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L'erreur : perceptions et représentations

« Revue interuniversitaire pour la recherche et la science », numéro 13

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Published on Thursday, March 26, 2026

Abstract

Étant une tribune interuniversitaire, la revue du RIRS a vu le jour grâce au concours et aux contributions de ses collaborateurs et collaboratrices qui adhèrent à son positionnement académique indépendant. Appelée à paraître régulièrement deux fois par an, à raison d’un numéro par semestre, aux mois de juillet et de février, elle promeut l’édification de la pensée constructive en donnant la parole à des universitaires nationaux et internationaux animés par des valeurs humanistes universelles.

Announcement

Argumentaire

Un « péché », une « faute », une « méprise », un « impair », un « biais », une « bêtise », une  « déviation » : autant de mots vedettes qui forment avec d’autres termes un réseau lexical complexe sous l’enseigne « ERREUR ». L’erreur est généralement définie comme « Acte de se tromper,

d'adopter ou d'exposer une opinion non conforme à la vérité, de tenir pour vrai ce qui est faux » (1), d’où l’énoncé : commettre une erreur. Pourtant, aussi simple qu’elle puisse paraître, cette définition interroge plus qu’elle ne révèle. En effet, elle semble à fois interpeller le jugement subjectif, le raisonnement intellectuel, le conformisme social et les perceptions binaires, particulièrement en ce qui a trait à ce qui est considéré comme vérité et ce qu’il ne l’est pas.

Aristote va alors associer la vérité au discours qui rend compte du fait existant : « Dire de ce qui est qu'il est, ou de ce qui n'est pas qu'il n'est pas, c'est dire vrai ; dire de ce qui n'est pas qu'il est ou de ce qui est qu'il n'est pas, c'est dire faux » (2). Averroès (Ibn Rochd), quant à lui, reconnu pour être le sage commentateur d’Aristote, aborde l’erreur par la conciliation de la philosophie qu’il nomme « hikma » (sagesse) avec la théologie en corrigeant l’idée selon laquelle la philosophie découlerait d’un esprit athée. Il introduit ainsi le concept d’assentiment c’est-à-dire l’adhésion par la pensée à quelque chose de vrai ou de faux. Pouvant être d’ordre rhétorique – vérité syllogique sans élément d’appui ou inférence –, d’ordre démonstratif – discussion du savoir par l’exercice intellectuel rationnel –, ou d’ordre dialectique – fondé sur la conformité de la pensée individuelle à la pensée collective. 

Cette distinction porte Averroès à émettre des réserves sur la validité de l’induction ou de la déduction pour persuader de ce qui est vrai. Ainsi, pour lui, l’erreur se produit par manque de discernement :

« c'est pour cette raison que le sens du texte révélé se dédouble en sens obvie et en sens caché : l'obvie ce sont les symboles employés pour de telles notions et le caché ce sont ces notions qui ne se découvrent qu'aux gens de la démonstration » (3).

Dans les Principes de la philosophie (1644), R. Descartes associe l’erreur au pouvoir potentiel de la volonté à libérer la pensée. Facteur adjuvant à la quête de vérité, il n’y voit pas un acte consciemment assumé puisque « nous savons que l’erreur dépend de notre volonté, et que personne n’a la volonté de se tromper ». En cela, la pensée cartésienne accorde une valeur positive à l’erreur car « il arrive souvent que c'est le désir de connaître la vérité qui fait que ceux qui ne savent pas l'ordre qu'il faut tenir pour la rechercher manquent de la trouver et se trompent, cause qu'il les incite à précipiter leurs jugements, et prendre des choses pour vraies, desquelles ils n'ont pas assez de connaissance » (4). 

Cette conception fera l’objet de plusieurs critiques qui motiveront le développement de la psychologie cognitive et sociale. B. Spinoza, pour qui, l’esprit n’est pas dissociable du corps, ne surestime pas le pouvoir de l’esprit. Selon lui, l’erreur est une « privation de connaissance » (5). L’entendement et la volonté étant la même chose, le fait qu’ils subissent l’effet de l’imagination peut altérer l’expression de la vérité entrainant de ce fait des confusions ou des idées inadéquates. L’essor des neurosciences permettront, grâce à A. Damasio, de consolider la connexion corps/esprit en postulant l’interdépendance du rationnel et de l’émotionnel au sens où les émotions orientent les décisions. Pour lui, l’erreur est un défaut foncièrement logique, elle « consiste dans la séparation abyssale qu'il [Descartes] a établie entre le corps, doté d'une étendue, fonctionnant comme une machine, pourvu d'organes, et l'esprit, sans étendue, invisible, intangible » (6).

Un autre tournant dans l’histoire des sciences coïncidera avec les travaux de G. Bachelard. Dans La formation de l’esprit scientifique (1934), le philosophe français ne reconnaît pas seulement les apports et les découvertes scientifiques ; il y voit un résultat de parcours jalonné d’erreurs issues de ce qu’il appelle « obstacles épistémologiques » (7). 

Assurément, l’évolution des nomenclatures insiste sur de la distinction entre la vérité et l’erreur. À juste titre, et depuis quelques siècles, la logique discursive a été progressivement sortie de la morale pour être de plus en plus ancrée dans les champs de la connaissance. Les travaux du logicien A. Tarsky maintiennent le rapport entre la vérité et l’erreur sauf que celle-ci est susceptible de survenir en considérant le degré de correspondance ou de non correspondance sémantique à la réalité langageobjet (8).

Donc, si l’erreur est humaine, cela ne signifie pas qu’elle découle nécessairement d’un acte fatal ou immoral. La culture de la connaissance prospère par la rectification de l’erreur. L’évolution des théories de l’apprentissage a favorisé, à cet effet, le passage, de l’erreur qui mérite une sanction, vers l’erreur « créatrice » qui tend à « s’approprier la connaissance » (9). 

Tant de pistes académiques pour réfléchir au statut, aux pratiques de l’erreur et permettre au numéro 13 de la revue du RIRS de s’intéresser à différents axes disciplinaires sans prétendre à l’exhaustivité en comptant sur les possibilités de les élargir aux champs de recherche et/ou aux domaines professionnels des soumissionnaires : 

  • Fondements épistémologiques et philosophiques de l’erreur
  • Les marges d’erreur dans les méthodes de recherche
  • L’erreur dans les sciences de l’éducation
  • Les mécanismes de l’erreur dans la psychologie sociale et cognitive
  • Les représentations socioculturelles de l’erreur dans la sociologique et le management des organisations
  • L’erreur dans le droit et les sciences juridiques
  • La simulation de l’erreur dans les créations littéraires et artistiques
  • L’erreur dans la programmation informatique et les plateformes numériques

Adresse URL de l’événement

https://www.le-rirs.org/la-revue/appels-%C3%A0-contribution

Modalités de contribution

Les propositions d’articles intégraux doivent être au format WORD, sous forme de textes dont la longueur est comprise entre 2000 et 10000 caractères (espaces compris) ; toutefois, dans le cas d’articles scientifiques présentés canoniquement suivant le plan :

  • 1>Cadre théorique / Contexte
  • 2>Méthodologie
  • 3>Résultats
  • 4>Discussion

Dans ce cas, la longueur seuil est fixée à 20000 caractères (espaces compris).

Les articles doivent être assortis de résumés rédigés en français n’excédant pas 350 mots avec 7 mots clés ; les soumissions en arabe ou en anglais doivent être doublées d’un résumé en français n’excédant pas 350 mots avec 7 mots clés également.

Toute proposition non conforme à ces modalités ne sera pas prise en compte par le comité de coordination et ne bénéficiera pas d’un retour par notification.

Les articles doivent être saisis en TimesNewRoman 12, sans interligne, justifié ;

Format de page : A4, portrait ; marges 2,5 cm en bas, en haut, à droite, à gauche ;

Les mots et expressions en langue étrangère doivent être saisis en italique ;

Pour les références bibliographiques, les normes de l’APA seront de mise ; pour convertir ses références suivant ces normes, voici un site rapide d’accès : https://www.scribbr.fr/generateur-apa/

Les auteurs doivent s’identifier en mentionnant : leurs noms complets, leurs affiliations et leurs emails ;

Les propositions d’articles intégraux doivent être envoyées sur l’adresse : reseau.rirs.contact@gmail.com

Calendrier prévisionnel

  •  Lancement de l’appel : 23 mars 2026
  •  Dernier délai pour la réception des articles intégraux : 30 juin 2026
  •  Envoi des articles et des grilles d’évaluation au comité de lecture : 1 juillet 2026
  •  Réponses aux soumissionnaires et remise des évaluations du comité de lecture : 10 juillet 2026
  •  Dernier délai pour recevoir les articles définitifs modifiés : 15 juillet 2026
  •  Retour des articles au comité de lecture pour validation finale : 16 juillet 2026
  •  Renvoi définitif des articles au comité de coordination : 21 juillet 2026
  •  Mise en forme numérique du 13e numéro par le comité d’édition : 22 juillet 2026
  •  Publication du 13e numéro sur ZENODO : 28 juillet 2026

Les numéros précédents de la revue du RIRS sont référenciés sur zenodo.org.

Et sur le site du RIRS.

Coordination du numéro 13 de la revue du RIRS

  • Pr. Aïcha Abdelouahed Université Mohammed Premier - Oujda E-mail : a.abdel-ouahed@ump.ac.ma
  • Pr. Samia Belhaj Université Ibn Tofail - Kenitra E-mail : samiabel5@hotmail.com 
  • Pr. Nabila Bhih Université Hassan II - Casablanca E-mail : nabila.bhih@univh2c.ma 
  • Pr. Adil Cherkaoui Université Hassan II - Casablanca E-mail : adil.cherkaoui@univh2c.ma 
  • Pr. Hicham Jirari Université Hassan II - Casablanca E-mail : hicham.jirari@fstm.ac.ma

Modalités d’évaluation

Les propositions des soumissionnaires seront évaluées en double aveugle par un comité de lecture constitué d’enseignant-e-s chercheur-e-s publié-e-s à l’échelle nationale et internationale. Ces évaluations se feront sur la base d’une grille critériée portant sur les conditions de soumissions déclinées ci-dessus et la pertinence du fond par rapport à l’argumentaire.

Comité de lecture (provisoire)

  •   Pr. Aïcha Abdelouahed (UMP-Oujda)
  •   Pr. Samira Bahoum (UMV-Rabat)
  •   Pr. Sabrina Bannani (UVT-Tunis)
  •   Pr. Nadia Bayed (UMV-Rabat)
  •   Pr. Samia Belhaj (UIT-Kenitra)
  •   Pr. Nabila Bhih (UHII-Casablanca)
  •   Pr. Mhadeb Boudabous (ISET-Nabeul)
  •   Pr. Nadia Chafiq (UHII-Casablanca)
  •   Pr. Adil Cherkaoui (UHII-Casablanca)
  •   Pr. Mohamed Defaa (SNHU-New Hampshire)
  •   Pr. Elassaad Elharbaoui (ISCE-Carthage)
  •   Pr. El Mostafa Ftouh (USMS-Beni Mellal)
  •   Pr. Hakima Darif El Bouffy (CRMEF-Casablanca/Settat)
  •   Pr. Driss El Omari (USMBA-Fès)
  •   Pr. Moussadak Ettayebi (Université du Québec Trois-Rivières)
  •   Pr. Hicham Jirari (UHII-Casablanca)
  •   Pr. Asmaa Mesrar (UHII-Casablanca)
  •   Pr. Ahmad Mousa (UP-Amman)
  •   Pr. Fatima Zahra Mrabbi (UMV-Rabat)
  •   Pr. Mohammed Nabih (USMBA-Fès)
  •   Pr. Hanae Sbai (UHII-Casablanca)
  •   Pr. Chaimae Tailassane (UMI-Meknès)
  •   Pr. Siham Zarrouq (UHII-Casablanca)
  •   Pr. Meriam Zerzeri (ISCE-Carthage)

Références

(1) larousse.fr

(2) Aristote. Métaphysique, 1011b et 1051b. V. Cousin (Remacle en ligne).

(3) Averroès (1996) Fasl al-maqâl (Discours décisif), éd. bilingue, trad. française de M. Geoffroy. Paris : GF-Flammarion.

(4) Descartes R. (1999). Principes de la philosophie, éd. G. Duraudin, Paris : Vrin.

(5) Spinoza B. Éthique, II, proposition 35. Traduction et notes par Charles Appunh (1965), Paris : Garnier- Flammarion.

(6) Damasio A. (1995). L’Erreur de Descartes : la raison des émotions. Odile Jacob, (traduction de l’original Descartes’ Error, 1994).

(7) Bachelard G. (1934). La formation de l’esprit scientifique. Contribution à une psychanalyse de la connaissance objective. Paris, Vrin, 1967.

(8) Philippe de Rouilhan, « Note sur Popper lecteur de Tarski », Philosophia Scientiæ [En ligne], 11-1 | 2007, mis en ligne le 27 juin 2011, consulté le 22 mars 2026. URL : http://journals.openedition.org/philosophiascientiae/320

(9) Astolfi J.-P. (1997). L’erreur, un outil pour enseigner. Paris : ESF.

 


Date(s)

  • Tuesday, June 30, 2026

Keywords

  • erreur, perception, représentation, obstacle, épistémologie, éducation, organisation

Contact(s)

  • Aicha Abdelouahed
    courriel : a [dot] abdel-ouahed [at] ump [dot] ac [dot] ma
  • Nabila Bhih
    courriel : nabila [dot] bhih [at] univh2c [dot] ma
  • Samia Belhaj
    courriel : samiabel5 [at] hotmail [dot] com
  • Adil Cherkaoui
    courriel : adil [dot] cherkaoui [at] univh2c [dot] ma

Information source

  • Hicham Jirari
    courriel : hicham [dot] jirari [at] fstm [dot] ac [dot] ma

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« L'erreur : perceptions et représentations », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, March 26, 2026, https://doi.org/10.58079/15yba

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