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Failing Male Bodies. Body, Gender, and Masculinities in the Medieval West (4th-15th Centuries)
Corps masculins défaillants. Corps, genre et masculinités dans l’Occident médiéval (IVe-XVe siècle)
Published on Monday, May 04, 2026
Abstract
Quelles reconfigurations des identités de genre engendrent les mutilations et, plus largement, les défaillances du corps masculin ? C’est cette question que souhaitent aborder les journées d’étude « Corps masculins défaillants. Corps, genre et masculinités dans l’Occident médiéval (IVe-XVe siècle) » qui se tiendront les 28 et 29 janvier 2027 à l’Institut historique allemand de Paris. En centrant le propos sur l’Occident latin et ses marges – la question ayant déjà été abondamment traitée pour Byzance – on étudiera les continuités et les ruptures mais aussi la circulation des modèles de masculinité entre l’Antiquité tardive et la fin du Moyen Âge.
What reconfigurations of gender identities do mutilations and, more broadly, the failings of the male body, give rise to? This is the question that the conference “Failing Male Bodies: Body, Gender, and Masculinities in the Medieval West (4th–15th Centuries)” intends to address. The event will take place on January 28 and 29, 2027, at the German Historical Institute (Institut historique allemand) in Paris. By focusing on the Latin West and its peripheries – since the topic has already been extensively covered for Byzantium – we will examine continuities and ruptures, as well as the circulation of models of masculinity between Late Antiquity and the late Middle Ages.
Announcement
28-29 janvier 2027, Institut historique allemand de Paris
Argumentaire
En 589, à Poitiers, des nonnes révoltées contre leur abbesse portent une grave accusation à son égard : elle cacherait au sein de la clôture « un homme qui, habillé de vêtements féminins, passait pour une femme alors qu’il était prouvé de toute évidence que c’était un homme et qu’il était assidûment au service de l’abbesse elle-même[1]». Une enquête est menée : l’homme affirme ne pas connaître l’abbesse et, surtout, ne pouvoir accomplir aucun acte viril (dixit se nihil opus posse virile agere). Face à l’insistance de Chrodielde, la meneuse des révoltées, on fait chercher Reoval, le médecin chef de l’abbaye, qui affirme avoir coupé les testicules de l’homme alors qu’il était enfant et malade de l’aine. L’abbesse actuelle, ajoute-t-il, n’en savait rien : son honneur est sauf et les nonnes révoltées cherchent alors d’autres accusations. Le récit est particulièrement clair : l’eunuque de Poitiers n’est pas véritablement considéré comme un homme car, ne pouvant avoir une sexualité active et procréative, il doit se vêtir en femme et n'est plus une menace pour la clôture monastique. Son existence interroge les catégories de la masculinité et du corps viril : peut-on être un homme lorsque l’on habite un corps castré ou incomplet ? Quelles reconfigurations des identités de genre engendrent les mutilations et, plus largement, les défaillances du corps masculin ? C’est cette question que souhaitent aborder les journées d’étude « Corps masculins défaillants. Corps, genre et masculinités dans l’Occident médiéval (IVe-XVe siècle) » qui se tiendront les 28 et 29 janvier 2027 à l’Institut historique allemand de Paris. En centrant le propos sur l’Occident latin et ses marges – la question ayant déjà été abondamment traitée pour Byzance[2] – on étudiera les continuités et les ruptures mais aussi la circulation des modèles de masculinité entre l’Antiquité tardive et la fin du Moyen Âge.
L’historiographie a mis en avant l’importance donnée au corps dans les pratiques et les discours produits par la société médiévale sur la masculinité[3]. De nombreuses attentes pèsent ainsi sur les corps[4] : celui de l’homme laïc doit de préférence être beau, musclé, robuste, véloce et de haute stature. Les organes sexuels masculins, qui démontrent sa capacité à engendrer des héritiers, tout comme sa pilosité, dans certains contextes sociaux, distinguent également le corps de l’homme laïc viril[5]. De ces critères physiques découlent un ensemble de représentations qui conditionnent les rôles et comportements socialement genrés attribués aux hommes.
Pourtant, les corps masculins sont vulnérables face aux accidents. Les séquelles causées par la guerre, la maladie ou le handicap peuvent altérer les capacités physiques d’un individu, tandis que la vieillesse naturelle peut les diminuer. Certaines vexations corporelles peuvent être infligées de manière volontaire à la suite d’une décision judiciaire, comme dans le cas de peines imposant des mutilations corporelles[6], résulter d’un acte criminel ou être la conséquence de conflits violents. Enfin, d’autres amputations volontaires peuvent être le résultat d’un acte médical[7], ou, plus rarement, d’une mutilation que l’individu s’inflige à lui-même, à l’instar de la célèbre autocastration d’Origène[8]. Toutes ces réflexions ont été amplement renouvelées ces dernières années par les disability studies, qui proposent de nouveaux schémas d’interprétation des corps médiévaux[9].
Ces atteintes portées aux corps masculins produisent des recompositions entre des modèles de masculinités dominants, tels qu’ils ont été conceptualisés par Raewyn Connell[10], et d’autres formes de masculinités. Dans certains cas, le corps diminué ou mutilé peut contribuer à remettre en question la masculinité, voire, volontairement, à la dégrader publiquement[11]. Face à cette vulnérabilité du corps masculin, certains historiens ont noté une forme d’anxiété née de la peur de certains hommes de voir leurs masculinités ainsi fragilisées[12]. Pour autant, les conséquences de ces dégradations physiques ne doivent pas toujours être pensées comme négatives. Elles peuvent aussi être vues par les acteurs comme un évènement souhaitable : les castrations volontaires de certains ecclésiastiques, tout en restant interdites par l’Église, sont ainsi un moyen de se libérer des affres du corps. Dans d’autres circonstances, le fait de posséder un corps qui n’est pas complètement masculin n’est pas un critère déterminant et l’on note même parfois une relative indifférence à l’égard des corps anatomiquement incomplets, comme celui des hermaphrodites de la fin du Moyen Âge[13].
Afin de percevoir l’articulation entre les corps et les masculinités, on convoquera dans la mesure du possible un vaste corpus de sources, textuelles, archéologiques ou iconographiques, permettant ainsi de croiser les points de vue. L’arc chronologique envisagé va de l’Antiquité tardive, à partir du moment où le christianisme est majoritaire et change la conception des corps, jusqu’à la fin du Moyen Âge, qui est une période de renforcement de la polarité des genres et de plus forte condamnation des déviances et des différences[14]. Les communications pourront s’inscrire dans un ou plusieurs des trois axes suivants, qui ne sont pas restrictifs.
Axe 1 – Genre et soin du corps
Le corps blessé ou défaillant doit faire l’objet de soins spécifiques. Qu’il s’agisse d’une blessure ou d’une mutilation, voire d’une maladie ou de la vieillesse, la défaillance du corps masculin suppose une adaptation de la personne et de son entourage. Diverses sources évoquent, souvent en passant, les changements nécessaires pour contourner l’impotence d’un homme : les rois âgés et obèses, comme Guillaume le Conquérant, ne peuvent plus monter à cheval ; les hommes blessés sont conduits sur le tombeau des saints par leurs proches. Les légendes peuvent s’en faire l’écho : dans la littérature arthurienne, le Roi pêcheur ou Roi blessé, Méhaigné, est blessé aux jambes et ne peut se déplacer seul. Sa blessure est aussi morale, spirituelle, et plonge son royaume entier dans la désolation, d’autant qu’elle l’empêche d’avoir un héritier. À l’inverse, certaines atteintes peuvent être minimisées ou cachées pour ne pas remettre en cause la virilité de l’homme blessé ou mutilé. Toutes ces dispositions constituent autant d’arrangements genrés qu’il serait intéressant de mettre en évidence, en les articulant à une histoire des corps et du genre.
Axe 2 – Corps affligés et légitimité à exercer le pouvoir
Comme le rappelle Isidore de Séville, la force physique (vis) est présentée comme une caractéristique masculine[15]. Elle justifie pour lui la domination des hommes et apparaît plus largement comme un facteur de légitimité pour exercer le pouvoir. Par conséquent, on s’interrogera sur la manière dont les atteintes corporelles ou le handicap, en portant préjudice à la masculinité, pouvaient contribuer à fragiliser l’autorité politique des princes[16]. C’est ce qu’illustre le cas de Charles de Provence, épileptique et dont l’administration du royaume échoit à ses proches. Les mutilations corporelles apparaissent d’ailleurs comme des peines infamantes permettant de punir et d’exclure des rivaux politiques : en témoigne certaines peines de castration[17], la pratique de la tonsure chez les Mérovingiens ou la peine de décalvation imposée par les Wisigoths aux usurpateurs[18]. Les attaques sur les marqueurs de la masculinité se révèlent ainsi être de véritables armes dans le cas de conflits politiques[19]. Mais les défaillances corporelles ne sont pas toujours un obstacle à l’exercice du pouvoir : la longue maladie dont souffre toute sa vie le roi du Wessex Alfred ne semble pas l’empêcher de gouverner. Sous la plume du moine Asser, la maladie du roi devient un atout qui démontre sa force morale et son triomphe sur la chair[20]. De ce fait, on verra comment les discours sur les corps sont autant le reflet des pratiques sociales et politiques que des outils discursifs destinés à légitimer ou remettre en question l’autorité des grands.
Axe 3 – Corps masculins et statuts sociaux
Le sujet invite également à s’interroger sur les différentes masculinités et les attentes qu’elles font peser sur les corps. Ces modèles distincts de masculinité correspondent souvent, à la période médiévale, aux différents groupes sociaux. On peut d’abord se poser la question pour les laïcs, en distinguant les élites des hommes issus des classes inférieures. De fait, la masculinité laïque à l’époque médiévale a été principalement étudiée à travers le prisme des hommes de l’élite, chez qui la masculinité s’exprime par les exploits guerriers et plus généralement par l’exercice de la violence. Mais qu’en est-il des inermes qui ne portent pas les armes, dont le corps peut être abîmé par le travail et qui se distinguent supposément des guerriers par des traits physiques caractéristiques ? Les sources questionnent-elles la masculinité de ces hommes exclus des sphères du pouvoir ? Par ailleurs, face à des laïcs dont la masculinité passe notamment par l’expression de leurs capacités sexuelles reproductives, les membres du clergé se doivent se conserver une forme de pureté corporelle. Cette distinction a entraîné une crispation autour de la masculinité au moment de la réforme grégorienne. Les xie-xiie siècles, qui ont été identifiés comme un moment fort de restructuration du système de genre[21], furent l’occasion pour l’Église, en particulier son pendant monastique, de pousser un nouveau modèle de masculinité cléricale reposant non plus sur les prouesses sexuelles mais sur la résistance à la tentation. Le corps défaillant devient ainsi celui qui ne peut se maîtriser et il s’agit de le mettre à l’épreuve, tel Robert d’Arbrissel, accusé de dormir au milieu de femmes[22]. Il ne faut cependant pas surinterpréter cette opposition, certains clercs ne renonçant pas à l’activité sexuelle, ce qui montre aussi la force de la « masculinité hégémonique » incarnée par les hommes laïcs[23].
Modalités de contribution
Les propositions de communication d’une page maximum devront comporter un titre provisoire et être accompagnées d’une courte biographie. Elles devront être envoyées par mail, avant le 1er juillet 2026, à l’ensemble des membres du comité d’organisation par les trois adresses suivantes : jaudebrand@dhi-paris.fr ; margot.laprade@univ-paris1.fr ; valentine.ferreira@sorbonne-universite.fr
Les communications, d’une durée de 25 minutes pourront être présentées en français, en anglais ou en allemand. Une publication est envisagée.
Comité d’organisation
- Justine Audebrand (Institut historique allemand)
- Valentine Ferreira (Centre Roland Mousnier – Sorbonne Université)
- Margot Laprade (LaMOP – Université de Caen-Normandie)
Comité scientifique
- Cristina Andenna (Universität des Saarlandes)
- Oliver Auge (Christian-Albrechts-Universität zu Kiel)
- Damien Boquet (Aix Marseille Université)
- Nahema Hanafi (Université d’Angers)
- Laurence Moulinier-Brogi (Université Paris Nanterre)
- Clovis Maillet (Dr. EHESS)
- Christof Rolker (Otto-Friedrich Universität Bamberg)
Notes
[1] Grégoire de Tours, Decem libri historiarum, X, 15, trad. Robert Latouche, Histoire des Francs, Paris, 2005, p. 287-288.
[2] Georges Jablonski-Sideris, Les anges du palais. Eunuques, trisexuation et pouvoir à Byzance (IVe-VIIe siècle), Turnhout, 2025 ; Matthew S. Kuefler, The Manly Eunuch. Gender Ambiguity and Christian Ideology in Late Antiquity, Chicago, 2001.
[3] Jacqueline Murray, « ‘The Law of Sin that is in my Members’: The Problem of Male Embodiment », in Samantha Riches et Sarah Salih (dir.), Gender and Holiness: Men, Women and Saints in Late Medieval Europe, Londres, New-York, 2005, p. 9-22.
[4] Didier Lett, Hommes et femmes au Moyen Âge : histoire du genre, xiie-xve siècle, 2e éd., Paris, 2023.
[5] Sur ces caractéristiques physiques : Claude Thomasset, « Le médiéval. La force et le sang », in Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine, Georges Vigarello (dir.), Histoire de la virilité. 1. De l’Antiquité aux Lumières : l’invention de la virilité, Paris, 2011, p. 141-180 ; Matthew Bennett, « Military Masculinity in England and Northern France, c. 1050-1225 » in Dawn M. Hadley (dir.), Masculinity in Medieval Europe, Londres, 1999, p. 71-88.
[6] Jay Paul Gates et Nicole Marafioti, Capital and Corporal Punishment in Anglo-Saxon England, Woodbridge, 2014.
[7] Laurence Moulinier, « La castration dans l’Occident médiéval », in Lydie Bodiou, Véronique Mehl et Myriam Soria (dir.), Corps outragés, corps ravagés de l’Antiquité au Moyen Âge, Poitiers, Turnhout, 2009, p. 189‑216.
[8] Sur la castration : Larissa Tracy (dir.), Castration and Culture in the Middle Ages, Woodbridge, 2013 ; Susan Tuchel, Kastration im Mittelalter, Düsseldorf, 1998.
[9] Ninon Dubourg, Disabled Clerics in the Late Middle Ages. Un/suitable for divine service?, Amsterdam, 2023 ; Cordula Nolte, Bianca Frohne, Uta Halle, Sonja Kerth (dir.), Dis/ability History der Vormoderne. Ein Handbuch. Premodern Dis/ability History. A Companion, Affalterbach, 2017.
[10] Raewyn Connell, Gender and Power: Society, the Person and Sexual Politics, Cambridge, Polity Press and Blackwell, 1987.
[11] Stefan Meysman, « Degrading the Male Body: Manhood and Conflict in the High-medieval Low Countries », Gender & History, 28-2, 2016, p. 367‑386. Hugo Fresnel, « La castration : une arme politique dans le monde anglo-normand » in Nahema Hanafi (dir.), Castrations. Testicules et masculinité, Paris, 2025, p. 193-212.
[12] Jacqueline Murray, « Sexual Mutilation and Castration Anxiety: A Medieval Perspective » in Matthew S. Kuefler (dir.), The Boswell Thesis. Essays on Christianity, Social Tolerance, and Homosexuality, Chicago, University of Chicago Press, 2006, p. 254-272.
[13] Christof Rolker, « Der Hermaphrodit und seine Frau. Körper, Sexualität und Geschlecht im Spätmittelalter », Historische Zeitschrift, 297-3, 2013, p. 593-620.
[14] Didier Lett, Hommes et femmes au Moyen Âge. Histoire du genre, XIIe-XVe siècle, Paris, 2023, p. 319-320.
[15] Isidore de Séville, Étymologies, éd. W. M. Lindsay, Isidori Hispalensis episcopi Etymologiarum Sive Originum libri XX, Oxford, 1911, II, p. 23.
[16] Sur le lien entre masculinité et pouvoir politique : Christopher D. Fletcher, Sean Brady, Rachel Moss E. et Lucy Riall (dir.), The Palgrave Handbook of Masculinity and Political Culture in Europe, Londres, 2018 ; sur le handicap et la capacité à régner : Olivier Auge, « Physische Idoneität? Zum Problem körperlicher Versehrtheit bei der Eignung als Herrscher im Mittelalter », in Cristina Andenna et Gert Melville, Idoneität – Genealogie – Legitimation. Begründung und Akzeptanz von dynastischer Herrschaft im Mittelalter, Cologne / Weimar / Vienne, 2015, p. 39-58.
[17] Klaus van Eickels, « Gendered Violence: Castration and Blinding as Punishment for Treason in Normandy and Anglo-Norman England », Gender & History 16, 2004, p. 588-602.
[18] Bruno Dumézil, « La peine de décalvation chez les Wisigoths », in Bertrand Lançon et Marie-Hélène Delavaud-Roux (dir.), Anthropologie, mythologies et histoire de la chevelure et de la pilosité : le sens du poil, Paris, 2011, p. 35‑147.
[19] Christopher D. Fletcher, Richard II: Manhood, Youth, and Politics, 1377-99, Oxford, 2008.
[20] Asser, Ælfredi regis res gestae, éd. et trad. Alban Gautier, Histoire du roi Alfred, Paris, 2013. chap. 74, p. 106-111 ; Janet L. Nelson, « Monks, Secular Men and Masculinity, c.900 », in Dawn M. Hadley (dir.), Masculinity in Medieval Europe, Londres, 1999, p. 121-142.
[21] Jo Ann McNamara, « The ‘Herrenfrage’: the Restructuring of the Gender System, 1050-1150 », in Clara A. Lees (dir..), Medieval Masculinities: Regarding Men in the Middle Ages, Minneapolis, 1994, p. 3-29.
[22] Jacques Dalarun, « Robert d’Arbrissel et les femmes », Annales. Économies, sociétés, civilisations, vol. 39, n°6, 1984, p. 1140-1160.
[23] Jennifer D. Thibodeaux (dir.), Negotiating Clerical Identities: Priests, Monks and Masculinity in the Middle Ages, Basingstoke, 2010 ; Michelle Armstrong Partida, « Mariage clérical et masculinité sacerdotale dans la Catalogne du XIVe siècle », in M. Fournié, D. Le Blévec, J. Théry-Astruc (dir.), L’Église et la chair (xiie-xve siècle) (Cahiers de Fanjeaux, 52), Toulouse, 2017, p. 423-465.
28-29 janvier 2027, Institut historique allemand de Paris
Argument
In 589, in Poitiers, nuns who had rebelled against their abbess brought a serious accusation against her: she was allegedly hiding within the cloister “a man who, dressed in women’s clothing, passed himself off as a woman, even though it was clearly evident that he was a man and that he was assiduously in the service of the abbess herself[1].” An investigation was conducted: the man claimed not to know the abbess and, moreover, to be unable of performing any manly acts (dixit se nihil opus posse virile agere). At the insistence of Chrodielde, leader of the rebels, Reoval, the monastery's chief physician, was summoned; he confirmed that he had removed the man's testicles when he was a child suffering from a groin ailment. The current abbess, he added, knew nothing of this: her honor is intact, and the rebellious nuns then sought other accusations. The narrative is particularly clear: the eunuch of Poitiers is not really regarded as a man because, being unable to engage in active, procreative sexual relations, he must dress as a woman and is no longer a threat to the monastic enclosure. His existence challenges the categories of masculinity and the male body: can one be a man when inhabiting a castrated or incomplete body? What reconfigurations of gender identities do mutilations and, more broadly, the failings of the male body, give rise to? This is the question that the conference “Failing Male Bodies: Body, Gender, and Masculinities in the Medieval West (4th–15th Centuries)” intends to address. The event will take place on January 28 and 29, 2027, at the German Historical Institute (Institut historique allemand) in Paris. By focusing on the Latin West and its peripheries – since the topic has already been extensively covered for Byzantium[2] – we will examine continuities and ruptures, as well as the circulation of models of masculinity between Late Antiquity and the late Middle Ages.
Historiography has highlighted the importance placed on the body in the practices and discourses produced by medieval society regarding masculinity[3]. Numerous expectations thus weigh on bodies[4]: the body of the lay man should preferably be handsome, muscular, robust, swift, and of tall stature. Male sexual organs, which show his ability to produce heirs, as well as his body hair, in certain social contexts, also distinguish the body of the virile layman[5]. From these physical criteria stems a set of representations that shape the socially gendered roles and behaviours attributed to men.
Yet men’s bodies are vulnerable to accidents. The repercussions of war, illness, or disability can impair an individual’s physical abilities, just as natural aging can diminish them. Certain bodily injuries may be inflicted voluntarily following a judgment, for example in the case of sentences involving bodily mutilation[6], result from a criminal act, or be the consequence of violent conflict. Lastly, other voluntary amputations may result from a medical procedure[7], or, more rarely, from self-inflicted mutilation, such as the famous self-castration of Origen[8]. These reflections have been extensively revisited in recent years within the field of disability studies, which offer new frameworks for interpreting medieval bodies[9]; an approach that would benefit from further exploration from a gender perspective.
These attacks on male bodies lead to a reconfiguration between hegemonic masculinities —as conceptualized by Raewyn Connell[10] – and other forms of masculinity. In some cases, the diminished or mutilated body can contribute to challenging masculinity, or even, voluntarily, to publicly degrading it[11]. In the face of this vulnerability of the male body, some historians have observed a form of anxiety resulting from certain men’s fear of seeing their masculinity undermined[12]. However, the consequences of these physical impairments should not always be thought of as negative. They can also be viewed by those involved as a desirable event: the voluntary castrations of certain clergymen, while remaining forbidden by the Church, are a means of freeing oneself from the torments of the body. In other circumstances, being born with a body not entirely male is not a decisive factor, and there is even sometimes a relative indifference towards anatomically incomplete bodies, such as those of hermaphrodites in the late Middle Ages[13].
In order to understand the relationship between bodies and masculinities, a wide range of textual, archaeological, and iconographic sources will be drawn upon, thereby allowing for a cross-examination of perspectives. The proposed chronological scope spans from Late Antiquity – when Christianity became the dominant faith and changed the way bodies were perceived – to the end of the Middle Ages, a period marked by a strengthening of gender polarity and a harsher condemnation of deviance and difference[14]. Papers may address one or more of the following themes, which are not exclusive.
Theme 1 – Gender and physical care
An injured or failing body requires specific care. Whether due to injury, mutilation, illness or old age, the failure of the male body requires adaptation on the part of the individual and those around him. Various sources mention, often in passing, the changes necessary to compensate for a man's disability: elderly and obese kings, such as William the Conqueror, can no longer ride a horse; injured men are carried to the tombs of saints by their loved ones. Legends may also reflect this: in Arthurian literature, the Fisher King or Wounded King, the “maimed” one, is wounded in the legs and cannot move on his own. His injury is also moral and spiritual, plunging his entire kingdom into desolation, all the more so because it prevents him from having an heir. On the other hand, certain injuries may be downplayed or concealed so as not to call into question the virility of the wounded or mutilated man. All these measures can be seen as gendered arrangements that would be worth highlighting, by linking them to a history of bodies and gender.
Theme 2 – Afflicted bodies and legitimacy to exercise power
As Isidore of Seville points out, physical strength (vis) is presented as a masculine trait[15]. For him, it justifies male domination and, more broadly, serves as a factor of legitimacy for exercising power. Consequently, we will examine how physical ailments, by undermining masculinity, could contribute to the weakening of princes' political authority[16]. A striking example is the case of Charles of Provence, who suffered from epilepsy and whose administration of the kingdom fell to his relatives. Physical mutilations also appear to have served as humiliating punishments designed to exclude political rivals: examples include certain sentences of castration[17], the practice of tonsure among the Merovingians, and the punishment of shaving the head imposed by the Visigoths on usurpers[18]. Attacks on markers of masculinity thus prove to be effective weapons in political conflicts[19]. But physical ailments are not always an obstacle to the exercise of power: the long illness from which Alfred, King of Wessex, suffered throughout his life does not seem to have prevented him from governing. In the writings of the monk Asser, the king’s illness becomes an asset that demonstrates his moral strength and his triumph over the flesh[20]. Consequently, we will see how discourses on the body reflect social and political practices as much as they function as discursive tools intended to legitimize or challenge the authority of the elite.
Theme 3 – Male Bodies and Social Status
This topic also raises questions about different forms of masculinity and the expectations they place on the body. In the medieval period, these different models of masculinity often corresponded to different social groups. First, we can consider this question in relation to laypeople, drawing a distinction between the elite and men from the lower classes. In fact, lay masculinity in the medieval period has been studied primarily through the lens of elite men, among whom masculinity was expressed through military exploits and, more generally, the exercise of violence. But what about the inermes, who do not bear arms, whose bodies may be damaged by labour and who are supposedly distinguished from warriors by characteristic physical traits? Do the sources question the masculinity of these men excluded from the spheres of power? Furthermore, in contrast to laymen whose masculinity is expressed notably through their reproductive sexual capabilities, members of the clergy are required to maintain a form of bodily purity. This distinction led to tensions surrounding masculinity at the time of the Gregorian Reform. The 11th and 12th centuries, known as a period of significant restructuring of the gender system[21], provided an opportunity for the Church – particularly its monastic wing – to promote a new model of clerical masculinity based not on sexual prowess but on resistance to temptation. The failing body then becomes one that cannot control itself, and must be put to the test, as in the case of Robert of Arbrissel, accused of sleeping among women[22]. However, this opposition should not be overinterpreted, since some clerics did not renounce sexual activity, which also demonstrates the strength of the “hegemonic masculinity” embodied by laymen[23].
Submission Guidelines
Paper proposals, limited to one page, must include a working title and a short biography. They must be submitted by email no later than July 1st, 2026, to all three members of the organizing committee, using the following addresses: jaudebrand@dhi-paris.fr ; margot.laprade@univ-paris1.fr ; valentine.ferreira@sorbonne-universite.fr. Presentations, lasting 25 minutes, may be delivered in French, English, or German. A publication is being considered.
Organizing committee
- Justine Audebrand (Institut Historique Allemand)
- Valentine Ferreira (Centre Roland Mousnier - Sorbonne Université)
- Margot Laprade (Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris (LaMOP) – Université Caen-Normandie)
Scientific commitee
- Cristina Andenna (Universität des Saarlandes)
- Oliver Auge (Christian-Albrechts-Universität zu Kiel)
- Damien Boquet (Aix Marseille Université)
- Nahema Hanafi (Université d’Angers)
- Laurence Moulinier-Brogi (Université Paris Nanterre)
- Clovis Maillet (Dr. EHESS)
- Christof Rolker (Otto-Friedrich Universität Bamberg)
Notes
[1] Grégoire de Tours, Decem libri historiarum, X, 15, trans. Robert Latouche, Histoire des Francs, Paris, 2005, p. 287-288.
[2] Georges Jablonski-Sideris, Les anges du palais. Eunuques, trisexuation et pouvoir à Byzance (IVe-VIIe siècle), Turnhout, 2025 ; Matthew S. Kuefler, The Manly Eunuch. Gender Ambiguity and Christian Ideology in Late Antiquity, Chicago, 2001.
[3] Jacqueline Murray, «‘The Law of Sin that is in my Members’ : The Problem of Male Embodiment», in Samantha Riches and Sarah Salih (eds.), Gender and Holiness: Men, Women and Saints in Late Medieval Europe, London, New-York, 2005, p. 9-22.
[4] Didier Lett, Hommes et femmes au Moyen Âge : histoire du genre, XIIe-XVe siècle, Paris, 2023.
[5] Claude Thomasset, « Le médiéval. La force et le sang », in Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine, Georges Vigarello (eds.), Histoire de la virilité. 1. De l’Antiquité aux Lumières : l’invention de la virilité, Paris, 2011, p. 141-180 ; Matthew Bennett, « Military Masculinity in England and Northern France, c. 1050-1225 » in Dawn M. Hadley (eds.), Masculinity in medieval Europe, London, 1999, p. 71-88.
[6] Jay Paul Gates and Nicole Marafioti, Capital and corporal punishment in Anglo-Saxon England, Woodbridge, 2014.
[7] Laurence Moulinier, « La castration dans l’Occident médiéval », in Lydie Bodiou, Véronique Mehl and Myriam Soria (eds.), Corps outragés, corps ravagés de l’Antiquité au Moyen Âge, Poitiers, Turnhout, 2009, p. 189‑216.
[8] On castration : Larissa Tracy (éds.), Castration and culture in the Middle Ages, Woodbridge, 2013.
[9] Ninon Dubourg, Disabled Clerics in the Late Middle Ages. Un/suitable for divine service?, Amsterdam, 2023 ; Cordula Nolte, Bianca Frohne, Uta Halle, Sonja Kerth (eds.), Dis/ability History der Vormoderne. Ein Handbuch. Premodern Dis/ability History. A Companion, Affalterbach, 2017.
[10] Raewyn Connell, Gender and Power: Society, the Person and Sexual Politics, Cambridge, Polity Press and Blackwell, 1987.
[11] Stefan Meysman, « Degrading the Male Body: Manhood and Conflict in the High-medieval Low Countries », Gender & History, 28-2, 2016, p. 367‑386. Hugo Fresnel, « La castration : une arme politique dans le monde anglo-normand » in Nahema Hanafi (eds.), Castrations. Testicules et masculinité, Paris, 2025, p. 193-212.
[12] Jacqueline Murray, « Sexual Mutilation and Castration Anxiety: A Medieval Perspective » in Matthew S. Kuefler (eds.), The Boswell Thesis. Essays on Christianity, Social Tolerance, and Homosexuality, Chicago, 2006, p. 254-272.
[13] Christof Rolker, « Der Hermaphrodit und seine Frau. Körper, Sexualität und Geschlecht im Spätmittelalter », Historische Zeitschrift, 297-3, 2013, p. 593-620.
[14] Didier Lett, Hommes et femmes au Moyen Âge. Histoire du genre, XIIe-XVe siècle, Paris, 2023, p. 319-320.
[15] Isidore of Seville, Étymologies, ed. W. M. Lindsay, Isidori Hispalensis Episcopi Etymologiarum Sive Originum, Oxford, 1911, II, p. 23.
[16] Christopher D. Fletcher, Sean Brady, Rachel Moss E. and Lucy Riall (eds.), The Palgrave handbook of masculinity and political culture in Europe, London, 2018.
[17] Klaus van Eickels, « Gendered Violence: Castration and Blinding as Punishment for Treason in Normandy and Anglo-Norman England », Gender & History 16, 2004, pp. 588-602.
[18] Bruno Dumézil, « La peine de décalvation chez les Wisigoths », in Bertrand Lançon and Marie-Hélène Delavaud-Roux (eds.), Anthropologie, mythologies et histoire de la chevelure et de la pilosité : le sens du poil, Paris, 2011, p. 135‑147.
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[21] Jo Ann McNamara, « The ‘Herrenfrage’: the Restructuring of the Gender System, 1050-1150 », in Clara A. Lees (eds.), Medieval Masculinities: Regarding Men in the Middle Ages, Minneapolis, 1994, p. 3-29.
[22] Jacques Dalarun, « Robert d’Arbrissel et les femmes », Annales. Économies, sociétés, civilisations, vol. 39, n°6, 1984, p. 1140-1160.
[23] Jennifer D. Thibodeaux (eds.), Negotiating Clerical Identities: Priests, Monks and Masculinity in the Middle Ages, Basingstoke, 2010 ; Michelle Armstrong Partida, « Mariage clérical et masculinité sacerdotale dans la Catalogne du XIVe siècle », in M. Fournié, D. Le Blévec, J. Théry-Astruc (eds.), L’Église et la chair (XIIe-XVe siècle) (Cahiers de Fanjeaux, 52), Toulouse, 2017, p. 423-465.
Subjects
- Middle Ages (Main category)
- Periods > Middle Ages > Early Middle Ages
- Periods > Middle Ages > High and Late Middle Ages
Places
- 8 Rue du Parc Royal
Paris, France (75003)
Event attendance modalities
Full on-site event
Date(s)
- Wednesday, July 01, 2026
Attached files
Keywords
- Moyen Âge, Hhstoire du genre, histoire des masculinités, histoire du corps
Contact(s)
- Valentine Ferreira
courriel : valentine [dot] ferreira [at] sorbonne-universite [dot] fr - Justine Audebrand
courriel : jaudebrand [at] dhi-paris [dot] fr - Margot Laprade
courriel : margot [dot] laprade [at] univ-paris1 [dot] fr
Information source
- Valentine Ferreira
courriel : valentine [dot] ferreira [at] sorbonne-universite [dot] fr
License
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To cite this announcement
« Failing Male Bodies. Body, Gender, and Masculinities in the Medieval West (4th-15th Centuries) », Call for papers, Calenda, Published on Monday, May 04, 2026, https://doi.org/10.58079/16656

