Announcement
Un cycle de colloques en recherche-action et recherche-création proposé par des doctorant·es et jeunes chercheur·es de Toulouse et Tübingen
Dates et lieu du colloque : 29 et 30 octobre 2026 – Université Eberhard Karl de Tübingen
Argumentaire
Initié par un groupe des jeunes artistes-chercheur·es de l’Université Eberhard Karl de Tübingen et de l’Université Toulouse – Jean Jaurès (UT2J), le projet Poïétiques et politiques du Plurivers, volet II : révolutions, recherches-créa[c]tions et mondes possibles se propose d’offrir un espace pour élargir et briser les frontières de la pensée et de la création. Après le succès du premier colloque Poétiques et politiques du Plurivers, volet I : vers des recherches-créa[c]tions cosmologiques (Université Toulouse – Jean Jaurès et Cave Poésie, Toulouse, 19–20 juin 2025 ; voir le bilan du premier colloque), et en écho à d’autres colloques récents en études pluriverselles, notamment en Polynésie (REPLU) et en Roumanie (Living from Difference), le volet II de ce cycle se tiendra à Tübingen, à l’automne 2026. Placé sous le signe des révolutions (politiques, mais aussi artistiques, scientifiques, métaphysiques…), de la « recherche-créa[c]tion » (que nous définissons comme l’articulation entre création artistique, recherche théorique et action sociale ; à la croisée de la recherche-création en arts et de la recherche-action appliquée aux transformations sociales) et des mondes possibles, ce deuxième colloque prolongera la réflexion sur les poïétiques, politiques et cosmologies du Plurivers. Il rassemblera des chercheur·es et des « artivistes » (artistes qui inscrivent leurs créations au cœur des luttes sociales) autour d’ateliers, performances, communications scientifiques et discussions ouvertes au public.
À l’heure où les arts comme la recherche universitaire s’ouvrent au « Plurivers[1] », défini par les Zapatistes et les anthropologues comme « un mundo donde quepan muchos mundos », c’est-à-dire « un monde dans lequel s'insèrent de nombreux mondes[2] » ; et où émergent les « études pluriverselles[3] » comme champ de création, de recherche et d’action sociale, ce projet vise à explorer la pluralité des cosmologies[4] (Boone, 2024) et des horizons existentiels grâce à la consolidation d'un réseau jeunes chercheur·es et artistes-chercheur·es interdisciplinaire, international et plurilingue (francophone, germanophone, hispanophone, anglophone…). Ce réseau s’inscrit dans le champ des études pluriverselles, autochtones (Krenak, 2024), décoloniales et de genre, tout en mobilisant les arts, les lettres et les langues, les études du Sud global, ainsi que la philosophie et les sciences humaines et sociales. Il vise également à développer un travail de recherche en lien avec des populations menacées par l’exploitation des terres et par les dynamiques d’écocide linguistique et culturel affectant les cultures opprimées par les colonisations et les néocolonisations capitalistes et patriarcales. La configuration de ce réseau est un pari écosophique, politique et sensible dans le sens où nous opérons à partir de divers points de tension pour établir une compréhension et une relationalité à partir des différences ; la possibilité d'existence de mondes pluriels capables d'agir ensemble pour la coexistence, le soin, le respect, l'empathie entre les peuples humains et autres qu’humains.
Les appels à décoloniser les espaces de création, d’enseignement et de recherche se font aujourd’hui plus urgents que jamais : pendant bien trop longtemps, la connaissance fut confinée à des modes monologiques de perception, de sensation et de vision d’un monde unique et de son devenir (Kilomba, 2021). Comment prendre du recul et reconfigurer les façons dont nous avons appris à penser et à sentir dans des mondes différents – pour passer de l'universel au pluriversel ? Les idées universalistes des Lumières ont relégué à la périphérie les systèmes de connaissance qui reconnaissaient la multiplicité des mondes vécus, perçus comme irrationnels et primitifs (Hurtado Lopez, 2017). Ces systèmes de connaissance reconnaissent pourtant la subjectivité et l'autonomie de toutes les créatures vivantes sur Terre, s'opposant ainsi à la domination de l’homme blanc sur la « nature » en raison de sa « culture ». Dès lors, quelles formes de dialogue peuvent émerger entre ces différentes manières de connaître et d’habiter les mondes ? Et comment les pratiques artistiques, scientifiques et politiques peuvent-elles contribuer à rendre visibles ces cosmologies plurielles ?
Le Plurivers désigne précisément le réseau des multiples « ontologies » ou « cosmologies » des personnes qui luttent contre ce qu’Arturo Escobar appelle le « monde-un », ou « l’unimonde », moderne, colonial, capitaliste, patriarcal et anthropocentrique (Escobar, 2020). Prenant à bras-le-corps le « tournant ontologique » (Marisol de la Cadena, Philippe Descola, Arturo Escobar, Bruno Latour, Marilyn Strathern, Eduardo Viveiros de Castro, Roy Wagner...) opéré par la philosophie et les sciences humaines et sociales durant les dernières décennies, sans pour autant négliger les critiques qui furent faites à ce courant (Watts, 2013 ; Todd, 2016 ; Meziane, 2023), nous considérons ainsi que le Plurivers est composé de tous les mondes façonnés par ces cosmologies (comme l'animisme, le totémisme, l'analogisme, etc.) ; mais aussi par ce que le philosophe Mohamed Amer Meziane appelle le « bord des mondes », à savoir les « intermondes » métaphysiques (Meziane, 2023).
Par poïétiques du Plurivers (Abderhalden Cortes, 2014 ; Zacarias, 2025), nous entendons non seulement l'étude du processus de création, de représentation et de réception des œuvres d'art, mais aussi la poïesis en jeu dans tous les aspects de la vie, impliquant des dimensions anthropologiques, métaphysiques, sociales, politiques... sans les séparer des questions esthétiques, comme ce fut souvent le cas dans la sphère dite « autonome » de l'art moderne occidental. Parmi les artistes qui déploient de telles poïétiques cosmologiques, nous songeons par exemple à Tiziano Cruz, artiviste autochtone d’Argentine qui convoque la cosmologie de son peuple Aymara dans ses performances Soliloquio et Wayqeycuna ; aux littératures des peuples Maya (Worley et Palacios, 2019 ; Keme, 2021) et Guarani Mbyá (Müller, 2024) ; ou encore à la « cosmopoétique » afro-diasporique du poète et philosophe Dénètem Touam Bona (Bona, 2021), et à celle du chercheur en littérature comparée Khalil Khalsi (Khalsi, 2023). Par opposition aux approches dualistes, nous considérons les poïétiques du Plurivers comme des « poétiques de la relation » (Glissant, 1990) et des « poïétiques cosmographiques » (Riboulet, 2019), qui renvoient aux « ontologies relationnelles » et à la « politique ontologique » (Escobar, 2020), et peuvent faire naître des « esthétiques transmodernes » (Bisiaux, 2021). Ainsi, les contributions pratiques et théoriques dans le domaine de la poïétique sont les bienvenues tant de la part des arts du spectacle et de leurs études (cirque, danse, musique, performance, théâtre...), des arts visuels, des études littéraires, etc., que de la philosophie et des sciences sociales telles que l'ethnographie sonore ou l'anthropologie théâtrale (Barba, 2004).
De même, les politiques du Plurivers, aussi appelées « politiques ontologiques » (Escobar, 2024) ou « cosmopolitiques », font référence au politique dans son entrelacement avec la vie quotidienne ainsi qu'avec le cosmos (par opposition au domaine séparé et éloigné que la politique est devenue dans l’unimonde de la modernité), sur le modèle des luttes sociales menées collectivement par des peuples ou des communautés qui défendent leurs mondes multiples dans la polis - des zones rurales aux mégapoles. Ainsi, les propositions consacrées aux politiques du Plurivers sont les bienvenues dans toutes les disciplines, des études autochtones, de la recherche-action (Reason et Bradbury, 2008) et des études juridiques aux approches « esthétiques et politiques » provenant de la recherche-création, des littératures orales et écrites, ou des études culturelles.
La recherche-création (Plana, Garde et Pandelakis, 2024 ; Manning et Massumi, 2018 ; Gosselin & Lecogiec, 2009; Martinez & Naugrette, 2020 ; Corrons & Castillo Ballén, 2025 ; Spatz, 2024), quant à elle, constitue le cœur de notre projet. Elle fait le lien entre les chemins de la recherche scientifique et la création artistique pour donner lieu à des résultats novateurs et inattendus par lesquels la connaissance se construit à partir de l’expérience et de l’expérimentation dans le vécu de manière somatique (Shusterman, 2015), et ouverte à toutes les sémiotisations (Deleuze & Guattari, 1980). Comblant le fossé entre la poïétique, l'esthétique, l’action sociale et la “politique ontologique”, elle peut pleinement s’appliquer à des problématiques de la vie réelle, devenant alors « recherche-création-action », ou « recherche-création appliquée » (Corrons & Castillo Ballén, 2025) ; ou, pour le dire en une expression condensée : « recherche-créa[c]tion ». Ce cycle de colloques en « recherche-créa[c]tion » sera ainsi un nouveau pas vers la réparation de la relation brisée entre les actions collectives et la « sentipensée » cosmologique (Escobar, 2024) dans notre contexte franco-allemand, et plus largement planétaire.
Les révolutions que notre approche vise à proposer, quant à elles, sont à la fois épistémologiques et politiques ou, mieux, d’épistémologie politique : d’un côté, la nécessité de révolutionner les pratiques de recherche académique traditionnelles dans plusieurs domaines implique une interdisciplinarité plurielle ; d’un autre côté, une telle interdisciplinarité radicale doit se confronter aux différentes manières possibles de révolutionner la recherche elle-même - qui à son tour se fait dans des champs différents et différenciés. Nous privilégions la forme plurielle révolutions pour maintenir ouverte la référence à la pluralité des possibilités épistémologiques révolutionnaires au lieu d’une seule révolution, monolithique et téléologique (Guattari, 2012).
Enfin, le développement de mondes possibles consiste à sortir à la fois du modèle monolithique et « unimondiste » de la modernité coloniale et du réalisme capitaliste (Fisher, 2006), c’est-à-dire de l’idée qu’il n’y a pas d’alternative à la réalité politique, culturelle et sociale actuelle. En même temps, l'insistance sur la possibilité d’autres mondes consiste à s'appuyer sur une virtualité productive (Deleuze, 1966 ; 1968), capable de construire quelque chose de concret, de rendre « possible [un] autre possible » (Escobar, 2024) au niveau des formes d’expressions et des modalités relationnelles des arts, de la recherche, et plus largement de toute la société.
Dans cette perspective, nous invitons les participant·es à prendre part à cette conversation, à créer un espace inclusif pour faire vivre de multiples cosmologies, cosmopoïétiques et cosmopolitiques. Le colloque se déroulera physiquement à Tübingen. Nous invitons les chercheur·es, les artivistes et toutes les autres personnes sensibles au Plurivers à apporter leurs contributions sous la forme de performances, d’expositions, de poèmes, d’ateliers participatifs, de communications scientifiques et d'autres moyens d’élaboration et de diffusion des connaissances.
Les contributions peuvent porter sur les thèmes suivants (sans toutefois s'y limiter) :
- Cosmogonies, cosmologies, ontologies, métaphysiques... Qu'est-ce que le Plurivers, au juste ? Comment le « définir » ?
- « Cosmopoétiques » (Dénètem Touam Bona et Khalil Khalsi) et « poétiques de la relation » (Glissant)
- Cosmopolitiques (Zapatistes, peuples autochtones d'Abya Yala, panafricanisme, mondes asiatiques, mondes océaniques, diasporas du Sud au Nord...)
- « Anteaesthetics » and « Black Aesthesis » (Rizvana Bradley), « AistheSis et esthétiques décoloniales » (Rolando Vazquez et Walter Mignolo) et « esthétiques féministes transmodernes » (Lîlâ Bisiaux) contre esthétiques modernes-colonialeRévolutions : sociales, politiques, artistiques, scientifiques…
- Mondes possibles : fictions d’anticipation (Muriel Plana), “futur ancestral” (Ailton Krenak), “futurabilité” (Arturo Escobar), “futur antérieur” (Gayatri Chakravorty Spivak)...
- Épistémologies « transmodernes » (Enrique Dussel) et études pluriverselles.
Pour les propositions artistiques, toutes les langues du Plurivers sont les bienvenues, puisqu’un chant, une danse, un dessin ou une performance peuvent bien souvent se passer d’une traduction verbale. Les langages extra-verbaux : gestes, images, sons, objets, spatialités… sont également pleinement reconnus comme des modes de pensée et de recherche.
Pour les communications théoriques classiques et les ateliers artivistes (convoquant les arts et/ou les transformations sociales), les langues proposées sont l’allemand, l’anglais, l’espagnol et le français. Nous suggérons aussi aux communicant·es de proposer un diaporama ou un autre support avec des mots-clés dans une deuxième langue (en anglais si la communication est en français et réciproquement, par exemple) afin de favoriser la compréhension du plus grand nombre.
Durée des interventions
Les communications classiques seront limitées à 20 minutes de présentation et 15 minutes de discussion par panel. Pour ces communications aussi, nous incitons fortement les participant·es à faire preuve de créativité afin d’éviter la simple lecture intégrale d’un texte entièrement rédigé à l’avance ; les formes expérimentales seront les bienvenues pour les communications également.
Les performances, ateliers et autres propositions artivistes peuvent durer entre 30 minutes et 1 heure maximum.
Évaluation des propositions : début juillet 2025
Modalités de contribution
Merci d’envoyer vos abstracts d’environ 300 mots, accompagnés d’une brève notice bio-bibliographique, à l’adresse pluriverse.network@proton.me pour le 20 mai 2026.
Comité d’organisation jeunes artistes-chercheur·es
Yannick Essengue (ERRaPhiS, UT2J / CDFA « Nouvelles théories critiques et épistémologies décentrées »), Carmen González (Deutsches Seminar, Universität Tübingen), Sylvan Hecht-Aussenac (Deutsches Seminar et associé au PhD Programme “Collocations: Constructing Interknowledges, Negotiating Proximities”, ICGSS, Universität Tübingen / LLA-CRÉATIS, UT2J / CDFA « Nouvelles théories critiques »), Jacques Atiogbé Koudjodji (ERRaPhiS, UT2J), Alaeddine Maamer (LLA-CRÉATIS, UT2J), Valeria López Álvaro (PhD Collocations, ICGSS, Universität Tübingen), Juliana Marín Taborda (TEPHAC, Université d’Antioquia / ERRaPhiS et associée à LLA-CRÉATIS, UTJ2), Ibrahima Ndiaye (Romanisches Seminar, Universität Tübingen), Kristell Pech Oxte (PhD Collocations, ICGSS, Universität Tübingen), Vanessa Schmitz (Charles University Prague / Universität Tübingen), Yamile Villamil Rojas (UQÀM) et Simone Zanello (Universität Tübingen et ERRaPhiS, UTJ2 / CDFA « Nouvelles théories critiques »).
Comité artistique et scientifique
Eberhard Karls Universität Tübingen:
Université Toulouse – Jean Jaurès :
Université de Toulouse (ex-Université Toulouse – Paul Sabatier) :
Université de Bourgogne :
Bibliographie
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BARBA, Eugenio. Le Canoë de Papier. Traité d’anthropologie théâtrale. L’Entretemps éditions, 2004 [1993].
BISIAUX, Lîlâ. Esthétiques féministes transmodernes au théâtre : Elena Garro, Verónica Musalem et Conchi León : perspective critique sur l’histoire du théâtre européen et mexicain. Thèse de doctorat sous la direction d’Emmanuelle Garnier, Art et histoire de l'art, Université Toulouse le Mirail - Toulouse II, soutenue le 08/01/2021. Français. Accessible en ligne : ⟨NNT : 2021TOU20002⟩. ⟨tel-03375895⟩ ; consulté le 16 mars 2026.
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Notes
[1] Voir Alberto Acosta, Federico Demaria, Arturo Escobar, Ashish Kothari et Ariel Salleh (éds.), Plurivers. Un dictionnaire du post-développement, Marseille, Wildproject, 2022, ouvrage qui constitue un premier bilan des « études pluriverselles ».
[2] Armée zapatiste de libération nationale, Quatrième déclaration de la forêt Lacandone, 1996. Par « monde », nous entendons, à la suite des philosophes Sophie Gosselin et David gé Bartoli, « un ensemble de relations instituées entre des êtres humains et des autres qu’humains de manière à les inscrire dans une totalité signifiante et durable ». Sophie Gosselin et David gé Bartoli, « Terre-mondes et personnes-chimères : donner voix au pluriversel. Récit à deux voix et plus », p. 64, Chimères, 2023/2 N° 103, p. 63-76. DOI : 10.3917/chime.103.0063. URL : https://shs.cairn.info/revue-chimeres-2023-2-page-63 ; consulté le 19 janvier 2025.
[3] Pour Arturo Escobar, les études pluriverselles « ne prétendent nullement se substituer aux études critiques sur le capitalisme et la modernité émanant de champs disciplinaires établis comme l’économie politique, les études culturelles ou l’écologie politique. Elles y ajoutent une autre approche, celle de l’ontologie politique », dont la volonté est de « rendre visibles les autres manières de connaître et de faire monde qui existent sur la planète. Elles visent à faire entrevoir d’autres mondes, d’autres possibilités de réexistence ». Arturo Escobar, Sentir-penser avec la Terre. L'écologie au-delà de l'Occident, Paris, Le Seuil, 2018, p. 35.
[4] « Dans son sens le plus courant, une cosmologie est une représentation unifiée et narrative de tout ce qui existe, un récit du monde. Les différents peuples et cultures humaines ont élaboré différentes cosmologies, souvent mythologiques ou théologiques, qui décrivent la formation du monde, son fonctionnement, et la place qu’y tient l’espèce humaine ou le groupe humain concerné. En anthropologie, le mot ‘cosmologie’ recouvre un sens plus large, plus proche de ‘culture’, englobant tout ce qui détermine les façons de penser et d’agir des membres d’un collectif. Dans notre culture occidentale, ce mot désigne aussi une discipline des sciences physiques qui consiste à étudier l’univers comme un objet physique : mesurer ses propriétés (densité, composition, géométrie, taux d’expansion) et produire un « grand récit », c’est-à-dire une histoire de l’univers, en s’appuyant sur les observations astronomiques et sur la modélisation théorique. Il existe donc au moins deux définitions du mot cosmologie dans le contexte académique, l’une nous vient des sciences humaines et sociales (anthropologie, philosophie) et caractérise une culture, et l’autre nous vient des sciences naturelles et désigne une branche de la physique, la cosmologie physique. » Frédéric Boone, « Reconnaître le scientisme de notre cosmologie pour atterrir », Cahiers de sémiotique des cultures, n° 1, 2024 – 1, Sciences, épistémologie, arts – Perspectives de l’énaction, p. 151-152.
Possible Worlds A series of action research and research-creation conferences organised by PhD students and early-career artists-researchers from Toulouse and Tübingen
Conference dates and venue - 29 and 30 October 2026 – Eberhard Karl University of Tübingen
Argument
Initiated by a group of young artist-researchers from the Eberhard Karl University of Tübingen and the University of Toulouse – Jean Jaurès (UT2J), the project Poietics and Politics of the Pluriverse, Part II: Revolutions, Research-Crea[c]tions and Possible Worlds aims to provide a space to expand and break down the boundaries of thought and creation. Following the success of the first conference Poetics and Politics of the Pluriverse, Part I: Towards Cosmological Research-Crea[c]tions (University of Toulouse – Jean Jaurès and Cave Poésie, Toulouse, 19–20 June 2025; see the report on the first symposium), and in line with other recent conferences in pluriversal studies, notably in Polynesia (REPLU) and Romania (Living from Difference), the second part of this series will take place in Tübingen in autumn 2026. Focusing on revolutions (political, but also artistic, scientific, metaphysical…), “research-crea[c]tion” (which we define as the intersection between artistic creation, theoretical research and social action; at the crossroads of research-creation in the arts and action research applied to social transformation) and possible worlds, this second conference will further explore the poietics, politics and cosmologies of the Pluriverse. It will bring together researchers and “artivists” (artists who place their creations at the heart of social struggles) for workshops, performances, academic presentations and discussions open to the public.
At a time when both the arts and academic research are opening up to the “Pluriverse[1]”, defined by the Zapatistas and anthropologists as “un mundo donde quepan muchos mundos”, that is to say, “a world in which many worlds fit[2]”; and where “pluriversal studies[3]” are emerging as a field of creation, research and social action, this project aims to explore the plurality of cosmologies[4] (Boone, 2024) and existential horizons through the consolidation of a network of interdisciplinary, international and multilingual young researchers and artist-researchers (French-speaking, German-speaking, Spanish-speaking, English-speaking, etc.). This network operates within the fields of pluriversal, Indigenous (Krenak, 2024), decolonial and gender studies, whilst drawing on the arts, literatures and languages, Global South studies, as well as philosophy and social sciences. It also aims to develop research work in connection with populations threatened by land exploitation and by the dynamics of linguistic and cultural ecocide affecting cultures oppressed by capitalist and patriarchal colonisation and neocolonialism. The configuration of this network is an ecosophical, political and sensitive endeavour in the sense that we operate from various points of tension to establish understanding and relationality based on differences; the possibility of the existence of plural worlds capable of acting together for coexistence, care, respect and empathy between human and more-than-human peoples.
Calls to decolonise spaces of creation, teaching and research are now more urgent than ever: for far too long, knowledge has been confined to monological modes of perception, sensation and vision of a single world and its future (Kilomba, 2021). How can we step back and reconfigure the ways in which we have learnt to think and feel in different worlds – to move from the universal to the pluriversal? The universalist ideas of the Enlightenment relegated to the margins those systems of knowledge that recognised the multiplicity of lived worlds, perceived as irrational and primitive (Hurtado Lopez, 2017). Yet these systems of knowledge recognise the subjectivity and autonomy of all living creatures on Earth, thereby opposing the domination of white men over “nature” by virtue of their “culture”. What forms of dialogue, then, might emerge between these different ways of knowing and inhabiting the worlds? And how can artistic, scientific and political practices help to make these plural cosmologies visible?
The Pluriverse refers specifically to the network of multiple “ontologies” or “cosmologies” of people who are fighting against what Arturo Escobar calls the modern, colonial, capitalist, patriarchal and anthropocentric “One World World”, or OWW (Escobar, 2020). Embracing the “ontological turn” (Marisol de la Cadena, Philippe Descola, Arturo Escobar, Bruno Latour, Marilyn Strathern, Eduardo Viveiros de Castro, Roy Wagner...) brought about by philosophy and the humanities and social sciences over recent decades, whilst not neglecting the critiques levelled at this trend (Watts, 2013; Todd, 2016; Meziane, 2023), we thus consider that the Pluriverse is composed of all the worlds shaped by these cosmologies (such as animism, totemism, analogism, etc.); but also by what the philosopher Mohamed Amer Meziane calls the “edge of the worlds”, namely the metaphysical “inter-worlds” (Meziane, 2023).
By poietics of the Pluriverse (Abderhalden Cortes, 2014; Zacarias, 2025), we mean not only the study of the process of creation, representation and reception of works of art, but also the poiesis at play in all aspects of life, involving anthropological, metaphysical, social and political dimensions... without separating them from aesthetic questions, as it was often the case in the so-called “autonomous” sphere of modern Western art. Among the artists who deploy such cosmological poietics, we might consider, for example, Tiziano Cruz, an Indigenous artivist from Argentina who invokes the cosmology of his Aymara people in his performances Soliloquio and Wayqeycuna; the literatures of the Maya peoples (Worley and Palacios, 2019; Keme, 2021) and Guarani Mbyá peoples (Müller, 2024); or the Afro-diasporic “cosmopoetics” of the poet and philosopher Dénètem Touam Bona (Bona, 2021), and that of the comparative literature scholar Khalil Khalsi (Khalsi, 2023). In contrast to dualist approaches, we regard the poietics of the Pluriverse as “poetics of relation” (Glissant, 1990) and “cosmographic poietics” (Riboulet, 2019), which refer to “relational ontologies” and “ontological politics” (Escobar, 2020) and can give rise to “transmodern aesthetics” (Bisiaux, 2021). Thus, practical and theoretical contributions in the field of poietics are welcome not only from the performing arts and their studies (circus, dance, music, performance, theatre...), the visual arts, literary studies, etc., but also from philosophy and the social sciences, such as sound ethnography or theatrical anthropology (Barba, 2004).
Similarly, the politics of the Pluriverse, also known as “ontological politics” (Escobar, 2024) or “cosmopolitics”, refer to politics in its intertwining with everyday life as well as with the cosmos (as opposed to the separate and distant realm that politics has become in the single world of modernity), modelled on the social struggles waged collectively by peoples or communities defending their multiple worlds within the polis – from rural areas to megacities. Thus, proposals devoted to the politics of the Pluriverse are welcome across all disciplines, from Indigenous studies, action research (Reason and Bradbury, 2008) and legal studies to “aesthetic and political” approaches drawn from research-creation, oral and written literature, or cultural studies.
Research-creation (Plana, Garde and Pandelakis, 2024; Manning and Massumi, 2018; Gosselin & Lecogiec, 2009; Martinez & Naugrette, 2020; Corrons & Castillo Ballén, 2025; Spatz, 2024), meanwhile, lies at the heart of our project. It bridges the gap between scientific research and artistic creation to yield innovative and unexpected results through which knowledge is constructed from experience and experimentation within lived experience in a somatic manner (Shusterman, 2015) and is open to all forms of semiotisation (Deleuze & Guattari, 1980). By bridging the gap between poietics, aesthetics, social action and “ontological politics”, it can be fully applied to real-life issues, thus becoming “research-creation-action”, or “applied research-creation” (Corrons & Castillo Ballén, 2025); or, to put it in a condensed form: “research-crea[c]tion”. This series of “research-crea[c]tion” symposia will thus represent a new step towards repairing the fractured relationship between collective action and cosmological “feeling-thinking” (Escobar, 2024) within our German-French context, and more broadly on a global scale.
The revolutions that our approach aims to propose, for their part, are both epistemological and political, or rather, of political epistemology: on the one hand, the need to revolutionise traditional academic research practices in several fields implies a pluralistic interdisciplinarity; on the other hand, such radical interdisciplinarity must engage with the various possible ways of revolutionising research itself – which in turn takes place across different and distinct fields. We favour the plural form “revolutions” to keep open the reference to the plurality of revolutionary epistemological possibilities rather than a single, monolithic and teleological revolution (Guattari, 2012).
Finally, the development of possible worlds involves moving beyond both the monolithic and “One World World” model of colonial modernity and capitalist realism (Fisher, 2006), that is, the idea that there is no alternative to the current political, cultural and social reality. At the same time, the emphasis on the possibility of other worlds involves drawing on a productive virtuality (Deleuze, 1966; 1968), able to build something concrete, to make “possible [an] other possible” (Escobar, 2024) in terms of the forms of expression and relational modalities of the arts, research, and, more broadly, of society as a whole.
With this in mind, we invite participants to join this conversation, to create an inclusive space in which to bring to life multiple cosmologies, cosmopoietics and cosmopolitics. The conference will mainly take place in person in Tübingen, with the option of accepting a limited number of presentations via video conference should travel prove impossible. We invite researchers, artivists and all others interested in the Pluriverse to contribute to the form of performances, exhibitions, poems, participatory workshops, academic papers and other means of developing and disseminating knowledge.
Contributions may address the following themes (though are not limited to them):
- Cosmogonies, cosmologies, ontologies, metaphysics... What exactly is the Pluriverse? How can it be “defined”?
- “Cosmopoetics” (Dénètem Touam Bona and Khalil Khalsi) and “poetics of relation” (Glissant)
- Cosmopolitics (Zapatistas, Indigenous peoples of Abya Yala, Pan-Africanism, Asian worlds, Oceanic worlds, diasporas from the South to the North...)
- “Anteaesthetics” and “Black Aesthesis” (Rizvana Bradley), “decolonial aestheSis and aesthetics” (Rolando Vazquez and Walter Mignolo) and “transmodern feminist aesthetics” (Lîlâ Bisiaux) versus modern-colonial aesthetics
- Revolutions: social, political, artistic, scientific…
- Possible worlds: speculative fiction (Muriel Plana), “ancestral future” (Ailton Krenak), “futurability” (Arturo Escobar), “future anterior” (Gayatri Chakravorty Spivak) ...
- ‘Transmodern’ epistemologies (Enrique Dussel) and pluriversal studies.
For artistic proposals, all languages of the Pluriverse are welcome, as a song, a dance, a drawing or a performance can often do without verbal translation. Extra-verbal languages – gestures, images, sounds, objects, spatialities – are also fully recognised as modes of thought and research.
For traditional theoretical papers and artivist workshops (combining the arts and/or social transformation), the languages accepted are German, English, Spanish and French. We also suggest that presenters provide a slideshow or other visual aid with keywords in a second language (in English if the presentation is in French, and vice versa, for example) to ensure the widest possible understanding.
Duration of presentations
Standard presentations will be limited to 20 minutes of speaking time and 15 minutes of discussion per panel. For these presentations too, we strongly encourage participants to be creative in order to avoid simply reading out a text written in full in advance; experimental formats are also welcome for presentations.
Performances, workshops and other artivist proposals may last between 30 minutes and a maximum of 1 hour.
Submission guidelines
Please send your abstracts of approximately 300 words, accompanied by a brief bio-bibliographical note, to pluriverse.network@proton.me by 20 May 2026.
Organising committee of young artists and researchers
Yannick Essengue (ERRaPhiS, UT2J / CDFA “New Critical Theories and Decentred Epistemologies”), Carmen González (Department of German Studies, University of Tübingen), Sylvan Hecht-Aussenac (Department of German Studies and affiliated with the PhD Programme “Collocations: Constructing Interknowledges, Negotiating Proximities”, ICGSS, University of Tübingen / LLA-CRÉATIS, UT2J / CDFA “New Critical Theories”), Jacques Atiogbé Koudjodji (ERRaPhiS, UT2J), Alaeddine Maamer (LLA-CRÉATIS, UT2J), Valeria López Álvaro (PhD Collocations, ICGSS, University of Tübingen), Juliana Marín Taborda (TEPHAC, University of Antioquia / ERRaPhiS and affiliated with LLA-CRÉATIS, UT2J), Ibrahima Ndiaye (Department of Romance Languages, University of Tübingen), Kristell Pech Oxte (PhD Collocations, ICGSS, University of Tübingen), Vanessa Schmitz (Charles University Prague / University of Tübingen), Yamile Villamil Rojas (UQÀM) and Simone Zanello (University of Tübingen and ERRaPhiS, UTJ2 / CDFA ‘New Critical Theories’).
Artistic and Scientific Committee
Eberhard Karls University of Tübingen:
University of Toulouse – Jean Jaurès:
University of Toulouse (formerly University of Toulouse – Paul Sabatier):
University of Burgundy
References
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Notes
[1] See Alberto Acosta, Federico Demaria, Arturo Escobar, Ashish Kothari et Ariel Salleh (éds.), Plurivers. Un dictionnaire du post-développement, Marseille, Wildproject, 2022, a work that offers an initial overview of “pluriversal studies”.
[2] Zapatista Army of National Liberation, Fourth Declaration of the Lacandon Jungle, 1996. By “world”, we mean, following the philosophers Sophie Gosselin and David gé Bartoli, “a set of relationships established between human beings and non-human beings in such a way as to inscribe them within a meaningful and sustainable totality”. Sophie Gosselin et David gé Bartoli, « Terre-mondes et personnes-chimères : donner voix au pluriversel. Récit à deux voix et plus », p. 64, Chimères, 2023/2 N° 103, p. 63-76. DOI: 10.3917/chime.103.0063. URL: https://shs.cairn.info/revue-chimeres-2023-2-page-63; accessed 19 January 2025.
[3] For Arturo Escobar, pluriversal studies “in no way claim to replace critical studies of capitalism and modernity emanating from established disciplinary fields such as political economy, cultural studies or political ecology. They add another approach, that of ‘political ontology’, whose aim is to ‘make visible the other ways of knowing and of making the world that exist on the planet. They seek to offer a glimpse of other worlds, other possibilities of re-existence”. Arturo Escobar, Sentir-penser avec la Terre. L'écologie au-delà de l'Occident, Paris, Le Seuil, 2018, p. 35.
[4] “In its most common sense, a cosmology is a unified and narrative representation of all that exists, a story of the world. Different peoples and human cultures have developed different cosmologies, often mythological or theological, which describe the formation of the world, how it functions, and the place held within it by the human species or the human group in question. In anthropology, the word ‘cosmology’ has a broader meaning, closer to ‘culture’, encompassing everything that determines the ways of thinking and acting of the members of a collective. In our Western culture, this word also refers to a discipline within the physical sciences that involves studying the universe as a physical object: measuring its properties (density, composition, geometry, rate of expansion) and producing a ‘grand narrative’, that is to say, a history of the universe, based on astronomical observations and theoretical modelling. There are therefore at least two definitions of the word ‘cosmology’ in an academic context: one comes from the humanities and social sciences (anthropology, philosophy) and characterises a culture, whilst the other comes from the natural sciences and refers to a branch of physics, namely physical cosmology.” Frédéric Boone, “Recognising the scientism of our cosmology in order to come down to earth”, Cahiers de sémiotique des cultures, no. 1, 2024 – 1, Sciences, epistemology, arts – Perspectives on enaction, pp. 151–152.
Ciclo de coloquios sobre investigación-acción e investigación-creación propuesto por doctorandas y doctorandos, y jóvenes investigadores de Toulouse y Tubinga
Fechas del coloquio - 29 y 30 de octubre de 2026 – Universidad Eberhard Karl de Tubinga
Argumentos
Iniciado por un grupo de jóvenes investigadores e investigadores-artistas de la Universidad Eberhard Karl de Tubinga y de la Universidad Toulouse - Jean Jaurès (UT2J), el proyecto Poéticas y políticas del Pluriverso, parte II: revoluciones, investigaciones-creaciones y mundos posibles se propone ofrecer un espacio para ampliar y traspasar las fronteras del pensamiento y la creación. Después de llevarse a cabo el primer ciclo de coloquio Poéticas y políticas del pluriverso, parte I: hacia investigaciones-crea[c]iones cosmológicas (Universidad Toulouse – Jean Jaurès y Cave Poésie, Toulouse, 19-20 de junio de 2025; véase el reporte del primer coloquio), la parte II de este ciclo se realizará en Tubinga, en otoño de 2026. Bajo el tema de las revoluciones (políticas, pero también artísticas, científicas, metafísicas…), de la investigación-creación y de los mundos posibles, este segundo coloquio prolongará la reflexión sobre las poéticas, políticas y cosmologías del Pluriverso. Reunirá investigadores, artistas y activistas en torno a talleres, performances, ponencias científicas y discusiones abiertas al público.
En el momento en el que las artes y la investigación universitaria se abren al «Pluriverso», definido por los zapatistas y los antropólogos como «un mundo donde quepan muchos mundos», es decir, «un mundo en el que encajan numerosos mundos» (Blaser y de la Cadena, 2018); y donde surgen los «estudios pluriversales» (Kothari, Salleh, Escobar, Demaria y Acosta, 2022 / 2023) como campo de creación, investigación y acción social, este proyecto tiene como objetivo explorar la pluralidad de las cosmologías (Boone, 2024) y los horizontes existenciales gracias a la consolidación de una red de jóvenes investigadores e investigadores-artistas interdisciplinarios, internacionales y plurilingües (francófonos, de habla alemana, hispanohablantes, anglófonos...) de investigación en estudios pluriversales, indígenas (Watts, 2013; Todd, 2016; Krenak, 2020), decoloniales y de género; de las artes, letras y lenguas; de los estudios del Sur global; filosofía, ciencias humanas y sociales, que abarcan el trabajo con poblaciones amenazadas por la explotación de la tierra y los problemas relacionados con el ecocidio de las lenguas y culturas oprimidas por la colonización y neocolonización capitalistas y patriarcales (Moira Millán, Ailton Krenak, Zoe Todd, Vanessa Watts). La configuración de esta red es una apuesta ecosófica, política y sensible, en el sentido de que operamos desde diversos puntos de tensión para establecer un entendimiento y una relacionalidad a partir de las diferencias (Escobar, 2024); la posibilidad de la existencia de mundos plurales capaces de actuar en conjunto por la coexistencia, el cuidado, el respeto y la empatía entre lo humano y más allá de lo humano.
La necesidad de aplicar prácticas descoloniales en los ámbitos de la creación, la enseñanza y la investigación es hoy más urgente que nunca: durante mucho tiempo, el conocimiento se ha limitado a modos monológicos de percepción, sensación y visión de un mundo único y de su devenir (Kilomba, 2021).
¿Cómo tomar distancia y reconfigurar las formas en que hemos aprendido a pensar y sentir en mundos diferentes, para pasar de lo universal a lo pluriversal? Las ideas universalistas de la Ilustración relegaron a la periferia los sistemas de conocimiento que reconocían la multiplicidad de los mundos vividos, percibidos como irracionales y primitivos (Hurtado López, 2017). Sin embargo, estos sistemas de conocimiento reconocen la subjetividad y la autonomía de todos los seres vivos de la Tierra, oponiéndose así al dominio del hombre blanco sobre la «naturaleza» en virtud de su «cultura».
El Pluriverso designa así la red de múltiples «ontologías» o «cosmologías» de las personas que luchan contra lo que Arturo Escobar denomina el «mundo único» o «unimundo», moderno, colonial, capitalista, patriarcal y antropocéntrico (Escobar, 2020). Asumiendo el «giro ontológico» (Marisol de la Cadena, Philippe Descola, Arturo Escobar, Bruno Latour, Marilyn Strathern, Eduardo Viveiros de Castro, Roy Wagner...) operado por la filosofía y las ciencias humanas y sociales durante las últimas décadas, sin por ello descuidar las críticas que se han hecho a esta corriente (Watts, 2013; Todd, 2016; Meziane, 2023), consideramos que el Pluriverso está compuesto por todos los mundos moldeados por estas cosmologías (como el animismo, el totemismo, el analogismo, etc.); pero también por lo que el filósofo Mohamed Amer Meziane denomina el «borde de los mundos», es decir, los «intermundos» metafísicos (Meziane, 2023).
Cuando hablamos de poéticas del Pluriverso (Abderhalden Cortes, 2014; Zacarias, 2025), nos referimos no solo al estudio del proceso de creación, representación y recepción de las obras de arte, sino también a la poiesis presente en todos los aspectos de la vida, que implica dimensiones antropológicas, metafísicas, sociales, políticas... sin separarlas de las cuestiones estéticas, como suele ocurrir en la esfera denominada «autónoma» del arte moderno occidental. En contraposición a los enfoques dualistas, consideramos las poéticas del Pluriverso como «poéticas de la relación» (Glissant, 1990) y «cosmopoéticas» (Bona, 2021; Khalsi, 2023), que se remiten a las «ontologías relacionales» y a la «política ontológica» (Escobar, 2020) que pueden hacer surgir «estéticas transmodernas» (Bisiaux, 2021). Así, las contribuciones prácticas y teóricas en el ámbito de la poética son bienvenidas tanto por parte de las artes escénicas y sus estudios (circo, danza, música, performance, teatro...), las artes visuales, los estudios literarios, etc., tanto como de la filosofía y las ciencias sociales, la etnografía sonora, la antropología teatral, la historia, la geografía y la sociología de las artes…
Del mismo modo, las políticas del Pluriverso, también denominadas «políticas ontológicas» (Escobar, 2024) o «cosmopolíticas», hacen referencia a la política en su entrelazamiento con la vida cotidiana y con el cosmos (en contraste con el ámbito aislado y distante en que se ha convertido la política en el mundo unicéntrico de la modernidad), siguiendo el modelo de las luchas sociales llevadas a cabo colectivamente por pueblos o comunidades que defienden sus mundos múltiples en la ciudad, desde las zonas rurales hasta las metrópolis. Es así que, las propuestas dedicadas a las políticas del Pluriverso son bienvenidas en todas las disciplinas, desde los estudios indígenas, la investigación-acción (Reason y Bradbury, 2008) y los estudios jurídicos hasta los enfoques «estéticos y políticos» procedentes de la investigación-creación, de las literaturas orales y escritas o de los estudios culturales.
La investigación-creación (Plana, Garde y Pandelakis, 2024; Manning y Massumi, 2018; Gosselin y Lecogiec, 2009; Martinez y Naugrette, 2020; Spatz, 2024) constituye el núcleo de nuestro proyecto. Esta establece un vínculo entre los caminos de la investigación científica y la creación artística para dar lugar a resultados innovadores e inesperados mediante los cuales el conocimiento se construye a partir de la experiencia y la experimentación de lo vivido de manera somática (Shusterman, 2015), y abierto a todas las semiotizaciones (Deleuze y Guattari, 1980), salvando la brecha entre la poética, la estética, la acción social y la «política ontológica»; la investigación-creación puede incluso ser aplicada a resolver problemáticas de la vida real (Corrons & Castillo Ballén, 2025). Este ciclo de coloquios sobre «investigación-creación» supondrá así un nuevo paso hacia la reparación de la relación rota entre las acciones colectivas y el «sentipensar» cosmológico (Escobar, 2024) en nuestro contexto franco-alemán.
Las revoluciones que nuestro enfoque pretende proponer son tanto epistemológicas como políticas o, mejor dicho, de una índole epistemológica política: por un lado, la necesidad de revolucionar las prácticas tradicionales de investigación académica en varios ámbitos implica una interdisciplinariedad plural; por otro lado, esa interdisciplinariedad radical debe enfrentarse a las diferentes formas posibles de revolucionar la propia investigación, que a su vez se lleva a cabo en campos diversos y divergentes. Privilegiamos la forma plural de revoluciones para mantener abierta la referencia a la pluralidad de posibilidades epistemológicas revolucionarias en lugar de una única revolución, monolítica y teleológica (Guattari, 2012).
El desarrollo de mundos posibles consiste en salir tanto del modelo monolítico y «unimundista» de la modernidad colonial como del realismo capitalista (Fisher, 2006), es decir, de la idea de que no hay alternativa a la realidad política, cultural y social vigente. Al mismo tiempo, insistir en la posibilidad de otros mundos consiste en apoyarse en una virtualidad productiva (Deleuze, 1966; 1968), capaz de construir algo concreto, de hacer «posible [otro] posible» (Escobar, 2024) en cuanto a las formas de expresión y las modalidades relacionales de las artes, la investigación y, más ampliamente, de todas las sociedades.
Desde esta perspectiva, invitamos a los participantes a tomar parte en esta conversación, a crear un espacio inclusivo para dar vida a múltiples cosmologías, cosmopoéticas y cosmopolíticas. El coloquio se celebrará físicamente en Tubinga. Invitamos a los investigadores, artivistas y todas aquellas personas sensibles al Pluriverso a aportar sus contribuciones en forma de performances, exposiciones, poemas, talleres participativos, ponencias científicas y otros medios de elaboración y difusión del conocimiento.
Las contribuciones pueden tratar los siguientes temas (sin limitarse a ellos):
- Cosmogonías, cosmologías, ontologías, metafísicas... ¿Qué es exactamente el Pluriverso? ¿Cómo «definirlo»?
- «Cosmopoéticas» (Dénètem Touam Bona y Khalil Khalsi) y «poéticas de relación» (Édouard Glissant).
- Cosmopolíticas (Zapatistas, pueblos indígenas de Abya Yala, Rita Segato, panafricanismo, mundos del Asia, mondes de Oceanía, diásporas del Sur al Norte...)
- <<Estéticas descoloniales>> (Rolando Vazquez y Walter Mignolo) y estéticas feministas transmodernas » (Lîlâ Bisiaux) contra estéticas modernas-coloniales
- Revoluciones: sociales, políticas, artististicas, científicas…
- Mundos posibles: ficción de anticipación (Muriel Plana), “futuros ancestrales” (Ailton Krenak), “futurabilidad” (Arturo Escobar), “futuro anterior” (Gayatri Chakravorty Spivak)...
- Epistemologías «transmodernas» (Enrique Dussel) y estudios pluriversales (Arturo Escobar).
Todas las lenguas del Pluriverso son bienvenidas en cuanto a las propuestas artísticas, ya que una canción, una danza, un dibujo o una performance a menudo pueden prescindir de una traducción verbal. Los lenguajes extraverbales: gestos, imágenes, sonidos, objetos, espacialidades...son igualmente reconocidos plenamente como modos de pensamiento y de investigación.
En cuanto a las contribuciones teóricas tradicionales y los talleres artivistas (que competen a las artes y/o las transformaciones sociales), los idiomas propuestos son alemán, inglés, español y francés. También sugerimos a los participantes que propongan una presentación de diapositivas u otro soporte con palabras clave en una segunda lengua (en inglés si la comunicación es en francés y viceversa, por ejemplo) para facilitar la comprensión del mayor número posible de personas.
Por favor enviar resúmenes de sus contribuciones de no más de 300 palabras, acompañados de una breve nota biográfica y bibliográfica, a los miembros del comité de organización:
Duración de las participaciones
Las contribuciones con formato de ponencia académica tradicional estarán limitadas a 20 minutos por presentación y a 15 minutos de discusión en cada panel. Incitamos a los y las participantes de este formato a hacer uso de una forma creativa de presentación y les invitamos evitar la simple lectura de un texto redactado en antemano; las formas experimentales serán bienvenidas de igual manera.
Las performances, talleres y otras proposiciones artivistas pueden durar entre 30 minutos y una hora cómo máximo.
Modalidades de ponencias
Enviar propuestas al comité de organización de jóvenes investigadores e investigadores-artistas: pluriverse.network@proton.me - FECHALIMITE : 20 de mayo de 2026.
Comité d’organisation jeunes artistes-chercheur·es
Yannick Essengue (ERRaPhiS, UT2J / CDFA « Nouvelles théories critiques et épistémologies décentrées »), Carmen González (Deutsches Seminar, Universität Tübingen), Sylvan Hecht-Aussenac (Deutsches Seminar et associé au PhD Programme “Collocations: Constructing Interknowledges, Negotiating Proximities”, ICGSS, Universität Tübingen / LLA-CRÉATIS, UT2J / CDFA « Nouvelles théories critiques »), Jacques Atiogbé Koudjodji (ERRaPhiS, UT2J), Alaeddine Maamer (LLA-CRÉATIS, UT2J), Valeria López Álvaro (PhD Collocations, ICGSS, Universität Tübingen), Juliana Marín Taborda (TEPHAC, Université d’Antioquia / ERRaPhiS et associée à LLA-CRÉATIS, UTJ2), Ibrahima Ndiaye (Romanisches Seminar, Universität Tübingen), Kristell Pech Oxte (PhD Collocations, ICGSS, Universität Tübingen), Vanessa Schmitz (Charles University Prague / Universität Tübingen), Yamile Villamil Rojas (UQÀM) et Simone Zanello (Universität Tübingen et ERRaPhiS, UTJ2 / CDFA « Nouvelles théories critiques »).
Comité artistique et scientifique
Eberhard Karls Universität Tübingen:
Université Toulouse – Jean Jaurès :
Université de Toulouse (ex-Université Toulouse – Paul Sabatier) :
Université de Bourgogne :
Referencias
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