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Perception et sensation : la fabrique du corps dans les arts et les lettres

Littérature, sens et sensation : les délimitations du champ littéraire

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Published on Tuesday, April 19, 2005 by Claire Lemercier

Summary

La représentation du corps est un enjeu majeur de nombreux textes littéraires, et avec elle la mise en scène de l’apparence et du paraître, l’exploration des multiples dimensions du vécu corporel, voire l’élaboration poétique d’un langage capable de rendre compte des plus infimes nuances de la sensation. Peut-être y a-t-il là l’un des moyens par lesquels l’écriture se met en quête de ses propres limites : bornée par le fossé infranchissable qui sépare l’énonçable du visible, et contrainte par la nature sociale de la langue qui interdit au “langage privé” d’exister autrement qu’à titre de fantasme, elle n’en cherche pas moins à outrepasser ses frontières grâce à des pratiques de la théâtralisation et de l’intime, du reste moins antithétiques qu’il n’y paraît. Mais le corps, en littérature, est aussi celui du texte : corps-architecture, corps-machine, corps morcelé, corps sans organes, sont autant de figures d’un ensemble textuel à la recherche de sa cohérence, autant de modalités d’un “faire corps” problématique car perpétuellement en devenir. Enfin, la question du corps est aussi celle de la lecture, des agencements auxquels se prête une écriture qui, non contente de se doter d’un projet de représentation et d’œuvrer à la constitution d’un corpus d’inscriptions, sait de surcroît agir sur les conditions de sa réception, guider, voire fabriquer un corps-lecteur auquel elle imprime sa propre dynamique. Réfléchir à la relation complexe entre corps et texte, c’est donc peut-être délaisser l’herméneutique et s’aventurer sur la voie d’une pragmatique de la lecture, voire être amené à formuler une nouvelle définition du concept d’écriture, pensée sur le modèle de la notation chorégraphique ou musicale plutôt que sur celui, plus traditionnel, de la dénotation.

Announcement

La représentation du corps est un enjeu majeur de nombreux textes littéraires, et avec elle la mise en scène de l’apparence et du paraître, l’exploration des multiples dimensions du vécu corporel, voire l’élaboration poétique d’un langage capable de rendre compte des plus infimes nuances de la sensation. Peut-être y a-t-il là l’un des moyens par lesquels l’écriture se met en quête de ses propres limites : bornée par le fossé infranchissable qui sépare l’énonçable du visible, et contrainte par la nature sociale de la langue qui interdit au “langage privé” d’exister autrement qu’à titre de fantasme, elle n’en cherche pas moins à outrepasser ses frontières grâce à des pratiques de la théâtralisation et de l’intime, du reste moins antithétiques qu’il n’y paraît. Mais le corps, en littérature, est aussi celui du texte : corps-architecture, corps-machine, corps morcelé, corps sans organes, sont autant de figures d’un ensemble textuel à la recherche de sa cohérence, autant de modalités d’un “faire corps” problématique car perpétuellement en devenir. Enfin, la question du corps est aussi celle de la lecture, des agencements auxquels se prête une écriture qui, non contente de se doter d’un projet de représentation et d’œuvrer à la constitution d’un corpus d’inscriptions, sait de surcroît agir sur les conditions de sa réception, guider, voire fabriquer un corps-lecteur auquel elle imprime sa propre dynamique. Réfléchir à la relation complexe entre corps et texte, c’est donc peut-être délaisser l’herméneutique et s’aventurer sur la voie d’une pragmatique de la lecture, voire être amené à formuler une nouvelle définition du concept d’écriture, pensée sur le modèle de la notation chorégraphique ou musicale plutôt que sur celui, plus traditionnel, de la dénotation.


Lieu : Université Charles-de-Gaulle-Lille3, Bâtiment B, salle Jean Ruer



PROGRAMME

9h : Christophe Robin (Lille 3) : « De l’optique à l’haptique : une esthétique du toucher dans Lady Chatterley’s Lover »

10h : Anne-Laure Fortin (Lille 2) : « Tristram Shandy : « Danc[ing] up insiduous » »

11h : Hélène Perrin (Paris 8) : « Frederick Sommer : quelques propositions pour une anatomie de l’image »

Repas

14h : Jagna Oltarzewska (Lille 3) : « Bodies, Matter, and the Tiny Hand in Hawthorne’s The Birthmark »

15h : Yves Abrioux (Paris 3) : « Des corps qui (se) comptent : William Wordsworth, We Are Seven et les enjeux du recensement anglais »

Subjects

Places

  • Lille, France

Date(s)

  • Friday, April 29, 2005

Contact(s)

  • Caroline Simon
    courriel : simon [at] univ-lille3 [dot] fr
  • Chebrek Djazia
    courriel : djazia [dot] chebrek [at] univ-lille3 [dot] fr

Information source

  • Chebrek Djazia
    courriel : djazia [dot] chebrek [at] univ-lille3 [dot] fr

To cite this announcement

« Perception et sensation : la fabrique du corps dans les arts et les lettres », Study days, Calenda, Published on Tuesday, April 19, 2005, https://calenda.org/190142

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