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Le patrimoine à l’épreuve des crises au Sahel

Dynamiques de destruction, d’adaptation et de revalorisation

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Published on Tuesday, May 12, 2026

Abstract

Le Cercle des chercheurs en sciences du patrimoine lance un appel à contributions scientifiques pour un ouvrage collectif international consacré aux transformations du patrimoine sahélien face aux crises sécuritaires, climatiques, économiques et identitaires. L’ouvrage ambitionne d’analyser les dynamiques de destruction, d’adaptation et de revalorisation du patrimoine à travers une approche interdisciplinaire croisant histoire, anthropologie, géographie, sociologie, archéologie et sciences politiques. Les propositions peuvent porter sur les patrimoines matériels et immatériels, les enjeux de gouvernance, les dynamiques mémorielles, les formes de résilience et les processus de revalorisation patrimoniale dans les espaces sahéliens et africains.

Announcement

Direction scientifique

Hayamkréo Matankamla et Hassimi Sambo

Argumentaire

Le Sahel s’impose aujourd’hui comme un laboratoire privilégié pour observer les tensions contemporaines entre patrimoine, conflits et mutations sociales. Espace de transition entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, cette région est le théâtre de crises multidimensionnelles, sécuritaires, climatiques, économiques et identitaires qui ébranlent durablement les systèmes patrimoniaux, tant matériels qu'immatériels. Dans cette configuration, le patrimoine ne peut plus être appréhendé comme un héritage immuable, mais comme un champ dynamique, traversé par des rapports de force, des usages concurrents et des reconfigurations permanentes.

Les recherches récentes en sciences du patrimoine invitent à dépasser les lectures essentialistes pour envisager le patrimoine comme une construction sociale et politique. En s'appuyant sur les travaux de Smith (2006), qui le définit comme un processus alimenté par des usages contemporains et des dynamiques de pouvoir, cet ouvrage propose d'analyser le patrimoine sahélien comme un espace de médiation. Au Sahel, les crises ne se limitent pas à la destruction physique d’objets ou de sites ; elles induisent des transformations profondes des récits identitaires et des structures de la mémoire collective.

Les dynamiques de destruction sont largement documentées : Bevan (2016) a démontré comment, en période de conflit, la mémoire architecturale devient une cible politique visant l'effacement symbolique de l'Autre. Au Sahel, ces logiques prennent des formes diverses, allant de la violence armée à l'abandon progressif de pratiques culturelles sous la pression de l'insécurité ou de la précarité économique. Comme le souligne l’OCDE (2020), la géographie des conflits en Afrique de l’Ouest et du Nord affecte directement les ressources culturelles et les structures sociales locales.

Toutefois, réduire l’analyse à la seule vulnérabilité serait incomplet. Face à ces contraintes, les sociétés sahéliennes déploient des capacités d’adaptation et des stratégies de résilience remarquables. L’UNESCO (2015) rappelle que le patrimoine, en renforçant la cohésion sociale et la continuité identitaire, joue un rôle moteur dans les contextes de crise. Les communautés locales ne sont ainsi pas de simples victimes, mais des acteurs actifs de la reconfiguration patrimoniale. Les travaux empiriques de Saïbou Issa (2010) sur le bassin du lac Tchad, de Nangkara (2015) et Tchago Bouimon (2020) sur le patrimoine archéologique, ou encore les études de Gormo et Nizésété (2013) sur les savoirs écologiques, illustrent cette vitalité. De même, les analyses d’Ousmane (2016) sur le patrimoine kotoko confirment que ces héritages conservent des fonctions historiques et idéologiques essentielles.

Parallèlement, la revalorisation du patrimoine s'intensifie. La pluralité des usages, souvent conflictuelle, telle que décrite par Ashworth, Graham et Tunbridge (2007), se traduit au Sahel par des dynamiques de reconstruction identitaire et de développement. Des exemples comme les manuscrits de Tombouctou, les sites archéologiques du Kanem ou les pratiques pastorales du bassin du lac Tchad témoignent de ces tensions fécondes entre destruction, adaptation et résilience.

En somme, le patrimoine au Sahel constitue un espace dynamique où se redéfinissent les articulations entre mémoire, identité et développement. Cet ouvrage collectif se propose d’explorer ces dynamiques à l’intersection de plusieurs champs disciplinaires. Il s’agit de comprendre comment les crises transforment le patrimoine, mais aussi comment ces transformations influencent la résilience des sociétés locales et les trajectoires de développement dans des contextes de fragilité structurelle.

Axes thématiques

Axe 1 : Épistémologie et méthodologies du patrimoine en contexte de crise

Cet axe interroge la pertinence des cadres théoriques classiques face à l'instabilité sahélienne. Il s’agit d’explorer les adaptations méthodologiques nécessaires aux terrains en zone de conflit et de proposer des approches interdisciplinaires capables de saisir la complexité du patrimoine en crise.

Axe 2 : Gouvernance, pouvoirs et acteurs du patrimoine

Les contributions pourront analyser les dynamiques de pouvoir qui structurent la gestion, la protection ou l’instrumentalisation du patrimoine. Le rôle des États, des organisations internationales, des ONG et des communautés locales pourra être interrogé.

Axe 3 : Géographies de la destruction et de la fragilisation du patrimoine

Cet axe vise à documenter les processus de dégradation du patrimoine liés aux violences, à l’abandon, à la précarité ou aux changements climatiques. Les analyses pourront porter sur les sites, monuments, savoirs oraux ou paysages culturels menacés.

Axe 4 : Résilience, adaptation et continuités culturelles

Les contributions sont invitées à mettre en lumière les capacités des sociétés sahéliennes à maintenir des liens avec leur passé malgré les crises. Les stratégies locales de sauvegarde, les innovations culturelles et les formes de réinvention patrimoniale sont particulièrement attendues.

Axe 5 : Le patrimoine comme levier : usages, revalorisation et développement

Ce dernier axe explore les usages sociaux, politiques et économiques du patrimoine dans les contextes de fragilité. Les contributions pourront analyser les processus de reconstruction identitaire, de développement local et de valorisation patrimoniale.

Varia sur l’Afrique

Les études comparatives avec d'autres espaces africains en crise sont vivement encouragées afin d’enrichir la compréhension des dynamiques sahéliennes par une mise en perspective continentale.

Modalités de soumission

Les auteurs sont invités à soumettre :

– Un résumé de 250 à 400 mots précisant clairement la problématique, l’objectif, l’approche méthodologique et les principaux résultats attendus ;

– Cinq mots-clés ;

– Une courte notice biographique (5 lignes maximum) comprenant nom, prénom, affiliation institutionnelle, statut académique, domaines de recherche et contacts.

Après acceptation du résumé, les auteurs devront soumettre un article complet respectant les normes suivantes :

– Longueur : 4 000 à 8 000 mots ;

– Format Word (.doc ou .docx) ;

– Police Times New Roman, taille 12 ;

– Interligne 1,5 ;

– Marges standard ;

– Références et citations conformes aux normes APA (7e édition).

Les contributions peuvent être rédigées en français ou en anglais. Les textes doivent être originaux, inédits et non soumis simultanément à une autre publication. Chaque proposition fera l’objet d’une évaluation en double aveugle.

Les résumés doivent être envoyés simultanément aux adresses suivantes :

  • projetdouvrage2026@gmail.com
  • hayamkamla@gmail.com
  • hassimi.sambo@gmail.com

Calendrier

  • Diffusion de l’appel à contributions : mai 2026
  • Soumission des résumés : du 10 mai au 10 août 2026
  • Notification aux auteurs : du 15 août au 10 septembre 2026
  • Soumission des articles complets : jusqu’au 10 novembre 2026
  • Évaluation scientifique des articles : novembre-décembre 2026
  • Retour des versions révisées : fin décembre 2026
  • Publication de l’ouvrage collectif : premier trimestre 2027

Comité scientifique

  • Armi Jonas, Université de Pala, Tchad
  • Derrick Dang A Goufan, ENSET de l’Université d’Ebolowa, Cameroun
  • Fidessou Sylvestre, Université de Bamenda, Cameroun
  • Hamdji Milman Noudjiko, Université de N’Djaména, Tchad
  • Hassimi Sambo, Université de Yaoundé I, Cameroun
  • Joseph Nkwain, Université de Maroua, Cameroun
  • Kwanye Kwada Florence, Centre National d’Éducation, MINRESI, Cameroun
  • Manamou Ngavoutna Josué, Université de N’Djaména, Tchad
  • Nangkara Clison, Université de Doba, Tchad
  • Oluwanike Oguntokun, Université Bowen, Nigéria
  • Saïdou Abdou, Université de Ngaoundéré, Cameroun
  • Zakaria Beine, Université de N’Djaména, Tchad

Comité de lecture et d’évaluation

  • Aïssa Golo, Université de Ngaoundéré, Cameroun
  • Armi Jonas, Université de Pala, Tchad
  • Assoumapaï Amos, Université de Ngaoundéré, Cameroun
  • Abdoul Aziz Abba, Université de Ngaoundéré, Cameroun
  • Baba Tinting Emmanuel, Université de Ngaoundéré, Cameroun
  • Bakoura Elysée, Université de N’Djaména, Tchad
  • Damma Manga, Université de N’Djaména, Tchad
  • Derrick Dang A Goufan, ENSET de l’Université d’Ebolowa, Cameroun
  • Doh-Kot Hamza Josaphat, Université de N’Djaména, Tchad
  • Gbae Abbé Florence, Université de Ngaoundéré, Cameroun
  • Goïdjé Berambaï, Université de Maroua, Cameroun
  • Haoua Adji Oumar, Centre Régional de la Recherche et de l’Innovation du Nord, Cameroun
  • Hayamkréo Matankamla, Cercle des Chercheurs en Sciences du Patrimoine, Tchad
  • Hinansou Nassour Mahamat, Université de Dschang, Cameroun
  • Hugues Guere Gniba, Université de Yaoundé I, Cameroun
  • Kandoh Osée Allama, Association Urgence Verte, Tchad
  • Mbaïhodoum Pierrot, Université de N’Djaména, Tchad
  • Nangyenan Renaud, Université de Maroua, Cameroun
  • Noosili Laoudji Nathalie, Université de Ngaoundéré, Cameroun
  • Saïdou Abdou, Université de Ngaoundéré, Cameroun

Secrétariat et communication

  • Hayamkréo Matankamla, Cercle des Chercheurs en Sciences du Patrimoine, Tchad
  • Kandoh Osée Allama, Association Urgence Verte, Tchad
  • Mbaïhodoum Pierrot, Université de N’Djaména, Tchad

Direction du projet d’ouvrage collectif

  • Hayamkréo Matankamla, Cercle des Chercheurs en Sciences du Patrimoine, Tchad
  • Hassimi Sambo, Université de Yaoundé I, Cameroun

Contacts

Téléphone et WhatsApp :

+235 66 95 83 81

+237 699 617 221

+235 63 51 00 93

+235 66 04 28 84

Places

  • N'Djamena, Chad

Date(s)

  • Monday, August 10, 2026

Keywords

  • patrimoine, sahel, crise, conflit, identité, résilience, climat, migration, transformation culturelle

Contact(s)

  • Sambo Hassimi
    courriel : hassimi [dot] sambo901 [at] gmail [dot] com

Information source

  • Matankamla Hayamkréo
    courriel : hayamkamla [at] gmail [dot] com

License

CC-BY-4.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons - Attribution 4.0 International - CC BY 4.0 .

To cite this announcement

Hayamkréo Matankamla, Hassimi Sambo, « Le patrimoine à l’épreuve des crises au Sahel », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, May 12, 2026, https://doi.org/10.58079/167jm

Author(s)

Hayamkréo Matankamla

Hassimi Sambo

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