Página inicialRaison, imagination, création : repenser les humanités à l’épreuve de l’intelligence artificielle
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Publicado quinta-feira, 30 de abril de 2026

Resumo

L’une des causes de transformations majeures de notre temps est l’accélération de l’essor de l’intelligence artificielle, spécifiquement des systèmes génératifs. On la voit apparaître partout, dans les domaines professionnels, technologiques, dans la vie quotidienne, dans la génération des textes et discours, dans la création et la conception des œuvres artistiques, cinématographiques, littéraires, philosophiques… L’intelligence artificielle se dévoile aisément comme une assise de nombreuses actions, et comme la traduction d’un progrès technique qui a engendré une métamorphose profonde des formes de rationalités, des créativités et des aspects de production du sens.

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Argumentaire

L’une des causes de transformations majeures de notre temps est l’accélération de l’essor de l’intelligence artificielle, spécifiquement des systèmes génératifs. On la voit apparaître partout, dans les domaines professionnels, technologiques, dans la vie quotidienne, dans la génération des textes et discours, dans la création et la conception des œuvres artistiques, cinématographiques, littéraires, philosophiques… L’intelligence artificielle se dévoile aisément comme une assise de nombreuses actions, et comme la traduction d’un progrès technique qui a engendré une métamorphose profonde des formes de rationalités, des créativités et des aspects de production du sens.

Ce colloque n’est incontestablement pas le premier à soulever cette question de l’intelligence artificielle. Mais il aurait le mérite de creuser ses tréfonds, de la sortir de son silence et surtout d’ouvrir de nouvelles brèches d’investigation) afin de mettre en relief un certain basculement où l’intelligence perd son intelligence tout en restant ellemême, [c’estàdire la raison cesse de fonctionner selon les règles habituelles, pourtant elle ne disparait pas, elle continue d’agir, mais sous une forme transformée]. Penser l’intelligence artificielle tend obligatoirement à secouer les cadres épistémologiques, philosophiques et culturels qui la rendent possible.

Dans un univers picoté profondément par ce que MAX Weber (Le Savant et le Politique, 1919) nommait la rationalisation et le désappointement du monde, l’intelligence artificielle (IA) semble viser l’acmé d’une rationalité algorithmique basée sur le calcul, la probabilité, les réseaux neuronaux et l’optimisation. Une rationalité qui interroge avec beaucoup d’audace la particularité de la raison humaine, historiquement prise comme « réflexive, critique et interprétative », et que HUBERT SIMON (Models of Man : Social and Rational 1957) jugeait de « limitée », mais distinctement ouverte à l’imprécision et à l’invention. Quant à l’imagination, elle se trouve, visiblement, inappropriée. Là ou KANT (Critique de la raison pure, 1787) la voit comme une faculté nécessaire de l’esprit humain et BACHELARD, (La Poétique de l’espace, 1957) la considère comme un pouvoir « de déformation créatrice du réel », l’intelligence artificielle, en tant qu’ensemble de systèmes génératifs, semble créer des écrits, des images, des œuvres, des textes … sans intentionnalité aucune, ni expérience vécue. Dans ce sens là peuton parler éventuellement d’imagination artificielle, ou d’une reproduction formelle de la créativité humaine ? Ce questionnement et cette perplexité confrontent directement la portée de la création, à l’épreuve de la « reproductibilité algorithmique ».

Les humanités, conçues à partir des textes, des cultures et du langage se trouvent notamment touchées par cette tendance de métamorphose. Comme l’a signalé WILHELM Dilthey, (Introduction aux sciences de l’esprit, 1883) « si les sciences de la nature expliquent, les sciences de l’esprit comprennent ». En revanche, en présence de modèles génératifs en mesure de produire des discours harmonieux et réguliers, se pose la question de la compréhension. De ce fait quel statut attribuer à « l’herméneutique, à la subjectivité et à l’historicité du sens » dans une atmosphère commandée par des machines figées du langage ? D’autant que, selon Émile Benveniste, c’est par et dans le langage que l’être humain se construit en tant que sujet.    

Ces métamorphoses dégagent des enjeux éthiques majeurs. L’extension progressive de la création à des systèmes robotisés exige un questionnement et une réflexion renouvelés au sujet de la responsabilité morale et intellectuelle. A la suite de HANS JONAS (Le Principe responsabilité, 1979), il devient nécessaire de méditer sur les effets à long terme de ces technologies sur la perpétuité d’une vie véritablement humaine, c’estàdire loin de toute nuisance de robotisation et d’automatisation. Simultanément à cela, MARTHA NUSSBAUM, (Not for Profit : Why Democracy Needs the Humanities, 2010) souligne que les humanités constituent la base d’une liberté véritable, elles enseignent à raisonner et elles permettent la reconnaissance de l’autre dans sa singularité.  

Enfin, l’intelligence artificielle impose un esprit autre qui reconsidère la propagation des savoirs et les pratiques pédagogiques. Si, comme le proposait HANNAH ARENDT (La Vie de l’esprit, 1978), penser c’est admettre l’interruption et la suspension de l’évidence, comment préserver donc cette capacité critique dans des milieux éducatifs énergiquement outillés par l’automatisation ? L’enjeu ici n’est pas de régurgiter la technique et de la mettre à la marge, mais de l’inscrire selon l’avis de GILBERT SIMONDON (Du mode d’existence des objets techniques, 1958) dans une intellection de sa structuration et de ses usages culturels, littéraires, scientifiques... BERNARD STEIGLER nous appelle à penser la technique comme un « pharmakon, à la fois remède et poison ».  

Ce colloque se propose ainsi de « repenser » les humanités à l’heure de l’intelligence artificielle, non dans une démarche rétrograde nostalgique, mais dans une dynamique interdisciplinaire, réflexive et critique surtout. Il s’agit ici de reconsidérer l’IA comme un révélateur des tensions contemporaines entre « raison et imagination, calcul et interprétation, automatisation et création » et de questionner les modalités d’une réinvention critique des humanités dans le monde moderne.

Axes de réflexion

Les propositions de communication pourront s’inscrire, sans s’y limiter, dans les axes suivants :

  • Imagination, créativité et simulation artificielle
  • Création, originalité et statut de l’œuvre à l’ère des systèmes génératifs
  • Éthique, responsabilité et normativité de l’IA
  • Humanités numériques et transformations épistémologiques
  • IA et méthodes d’enseignement
  • Vers une refondation critique et prospective des humanités
  • usages de l’intelligence artificielle et réseaux sociaux
  • Intelligence artificielle et sciences de l’éducation
  • Didactique augmentée et ingénierie pédagogique assistée par IA
  • IA et documentation du patrimoine (Numérisation, modélisation 3D, bases de données intelligentes)
  • IA pour la conservation et la restauration
  • IA et la redéfinition de l’auteur et de l’originalité.
  • IA, médiation et valorisation culturelle (Expériences interactives, visites intelligentes, systèmes de recommandation culturelle.)
  • IA et Transformation des pratiques professionnelles et quotidiennes
  • Impact de l’IA sur les sciences du langage et la recherche scientifique
  • IA et traduction
  • IA et sécurité humaine
  • IA, patrimoine agricole et sécurité alimentaire

Modalités de contribution

Les propositions de communication, d’environ une page, (titre et résumé) accompagnées d’une courte notice biographique sont à envoyer uniquement par voie électronique avant le 20 septembre 2026 à l’adresse suivante : colloqueraisonhumaniteia@gmail.com

Inscription : Les participants procèderont à l’inscription une fois leur proposition acceptée

Frais

Les frais de participation : (hébergement [3 nuitées] dans un hôtel sur l’île de Djerba, Tunisie), pauses café, pack du colloque et publication des actes) :

  • 350 euros pour les nonMaghrébins
  • 550 dinars TND pour les Tunisiens et les Maghrébins Frais de participation (sans hébergement) :
  • 150 euros pour les nonMaghrébins
  • 250 dinars TND pour les Tunisiens et les Maghrébins

Les frais d’inscription sans hébergement couvrent les pauses café, le déjeuner et le pack du colloque.

Le déplacement restera à la charge des communicants.

Langues du colloque : français, anglais et arabe

Calendrier

  • 20 septembre 2026 : dernier délai pour réception des propositions de communication
  • 25 septembre 2026 : notification aux auteurs
  • 27,28 et 29 novembre 2026 : déroulement du Colloque international
  • Publication : 2027

Conférenciers invités :

  • Eric SADIN (Philosophe et écrivain)
  • Alexandre GEFEN (historien des idées et théoricien de la littérature.)
  • Ilias YOCARIS (Professeur en sémiotique du texte et de l’image)

Comité scientifique

  • Eric Sadin (l’Ecole Supérieure d’Art de Toulon, France)
  • Alexandre Gefen (UMR THALIM, CNRS/Université Sorbonne Nouvelle — Paris 3, France)
  • Ilias Yocaris (Université Cote d’azur, France)
  • Foued Laroussi, (Université de Rouen. France)
  • Akinci MehmetAli, (Université de Rouen. France)
  • Chokri Rhibi, (Université de Gabès. Tunisie)
  • Nizar Ben Saad, (Université de Sousse. Tunisie)
  • Nedjma Cherrad, (Université de Constantine. Algérie)
  • Ramzi Turki, (Université de Sfax. Tunisie)
  • Mokhtar Farhat, (Université de Gafsa. Tunisie)
  • Mustapha Trabelsi, (Université de Sfax.Tunisie)
  • Hassen Amdouni, (Université de Jendouba. Tunisie)
  • Lassad Kalai, (Université de Carthage. Tunisie)
  • Saloua Béji Ben Hmid, (Université de Kairouen. Tunisie)
  • Kamel fekih (université de sfax)
  • Jaouad Mohamed (IRA, Tunisie)

Comité d'organisation

  • Chokri Rhibi (Université de Gabès)
  • Faouzi Horchani (Université de Gabès)
  • Tarek Ghazel (Université de Gabès)
  • Mehdi Boujlida (Université de Gabès)
  • Jamel Zaidi (Université de Gabès)
  • Karim Mejai (CRAC, Médenine)
  • Hatem Khattali  (IRA, Tunisie)
  • Taoufik Gammoudi (IRA, Tunisie)
  • Farah Chouikhi (IRA, Tunisie)
  • Noureddine Jarray JARRAY (IRA, Tunisie)
  • Imed Sghaeir (IRA, Tunisie)

Locais

  • Djerba
    Houmt Souk, Tunísia

Datas

  • domingo, 20 de setembro de 2026

Palavras-chave

  • ia , intelligence artificielle, raison, imagination, création, humanités

Contactos

  • international IA Colloque Avril 2026 IA
    courriel : colloqueraisonhumaniteia [at] gmail [dot] com
  • Faouzi Horchani
    courriel : horchanifaouzi3 [at] gmail [dot] com

Urls de referência

Fonte da informação

  • Avril 2026 colloque IA
    courriel : colloqueraisonhumaniteia [at] gmail [dot] com

Licença

CC0-1.0 Este anúncio é licenciado sob os termos Creative Commons CC0 1.0 Universal.

Para citar este anúncio

« Raison, imagination, création : repenser les humanités à l’épreuve de l’intelligence artificielle », Chamada de trabalhos, Calenda, Publicado quinta-feira, 30 de abril de 2026, https://doi.org/10.58079/165no

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