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Réceptions de la République de Platon au XIXe siècle

Utopies, socialismes et féminismes

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Published on Tuesday, June 02, 2026

Abstract

Si l’ampleur de la référence à Platon au XXe siècle par le national-socialisme a été bien étudiée, sa mobilisation par le XIXe siècle et en particulier par le socialisme français l’a bien peu été en comparaison. Non seulement la dimension utopique de la République, mais les formes de communisme instituées dans la cité idéale ont encouragé de nombreuses références à Platon chez des « philosophes populaires et des réformateurs sociaux », culminant dans le Voyage en Icarie d’Etienne Cabet.

Announcement

Programme

Vendredi 12 juin

9h30 | Patrice Vermeren : Mot d’ouverture

10h00 | Julie Mestery : Comment lisait-on le livre V de la République dans l’université du XIXe siècle ?"

11h20 | Clara Chauvel-Thébault : La réception de Platon dans la presse féministe du XIXe siècle

14h00 | François Fourn : Le communisme d’Étienne Cabet avant 1840

15h10 | Etienne Lamarche : Être « fou avec Platon » : légitimation et délégitimation du communisme icarien par l’invocation platonicienne

16h30 | Nicolas Le Merrer : Le conflit entre utopistes et universitaires pour l’héritage platonicien : une voie d’accès au « communisme » de la République

Argumentaire

Le but de cette journée d’étude, prévue en juin 2026 sur le Campus Condorcet, est d’explorer certaines réceptions contemporaines de Platon encore mal connues. Si l’ampleur de la référence à Platon au XXe siècle par le national-socialisme a été bien étudiée[1], sa mobilisation par le XIXe siècle et en particulier par le socialisme français l’a bien peu été en comparaison. Non seulement la dimension utopique de la République, mais les formes de communisme instituées dans la cité idéale ont encouragé de nombreuses références à Platon chez des « philosophes populaires et des réformateurs sociaux »[2], culminant dans le Voyage en Icarie d’Etienne Cabet[3]. De manière révélatrice, un Proudhon qui se veut critique des utopies sociales cite ensemble Platon et Cabet[4]. Dès la fin du XVIIIe siècle, Gracchus Babeuf a invoqué Platon à son procès. La référence aux arguments de la République a également été très importante dans les cercles féministes de l’époque : dans L’émancipation de la femme de Flora Tristan ou les articles d’Eugénie Niboyet, penseuse influencée par le saint-simonisme et le fouriérisme, par exemple.

Cette référence était-elle simplement triviale à cette époque, elle qui « se retrouve systématiquement dans la presse et dans les pétitions ouvrières en 1848, en exergue des projets de réforme de l’éducation ou à l’appui des revendications féministes »[5] ? Quel rôle attribuer aux leçons de Giuseppe Ferrari sur les idées politiques de Platon et d’Aristote, lu par Proudhon mais bientôt suspendu de sa chaire, alors que la pensée platonicienne fait justement l’objet de débats entre la philosophie institutionnelle (Victor Cousin et son discipline Jules Simon) et ces interprétations politiques ?

Ces questions prennent place au sein d’un programme de recherche plus large dont l’objectif est de cartographier l’amplitude des réceptions du platonisme politique par certains éclairages sélectifs. Le but est de rassembler des spécialistes de différentes sciences humaines et sociales pour mieux connaître la portée, les enjeux et le sens de ces références variées à la République de Platon à la fin du XVIIIe et au XIXe siècle. Leur étude pourra revenir au texte platonicien pour clarifier les implications de ces citations, aussi bien que procéder par une contextualisation historique ou par une lecture interne des sources et textes de l’époque.


[1] Voir J. Chapoutot, Le nazisme et l’Antiquité, Paris, Presses Universitaires de France, 2012, p. 283-338 en particulier ; pour ses devanciers les hellénistes Wilamowitz et Jaeger, cf. M. Bonazzi, « Towards Nazism : On the Invention of Plato’s Political Philosophy », Comparative and Continental Philosophy, 12, 3, 2020, p. 182-196.

[2] P. Vermeren, « Platon communiste, la philosophie de fait et la philosophie de droit », Cahiers de Fontenay, Des faits et des droits, 51-52, 1988, p. 165-187 : 170, repris par M. Lane, Plato’s Progeny : how Socrates and Plato still captivate the modern mind, Duckworth, 2001, p. 106-107.

[3] Paris, [1840] 1846, 4ème éd., cf. en particulier 2ème partie, chap. XII, p. 474-475.

[4] J. Proudhon, Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère, [1847] 1850, 2ème éd., Paris, t. Il, chap. XII, p. 251, 263, cité par V. Goldschmidt, Platonisme et pensée contemporaine, Paris, Aubier, 1970, p. 142-143.

[5] P. Vermeren, Art. cit., p. 171.

Places

  • Salle 0.015, Rdc du bâtiment de recherche Sud - 5 cours des Humanités
    Aubervilliers, France (93)

Event attendance modalities

Full on-site event


Date(s)

  • Friday, June 12, 2026

Keywords

  • platon, socialisme utopique, féminisme, utopie, réceptions, socialisme, communisme, philosophie, histoire, droit, presse

Contact(s)

  • Marion Pollaert
    courriel : marion [dot] pollaert [at] cnrs [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Marion Pollaert
    courriel : marion [dot] pollaert [at] cnrs [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Réceptions de la République de Platon au XIXe siècle », Study days, Calenda, Published on Tuesday, June 02, 2026, https://doi.org/10.58079/16blj

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