Published on Tuesday, April 07, 2026
Abstract
À l’occasion de ses 70 ans, l’Association Jean-Jacques Rousseau de Neuchâtel examine les liens que Rousseau a tissés avec le Mercure de France. Ces deux journées d’étude s’inscrivent également dans le cadre du projet de recherche « Le Mercure de France et l’institution littéraire ».
Announcement
Présentation
Périodique littéraire de grande diffusion, publié sous la protection et le contrôle du gouvernement, le Mercure accueille dans la section des pièces fugitives les textes de tout ce que le XVIIIe siècle compte d’écrivains, qu’ils soient déjà connus ou qu’ils aspirent à une meilleure visibilité. Rousseau ne fait pas exception. Lecteur du Mercure, il consulte ce périodique au moins à partir de 1735, avec une intensité et une régularité qui varient probablement au fil des décennies. Poète et philosophe, il confie au Mercure des réflexions sur son système de notation musicale (« Lettre de M. Rousseau à M. D. », février 1743) ou des vers comme « L’Allée de Silvie » (septembre 1750) à la demande de son directeur l’abbé Raynal. Le Mercure joue un rôle déterminant lorsque, sur le chemin de Vincennes, Rousseau parcourt la livraison d’octobre 1749 et tombe sur l’annonce du concours de l’Académie de Dijon. L’illumination qui en résulte ne pose pas seulement les fondements du Discours sur les sciences et les arts, mais elle constitue encore le témoignage d’une expérience de lecture extatique d’un périodique littéraire.
D’autres moments forts ponctuent les rapports de Rousseau au Mercure. En 1755, par exemple, le périodique publie la lettre polémique de Voltaire sur le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes et la réponse de Rousseau. Celui-ci se plaint vivement du traitement que Louis de Boissy, alors responsable du Mercure, réserve à sa missive devenue méconnaissable. Trois ans plus tard, il se brouille cette fois-ci avec Jean-François Marmontel, successeur de Boissy, au moment de lui adresser sa Lettre à D’Alembert sur les spectacles. Il avait en effet pris le soin d’écrire sur l’exemplaire qu’un tel présent n’était « point pour l’auteur du Mercure, mais pour M. Marmontel ». Cette distinction ambiguë fâche le journaliste qui devient un farouche adversaire de Rousseau et qui critique longuement sa Lettre dans le Mercure. Après la publication de La Nouvelle Héloïse, c’est par le biais du Mercure que Rousseau choisit de s’adresser à ses lecteurs pour les prier de ne plus lui communiquer leurs ouvrages ou lettres de compliment (avril 1762). Dans les années 1760, sans commenter les pamphlets les plus virulents, le Mercure de Pierre-Antoine de La Place évoque à différentes reprises les querelles qui opposent Rousseau à Voltaire, Jacob Vernes et David Hume. Toujours à la recherche d’inédits concernant les auteurs de renom, le Mercure donne encore la première version imprimée du texte de Pygmalion en janvier 1771 (vol. 2), à une époque où tout Paris s’intéresse à cette œuvre théâtrale et musicale d’un goût nouveau. Enfin, Rousseau conserve une présence durable dans le Mercure après sa mort, entretenue notamment par la parution de ses Œuvres complètes entre 1780 et 1789 et par sa panthéonisation en 1794.
En premier lieu, nous explorerons la présence de textes de Rousseau dans le Mercure. Rousseau est-il à l’initiative de ces publications et quelles fonctions remplissent-elles à différents moments de son parcours ? Quel rapport entretient-il avec les directeurs successifs du périodique ? Observe-t-on la mise en place de stratégies éditoriales impliquant le Mercure aux côtés d’autres périodiques ou par préférence à d’autres périodiques ? Ensuite, nous voudrions comprendre quand et comment Rousseau lit le Mercure. Quel degré d’utilité et de fiabilité accorde-t-il au périodique et quelle place lui confère-t-il dans un paysage éditorial et médiatique global ? Enfin, le Mercure constitue une source abondante pour évaluer la réception tantôt critique, tantôt laudative des œuvres de Rousseau. Quelles formes prend cette réception ? Dans quelle mesure est-elle polarisée ? Peut-on identifier des moments rousseauistes dans le Mercure ? Rousseau réagit-il aux réfutations publiées de ses écrits et par quels biais ?
Programme
Jeudi 28 mai 2026
Salle R.S.38, Rez-de-chaussée
14 :00 Timothée Léchot, Université de Fribourg
Nathalie Vuillemin, Université de Neuchâtel
Accueil et introduction
LE MERCURE COMME TREMPLIN ?
Modération : Myrtille Méricam-Bourdet
- 14 :30 Ourida Mostefai, Université Brown, Le Mercure de France et les débuts de la carrière de Rousseau
- 15 :00 Léa Kipfmüller, Université de Fribourg, La diffusion médiatique des échanges entre Voltaire et Rousseau sur le Second Discours (1755)
15 :30 Pause
16 :00 Assemblée générale de l’Association Jean-Jacques Rousseau
Présentation du site web et des collections en ligne du Musée Rousseau à Môtiers
Salle R.E.48, rez-de-chaussée
18 :00 « Ces chers compères » Pièce originale de Michel Termolle, lue par des comédiens du Val-de-Ruz Théâtre
19 :00 Apéritif dînatoire
(offert et sans inscription)
Vendredi 29 mai 2026
Salle R.S.38, rez-de-chaussée
LE TOURNANT DE L’ANNÉE 1762
Modération : Ghazi Eljorf
- 09 :30 Michel Termolle, Haute école provinciale du Hainaut – Condorcet, Silence pour Émile
- 10 :00 Dario Maria Nicolosi, Sorbonne Université/ERC ModERN, L’Émile et le Contrat social dans la presse du XVIIIe siècle, ou des références aux textes de Rousseau malgré la censure
- 10 :30 Myrtille Méricam-Bourdet, Université Lumière Lyon 2, Rousseau et les directeurs du Mercure
11 :00 Pause
ROUSSEAU, INTERLOCUTEUR POSTHUME
Modération : Léa Kipfmüller
- 11 :30 Ghazi Eljorf, Université de Fribourg, « Épître à Jean-Jacques Rousseau » (2 janvier 1790) : révolution contre le mythe de l’homme solitaire
- 12 :00 Huguette Krief, Aix Marseille Université, Jean-Jacques Rousseau au Mercure de France (1828), un conte polémique de Jules Janin sous la seconde Restauration
12 :30 Conclusion
Organisation
- Timothée Léchot
- Myrtille Méricam-Bourdet
- Nathalie Vuillemin
Subjects
- Thought (Main category)
- Mind and language > Representation > Cultural history
- Mind and language > Education > History of education
- Mind and language > Language > Literature
- Periods > Early modern > Eighteenth century
- Mind and language > Information > History and sociology of the press
- Mind and language > Information > History and sociology of the media
- Mind and language > Epistemology and methodology > Digital humanities
Places
- Faculté des lettres et sciences humaines - Espace Tilo-Frey 1
Neuchâtel, Switzerland (2000)
Event attendance modalities
Full on-site event
Date(s)
- Thursday, May 28, 2026
- Friday, May 29, 2026
Attached files
Keywords
- jean-jacques rousseau, mercure de france, presse, littérature, réception, journalisme
Reference Urls
Information source
- Timothée Léchot
courriel : timothee [dot] lechot [at] gmail [dot] com
License
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To cite this announcement
« Jean-Jacques Rousseau et le Mercure de France », Study days, Calenda, Published on Tuesday, April 07, 2026, https://doi.org/10.58079/160pu

