HomeExpertise militaire et politique en transition de 1815 au temps présent
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Published on Friday, April 10, 2026

Abstract

À l’heure du renouveau historiographique en histoire politique et en histoire militaire, du questionnement sur l’expertise et des conflits en Ukraine, en Palestine et en Iran, il nous a paru opportun de proposer un colloque international en interdisciplinarité sur la question de l’expertise militaire et la politique en grande profondeur historique pour éclairer le présent.

Announcement

Argumentaire

En première approche on rappellera que les experts rattachés au politique sont des acteurs qui participent à la construction des décisions politiques et qui permettent aux dirigeants de s’approprier les connaissances susceptibles de guider leurs actions. On rappellera aussi que depuis les comités d’experts créées à l’occasion du Congrès de Vienne en 1815 jusqu’à ceux constitués très récemment par Emmanuel Macron dans divers domaines, les politiques se sont appuyés, tout au long de l’époque contemporaine, sur ces experts.

Quant à l’expertise militaire, elle peut se définir plus spécifiquement comme l’ensemble des connaissances, des compétences et des expériences spécialisées nécessaires pour analyser, préparer et conduire l’action des forces armées dans un domaine donné. Confiée aux militaires, la maîtrise de la tactique aide à l’élaboration de la stratégie qui incombe à la fois aux politiques et aux militaires. Sur la base d’une compréhension géopolitique et parfois d’un retour d’expériences, ils doivent élaborer ensemble les doctrines (d’emploi des hommes et du matériel, d’engagement des forces). Dans un processus continu de transition, les experts militaires occidentaux ont été chargés progressivement de l’évaluation des capacités, de la préparation de l’engagement opérationnel des forces, du renseignement, des politiques de l’armement en lien avec l’évolution des équipements, en contact avec les industriels pour tenir compte des nouvelles technologies. De la même façon, l’intendance et les services de santé n’ont pas cessés de se perfectionner.

Si les disciplines des sciences humaines (histoire, droit, science politique, science administrative, sociologie, économie, sciences de l’information et de la communication) se sont intéressées de près à la question de l’expertise au cours des dernières années, aucune étude n’a encore pris en compte toutes les dimensions des liens entre l’expertise militaire au service politique à la fois et en grande profondeur historique – alors que le ministère de la Guerre, puis de la Défense – aujourd’hui des Armées, a pourtant été historiquement l’un des tout premiers à recourir à l’expertise. Aucune ne s’est intéressée plus spécifiquement au phénomène en période de transition, entendons par là lors du passage plus ou moins rapide d’un état à un autre, en l’occurrence les moments de perspective, de préparation, de conduite et de sortie de guerre, pourtant ô combien importants pour un tel sujet.

À l’heure à la fois du renouveau historiographique en histoire politique et en histoire militaire et de la création à l’Université de Lorraine de CELEST (Centre de recherche interdisciplinaire et d’expertise sur les transitions) dont l’un des quatre axes porte précisément sur l’expertise, il nous a donc paru opportun de proposer ce colloque pour combler cette lacune historiographique, en faisant l’hypothèse qu’une plongée dans l’histoire peut permettre de mieux comprendre la situation actuelle. En effet, il est inutile d’épiloguer sur l’actualité d’un tel sujet à l’heure des conflits en Ukraine et en Iran et du resurgissement des tensions internationales majeures, mais aussi de la défiance à grande échelle de notre société à l’égard des élites en général et des experts en particulier.

En travaillant à partir d’études de cas précises mais aussi d’interventions privilégiant la reconstitution de tendances plus longues, ce colloque s’efforcera de faire droit tout à la fois aux poids des héritages – théoriques, institutionnels, administratifs – et à la spécificité des conjonctures historiques ; aux voix des « experts » reconnus et mandatés, à leur parcours, à leur sélection, à leur action et à leur devenir, ainsi qu’aux savoirs et individus qui ont été écartés de ce processus car il y a bien évidemment aussi une lecture en creux à faire de l’expertise au service du politique.

Le cadre de l’étude sera celui de la France, dans ses relations et ses réseaux internationaux, en particulier européens et/ou (post)coloniaux. Le terme initial de l’enquête correspond à la création d’un État centralisé qui prend en charge la défense nationale et le terme final le temps présent, afin de mettre en évidence les phénomènes de permanence ou au contraire de reconfiguration, sur le temps long.

Les communications s’inscriront dans l’un des 6 axes suivants :

1 - Transition et moments transitionnels

Si l’ensemble du colloque porte sur les transitions, ce premier axe doit permettre plus précisément de réfléchir à ce concept lui-même et aux moments qui le caractérisent : lendemains du congrès de Vienne, crise de 1840, périodes du Second Empire et de la Troisième République de façon quasi-continue, entrées et sorties de guerre de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, guerres de décolonisation et de la guerre froide… Des communications sont attendues sur l’histoire du temps présent (OPEX, conflits récents, guerre en Ukraine…).

À titre d’exemple devront être abordées ici les questions très concrètes de l’élaboration des grandes doctrines – on pense par exemple à celle de la dissuasion nucléaire, de la préparation et de la prospective en amont des situations attendues et des conséquences et des retours d’expérience des conflits et des opérations militaires en aval.

Aujourd’hui, on le sait, ces questions ont pris une grande place. Il existe désormais un Centre de Commandement du Futur à l’École militaire qui fait participer de nombreux experts civils et militaires pour tenter de réfléchir aux modalités de combat futur mais aussi aux phénomènes de résilience de la société civile en cas d’installation d’un conflit de haute intensité en France.

Le rapport de l’expérience et de l’expertise doit d’ailleurs être interrogé. Dans le monde militaire marqué par les ruptures rapides générées par des innovations technologiques fréquentes et parfois majeures, l’expérience peut jouer contre l’expertise. On l’a ainsi vu très récemment en Ukraine avec l’irruption massives des drones terrestres et navals qui bouleversent la donne. L’expertise qui disait le plus grand bien du missile Javelin et assurait que cette guerre serait la sienne a été contredite par l’usage des drones et l’on a vu, lors d’un exercice de l’OTAN, une petite équipe de jeunes dronistes ukrainiens mettre virtuellement en pièce deux bataillons de blindés...

La guerre constitue un temps fort de ce qu’il est convenu d’appeler « l’expertise de terrain » et des innovations tactiques réalisées au niveau le plus bas de la hiérarchie (sections et compagnies remontent généralement au plus haut niveau afin d’être expérimentées et éventuellement généralisée. Cela peut permettre de s’interroger sur les niveaux d’expertise de façon originale et intéressante.

Plus largement, on devra aussi s’interroger sur l’idée sans doute cliché d’une résistance quasi structurelle, systémique, des appareils de pouvoir installés face aux expertises disruptives qui dérangent les habitudes et préjugés et éventuellement même déconstruire cette idée. On trouve en effet plusieurs contre-exemples, dans les périodes de transition et de crise, où les états-majors acceptent de prendre en compte des rapports allant à l’encontre des traditions militaires et où des gouvernements tentent des solutions originales et risquées.

Enfin une dimension pourrait être prise en compte. Celle du temps de réaction dans l’expertise technique opérationnelle. La guerre en Ukraine semble en effet l’avoir considérablement réduit avec les cryptages/décryptages d’essaims de drones qui évoluent quasiment d’une heure sur l’autre. On pourra ainsi proposer une étude sur l’évolution de ce temps de réaction au cours de la période d’étude.

Dans cette thématique, comme dans celles qui suivent une place devra être évidemment faite à la manière dont s’articule plus ou moins bien l’expertise militaire avec d’autres expertises (diplomatique, économique, juridique…).

2 - Choix et pilotage des experts

Dans le chapitre du Prince intitulé « Des ministres des princes », Machiavel souligne la responsabilité du souverain dans le choix de ses ministres et conseillers : « La première conjecture que l’on fait d’un maître est de voir les hommes qu’il a autour de lui. Et quand ils sont capables et fidèles, on peut toujours le réputer sage, puisqu’il a su les juger capables et les maintenir fidèles ; mais quand ils sont autrement, on peut toujours porter mauvais jugement sur lui : car la première erreur qu’il fait, c’est dans ce choix qu’il la fait ». Autrement dit, un des enjeux du pouvoir réside, selon Machiavel, dans la faculté des dirigeants à bien choisir ceux qui les conseillent.

Sera donc posée la question du choix par le pouvoir des experts. Il existe une tension intellectuelle indéniable entre l’expert et le politique que ce colloque se propose d’explorer, même si l’expert n’est pas le savant dont Max Weber a souligné en son temps combien sa vocation diverge de celle du politique, la première requérant recherche inconditionnelle de la vérité, modestie, disponibilité d’esprit, là où la seconde déchirée entre éthique de conviction et éthique de responsabilité s’impose de transiger, ne tolère pas toujours la vérité, voire s’accommode du mensonge et de la mythologie.

Il sera cependant intéressant de faire une place au cas particulier de l’expert devenu politique : ainsi, de la figure du général ministre de la Guerre et de l’amiral ministre de la Marine et des Colonies, figures qui ont longtemps prévalu dans la vie politique française.

Il faudra aussi se demander si le « spin doctor », le conseiller en communication, constitue en soi une nouvelle forme d’expertise et si oui d’en dater l’apparition dans le domaine militaire.

3- Institutions et acteurs collectifs

Cet axe invite à réfléchir aux principaux lieux formalisés où se réalise l’expertise : les grands états-majors, les écoles en général et l’École supérieure de guerre en particulier, les conseils, les comités, les commissions, voire aujourd’hui les think tanks (CEPE, IFRI, CAP, IRSEM pour en citer quelques-uns) ou encore les cabinets de conseil en stratégie dans le cadre du New Public

Management, analyse qu’il convient d’aborder en ayant en tête les réflexions de Taine et de Renan au sortir de défaite de 1870 ou encore les analyses de Marc Bloch (L’Étrange Défaite) et d’Emmanuel Monick et de Michel Debré (Refaire la France) lors du second conflit mondial pour saisir combien les guerres ont été des périodes de remise en cause profonde des lieux de formation des élites politiques et militaires en général et des experts en particulier et de volonté de remédiation.

Cet axe invite également à se poser la question de la rivalité entre les lieux de pouvoir et les institutions et leurs experts respectifs ainsi, pour ne prendre que cet exemple de l’opposition entre les bureaux de l’artillerie et de l’infanterie durant la Grande Guerre.

En outre, l’expertise n’est pas intangible dans le temps. Certaines armes par exemple, comme les troupes coloniales, luttent pour ne pas perdre leur spécialité et ne pas être absorbées par d’autres.

Enfin, depuis longtemps, une certaine forme d’expertise militaire trouve sa place auprès des rédactions, soit des revues militaires elles-mêmes, soit dans les rédactions des grands journaux où les militaires proposent leurs plumes comme publicistes. Par leurs écrits, ils se font clairement les conseillers des parlementaires et influent sur une opinion publique éclairée. Tel fut en particulier le cas à la veille de la Grande Guerre puis dans l’entre-deux-guerres. L’exemple du colonel de Gaulle est bien connu. Aujourd’hui les médias audiovisuels en général et les chaînes d’information en continu en particulier recourent largement aux experts par exemple avec la guerre en Ukraine, les menaces de Donald Trump sur le Groenland et la guerre avec l’Iran : quel est leur lien avec le politique, comment leurs interventions sont-elles perçues et que vaut leur parole ?

Il faudra aussi s’interroger sur la place des correspondants de guerre et reporters dans l’univers des experts militaires, qui sont la plupart du temps des militaires eux-mêmes à la fin du XIXe siècle.

Dans le périmètre de l’expertise, entrent aussi les coopérants dont beaucoup sont à la charnière du militaire et du politique et auxquels il sera possible de faire une place.

Ces lieux ou acteurs collectifs pourront être abordés en tant que tels, mais aussi dans leurs interactions avec le pouvoir politique et également en recourant à la prosopographie, ou mieux encore selon les trois approches concurremment.

4- Profils et trajectoires individuels

L’étude des experts dans la longue durée invite à replacer au cœur de l’analyse les figures humaines qui incarnent l’autorité du savoir, de l’expérience ou de la compétence. Cet axe se propose d’interroger la diversité des profils de ceux qui ont occupé ces fonctions d’expertise, qui ont participé par exemple à la construction des écoles militaires, les uns avec des fonctions civiles, les autres avec des militaires. Les recherches récentes ont montré que ces acteurs ne peuvent en effet être réduits à une seule catégorie homogène.

Depuis la mise en place des systèmes conscriptionnels en Europe jusqu’aux transitions induites par la chute du mur de Berlin, la professionnalisation de l’armée est de nouveau au cœur des réflexions comme elle a pu déjà l’être au XIXe siècle ou dans l’entre-deux-guerres, là encore avec le colonel de Gaulle ; elle participe aux réflexions sur l’expertise militaire et à l’élargissement de son périmètre en multipliant les écoles militaires, sorte de filière de remplacement de la voie de commandement du temps de paix. Que doit savoir un officier, un sous-officier – la question de la montée en expertise de celui-ci est une question importante, voire un soldat quand s’opère la transition de la paix à la guerre ? Qui est l’expert, qu’est ce qui lui confère son expertise : son expérience ou sa fonction ? Le soldat, du grognard au poilu, et plus généralement le vétéran peut-il être vu comme un expert, de même que le sous-officier qui connaît sa troupe ou l’officier d’état-major sorti des écoles capable de réaliser des cartes et des apports, l’homme des forces spéciales, l’expert en armement employé par le complexe militaro-industriel ? Est-ce l’arme qui désigne l’expert (artillerie, génie) ou la spécialité (Caroline Aigle, première femme pilote de chasse). Plus généralement, peut-on repérer des spécificités d’emplois signalant particulièrement l’expert (attaché militaire, officier de renseignement).

Cette perspective incite à analyser la pluralité des trajectoires : origines sociales, formation intellectuelle et lieu de cette formation (grandes écoles, expérience du terrain…), parcours professionnel, activité en tant qu’expert, insertion de celle-ci dans la carrière, conséquences...

5 - Complexe militaro-industriel, lobbying et conflits d’intérêts

Outre la mise en lien des sphère politiques et expertes, l’étude devra également prendre en compte les interactions entre les groupes experts et les structures sociales et économiques. Ainsi, des communications pourront s’interroger sur le rôle des experts issus ou proches des professions associées à l’industrie dans la construction des politiques et des commandes publiques, pourront aussi vérifier jusqu’à quel point on peut invoquer « l’expertocratie militaire » (Samy Cohen, La Défaite des généraux) quand les processus de décision sont devenus si complexes (Yves Cohen, Le Siècle des Chefs). Devront être ainsi posées sans détours les questions des réseaux d’influence, du lobbying et des conflits d’intérêts. Certaines de ces rivalités entre experts militaires représentant des firmes industrielles privées comme Estienne et le char Schneider face à Rimailho et le char Saint-Chamond sont bien documentées.

On pourra aussi questionner l’expertise des sociétés militaires privées qui se sont multipliées à partir des années 1980 soit dans le conseil militaire, soit dans le soutien aux opérations.

6 - Réseaux internationaux

Nous souhaitons, enfin, donner toute leur place aux réseaux les plus larges dans lesquels sont produits les savoirs experts en matière militaire et dans lesquels se forment et se constituent comme tels les experts. En particulier, cet axe permettra de faire émerger les logiques internationales de constitution d’une expertise.

Il s’agira de mettre en évidence les circulations des idées, des modèles et surtout des experts eux-mêmes au sein de l’espace européen et au-delà (liens actuels avec les États issus de l’ancien Empire colonial français, « Françafrique », apparition de concurrences américaine, russe, chinoise…)

Pourra aussi être étudiée l’implication des experts français dans la fondation et la vie d’institutions internationales à commencer par la SDN, l’ONU, l’OTAN et l’UE.

Modalités de soumission

Les propositions de communication (300 mots environ) sont à transmettre, par courriel, à : eric.anceau@univ-lorraine.fr, julie.andurain@univ-lorraine.fr et jean-noel.grandhomme@univ-lorraine.fr (mentionner [Expertise militaire et politique] dans l’objet),

avant le mardi 8 septembre 2026.

Ces propositions développeront, a minima, le sujet, la méthode et les matériaux mobilisés, en particulier archivistiques. Elles devront être précédées d’un titre et suivies d’une courte biographie et d’une biobibliographie de l’intervenant. Elles seront ensuite anonymisées avant d’être transmises par les organisateurs au comité scientifique. Une réponse sera donnée au plus tard le 1er octobre 2026. Les organisateurs et le comité scientifique seront soucieux de garantir la couverture de la totalité de l’arc chronologique et l’équilibre entre les axes. Les langues de communication seront le français et l’anglais.

Organisateurs

  • Éric Anceau (Université de Lorraine, CRULH, CELEST et SIRICE)
  • Julie d’Andurain (Université de Lorraine, CRULH)
  • Jean-Noël Grandhomme (Université de Lorraine, CRULH)

Comité scientifique

  • François Audigier (Université de Lorraine, CRULH)
  • Xavier Boniface (Université de Picardie – Jules Vernes, CHSSC)
  • Walter Bruyère-Ostells (Sciences-Po Aix, CHERPA)
  • Olivier Chaline (Sorbonne Université, Eurorbem)
  • Bénédicte Cheron (ICP, IESD et SIRICE)
  • François Cochet (Université de Lorraine, CRULH)
  • Agathe Couderc (CNAM, ESDR3C et SIRICE)
  • Emmanuelle Cronier (Université de Picardie – Jules Vernes, CHSSC)
  • Anne Dulphy, (École Polytechnique, LinX)
  • Olivier Forcade (Sorbonne Université, SIRICE)
  • Sabine Jansen (CNAM, Lirsa)
  • Hervé Joly (CNRS, LARHRA)
  • Jean-François Klein (Saint-Cyr-Coëtquidan, TEMOS et CreC Saint-Cyr)
  • Jean-Marie Kowalski (Sorbonne Université, École Navale, FED 4124)
  • Ludovic Laloux (UPHF, CRESAT)
  • Guillaume Lasconjarias (Sorbonne Université, IHEDN)
  • Jean Le Bihan (Université Rennes 2, Tempora)
  • Jérôme de Lespinois (Académie de l’Air et de l’Espace, ISC)
  • Maxime Launay (IRSEM er SIRICE)
  • Martin Motte (EPHE, ISC)
  • Jean-Paul PelegrineÉ (Université Côte d’Azur, CMMC)
  • Jenny Raflik (Université de Nantes, CRHIA)
  • Frédéric Turpin (Université de Savoie-Mont-Blanc, LLS)
  • Olivier Zajec (Université Lyon 3, IESD)

Bibliographie indicative

1- Expertise en lien avec le politique en général

Max Weber, Le Savant et le PoliIque [1919], Paris, 2002, 10-18, préface de Raymon Aron John W. Kingdon, Agendas, AlternaIves and Public Policies, Londres, Longman HE, 1984 Vincent Dubois et Delphine Dulong, La question technocratique : De l’invention d’une figure aux transformations de l’action publique, Strasbourg, PUS, 1999

Thomas Ribemont et Dominique Damamme (dir.), ExperIse et engagement poliIque, Paris, L’Harmattan, 2003

Pierre Lascoumes et Patrick Le Galès (dir.), Gouverner par les instruments, Paris, Presses de Sciences Po, 2005

Olivier Dard et Étienne Deschamps (dir), Les Relèves en Europe d’un après-guerre à l’autre. Racines, réseaux, projets et postériorités, PIE, Peter Lang, 2005

Pierre Lascoumes et Patrick Le Galès, Sociologie de l’acIon publique, Paris, A. Colin, 2007 Patrick Harismendy (dir.), La France des années 1830 et l’esprit de réforme, Rennes, PUR, 2006 Corinne Delmas, Sociologie poliIque de l’experIse, Paris, La Découverte, 2011

Stanislas Jeannesson et alii, Experts et experIse en diplomaIe. La mobilisaIon des compétences dans les relaIons internaIonales du congrès de Westphalie à la naissance de l’ONU, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2018

Éric Anceau, Les Élites françaises des Lumières au grand confinement, Paris, Passés Composés, 2020, Alpha, 2022

On se reportera aussi aux différentes livraisons de la revue Experts et à celle des think tanks : Fondapol, Institut Montaigne, Fondation Jean Jaurès

2- Grandes synthèses d’histoire militaire

André Corvisier (dir.), Histoire militaire de la France, 3 vol., Paris, PUF, 1992-1997

Jean-Paul Bertaud et William Serman (dir.), Nouvelle histoire militaire de la France, Paris, Fayard, 1998

Jean François Chanet, Vers l’armée nouvelle. République conservatrice et réforme militaire, 1871-1879, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006

Walter Bruyère-Ostells et François Dumaisy (dir.) : PraIques militaires et globalisaIon, XIXe-XXIe siècles, Bernard Giovanangeli, 2014

Christian Malis, Guerre et Stratégie au XXIe siècle, Fayard, 2014

Jean Doise et Maurice Vaïsse, DiplomaIe et ouIl militaire, poliIque étrangère de la France, 1871-1969, Paris, Seuil, 2015

Hervé Drévillon et Olivier Wieviorka (dir.), Histoire militaire de la France, 2 vol., Paris, Perrin, 2018

Hervé Drévillon (dir.) Mondes en guerre II - L’Age classique, XVe - XIXe siècles et Mondes en guerre. IV - de 1945 à nos jours, Passés Composés, 2019-2020

3- Armée, État et défense nationale

Louis Gautier, Miferrand et son armée, 1990-1995, Paris, Grasset, 1999

Marc Deleplace (dir) : De la patrie en danger aux nouvelles menaces (1792-2003). La défense naIonale en quesIon, préface de Maurice Vaïsse, Scéren, 2005

Olivier Dard et François Cochet, Subversion, auto-subversion, contre-subversion, Paris, Riveneuve éditions, collection Actes académiques, Paris, 2009

Hubert Heyriès (dir) : Histoire militaire, études de défense et poliIque de sécurité, des années 1960 à nos jours, Paris, Économica, 2012

François Cochet, De Gaulle et les „Jeunes Turcs“ des armées occidentales (1930-1945): une généraIon de la réflexion à l’épreuve des faits, Paris, Riveneuve Éditions, 2008

Coll., De l’histoire militaire aux études de défense, Paris, Publications de la Sorbonne, 2021 Philippe Vial et Guillaume Denglos, Histoire de l’IHEDN : penser la défense, Paris, Tallandier, 2021

Philippe Vial et Guillaume Denglos, Au cœur de l’État. Une histoire du Secrétariat général de la défense et de la sécurité naIonale (XIXe-XXIe siècles), Nouveau Monde éditions, 2023 Michel Goya, S’adapter pour vaincre, Perrin, 2023 (2019).

Simon Catros, « Quarante arIcles » Sur la France, l’Allemagne, la guerre, la poliIque et la scène internaIonale, 1933-1937, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2024

Maxime Launay, La gauche et l’armée en France. De Mai 68 à nos jours, Nouveau Monde éd., 2025

Yannick Pincé, Le « consensus » nucléaire français. Les parIs poliIques et le nucléaire militaire pendant la guerre froide, Presses Universitaires de Rennes, 2025

4- Éducation et formation militaire

Samuel Huntington, The Soldier and the State. The Theory and PoliIcs of Civil-Military RelaIons, Harvard University Press, 1957

Morris Janowitz, The Professional Soldier: A Social and PoliIcal Portrait, The Free Press, 1960 Bruno Belhoste, La FormaIon polytechnicienne, 1794-1994, Dunod, 1994

CEHD, FormaIon iniIale de l’officier français de 1800 à nos jours : étude de cas, Paris, Addim 1999

Martin van Creveld, Wargames: From Gladiators to Gigabytes, Cambridge University Press, 2013

Hervé Joly, À Polytechnique. X 1901. Ils étaient l’élite de la Belle Époque. Qu’ont-ils accompli ?, Flammarion, 2021

Hervé Joly, Histoire de l’École polytechnique, La Découverte, 2024

Morgane Barey, Enseigner la guerre. Former les chefs, 1918-1945, Perrin, 2024

Benoît Durieux et Olivier Wieviorka, Les maîtres de la Stratégie, de Sun Zi à Warden, Seuil, 2025

5- Armement, techniques et expertise scientifique

Geneviève Salkin-Laparra, Marins et diplomates. Les afachés navals français, 1860-1914, Vincennes, Service historique de la Marine, 1990

Anne Rasmussen et Christine Gouriellec dir., Les ingénieurs militaires et l’émergence d’une nouvelle industrie française de l’armement, 1945-1960, CHARME, Centre des hautes études de l’armement/ Lavauzelle, 2000

David Aubin et Patrice Bret (dir.), Le sabre et l’éprouvefe. L’invenIon d’une science de guerre (XIXe-XXe siècle), Paris, Noésis, 2002

Maurice Vaïsse (dir) : Armement et Ve République. Fin des années 1950-fin des années 1960, préface de Pierre Messmer, Paris, CNRS Éditions, 2002

Dominique Pestre (dir.), Deux siècles d’histoire de l’armement en France. De Gribeauval à la force de frappe, Paris, CNRS éditions, 2004

François Cochet, Armes en guerre, Symboles, mythes réalités, XIXe-XXIe siècle, Paris, CNRS Éditions, 2012

Sabine Jansen, Les Boites à idées de Marianne. État, experIse et relaIons internaIonales en France ou le vrai roman de l’IFRI, Éditions du Cerf, 2017

Élie Tenenbaum, ParIsans et centurions. Une histoire de la guerre irrégulière au XXe siècle, Perrin, 2018

Julie d’Andurain, François Audigier, Jean-Noël Grandhomme (hommage à François Cochet), Les Français et les armes à feu. De 1789 à nos jours, Maisonneuve & Larose / Hémisphères éditions, 2018

SGA : Les Armes de la Grande Guerre. Histoire d’une révoluIon scienIfique et industrielle, Paris, DGA/Éditions Pierre de Taillac, 2018

Antoine Bourguilleau, Jouer la guerre – Histoire du Wargame, Passés Composés, 2020 François Pacquement, Histoire de la coopération technique. Une généalogie d’Expertise France, Paris, Karthala, 2021

Julie d’Andurain, Les troupes coloniales, une histoire poliIque et militaire, Passés Composés, 2024

Christophe Pommier, RévoluIonner l’arIllerie. InnovaIons et transformaIons en France (1852-1914), Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2025

Et naturellement, il sera indispensable de recourir aux différentes livraisons de la Revue de la Défense naIonale, des revues et collections de l’IRSEM en particulier Vortex et Les Champs de Mars et de la Revue Défense (IHEDN)

Places

  • Boulevard Albert Ier
    Nancy, France (77100)

Event attendance modalities

Full on-site event


Date(s)

  • Tuesday, September 08, 2026

Keywords

  • expertise, militaire, politique, transition, institutions, politiques publiques, complexe militaro-industriel lobbying, conflits d'intérêt

Contact(s)

  • Jean-Noel Grandhomme
    courriel : jean-noel [dot] grandhomme [at] univ-lorraine [dot] fr
  • Eric Anceau
    courriel : eric [dot] anceau [at] univ-lorraine [dot] fr
  • Julie Andurain (d')
    courriel : julie [dot] andurain [at] univ-lorraine [dot] fr

Information source

  • Eric Anceau
    courriel : eric [dot] anceau [at] univ-lorraine [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Expertise militaire et politique en transition de 1815 au temps présent », Call for papers, Calenda, Published on Friday, April 10, 2026, https://doi.org/10.58079/161tg

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