Announcement
Argumentaire
La série de colloques Landau-Paris Symposum on the Eighteenth Century (LAPASEC) porte sur la littérature et la culture des îles britanniques, mais est également ouvert aux communications sur les colonies britanniques, la France, l’Allemagne et d’autres aires géographiques. La participation au colloque est gratuite et le comité d’organisation sollicitera des financements pour couvrir les frais de voyage des participants en début de carrière. Les communications, de vingt minutes, seront en français, en anglais ou en allemand et seront suivies d’une discussion de dix minutes.
L’oisiveté, définie comme absence de travail, et l’industrie, entendue comme antithèse de l’oisiveté, ont façonné des valeurs sociales, culturelles et morales qui ont dicté les comportements, les tendances, la politique et les systèmes économiques à l’époque moderne. Près d’un siècle avant la Révolution industrielle, l’Angleterre était déjà pionnière des processus de procession et d’extraction des ressources. Si les industries (textile, mines de charbon, imprimerie, par exemple) avaient une dimension locale et se développaient dans de petits ateliers, d’où le nom fréquent d’« industrie à domicile » (cottage industry), elles ont pour autant été des catalyseurs de la production et du rendement du travail.
La série de gravures de William Hogarth intitulée « Industrie et Oisiveté », principale source d’inspiration du thème du colloque, fait l’éloge d’une éthique protestante du travail qui, à première vue, valorise le travail et condamne l’indolence. Cependant, ces gravures ne sont pas exemptes d’ambiguïtés. La rhétorique morale déployée autour de l’industrie et de l’oisiveté se retrouve également dans des textes du XVIIIe siècle appartenant à divers genres tels que les manuels de conduite, les traités religieux, les autobiographies ou les romans. Dans Moll Flanders (1722), Daniel Defoe affirme essentiellement que le travail productif est une source durable de bonheur. En 1751, un article du Gentleman’s Magazine affirme : « Les pauvres deviennent mauvais pour n’avoir appris aucun travail honnête dans leur jeunesse… ». En 1801, un article du même magazine soutient que « ceux qui sont trop oisifs ou trop pauvres pour travailler ne servent à rien d’autre qu’à alourdir le fardeau déjà énorme de l’aide aux pauvres et, tels les faux-bourdons dans une ruche, à vivre aux dépens des travailleurs ». À l’inverse, les titres de diverses séries d’essais publiés dans des périodiques tels que The Tatler, The Idler et The Spectator témoignent d’une rupture avec l’éthique protestante du travail, au profit d’une oisiveté productive.
Les dimensions genrées et racialisées de l’oisiveté ont également influencé le discours sur le travail et l’industrie. La mobilité sociale exigeait généralement de l’ardeur au travail, mais aussi une culture ostentatoire de l’oisiveté, notamment chez les femmes de la bourgeoisie. D’une part, la consommation ostentatoire de loisirs était une norme sociale de la bourgeoisie britannique ; d’autre part, elle suscitait des critiques.
Le champ géographique de cette conférence s’étend aux îles Britanniques et à l’Empire britannique. Si les stéréotypes tels que celui de « l’Africain paresseux, violent et brutal », issus des récits de voyage européens précoloniaux, ont persisté, le monde colonial a fonctionné comme un lieu d’extraction de main-d’œuvre et de produits de luxe. Le système des plantations était construit autour de l’exploitation des corps et des efforts physiques des « Africains industrieux ». Les esclaves constituaient ainsi une partie de la main-d’œuvre captive d’un Empire qui survivait non seulement grâce à cette main-d’œuvre, mais aussi grâce à l’aliénation de cette dernière sous diverses formes. Les marchandises importées des colonies – y compris celles produites par des personnes réduites en esclavage – étaient prisées comme symboles de statut social dans les îles Britanniques, en particulier par ceux et celles qui n’étaient soumis à aucun travail manuel.
Notre colloque vise à rassembler un large éventail d’approches et de méthodologies. Les domaines de recherche possibles incluent la littérature, les arts du spectacle, l’histoire politique et intellectuelle, les études de genre, la philosophie, les études sur les minorités, les arts visuels, la musique, l’architecture, la religion, le droit et l’économie, entre autres. Les thèmes abordés peuvent inclure, sans s’y limiter :
Célébrations et discussions de l’industrie
- Iconographie des cultures du loisire et de l’oisiveté dans la littérature et les
- Cultures des loisirs, vie oisive, langueur arts
- Oisiveté, luxe, consommation
- Esclavage, concepts-clés du racisme ostentatoire
- Travail domestique, travail colonial
- Figures de l’oisiveté : Fops, rakes, mollies,
- Législation sur l’aide aux pauvres, coquettes hospices, workhouses
- Oisiveté ou travail sur soi au prisme du
- Perceptions du temps genre
- Economie politique, travail, histoire
- Discours religieux (par ex. sur la paresse intellectuelle ou l’avidité)
- Poésie ouvrière
- Débats philosophies (par ex. otium et
- Loisirs et divertissements à Londres et negotium) ailleurs
Modalités de contribution
- Date-limite d’envoi des propositions : 20 mai 2026
- Réponse le 20 juin 2026.
- Colloques : Essen, 2-4 April 2027
Les propositions de communications, en français, en anglais ou en allemand, comprendront un résumé de 500 mots maximum et une brève biographie et bibliographie de l’auteur.
Merci d’envoyer votre proposition au comité scientifique à l’adresse suivante : lapasec_essen@unidue.de
Organisation
Institution d’accueil du colloque : Universität Duisburg-Essen, Essen, Allemagne
Comité d’organisation et comité scientifique : UDE : Christoph Heyl, Anjali Rampersad,
Christian Feser ; Université Bordeaux Montaigne : Rémy Duthille, Tristan Coignard, Isabelle Massein, Moritz Rauchhaus
Argument
Idleness as the absence of work and industry as the absence of idleness shaped social, cultural and moral values that dictated behaviour, trends, politics and economic systems. England developed an avant-garde approach to processes of production and extraction almost a century prior to the Industrial Revolution. Textile, coalmine and printing industries, for example, were regional and small-scale, often literally termed as “cottage industry”, but they also were catalysts of production and labour efficiency.
William Hogarth’s series of engravings titled Industry and Idleness, the primary inspiration of the conference theme, is a homiletic expression of a Protestant work ethic that, at first glance, valorises assiduity and condemns indolence. However, it is not without ambiguities. The moral rhetoric around industry and idleness can be further traced in eighteenth-century texts belonging to various genres such as conduct books, religious tracts, autobiographies, or novels. Daniel Defoe’s Moll Flanders (1722) essentially declared productive labour to be a sustainable source of happiness.
In 1751, an article in the Gentleman’s Magazine asserts, “The poor become wicked by not having learned any honest employment when young…” (GM 1751, 559). In 1801, an article in the magazine claims that “those who are too idle or too poor to work are of no other use in the world than to increase the enormous burden of the poor-rates, and, like the drones in a bee-hive, prey on the industrious.” (GM 1801, 491-92) Conversely, the titles of various series of periodical essays such as The Tatler, The Idler, and The Spectator signal a disassociation from Protestant work ethic in favour of productive idleness.
The gendered and racialised aspects of idleness also framed the rhetoric around labour and industry. Social mobility usually required industriousness, whereas a visible cultivation of idleness was also required, particularly on the part of middle-class women. On the one hand, conspicuous consumption of leisure time was required as part of the middle-class habitus, on the other hand it also provoked criticism.
The geographical scope of this conference extends to the British Empire. While stereotypes such as the “lazy, violent, brutish African” that originated in precolonial European travel literature never went away, the colonial world functioned as a site of extraction of labour and luxuries. The plantation system was engineered around the exploited bodies and physical exertion of “industrious Africans”. Chattel slaves were thus part of the captive labour force of an Empire that survived on not just the labour but also the alienation of that labour in various ways. Goods imported from the Empire – including those produced by enslaved people – were prized as status attributes in the British Isles, especially by those who were not obliged to do any manual labour whatsoever.
Our conference aims at bringing together a diverse range of approaches and methodologies. Possible fields of research include literature, the performing arts, political and intellectual history, gender studies, philosophy, minority studies, the visual arts, music, architecture, religion, law and economics amongst others. Themes may include, but are not restricted to :
- Celebrations, discussions of industry
- Idleness, luxury and conspicuous and idleness in literature and the arts consumption
- Slavery and key ideas in racism
- ops and rakes, mollies and coquettes
- Domestic labour and colonial labour
- Female accomplishments as industry or
- The poor laws and the workhouse idleness system Religious discourses (e.g. on greed and
- Perception of time sloth)
- Labouring-class poetry
- Philosophical deliberations (e.g. the Amusements in London and beyond neoclassical “otium et negotium”
- Iconographies of cultures of leisure debate)
- Cultures of recreation and the languid
- Theories of climate and environment life
- Enlightenment discourses
Submission guideline
- Submission deadline : 20 May 2026
- Notification of acceptance : 20 June 2026
- Conference : Essen, 2-4 April 2027
A 500-word proposal and a short bio-bibliographical presentation should be sent to the organizing committee : lapasec_essen@uni-due.de
Conference languages are English, French and German. Proposals in any of the three languages are welcome.
With the submission of your proposal, you consent that any data you submit will be saved by the organisers until the end of 2027 (or the publication of the conference proceedings). As part of our funding application, your data will be shared with the Université franco-allemande/ Deutsch-Französische Hochschule (UFA/DFH). Your e-mail address will be used for the limited purpose of informing you about updates and news relating to the conference and will not be passed on to any third parties, including UFA/DFH.
Organising committee
UDE : Christoph Heyl, Anjali Rampersad, Christian Feser ; UBM : Rémy Duthille, Tristan Coignard, Isabelle Massein, Moritz Rauchhaus
References
Yazdani, Kaveh. “18th-Century Plantation Slavery, Capitalism and the Most Precious Colony in the World.” VSWG : Vierteljahrschrift für Sozial- und Wirtschaftsgeschichte, vol. 108, no. 4, 2021, pp. 457–503. JSTOR, https://www.jstor.org/ stable/48645056.
Präsentation
Wir freuen uns, den Call for Papers für die LAPASEC 2027 bekanntzugeben. Die Reihe LandauParis Symposia on the Eighteenth Century (LAPASEC) widmet sich schwerpunktmäßig der Literatur und Kultur der Britischen Inseln im Langen 18. Jahrhundert, steht jedoch zugleich auch Themen offen, die die britischen Kolonien, Frankreich und Deutschland. Die Teilnahme ist kostenfrei ; für Wissenschaftler :innen in frühen Karrierephasen bemühen wir uns zudem um eine finanzielle Unterstützung zu den Reisekosten. Eingereicht werden können Proposals für 20minütige Vorträge in englischer, französischer oder deutscher Sprache ; im Anschluss sind jeweils zehn Minuten für die Diskussion vorgesehen.
Müßiggang als Abwesenheit von Arbeit und „industry“ im Sinne von Fleiß bzw. geschäftiger Tätigkeit als Abwesenheit von Müßiggang prägten soziale, kulturelle und moralische Wertvorstellungen, die wiederum Verhalten, Trends, Politik und Wirtschaftssysteme bestimmten. England entwickelte fast ein Jahrhundert vor der Industriellen Revolution einen avantgardistischen Ansatz in Produktions- und Extraktionsprozessen. So waren etwa die Textil-, Bergbau- und Druckindustrie regional organisiert und kleinteilig strukturiert, häufig sogar buchstäblich als „cottage industry“ bezeichnet ; zugleich fungierten sie jedoch als Katalysatoren für Produktion und Arbeitseffizienz.
William Hogarths Stichfolge Industry and Idleness, die als zentrale Inspiration für das Tagungsthema dient, stellt einen homiletischen Ausdruck protestantischer Arbeitsethik dar, der auf den ersten Blick Fleiß aufwertet und Trägheit verurteilt. Gleichwohl ist sie nicht frei von Ambivalenzen. Die moralische Rhetorik von Fleiß und Müßiggang lässt sich darüber hinaus in Texten des 18. Jahrhunderts unterschiedlichster Gattungen nachverfolgen, etwa in Benimmbüchern, religiösen Traktaten, Autobiographien oder Romanen. Daniel Defoes Moll Flanders (1722) erklärt produktive Arbeit im Wesentlichen zu einer nachhaltigen Quelle des Glücks.
In einem 1751 im Gentleman’s Magazine erschienenen Artikel heißt es : „The poor become wicked by not having learned any honest employment when young…“ (GM 1751, 559). Ein Beitrag aus dem Jahr 1801 behauptet in derselben Zeitschrift, „those who are too idle or too poor to work are of no other use in the world than to increase the enormous burden of the poor-rates, and, like the drones in a bee-hive, prey on the industrious.“ (GM 1801, 491-92). Umgekehrt signalisieren die Titel verschiedener Reihen periodischer Essays wie The Tatler, The Idler und The Spectator eine Distanzierung von der protestantischen Arbeitsethik zugunsten einer produktiven Form der Muße.
Auch die geschlechtsspezifischen und rassifizierten Dimensionen des Müßiggangs prägten die Rhetorik rund um Arbeit und Fleiß. Sozialer Aufstieg setzte in der Regel Arbeitsamkeit voraus, während zugleich eine sichtbare Kultivierung von Müßiggang erforderlich war, insbesondere seitens bürgerlicher Frauen. Einerseits gehörte der demonstrative Genuss von Freizeit zum bürgerlichen Habitus, andererseits rief eben dieser auch Kritik hervor.
Der geographische Rahmen dieser Tagung erstreckt sich auch auf das Britische Empire. Während
Stereotype wie jenes des „lazy, violent, brutish African“, das seinen Ursprung in der europäischen Reiseliteratur der vorkolonialen Zeit hat, nie vollständig verschwanden, fungierte die koloniale Welt gleichzeitig als Schauplatz der Extraktion von Arbeit und Luxusgütern. Das Plantagensystem war auf der Ausbeutung der Körper und der physischen Arbeitskraft der „industrious Africans“ aufgebaut. Versklavte Menschen bildeten damit einen Teil jener unfreien Arbeitskräfte eines Empire, das nicht nur von ihrer Arbeit, sondern auch auf vielfältige Weise von deren Entfremdung lebte. Aus dem Empire importierte Waren – darunter auch solche, die von versklavten Menschen produziert wurden – galten auf den Britischen Inseln als begehrte Statussymbole, insbesondere für diejenigen, die selbst keinerlei körperliche Arbeit verrichten mussten.
Unsere Tagung zielt darauf, ein breites Spektrum an Ansätzen und Methodologien zusammenzuführen. Mögliche Forschungsfelder umfassen unter anderem Literaturwissenschaft, darstellende Künste, Politik- und Ideengeschichte, Gender Studies, Philosophie, Minority Studies, Bildende Kunst, Musikwissenschaft, Architektur, Religionswissenschaft, Rechtswissenschaft und Wirtschaftswissenschaft. Die Themen können unter anderem folgende Bereiche umfassen :
- Würdigung von und Auseinander-
- Müßiggang, Luxus und demonstrativer setzungen mit Fleiß und Müßiggang in Konsum
- Literatur und Kunst
- Gecken und Libertins, mollies und
- Sklaverei und zentrale Konzepte des Koketten Rassismus
- Weibliche „accomplishments“ als Fleiß
- Häusliche Arbeit und koloniale Arbeit oder Müßiggang
- Armengesetze und das Arbeitshaussystem
- Religiöse Diskurse, etwa über Habgier und
- Zeitwahrnehmung Trägheit
- Dichtung der Arbeiterklasse
- Philosophische Erörterungen, etwa zur
- Vergnügungskulturen in London und neoklassischen Debatte um otium et darüber hinaus negotium
- Ikonographien von Freizeitkulturen
- Klima- und Umwelttheorien
- Kulturen der Erholung und des trägen
- Diskurse der Aufklärung Lebens
Beitragsmodalitäten
- Einreichungsfrist : 20. Mai 2026
- Benachrichtigung über die Annahme : 20. Juni 2026
- Essen, 2-4 April 2027
Das Proposal (max. 500 Wörter) und eine Kurzbiographie senden Sie bitte an das Organisationskomitee : lapasec_essen@uni-due.de
Tagungssprachen sind Englisch, Deutsch und Französisch. Vorträge in jeder dieser drei Sprachen sind willkommen.
Mit der Einreichung Ihres Proposals erklären Sie sich damit einverstanden, dass alle von Ihnen übermittelten Daten bis Ende 2027 (oder bis zur Veröffentlichung des Tagungsbandes) von den Organisator :innen gespeichert werden. Im Rahmen unseres Förderantrags werden Ihre Daten an die Université franco-allemande/ Deutsch-Französische Hochschule (UFA/DFH) weitergegeben. Ihre E-Mail-Adresse wird ausschließlich dazu verwendet, Sie über Neuigkeiten im Zusammenhang mit der Konferenz zu informieren, und wird nicht an Dritte, einschließlich der UFA/DFH, weitergegeben.
Stipendienausschreibung
Gastgeber : Universität Duisburg-Essen (UDE)
Organisationskomitee : UDE : Christoph Heyl, Anjali Rampersad, Christian Feser ; UBM : Rémy Duthille, Tristan Coignard, Isabelle Massein, Moritz Rauchhaus
Quelle
Yazdani, Kaveh. “18th-Century Plantation Slavery, Capitalism and the Most Precious Colony in the World.” VSWG : Vierteljahrschrift für Sozial- und Wirtschaftsgeschichte, vol. 108, no. 4, 2021, pp. 457–503. JSTOR, https://www.jstor.org/ stable/48645056.