HomeFaire lien avec l'étranger
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Published on Tuesday, April 07, 2026

Abstract

Nous proposons une journée d’étude sur les liens avec l’étranger. Nous dépassons donc le cadre de la famille et du couple pour envisager l’étranger, entendu dans son acception extensive pour les périodes médiévale et moderne, comme l’homme ou la femme considéré·e comme venant d’ailleurs ; ce dernier représentant une figure centrale pour appréhender la cohésion des sociétés et la force, ou la fragilité, des liens sociaux qui les constituent. Cet appel à communications invite à interroger les multiples formes de liens - économiques, politiques, intellectuels, familiaux, professionnels, culturels - tissés entre une communauté d’accueil et ceux qu’elle identifie comme étrangers. 

Announcement

Argumentaire

En continuité avec la journée d’étude des Doctorales du Centre Roland Mousnier de 2025 sur le thème de l’amour, nous proposons une journée d’étude sur les liens avec l’étranger. Nous dépassons donc le cadre de la famille et du couple pour envisager l’étranger, entendu dans son acception extensive pour les périodes médiévale et moderne, comme l’homme ou la femme considéré-e comme venant d’ailleurs ; ce dernier représentant une figure centrale pour appréhender la cohésion des sociétés et la force, ou la fragilité, des liens sociaux qui les constituent. Cet appel à communications invite à interroger les multiples formes de liens - économiques, politiques, intellectuels, familiaux, professionnels, culturels - tissés entre une communauté d’accueil et ceux qu’elle identifie comme étrangers. 

Une attention particulière sera accordée à la fabrique de l’étranger, c’est-à-dire aux processus par lesquels se définit et se nomme l’altérité. Dans la lignée des travaux de Simona Cerutti, il s’agira de comprendre comment se construit la condition d’extranéité, quels critères de différenciation sont mobilisés, et comment s’établissent les hiérarchies entre étrangers [Cerutti, 2012]. L’étranger étant aussi celui qui n’est pas reconnu par une communauté locale, les communications pourront donc aborder plusieurs échelles sur lesquelles de nouvelles problématiques se greffent. L’accroissement des mobilités (des marchands, pèlerins, étudiants, diplomates, migrants) et la progressive ouverture des horizons aux périodes médiévales et modernes sont ainsi propices à la multiplication des rencontres avec l’étranger. L’analyse des sources juridiques, testamentaires et autres documents normatifs permettra d’éclairer les statuts, les continuités et les ruptures qui caractérisent la relation à l’étranger. Une attention sera portée aux processus d’intégration et d’exclusion, à la question du statut de supra-localité, c’est-à-dire la relative indépendance des étrangers par rapport aux normes locales, ainsi qu’aux variables religieuses et professionnelles susceptibles d’influer sur la condition de l’étranger. Les figures des « indésirables », moins insérées socialement, pourront également être interrogées. Toutefois, si la notion d’altérité pourra être traitée dans des communications, elle ne devra pas être assimilée à l’usage de la notion d’étranger. 

Les modalités du dialogue avec les communautés étrangères constitueront un autre objet d’investigation. Comment se structurent les mises en relation entre société d’accueil et étrangers ? L’historiographie des réseaux commerciaux méditerranéens et consulaires a largement renouvelé notre compréhension de ces mécanismes [Marzagalli, 2015 ; Calafat, Grenet, 2023 ; Panzac, 2004 ; Windler, 2002]. Les communications pourront s’appuyer sur les renouvellements méthodologiques récents, notamment l’usage des technologies numériques dans l’étude des logiques réticulaires (logiciel Gephi, analyse de réseaux). 

Enfin, la question des transferts culturels et des négociations entre groupes de cultures différentes sera abordée, notamment à travers le prisme de la théorie du middle ground [White, 1991], qui permet de penser les espaces de négociation où des individus ou groupes de cultures différentes se rejoignent et font un pas l’un vers l’autre, s’appuient sur les codes et référents de l’autre pour construire un terrain d’entente commun. 

Axe 1 – Etablir le lien avec l’étranger 

Le premier axe de la journée d’étude portera sur la création du lien avec l’étranger, avec le degré de conflictualité ou au contraire d’entente que cela peut impliquer. 

Les contributions pourront aborder la création de communautés, qu’elles soient politiques, savantes, intellectuelles ou encore linguistiques. C’est par exemple la création d’un lien avec l’étranger que la constitution d’une communauté religieuse ou monastique au Moyen Âge. L’étranger peut aussi bien être la personne extérieure à la communauté que l’ensemble des communautés monastiques ou religieuses qui ne suivent pas la même règle, ou même une autre communauté monastique, même si elle suit la même règle. 

La question de la confiance à accorder à l’autre dans l’établissement du lien, qu’il soit amical, commercial, politique ou d’une autre nature, invite à considérer l’établissement de liens de plusieurs types. L’amicitia est interprétée par Sigbjørn Sønnesyn 1, pour la période médiévale, comme le lien fondamental à la fois d’un rapport de sympathie émotionnelle avec l’étranger mais aussi comme lien au fondement de toute communauté politique au sens aristotélicien. L’établissement de ce lien d’amicitia, et ses différentes formes, pourront faire l’objet de contributions. Le lien avec l’étranger peut aussi être établi comme version incarnée de la caritas chrétienne, ou d’un devoir de care mis en avant dans des travaux plus récents. (référence à ajouter  ?) 

Les moyens d’établissement du lien avec l’étranger appellent aussi une analyse. Au Moyen Âge, la fidélité jurée, notamment mise en exergue dans les travaux de Corinne Leveleux-Texeira et dans l’histoire du droit, apparaît comme un moyen essentiel d’établir le lien de confiance. Des pratiques comme la prise d’otages en sont d’autres incarnations, où la menace de la confrontation renforce le lien. 

Ces interactions prennent souvent forme dans des espaces spécifiques : frontières, ports, marchés, cours princières ou villes, autant de zones de contact où les appartenances se négocient et se redéfinissent. Cette cohabitation forcée ou voulue dans les arrangements et la conflictualité qu’elle peut engendrer participe à la fabrication du lien. Il s’agira d’examiner comment ces lieux favorisent la rencontre, la médiation ou, au contraire, la conflictualité, et comment la mobilité des acteurs contribue à la densification de réseaux sociaux, marchands ou diplomatiques. 

Axe 2 – Cultiver le lien avec l’étranger 

Un deuxième axe portera sur les modalités de l’entretien du lien créé avec l’étranger, avec un intérêt particulier pour la mise en évidence de réseaux dans ces relations sociales. Se demander comment est cultivé le lien avec l’étranger, c’est aussi envisager les hiérarchies dans ce lien  : qui entretient le lien avec l’étranger  ? Qui s’en arroge les bénéfices ou en subit les contraintes  ? 

L’omniprésence du terme «  réseau  » dans l’espace public et la recherche académique a été relevée par Claire Lemercier dès 20052. Médiévistes et modernistes s’emparent toujours plus de ce vocabulaire pour mettre en avant le lien social sous toutes ses formes. Les communications pourront par exemple mettre en exergue la diversité des liens créés au sein d’un réseau, la permanence de certaines formes de conflictualités malgré le lien, ou encore la pertinence du travail par réseau dans le cadre de l’analyse des systèmes féodaux ou des réseaux d’alliances matrimoniales ou militaires. 

Pour maintenir le lien avec l’étranger, la circulation des personnes et des informations est nécessaire, qui trouve des formes et une étendue très variable entre le Moyen Âge et l’époque moderne. Jean Verdon pour la France, Norbert Ohler et Caroline Hillier pour le monde anglo-saxon, ont suscité par leurs sommes sur le voyage au Moyen Âge des études sur ces circulations. Les Assises franco-polonaises d’histoire médiévale ont mis en lumière certaines formes de liens entre des espaces lointains les uns des autres, et même entre les continents au Moyen Âge. Des contributions faisant appel à l’histoire globale, notamment dans ses aspects réticulaires, sont les bienvenues. 

Ces circulations font aussi émerger la question des contacts culturels liés à ce lien à l’étranger, car l’étranger est aussi souvent celui qui ne parle pas la même langue. En Méditerranée, la multiplication des contacts et de la cohabitation de différentes communautés a entraîné l’apparition de la lingua franca, un pidgin pensé comme aisément compréhensible de tous [DAKHLIA, 2008]. Langue de transaction et de transition, c’est donc la langue par excellence du rapport à l’étranger. Les traductions écrites et orales, le rôle des interprètes pourront aussi être analysés lors de cette journée d’étude. 

Cet axe invite à analyser les effets de ces connexions sur les structures sociales et les équilibres politiques, économiques et culturels. La mise en relation avec l’étranger engendre-t-elle de nouvelles hiérarchies, des figures de médiation, des communautés hybrides ? Quelles pratiques, savoirs ou normes circulent et se transforment dans ces échanges ? 

Cette thématique serait aussi l’occasion d’explorer la fluidité du statut d’étranger, incorporé progressivement dans un corps commun et le passage de l’étranger au familier. Cela implique de s’interroger sur la limite des catégories «  barbare  » et «  civilisé  », sur les termes employés pour désigner l’étranger dans une démarche de philologie, ou encore sur les catégories aux frontières entre soi et l’autre. 

Axe 3 – Défaire le lien avec l’étranger 

Un troisième axe portera sur la rupture ou l’affaiblissement du lien avec l’étranger, qu’il soit volontaire ou non. Les moments de rupture du lien avec l’étranger montrent la solidité ou la fragilité de ce lien. 

La confiance étant basée sur la fama, une mauvaise réputation peut également facilement amener à une fragilisation, voire à une rupture du lien. Une rumeur peut ainsi mener à la rupture d’un contrat commercial, ou à une rupture des alliances diplomatiques. La rupture peut également survenir lorsque l’intérêt commun du lien cesse d’exister. A l’inverse, un renforcement du lien avec l’étranger peut amener à un changement dans la nature même du lien : un lien économique peut ainsi évoluer en lien matrimonial. A terme, l’étranger finit par perdre son statut, et être pleinement intégré dans la communauté. L’intensité du lien créé pourra donc être étudiée, au regard de son influence sur la durée et la nature de celui-ci. 

L’évolution des contextes, régionaux ou locaux, affecte directement la réaction face à l’étranger : l’antijudaïsme croissant amène ainsi à une exclusion plus ou moins violente des communautés juives. Il peut s’agir d’une mise à l’écart physique, le ghetto de Venise constituant le premier cas d’une telle ségrégation spatiale. Il peut aussi s’agir de violences plus exacerbées (expulsions, ou pogroms). De la même manière, d’autres communautés sont visées par de telles flambées des violences xénophobes. Sur le plan religieux, les schismes amènent souvent des épisodes de violences, et peuvent réduire certains individus au rang d’étranger. 

La mort vient mettre un terme définitif au lien créé. Défaire le lien avec l’étranger peut ainsi consister à faire disparaître ce dernier. Qu’advient-il de ce lien avec l’étranger une fois celui-ci disparu ? Peut-on en hériter ? Les testaments peuvent aussi bien maintenir le lien avec l’étran ger que forcer ou inciter à le rompre. 

Modalités d’envoi des propositions 

Les propositions sont ouvertes aux disciplines de l’histoire, des humanités numériques, archivistique et linguistique. Les propositions de communication, rédigées en français ou en anglais, devront comporter un titre provisoire, le nom et prénom du communicant, son adresse mail, l’appartenance institutionnelle, une courte présentation, une proposition de communication (500 mots maximum) avec éléments de bibliographie et mots-clés. 

Elles devront être envoyées par mail (jedoctorantscrm@gmail.com) avant le 30 avril 2026, date à laquelle elles seront étudiées par les membres organisateurs qui font office de comité scientifique. Les auteurs des propositions retenues seront avertis par mail avant fin juin 2025 de leur participation et des modalités pratiques de la journée d’étude, qui aura lieu le 14 novembre 2026. 

Les communications seront présentées sur place en Sorbonne et suivies d’une période d’échanges. 

Membres du comité d’organisation de la journée d’étude des doctorants du CRM : 

  • Abgrall Athénaïs (histoire moderne) 
  • Barbulesco-Vesval Léonard (histoire moderne) 
  • Magny Clara (histoire médiévale) 
  • Segala Noa (histoire moderne) 
  • Wei Kewei (histoire médiévale) 

Bibliographie indicative :

 Akehurst, F. R. P., & D’Elden, S. C. V. (1997). The Stranger in Medieval Society. U of Minnesota Press. 

Ben-Zaken, A. (2010). Cross-cultural scientific exchanges in the eastern Mediterranean, 1560-1660. the Johns Hopkins University Press. 

Bots, H., & Waquet, F. (1997). La République des lettres. Belin De Boeck. 

Calafat, G., & Grenet, M. (avec Institut universitaire de France). (2023). Méditerranées  : Une histoire des mobilités humaines (1492-1750). Éditions Points. 

Cerutti, S. (2012). Étrangers  : Étude d’une condition d’incertitude dans une société d’Ancien Régime. Bayard. 

Classen, A. (2002). Meeting the foreign in the Middle Ages. Routledge. 

D’Alteroche, B. (2002). L’évolution de la notion et du statut juridique de l’étranger à la fin Moyen Àges (XIe-XVe siècle). Revue du Nord, 227‑246. 

Dubost, J.-F. (avec Archives nationales). (1993). Les étrangers en France  : XVIe siècle-1789 guide des recherches aux Archives nationales. Archives nationales. 

Dumézil, B., Méry, L., Lerouge, C., & Joye, S. (2020). Les barbares. Presses Universitaires de France. 

Ganshof, F. L. (1958). L’étranger dans la monarchie franque. In L’étranger (Bodin) (p. 5‑36). 

Goetz, H.-W., & Wood, I. (Éds.). (2021). ‘Otherness’ in the Middle Ages (Vol. 25). Brepols Publishers. https://doi.org/10.1484/M.IMR-EB.5.122905 

Green, N. L. (2002). Repenser les migrations. Presses universitaires de France. 

Gruzinski, S. (2001). Les mondes mêlés de la monarchie catholique et autres «  connected histories  ». Annales. Histoire, Sciences Sociales, 56(1), 85‑117. 

Haan, B., & Kühner, C. (2013). D’intérêt comme d’émotion  : L’amitié, lien social et politique par excellence en France et en Allemagne du XIIe au XIXe siècle. Freundschaft : Eine politisch-soziale Beziehung in Deutschland und Frankreich, 12.–19. Jahrhundert. https://perspectivia.net/receive/ploneimport_mods_00000443 

Jégou, J., Laurent ; Joye, Sylvie ; Lienhard, Thomas ; Schneider (Éd.). (2015). Faire lien. Aristocratie, réseaux et échanges compétitifs  : Mélanges en l&#039 ;honneur de Régine Le Jan. 

Lemercier, C. (2005). Analyse de réseaux et histoire. Revue d’histoire moderne & contemporaine, 522(2), 88‑112. https://doi.org/10.3917/rhmc.522.0088 

Leveleux-Teixeira, C. (2010). Le lien politique de fidélité jurée (XIIIe-XVe siècle). In Une histoire pour un royaume, XIIe-XVe siècle (p. 197‑217). 

Marzagalli, S. (2016). Études consulaires, études méditerranéennes. Éclairages croisés pour la compréhension du monde méditerranéen et de l’institution consulaire à l’époque moderne. Cahiers de la Méditerranée, (93), 11‑23. https://doi.org/10.4000/cdlm.8469 

Marzagalli, S., Ghazali, M., & Windler, C. (2015). Les Consuls en Méditerranée  : Agents d’information XVIe-XXe siècle. Éditions Classiques Garnier numérique. 

Neyrinck, A. (2015). Le lien de caritas dans la société chrétienne médiévale et la justification du baptême des enfants en bas-âge. L’Atelier du Centre de Recherches Historiques. 

Panzac, D. (2004). La caravane maritime  : Marins européens et marchands ottomans en Méditerranée (1680-1830). CNRS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.36213 

Regards sur le droit des étrangers. (2010). In X. Bioy (Éd.), Regards sur le droit des étrangers. Presses de l’Université Toulouse Capitole. https://books.openedition.org/putc/1092 

Rubin, M. (2020). Cities of strangers  : Making lives in Medieval Europe. Cambridge University Press. 

Santinelli, E. (Éd.). (2007). Répudiation, séparation, divorce dans l’Occident médiéval  : [Actes du colloque tenu à Valenciennes, 17-18 novembre 2005]. 

Schmitt, J.-C. (1992). Construction du lien social  : Équilibres et déséquilibres des sociétés. In Rapport de conjoncture du Comité National de la Recherche Scientifique (p. 389‑404). 

Subrahmanyam, S., & Dennehy, M. (2018). Comment être un étranger  : Goa-Ispahan-Venise, XVIe-XVIIIe siècles. Éditions Points. 

Subrahmanyam, S., & Haroche, S. P. (2014). Aux origines de l’histoire globale  : Leçon inaugurale prononcée le jeudi 28 novembre 2013. Collège de France. http://books.openedition.org/cdf/3599 

Trivellato, F. (2016). Il commercio interculturale  : La diaspora sefardita, Livorno e i traffici globali in étà moderna. Viella. 

Trivellato, F., Calafat, G., & Bertrand, R. (2016). Corail contre diamants  : Réseaux marchands, diaspora sépharade et commerce lointain de la Méditerranée à l’océan Indien, XVIIIe siècle. Éditions du Seuil. 

White, R. (2011). The Middle Ground  : Indians, empires and republics in the Great Lakes region, 1650-1815 (Twentieth anniversary edition with a new preface by the author). Cambridge University Press. 

Windler, C. (2002). La diplomatie comme expérience de l’autre  : Consuls français au Maghreb, 1700-1840. Droz. 

Zemon Davis, N., Carrière, J.-C., & Vigne, D. (1983). Le Retour de Martin Guerre / Natalie Zemon Davis. Club France Loisirs. Paris.

 

Places

  • Sorbonne Université
    Paris, France (75)

Event attendance modalities

Full on-site event


Date(s)

  • Thursday, April 30, 2026

Keywords

  • étranger, histoire connectée, voyages, identité, connexions, commerce, diplomatie, communautés, mobilités

Contact(s)

  • Léonard BARBULESCO-VESVAL
    courriel : leonard [dot] barbulesco-vesval [at] sorbonne-universite [dot] fr

Information source

  • Léonard BARBULESCO-VESVAL
    courriel : leonard [dot] barbulesco-vesval [at] sorbonne-universite [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Faire lien avec l'étranger », Study days, Calenda, Published on Tuesday, April 07, 2026, https://doi.org/10.58079/160xy

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