Published on Monday, April 20, 2026
Abstract
Ce colloque se propose d’instaurer un dialogue interdisciplinaire entre chercheurs et praticiens pour éclairer les défis posés par les crises écologiques et sanitaires à l’échelle mondiale. Au regard de la dimension internationale desdits enjeux, une approche comparée sera retenue avec la participation de chercheurs de divers horizons géographiques et académiques.
Announcement
Argumentaire
Les crises sanitaires et environnementales sont devenues l’une des marques distinctives des sociétés contemporaines. Pandémies globales, catastrophes industrielles majeures, dérèglement climatique ou encore circulations transfrontières des pollutions, révèlent une vulnérabilité systémique, affectant les équilibres écologiques, économiques et sociaux. Ces crises remettent en question tant la stabilité des modèles normatifs que les fondements territoriaux des souverainetés, révélant ainsi les limites des modèles de gouvernance actuels.
Ces phénomènes confrontent les sociétés à la prise de conscience de leur irréversibilité potentielle, aux incertitudes scientifiques, à l’urgence décisionnelle et à la dimension transnationale des atteintes. La crise sanitaire mondiale liée à la pandémie de Covid-19, tout comme la multiplication des contentieux climatiques devant les juridictions nationales et supranationales, ont mis en lumière les tensions structurelles de la gouvernance juridique des risques contemporains. L’impératif d’une action rapide en situation d’urgence a souvent conduit à une redéfinition des équilibres entre sécurité collective, droits fondamentaux et contraintes économiques.
Les crises sanitaires et environnementales révèlent également une intensification de la circulation normative entre ordres juridiques, international, européen et national et une participation croissante des jurisprudences constitutionnelles et supranationales à l’émergence progressive de standards communs encadrant la prévention des risques, la responsabilité des acteurs publics et privés et la protection des droits fondamentaux.
Face à des dommages souvent diffus, différés ou irréversibles, le juge apparaît comme un acteur clé de la gouvernance des crises. Son intervention contribue à redéfinir les obligations positives des États, la responsabilité des acteurs privés et les fondements d’une justice environnementale et climatique à l’échelle mondiale.
Ces transformations interrogent sur la capacité à gouverner l’incertitude et à intégrer des temporalités inédites, liées à la protection des générations futures, à la gestion des dommages différés ou à l’évaluation des atteintes irréversibles portées aux écosystèmes. Elles invitent à repenser les catégories traditionnelles de responsabilité, de causalité, de réparation et de souveraineté à l’aune d’une vulnérabilité collective et d’une interdépendance croissante entre sociétés humaines.
Dans cette perspective, ce colloque se propose d’instaurer un dialogue interdisciplinaire entre chercheurs et praticiens pour éclairer les défis posés par les crises écologiques et sanitaires à l’échelle mondiale. Au regard de la dimension internationale desdits enjeux, une approche comparée sera retenue avec la participation de chercheurs de divers horizons géographiques et académiques.
Sept axes thématiques sont proposés.
Axe1 : Gouvernance des risques systémiques
Les crises sanitaires et environnementales imposent de repenser la régulation des risques face à l’incertitude scientifique. Les propositions pourront notamment porter sur : le principe de précaution et la prévention des risques globaux ; le rôle de l’expertise scientifique dans la décision juridique ; le développement et l’influence des instruments hybrides (soft law, standards internationaux, compliance et régulation économique…). Il s’agira également de questionner le rôle de l’État et des pouvoirs publics, mais aussi l’agentivité de la société civile, des associations et des citoyens dans la recherche d’issues aux situations de crise.
Axe 2 : Urgence et État de droit
La gestion des crises révèle les tensions entre l’impératif d’une action rapide et la préservation des droits fondamentaux. Les propositions pourront notamment porter sur : les régimes d’urgence sanitaire et environnementale ; la transformation des pouvoirs de police administrative en situation de crise ; les restrictions des libertés fondamentales et le contrôle de proportionnalité ; la gouvernance multi-niveau des crises et l’articulation des normes ; les enjeux sociologiques (acceptation ou non des mesures d’urgence, négociations voire oppositions et revendications).
Axe 3 : Responsabilités et dommages globaux
Les crises révèlent les limites des modèles traditionnels de responsabilité et la nécessité d’adapter le droit aux risques systémiques. Les propositions pourront porter sur : la responsabilité administrative et la carence fautive ; la responsabilité civile et pénale environnementale ; la responsabilité extraterritoriale et le devoir de vigilance des acteurs économiques ; les contentieux climatiques et sanitaires stratégiques.
Axe 4 : Droits fondamentaux et justice écologique
Les crises révèlent les inégalités sociales et environnementales, ainsi que l’urgence d’une justice adaptée aux enjeux globaux. Les propositions pourront notamment porter sur : le droit à la santé et à un environnement sain, incluant la reconnaissance des droits de la Nature ; la justice climatique et environnementale, et l’intégration des droits des entités naturelles dans les stratégies de protection , à travers la préservation des équilibres écologiques et la sauvegarde des territoires ; l’accès à la justice et la participation citoyenne, y compris la représentation des intérêts des écosystèmes ; l’impact des politiques publiques sur les comportements collectifs, les mouvements sociaux et la gouvernance des communs naturels.
Axe 5 : Circulation normative : le dialogue des ordres juridiques
Les crises favorisent le développement d’un dialogue entre systèmes juridiques et niveaux normatifs. Les propositions pourront notamment porter sur : les réponses nationales comparées aux pandémies et catastrophes environnementales ; le dialogue entre les juges ; l’articulation entre droit international, droit de l’Union européenne et droits internes ; le rôle des organisations internationales dans la coordination des réponses.
Axe 6 : Assurance et gouvernance des risques
L’assurance représente un levier essentiel pour anticiper, mutualiser et réparer les dommages liés aux crises sanitaires et environnementales. Les contributions pourront notamment porter sur : les régimes d’assurance des catastrophes naturelles et sanitaires (obligations légales et pratiques de marché) ; la responsabilité des assureurs et les limites contractuelles face aux dommages systémiques ; les interactions entre assurance, devoir de vigilance des entreprises et normes internationales ; le rôle de l’assurance dans la gouvernance des risques climatiques et environnementaux ; une analyse comparée des modèles nationaux et supranationaux (Europe, États-Unis, pays émergents) ; l’innovation financière et les solutions d’assurance climatique (instruments de transfert du risque et mécanismes hybrides public-privé).
Axe 7 – Innovations sociales et populaires
Les situations de crise ne sont pas que des situations de blocages institutionnels. En émergent de nouveaux arrangements sociaux, organisationnels ou institutionnels ou encore nouveaux produits ou services ayant une finalité sociale explicite résultant, de manière volontaire ou non, d’une action initiée par un individu ou un groupe d’individus pour répondre à une aspiration, subvenir à un besoin, apporter une solution à un problème ou profiter d’une opportunité d’action afin de modifier des relations sociales, de transformer un cadre d’action ou de proposer de nouvelles orientations culturelles. Les innovations sociales ainsi amorcées, parfois ancrées dans les tiers-lieux, peuvent conduire à des transformations sociales qu’il s’agira de comprendre : inventorier les nouvelles politiques et les pratiques sociales ; mieux comprendre les territoires et les milieux de vie ; repenser les organisations sociales et collectives.
Modalités de soumission
Les propositions devront comprendre : un titre ; un résumé (500 à 600 mots maximum présentant la problématique, le cadre théorique et les principaux apports scientifiques) et une brève notice biographique (cinq lignes maximum).
Les propositions sont à adresser 2026 aux adresses suivantes : Castillo Maria maria.castillo@unicaen.fr ; Cayol Amandine amandine.cayol@unicaen.fr,
avant le 15 juin 2026.
Calendrier prévisionnel
- Date limite de soumission : 15 juin 2026
- Notification aux auteurs : 15 juillet 2026
- Colloque : 8 au 10 mars 2027 - amphithéâtre de la MRSG
Publication
Les contributions feront l’objet d’une publication après évaluation scientifique (ouvrage collectif ou numéro spécial de revue).
Comité scientifique
- Castillo Maria, Maître de conférences en droit public, Université de Caen Normandie
- Cayol Amandine, Professeur de droit privé, Université de Caen Normandie
- Breard Joël, Professeur en physique des matériaux, Université de Caen Normandie
- Lemarchand Frédérick, Professeur de sociologie, Université de Caen Normandie
- Oanta Gabriela Alexandra, MCF en droit public, Université de Coroñe (Espagne), Chaire Jean Monnet European Union law of the sea
Subjects
- Law (Main category)
- Society > Sociology
- Society > Science studies
- Society > Political studies
Places
- Bâtiment de la MRSH - esplanade de la paix
Caen, France (14)
Event attendance modalities
Hybrid event (on site and online)
Date(s)
- Monday, June 15, 2026
Keywords
- environnement, pandémie, pollution, justice climatique, préjudice écologique
Contact(s)
- maria castillo
courriel : maria [dot] castillo [at] unicaen [dot] fr
Information source
- amandine cayol
courriel : amandine [dot] cayol [at] unicaen [dot] fr
License
This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.
To cite this announcement
« Crises sanitaires et environnementales : enjeux de gouvernance et de justice », Call for papers, Calenda, Published on Monday, April 20, 2026, https://doi.org/10.58079/163du

