Sony Labou Tansi
Écologie du sensible et politiques de l’espace
Veröffentlicht am Montag, 04. Mai 2026
Zusammenfassung
Depuis 1995, les lectures de Sony Labou Tansi ont privilégié l’extériorité politique : satire des régimes postcoloniaux, cartographies de la dictature, scènes de pouvoir et contre-pouvoir – de La Vie et demie, souvent décrite comme un « ovni » grinçant qui dit la « mocherie » du monde, aux expériences scéniques portées par la troupe de Brazzaville. Ce colloque invite à formuler des propositions qui fassent travailler, sans hiérarchie préalable, le roman, le théâtre, la poésie et les écrits publics, en les abordant comme autant de milieux d’énonciation où se rejouent la norme et son écart, l’espace et sa réinvention, l’imaginaire et ses médiations.
Inserat
Argumentaire
Depuis 1995, les lectures de Sony Labou Tansi ont privilégié l’extériorité politique : satire des régimes postcoloniaux, cartographies de la dictature, scènes de pouvoir et contre-pouvoir – de La Vie et demie, souvent décrite comme un « ovni » grinçant qui dit la « mocherie » du monde, aux expériences scéniques portées par la troupe de Brazzaville. Cette focale demeure décisive, mais elle masque souvent la dynamique inverse : une intériorité où s’agrègent mémoire, affects, voix, souffle, et d’où se fabrique le sujet postcolonial. Nous proposons d’articuler ces deux plans : lire la critique des pouvoirs à partir d’une écologie du sensible qui reconfigure les espaces vécus (géographiques, scéniques, textuels), les régimes de normativité (institutionnels, sociaux, moraux) et leurs transgressions, ainsi que les médiations (édition, scène, école, médias) qui cadrent la circulation des œuvres et des imaginaires. Cette articulation prend appui sur des repères établis – la réception dans la presse francophone, les jalons biographiques et la trajectoire collective du Rocado Zulu Théâtre, les distinctions littéraires qui ont balisé le parcours – mais aussi sur un chantier d’archives et d’éditions critiques qui rendent aujourd’hui visible la fabrique matérielle et poétique des textes.
Concrètement, il s’agit de déplacer le regard : ne plus seulement inventorier les topologies de la domination (pays imaginaires, villes fracturées, scènes d’anomie), mais décrire les milieux d’expérience où se composent des sujets – par la voix (poésie et théâtre), par les gestes (mise en scène, pratique de troupe), par la mémoire (archives, correspondances, variantes), par des régimes d’affect (mélancolie, colère, espérance) qui reconfigurent les normes et l’espace commun. L’« écologie du sensible » permet de tenir ensemble :
1) la lecture géopolitique (pouvoir/contre-pouvoir) ;
2) l’analyse des spatialités vécues et des transgressions (comment les corps, certes, mais aussi les voix, les collectifs et les dispositifs déplacent les frontières du « permis ») ;
3) l’attention aux médiations et aux genres (roman, théâtre, poésie) par lesquelles ce discours se performe et circule. Cette approche offre un cadre comparatif pour croiser les écritures de soi, les récits de filiation et les imaginaires politiques dans les littératures francophones contemporaines.
Ce repositionnement s’appuie sur un socle factuel connu : la trajectoire de Marcel Ntsoni / Sony Labou Tansi (1947-1995), ses rôles croisés d’écrivain, metteur en scène et chef de troupe à Brazzaville, ses prises de position publiques et ses distinctions (notamment le Grand Prix littéraire d’Afrique noire pour L’Anté-peuple), qui ancrent l’œuvre dans un dialogue serré entre création et histoire politique. Mais il bénéficie aussi d’un accès sans précédent aux manuscrits et dossiers (dépôts et expositions à la Bfm de Limoges) et aux éditions critiques – pensons à l’imposant volume Poèmes coordonné par Claire Riffard et Nicolas Martin-Granel – qui donnent à voir le laboratoire d’écriture, la porosité des genres et la matérialité des voix. En ce sens, lire l’ensemble du discours littéraire de Sony, c’est prendre acte d’une pensée qui se déploie en réseau : textes, scènes, archives, dispositifs de publication et de réception.
Dans cette perspective, ce colloque invite à formuler des propositions qui fassent travailler, sans hiérarchie préalable, le roman, le théâtre, la poésie et les écrits publics, en les abordant comme autant de milieux d’énonciation où se rejouent la norme et son écart, l’espace et sa réinvention, l’imaginaire et ses médiations. L’objectif n’est pas de sacraliser un « cas Sony », mais d’éprouver une méthode : montrer comment une écologie du sensible éclaire la constitution des sujets, la fabrique des lieux, l’économie des affects, et – plus largement – une manière de penser l’Afrique, le rapport à l’Afrique, à soi et au monde depuis l’après-colonie. Les retombées attendues sont doubles : affiner les lectures politiques en les adossant aux régimes d’affect et aux médiations concrètes ; affiner les lectures de l’intime en les orientant vers les spatialités, les normes, les circulations et les archives qui en font des forces publiques.
Axes scientifiques (indicatifs, non limitatifs)
- Extériorité : cartographies du pouvoir, géocritique des lieux (pays imaginaires, villes fracturées), dispositifs satiriques, contre-pouvoirs, sosciosémiotique, sémiotique du politique ;
- Intériorité : affects (mélancolie, colère, espérance), voix/souffle (poésie, scène), pratiques de troupe, subjectivation postcoloniale ;
- Normes / Transgressions : droit/coutume/censure, hétérodoxies, reconfigurations du « permis » dans les espaces sociaux ;
- Archives & génétique : manuscrits, variantes, correspondances (dépôt/valorisation à la BFM), médiations scéniques et scolaires ;
- Genres & imaginaires : circulations entre roman/théâtre/poésie ; intersection genre/classe/race ; mythologies politiques ; traductions intersémiotiques ; intermédialité ;
- Scène(s) et archive(s) : procédés de textualisation ; dramaturgies ; l’archive comme objet cross-media ; mémoire et patrimoine.
Modalités de contribution
Les propositions de communication, d’environ 500 mots, assorties d’un titre et de quelques lignes de présentation bio-bibliographique, seront à envoyer par courriel au plus tard le 15 juin 2026 aux adresses suivantes : buata.malela@unilim.fr , cecile.bertin@unilim.fr et valeria.de-luca@unilim.fr
Le colloque se tiendra les 19-20 novembre 2026 à l’Université de Limoges, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, 39e rue Camille Guérin, 87036 Limoges.
Après évaluation des propositions par le comité scientifique, les notifications d’acceptation seront communiquées avant le 30 juillet 2026.
Comité d’organisation
- Buata Malela (EHIC, Université de Limoges)
- Cécile Bertin-Élisabeth (EHIC, Université de Limoges)
- Valeria De Luca (CERES, Université de Limoges)
Kategorien
- Sprachwissenschaften (Hauptkategorie)
- Erkenntnis > Sprachwissenschaften > Linguistik
- Erkenntnis > Sprachwissenschaften > Literaturwissenschaft
- Zeitraum > Neuere und Zeitgeschichte > 20. Jahrhundert
- Geographiscer Raum > Afrika > Subsahara-Afrika
- Erkenntnis > Darstellung > Visuelle Studien
- Erkenntnis > Darstellung > Kulturelle Identitäten
- Erkenntnis > Epistemologie und Methoden > Zugänge zum Quellenmaterial, Erhebungen, Archive
Orte
- FLSH - 39e rue Camille Guérin
Limoges, Frankreich (87000)
Veranstaltungsformat
Veranstaltung vor Ort
Daten
- Montag, 15. Juni 2026
Anhänge
Schlüsselwörter
- sony labou tansi, théâtre, archive, discours politique, écologie du sensible, littérature, poésie, génétique, sociosémiotique, études postcoloniales
Kontakt
- Cécile Bertin-Elisabeth
courriel : cecile [dot] bertin [at] unilim [dot] fr - Buata Malela
courriel : buata [dot] malela [at] unilim [dot] fr
Informationsquelle
- Valeria De Luca
courriel : valeria [dot] de-luca [at] unilim [dot] fr
Lizenz
Diese Anzeige wird unter den Bedingungen der Creative Commons CC0 1.0 Universell .
Zitierhinweise
« Sony Labou Tansi », Beitragsaufruf, Calenda, Veröffentlicht am Montag, 04. Mai 2026, https://doi.org/10.58079/16653

