Les infrastructures en montagne face à leur vulnérabilité : conception, gouvernance et transformation
Mountain Infrastructure and Its Vulnerabilities: Design, Governance and Repurposing
La « Revue de géographie alpine »
“Journal of Alpine Research”
Publié le mercredi 22 avril 2026
Résumé
Ce numéro thématique est consacré aux infrastructures en montagne. Ces infrastructures ont d’une part une matérialité physique et technique (relative aux pratiques des usagers et/ou des gestionnaires, et au cœur des enjeux d’exploitation) et, d’autre part, une existence économique (en termes de gestion ou de financement). Il s’agit dans les deux cas de considérer ces infrastructures au prisme des systèmes socio-techniques et économiques au cœur desquels elles se trouvent, ainsi qu’au travers de leurs dimensions environnementale, politique et historique.
Annonce
Argumentaire
Ce numéro thématique est consacré aux infrastructures en montagne. On considère ici les infrastructures planifiées qui garantissent à long terme l’accessibilité, l’habitabilité (Bertoni et Zaza, 2025) et l’activité économique : réseaux de transport et de communication, mais aussi constructions destinées à la production et à l’approvisionnement en eau et en énergies, au stockage des données numériques, ainsi qu’à la protection des zones habitées, telles que les barrages de correction torrentielle. Ces infrastructures ont d’une part une matérialité physique et technique (relative aux pratiques des usagers et/ou des gestionnaires, et au cœur des enjeux d’exploitation) et, d’autre part, une existence économique (en termes de gestion ou de financement). Il s’agit dans les deux cas de considérer ces infrastructures au prisme des systèmes socio-techniques et économiques au cœur desquels elles se trouvent, ainsi qu’au travers de leurs dimensions environnementale, politique et historique.
Tout en répondant aux besoins des usagers et usagères (acteurs locaux, régionaux et suprarégionaux, incluant leurs réseaux professionnels et personnels), ces infrastructures constituent aussi un instrument puissant de la territorialisation de l’État, avec le transfert des compétences vers les régions (Vanier, 2009). Les infrastructures participent ainsi aux rapports de compétitivité entre régions et elles s’inscrivent au sein d’arbitrages en faveur ou au détriment de certains acteurs économiques et des métiers et valeurs qu’ils représentent. Ces aspects entrent en jeu dans plusieurs phases de la vie des infrastructures : en amont de et pendant leur création, lors des discussions sur leur maintien, leur adaptation ou leur abandon, voire leur remplacement. Si, par le passé, les questions relatives à l’équité économique entre territoires dominaient le discours public, ce sont depuis les années 2000 les questions écologiques et les risques naturels qui régissent le débat (Bertram et Chilla, 2022), sans pour autant que les contradictions socio-économiques aient été résolues. Un des défis de ce numéro thématique est d’arriver à réunir des connaissances interdisciplinaires sur ces différents aspects.
Le choix de considérer ces infrastructures dans des territoires de montagne s’inscrit, quant à lui, dans une historiographie en sciences sociales qui, depuis longtemps, a reconnu le cadre montagnard comme un terrain propice aux mécanismes de mutation des sociétés, facilitant l’émergence d’initiatives citoyennes souvent innovantes. Les contraintes physiques, qui impactent les déplacements et imposent des choix économiques, opèrent un rôle amplificateur (Attali et al., 2014 ; Torricelli, 1993) et amènent les sociétés qui y résident à développer des mécanismes d’adaptation. De plus, les montagnes sont sensiblement soumises aux effets du changement climatique, qui s’abattent parfois brutalement sur les infrastructures en place. Les enjeux en termes de sécurité sont centraux, spécialement sur des territoires réinvestis depuis les années 1970 comme lieux d’habitation, de résidence secondaire ou de loisir. En montagne, la question des infrastructures se pose avec d’autant plus d’acuité qu’elle se conjugue aux dispositifs de protection de l’environnement (Perlik, 2025 ; 2019). Plus encore, l’intérêt croissant des sphères politiques et citoyennes pour la transition socio-environnementale invite à repenser les modèles de développement territorial et les infrastructures associées (Bourg et al., 2016). Étudier les infrastructures en territoire de montagne implique de mener des recherches dans le champ de l’aménagement du territoire sur les politiques longtemps centralisées, menées par l’État et ses corps, à des fins économiques et politiques (Fournier et Massard Guilbaud, 2016), et sur le désengagement progressif de l’État dans certains secteurs et sur leur privatisation. Des recherches en histoire, en géographie, en urbanisme et en économie en explorent déjà de nombreux aspects (FLUX, 2022), tels que les jeux d’acteurs et les conflits résultant des stratégies précédemment citées (Scognamiglio et al., 2025). Ces travaux, toutefois, abordent peu les territoires de montagne, hormis au prisme de l’expansion du réseau ferroviaire, du thermalisme ou du développement des stations de ski et des sanatoriums (Soubirou, 2018 ; Franco, 2019 ; Hagimont, 2020 ; Grizard, 2025).
Le présent appel encourage la soumission de travaux sur les infrastructures en montagne se focalisant sur les processus d’aménagement du territoire : dans l’hétérogénéité des cas d’étude que ce numéro souhaite rassembler, l’objectif est de dresser un portrait global de la façon dont les infrastructures façonnent les montagnes, et inversement. En d’autres termes, il s’agit d’une part, d’apprécier la manière dont les infrastructures ont transformé les montagnes et les composantes humaines et non-humaines de leurs environnements, en accroissant leurs accessibilité, habitabilité et donc attractivité, mais aussi en altérant les paysages et les écosystèmes. D’autre part, la démarche mobilisée dans ce numéro aborde également la manière dont la topographie et la structure géologique spécifique des massifs ont pu induire des logiques de construction et de gestion des infrastructures. Le contexte actuel — caractérisé par une fréquence et une intensité croissantes des risques naturels, des ressources naturelles mais aussi économiques qui se raréfient, ainsi que des mouvements contestataires face aux approches technocratiques — donne une prégnance accrue à cette intention.
Ce numéro fait aussi le choix de considérer les infrastructures dans leur durée de vie, en prenant en compte trois phases : celle de leur planification, celle de sa construction et de son fonctionnement, enfin celle de sa projection dans le futur. Il s’agit là de la chronologie idéal-typique d’une infrastructure en tant que processus socio-technique et ces trois phases permettent de croiser la temporalité propre à une infrastructure à celle des stratégies des acteurs qui y participent et à celle de contextes dans lesquels elles s’inscrivent. Ces trois phases sont abordées ici par un regard diachronique structuré par axes. Des observations synchroniques ou thématiques sur les manières de projeter, d’édifier, d’utiliser et d’hériter les infrastructures en montagne sont aussi envisagées. Par ailleurs, les contributions attendues pourront s’inscrire dans l’un des trois axes ou proposer une approche transversale. Tous les apports disciplinaires — ou interdisciplinaires — sont les bienvenus, mais toutes les contributions doivent problématiser le contexte montagnard, à partir de cas d’étude situés dans l’arc alpin, ailleurs en Europe ou bien dans d’autres montagnes du monde.
Modalités de contribution
Les propositions d’articles, d’une longueur d’environ 1 000 mots, doivent être envoyées en français, en anglais, en allemand, en italien ou en espagnol avant le 1er septembre 2026 aux adresses suivantes : Angelo Bertoni (angelo.bertoni@strasbourg.archi.fr), Emma-Sophie Mouret (emma-sophie.mouret@univ-grenoble-alpes.fr) et Ornella Zaza (ornella.zaza@univ-amu.fr)
ainsi qu’à l’équipe éditoriale du JAR|RGA : Adrien Bayssé-Laine (adrien.baysse-laine@univ-grenoble-alpes.fr) et Maxime Frezat (secretariat-jarrga@univ-grenoble-alpes.fr).
Les articles sont attendus pour le 1er décembre 2026. Les articles doivent être soumis dans l’une des langues dans lesquelles la revue est publiée : Langues alpines (français, italien, allemand, slovène), espagnol ou anglais. L’auteur doit veiller à ce que l’article soit traduit dans la deuxième langue après avoir été évalué, une des deux versions du texte final doit être l’anglais.
Consignes : https://journals.openedition.org/rga/10501
La publication des articles est prévue pour Novembre 2027.
Politique d'évaluation
Procédure d'évaluation : évaluation en double aveugle
Catégories
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Dates
- mardi 01 septembre 2026
Mots-clés
- montagne, infrastructure, vulnérabilité écologique
Contacts
- Angelo Bertoni
courriel : angelo [dot] bertoni [at] strasbourg [dot] archi [dot] fr - Ornella Zaza
courriel : ornella [dot] zaza [at] univ-amu [dot] fr - Emma-Sophie Mouret
courriel : emma-sophie [dot] mouret [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr
URLS de référence
Source de l'information
- Maxime FREZAT
courriel : secretariat-jarrga [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr
Licence
Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC0 1.0 Universel.
Pour citer cette annonce
« Les infrastructures en montagne face à leur vulnérabilité : conception, gouvernance et transformation », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 22 avril 2026, https://doi.org/10.58079/163tu

