajo para desarrollar una historia literaria y que puede advertirse, ya sea en Mythologie du métissage (Toumson 1998), en su biografía de Aimé Césaire (Toumson y Henry-Valmore 1993, 2002) o en L’utopie perdue des Îles d’Amérique (Toumson 2004).
La tesis de Toumson defendida en noviembre de 1985, «Le Discours littéraire afro-antillais d’expression française : thèmes, structures, significations» (El discurso literario afroantillano de expresión francesa: temas, estructuras, significados), tenía por objetivo «establecer cuándo, por qué y cómo dicha literatura afroantillana alcanza la autonomía significativa» (Toumson 1989a, 7). Cuatro años después, esta tesis se publica con el título La transgresión de los colores: literatura y lenguaje de las Antillas, siglos XVIII, XIX y XX y propone una contundente historia literaria dedicada a los territorios caribeños bajo jurisdicción francesa (Guadalupe, Martinica, Guayana). Allí interroga las condiciones de posibilidad de un «discurso literario afroantillano» y su orientación política. Con el adjetivo «afroantillano» califica un «conjunto discursivo específico» cuya cohesión se debe a la emergencia enunciativa del sujeto negro y a su representación en la historia (Toumson 1989a, 7). Además, en la cuarta sección de su libro, Toumson considera el artículo de Paulette Nardal, «Éveil de la conscience de race» (El despertar de la conciencia racial), como «uno de los [textos] que exponen las grandes líneas del objetivo ideológico "teórico" del grupo» (Toumson 1989b, 354), caracterizado bajo el nombre de la Negritud.
Después de la publicación, en 2024, de la primera antología de los escritos de Paulette Nardal y su hermana Jane Nardal, parece relevante volver sobre el alcance teórico y la orientación ideológica de este movimiento que propuso «escribir el mundo negro» (Nardal 2024) desde el contexto colonial, mientras los intelectuales afroantillanos y africanos, pero también indochinos, eran objeto de vigilancia policial constante por el Ministerio de las Colonias (Sagna 1986; Goebel 2015; Bollenot 2022). Vinculada intrínsecamente a una política genocida instituida en un «nuevo mundo» (Todorov 1982), la literatura afroantillana se presenta como una empresa de «desocultamiento de su mito formador» (Toumson 1989a, 39), y su rasgo estructurante proviene del examen de un «discurso dominante» así como también de su crítica. Respaldada por una gran erudición humanista, la obra de Toumson ofrece un marco de intelección e interpretación vigente para la investigación. El método de la historia literaria aplicado por Roger Toumson al ámbito antillano ha permitido mostrar la riqueza de mitos transnacionales y transculturales como el de Calibán, desde William Shakespeare hasta Aimé Césaire, pasando por Ernest Renan (Toumson 1983).
En tanto disciplina, la historia literaria se institucionalizó progresivamente a lo largo del siglo XIX, especialmente en Francia, bajo el impulso del profesor Gustave Lanson. Esta disciplina debía dedicarse dentro de la academia a apoyar, desde la secundaria hasta la universidad, una crítica basada en la lectura y la explicación de los textos, más que en la biografía de los escritores y en generalidades preconcebidas. Era importante consolidar el régimen republicano formando, a través de la mediación literaria, a los ciudadanos de una democracia. Sin embargo, aún era necesario institucionalizar una literatura acorde con este ideal y proporcionar los elementos para una crítica de la literatura monárquica. Con ese propósito se introdujo a los autores de la Ilustración en los planes de estudio reevaluando los siglos anteriores y apelando a una nueva lectura de los clásicos y su «testimonio» sociológico (Lanson, 1912). Los estudios poscoloniales dan continuidad a este mismo imperativo de reevaluación y lectura crítica: descolonizar el conocimiento para avanzar hacia una república posimperial.
Descolonizar el conocimiento supone identificar los esquemas mentales y discursivos que han condicionado la sensibilidad y normalizado ciertas relaciones de dominación, es decir, las «mitologías» que Roland Barthes se dedicó a describir y analizar a partir de la década de 1950, en particular la «colonialidad» y la «imperialidad» (Barthes 1970, 203; Achille y Moudileno 2018). En cuanto al espacio antillano, ¿no habría que cuestionar ciertas evidencias? Por ejemplo, si los redactores de la Revue du Monde noir manifiestan la intención de «crear entre los negros de todo el mundo, sin distinción de nacionalidad, un vínculo intelectual y moral que les permita conocerse mejor, amarse fraternalmente, defender más eficazmente sus intereses colectivos e ilustrar su raza», ¿se puede reducir su alcance circunscribiéndolo solamente a una dimensión racial y/o cultural del problema? ¿Es cierto que «la cuestión racial permanecía disociada de la cuestión política», de modo que «la tensión entre la conciencia racial y la conciencia de clase, es decir, entre la negritud y el marxismo, aún no se percibía» (Toumson 1989b, 354-55)? El metódico trabajo de Roger Toumson nos invita a ello, pues alude a «la intervención de la policía» y la ausencia de depósito legal como explicación de la desaparición de los números de L’Étudiant noir, revista en la que Aimé Césaire teoriza la acción revolucionaria del «filósofo negro» (Toumson 1989b, 357). También se sabe que la recepción masiva de Batouala de René Maran, Premio Goncourt en 1921, llamó la atención del Ministerio de Colonias y significó para su autor ser sospechoso de comunismo y de veleidades antifrancesas (Rubiales 2005; Allouache 2018). Incluso la revista de la que René Maran fue parte, Les Continents, desapareció pocos meses después de su creación en mayo de 1924, tras un proceso judicial iniciado por el Ministerio de Colonias. El primer número de esta revista, no disponible en las colecciones de las bibliotecas, sin embargo, sí se encuentra en los archivos de la red de vigilancia imperial (Demougin 2022). Este es un hecho significativo del clima político de la época en que, paralelamente a la internacional marxista, aparece la emergencia de un «internacionalismo negro» (Nardal 2024, 357-60).
Siguiendo a Toumson, ocuparse del discurso literario afroantillano lleva a «examinar minuciosamente el discurso dominante», a «verificar su legitimidad, su validez» (1989a, 38). El presente dossier en homenaje a su trabajo intelectual propone reunir investigaciones y artículos sobre el discurso literario afroantillano presente en escritores que fueron parte del corpus definido en La Transgression des couleurs : littérature et langage des Antilles, XVIIIe, XIXe, XXe siècles, es decir, el conjunto de obras literarias producidas tanto en francés como en creol, o en cualquier otra lengua hablada por ciudadanos de los departamentos franceses de ultramar, Guadalupe, Martinica y Guayana. Las obras y autorías que se propone estudiar este dossier incluye a las obras publicadas en la prensa escrita como artículos, noticias breves y reportajes, así como creaciones radiofónicas y televisivas, adaptaciones de obras literarias y series.
Ejes de estudio
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Publicación y censura: cómo los intelectuales afroantillanos desarrollaron un discurso literario mientras el Ministerio de Colonias vigilaba y controlaba la politización emergente en el imperio. ¿Cuáles serían las políticas y los escritos desplegados por los periodistas y escritores?
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Literatura y crítica: cómo se desarrolla la crítica literaria antillana cuando se inicia la descolonización y se proclaman las independencias africanas y caribeñas. ¿Cuáles serían los modelos y las prácticas críticas de la literatura que aparecen?
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Escritura y reescritura: cómo las obras occidentales fueron para los escritores afroantillanos modelos literarios a imitar y/o criticar. ¿Se puede hablar de contraliteraturas? ¿Cuáles serían sus formas, según qué modalidades y en función de qué medios?
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Poética y enunciación: cómo las obras afroantillanas elaboran una autonomía significativa mediante regímenes enunciativos que transforman las lenguas y las estructuras simbólicas dominantes. ¿Se pueden identificar rasgos estructurales y detectar una intertextualidad propia de un campo de producción y difusión?
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Historia literaria y canon: cómo la escritura de una historia literaria afroantillana conduce a reconfigurar las periodizaciones y a cuestionar los procesos de canonización poscolonial. ¿El desarrollo de la literatura afroantillana se inscribe en la continuidad o en la ruptura con la literatura europea que le sirve de modelo o de contramodelo?
Calendario
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11 de mayo de 2026: envío de títulos y resúmenes por parte de los autores.
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9 de noviembre de 2026: envío de los artículos por parte de los autores.
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Diciembre de 2026 - febrero de 2027: evaluaciones doble ciego.
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Marzo de 2027: entrega de los artículos corregidos por los autores.
Coordinadores
- Xavier Luce: Universidad de las Antillas (CRILLASH)
- María Yaksic: Universidad de Chile (CECLA), Universidad Católica de Chile (Instituto de Estética)
Envío de artículos
Las propuestas de artículo (título y resumen de un máximo de 400 palabras) deben enviarse antes del 11 de mayo de 2026 a: archipelies@univ-antilles.fr y xavier.luce@univ-antilles.fr (con copia).
Consulte aquí las instrucciones para autores elaboradas por la revista: Guidelines for Authors.
Bibliografía
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Toumson, Roger, y Simonne Henry-Valmore. 2002. Aimé Césaire : le nègre inconsolé [Aimé Césaire: el negro inconsolable]. Nueva edición revisada y ampliada. Vientos de otros lugares.