HomeColloque franco espagnol sur les transitions sociales et environnementales du tourisme

Colloque franco espagnol sur les transitions sociales et environnementales du tourisme

Coloquio franco-español sobre las transiciones sociales y medioambientales del turismo

*  *  *

Published on Tuesday, April 21, 2026

Abstract

L’évènement vise à réunir les chercheurs francophones et hispanophones en sciences sociales qui travaillent sur les questions du tourisme afin d’entamer ou de consolider des dynamiques de recherches transfrontalières autour de cet objet d’étude entre la France et l’Espagne. Ainsi, les communications pourront être effectuées dans les deux langues. La première journée s’orientera sur la thématique des « défis sociaux des sociétés mises en tourisme ». Tandis que la seconde journée, dans une logique de continuité, visera à « penser les transformations du tourisme au-delà du greenwashing ».

Announcement

Argumentaire

Le premier colloque franco-espagnol sur les transitions sociales et environnementales du tourisme vise à repenser les pratiques touristiques dans un contexte de dérèglement climatique et d’accroissement des inégalités au sein des espaces mis en tourisme. L’évènement se tiendra le jeudi 10 et le vendredi 11 décembre 2026, dans les locaux de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour avec le soutien de l’UMR TREE. La première journée s’orientera sur la thématique des « défis sociaux des sociétés mises en tourisme ». Tandis que la seconde journée, dans une logique de continuité, visera à « penser les transformations du tourisme au-delà du greenwashing ». L’évènement vise à réunir les chercheurs francophones et hispanophones en sciences sociales qui travaillent sur les questions du tourisme afin d’entamer ou de consolider des dynamiques de recherches transfrontalières autour de cet objet d’étude entre la France et l’Espagne. Ainsi, les communications pourront être effectuées dans les deux langues.

La France et l’Espagne sont respectivement les première et deuxième destinations mondiales en matière d’arrivées touristiques internationales selon les données de l’Organisation mondiale du Tourisme (OMT, 2025). Toutes deux voient leurs activités touristiques soumises à certains défis contextuels (crises sanitaires (Evanno, Vincent, 2021), contexte géopolitique mouvant (Dehoorne, 2013), intempéries climatiques (Fabry, Zeghni, 2020)). Tandis que d’autres tendent à devenir structurels (défiance des populations résidentes envers le tourisme (Gay, 2024), dynamiques de spéculations foncières et phénomènes de gentrification (Blazquez-Salom, Blanco-Romero, Gual-Carbonell, Murray, 2019), effets directs du dérèglements climatiques sur l’activité (Bocoum et al., 2025), conditions de travail précaires (Martinez-Gallo, Martinez-Quintana, 2020)). Il s’agit de penser ces différents défis sociaux ainsi que les enjeux de transformation de l’activité touristique, indispensable à l’économie des deux pays face au dérèglement climatique et à l’essoufflement d’un modèle socio-économique dominant (Murray, Cañada, 2019 ; Marie dit Chirot, 2018).

Nous mobilisons dans ce colloque le concept de transition qui fait souvent office de mot valise en sciences sociales (Péan, 2017), mais mérite d’être interrogé en ce qui s’agit du tourisme. En effet, les questionnements qui entourent l’application de cette notion de transition au secteur touristique sont encore peu interrogés (Clarimont, Hagimont, Hatt, 2024). Si la transition évoque le passage d’un état initial à un état nouveau (Delaplace, Dropsy, 2025), quels seraient les caractéristiques de l’état initial du tourisme à transformer ? Et les prémices d’un nouvel état souhaité sont-ils déjà perceptibles ? Enfin, existe-t-il des modèles de gouvernance distincts en ce qui s’agit de la, ou des transitions du tourisme ?

La mise en alerte des risques environnementaux et socio-économiques quant au degré élevé de mise en tourisme des territoires de vie est un constat ancien dans les sciences sociales (Cazes, 1989). Or, la nécessité d’organiser encore aujourd’hui des évènements scientifiques tels que celui-ci, dédiés à cette thématique traduit le manque d’actions des politiques publiques en la matière. Cette réalité montre aussi le faible intérêt porté aux effets sociaux et économiques de l’activité touristique sous sa forme néo-libérale dominante, malgré sa croissance presque interrompue au cours du dernier siècle. Si les dernières décennies ont toutefois vu la montée en puissance progressive des injonctions vers un tourisme plus durable, il s’agit ici de s’interroger sur la pertinence voire la véracité de l’application d’un tourisme jugé plus responsable au-delà des nouvelles opportunités de marché qu’il représente aujourd’hui. Nous souhaitons également donner une importance particulière aux enjeux sociaux du tourisme, trop souvent invisibilisés ou considérés à part des indicateurs de développement durable, à l’exception de certains travaux sur l’écotourisme (Gagnon, Gagnon, 2006) ou le tourisme communautaire (Jouault, 2020).

Première journée : « Les défis sociaux des sociétés mises en tourisme »

Les liens entre inégalités sociales et tourisme ont été globalement peu étudiés en sciences sociales (Sarrasin et Breton, 2012) même si un pan très minoritaire de la géographie du tourisme francophone, anglosaxonne et hispanophone, mobilise cette thématique (Cañada, Murray, 2019 ; Bianchi, Stephenson, 2014 ; Dehoorne, 2013). En s’appuyant sur la richesse de ces productions, bien que minoritaires dans le paysage des recherches en tourisme, cette première journée permettra d’échanger autour des différents enjeux sociaux déjà décrits plus haut, qui cristallisent les « sociétés touristiques » depuis plusieurs décennies.

Si les phénomènes de tourismophobie ne sont pas nouveaux et datent même des débuts élitistes du tourisme (Gay, 2024), il semble que la typologie des acteurs qui entretiennent une défiance envers le tourisme évolue. En effet, le rejet du tourisme provient historiquement de classes sociales aisées qui ne voyaient pas d’un bon œil la démocratisation et l’accessibilité des déplacements touristiques au plus grand nombre (Urbain, 2002). Aujourd’hui, les mobilisations de défiance contre le tourisme ne sont pas l’œuvre d’une haute classe sociale souhaitant conserver le monopole d’une pratique récréative et culturelle, mais plutôt des populations en première ligne des effets de la touristification de leur territoire de vie (Milano, Bianchi, 2021). Face à ce constat, l’activité touristique peut représenter un prisme des effets du capitalisme sur nos sociétés et illustrer les phénomènes d’accumulation par dépossession mis en avant par le géographe anglo-saxon David Harvey (Murray, 2015 ; Marie dit Chirot, 2025 ; Fletcher, Blanco-Romero, Blazquez-Salom et al., 2021).

En effet, malgré les bénéfices économiques substantiels que génèrent le tourisme à l’échelle internationale, « croissance et qualité de vie ne s’additionnent pas naturellement » (Dehoorne, 2013).

Deuxième journée : « Penser les transformations du tourisme au-delà du greenwashing ».

Ces dernières années, et notamment depuis la crise sanitaire liée à la Covid 19, nous assistons à une recomposition des différents types de mobilités touristiques. Le phénomène de télétravail a par exemple ouvert un nouveau marché autour des digital nomads et exacerbé certaines dynamiques de spéculation foncière et d’expropriation des terres aux seins des destinations (Cañada, Silva Lucas, 2025).

Aussi, les tensions géopolitiques actuelles contribuent à bouleverser le tourisme international dans son mode de développement néolibéral tel que nous le connaissons aujourd’hui.

D’autre part, si les effets directs du changement climatique perturbent d’ores et déjà l’activité touristique de certains lieux, il représente également une opportunité de marché pour certains opérateurs comme le montre le phénomène du last chance tourism (Knafou, 2023).

Si les effets de mode du slowtourism et du tourisme de proximité (Oudghiri, 2025) commencent à prendre une ampleur médiatique conséquente, les mobilités touristiques de proximité représentent pourtant la majorité des déplacements touristiques depuis les débuts de la démocratisation de la pratique (Duhamel, 2018). Il devient simplement aujourd’hui, dans un contexte d’urgence climatique, socialement louable de parler de déplacements touristiques proches de son domicile à faible impact carbone, en opposition aux voyages lointains. Ces derniers ont toujours représenté une minorité des déplacements touristiques mais occupaient une large place dans la couverture médiatique du tourisme.

Face à cette culpabilisation des déplacements lointains en avion et autre phénomène de « flight-shaming », d’autres modes de tourisme tels que le « tourisme régénératif » permettraient de déculpabiliser de son impact carbone, et même mieux de contribuer à la préservation de l’environnement. Assiste-on à de nouveaux phénomènes de mode qui visent à recrédibiliser le secteur professionnel du voyage ou enfin à des propositions concrètes de tourisme plus durable ?

Au-delà de rechercher des propositions prospectives de tourisme plus responsable, cette deuxième journée vise à questionner l’évolution des modes - dans son double sens – du tourisme ainsi que l’accaparation du concept de transition sociale et environnementale à des fins mercantiles par les acteurs professionnels et institutionnels du secteur ainsi que par les pouvoirs publics.

Modalités de contribution

Date du colloque : jeudi 10 et vendredi 11 décembre 2026.

Les propositions de communications sont attendues avant le 30 juin 2026 à l’adresse suivante : thibaud.szpyrka@univ-pau.fr.

Les communicants indiqueront s’ils souhaitent inscrire leur intervention dans le 1 ère ou la 2 ème journée du colloque.

La publication d’actes de colloques est envisagée.

L’inscription au colloque est gratuite ainsi que les deux repas du midi. Les frais de déplacements et d’hébergement sont en revanche à la charge des participants.

Comité scientifique

Responsable scientifique : Thibaud Szpyrka, Maître de conférences en géographie à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, UMR TREE.

Places

  • Amphithéatre de la présidence de l'UPPA - Avenue de l'Université
    Pau, France (64)

Event attendance modalities

Full on-site event


Date(s)

  • Tuesday, June 30, 2026

Keywords

  • tourisme, transitions socio-environnementales

Reference Urls

Information source

  • Thibaud Szpyrka
    courriel : thibaud [dot] szpyrka [at] univ-pau [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Colloque franco espagnol sur les transitions sociales et environnementales du tourisme », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, April 21, 2026, https://doi.org/10.58079/163qc

Add to my calendar

  • Google Agenda
  • iCal
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search