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The new uses of speed

Nouveaux usages de la vitesse

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Published on Tuesday, October 08, 2013 by Luigia Parlati

Summary

Nous avons vécu ces cinquante dernières années une compression de l’espace–temps (Harvey, 1989) d’une ampleur inédite dans l’histoire de l’humanité. Les barrières spatiales et temporelles tendent à disparaître sous l’effet de la mondialisation de l’économie et du développement des systèmes de transport et de communication. Parallèlement, les systèmes de transport, routiers, ferroviaires et aériens, se sont considérablement améliorés, permettant de transporter plus de personnes et de marchandises, plus vite et à un moindre coût. Enfin, les systèmes de communication à distance permettent désormais une immédiateté de transmission d’informations à travers le monde entier. L’une des conséquences de ces transformations consiste en l’émergence de nouvelles formes de mobilité. Nous proposons, dans le cadre d'un numéro spécial de la revue Recherche Transports et Sécurité, d'explorer ces nouvelles formes de mobilités en particulier (1) les ressorts du développement de ces mobilités, (2) les compétences et (3) rapports à l'espace qui leur sont liés ainsi que les (4) inégalités spécifiques qu'elles véhiculent.

This call for paper aims at exploring the different dimensions of these reversible mobilities, of which long distance commuting and multi-residence are typical forms. In the existing literature, these mobilities have been studied mainly through their links with employment (Ravalet, 2012). Nevertheless, their entire determination by job reasons is questionable: is long distance commuting determined by a distant place of work or by specific life choices and especially residential choices? Moreover, the main scientific focus on job related mobilities leaves out all the mobility practices for leisure or tourism, which could fit with the notion of reversibility, like long distance excursion for the weekend for example. Contributions could therefore question the link between commuting practices and job activity or focus on reversible mobility for leisure reasons.

Announcement

Argumentaire

Nous avons vécu ces cinquante dernières années une compression de l’espace-temps (Harvey, 1989) d’une ampleur inédite dans l’histoire de l’humanité. Les barrières spatiales et temporelles tendent à disparaître sous l’effet de la mondialisation de l’économie et du développement des systèmes de transport et de communication. En effet, la dynamique capitaliste contemporaine a progressivement affaibli les barrières institutionnelles nationales pour globaliser les flux économiques et financiers. Parallèlement, les systèmes de transport, routiers, ferroviaires et aériens, se sont considérablement améliorés, permettant de transporter plus de personnes et de marchandises, plus vite et à un moindre coût. Enfin, les systèmes de communication à distance permettent désormais une immédiateté de transmission d’informations à travers le monde entier. Ces éléments ont contribué à créer un monde mobile et à façonner une injonction autour de la mobilité et de la flexibilité (Boltanski, Chiappello 1999 ; Harvey 1989). Ils ont également participé à une accélération générale des modes de vie contemporains (Rosa 2010 ; Mongin 2011) mais ont aussi profondément transformé les déplacements des personnes, en termes de fréquence, de portée spatiale et de vitesses. L’une des conséquences de ces transformations consiste en l’émergence de nouvelles formes de mobilité, tantôt appelées mobilités intensives et extensives (voir par exemple : Elliott, Urry, 2010) ou grandes mobilités (Schneider, Meil (eds.) 2008 ; Schneider, Collet (eds) 2010), expressions qui soulignent leur intensité d’un point de vue spatial et temporel. Pour notre part, nous préférons le terme de mobilités réversibles qui renvoie explicitement au fait que ces mobilités procèdent d’un usage réversible – aller/retour – des territoires et des réseaux (Vincent Geslin et Kaufmann 2012). Ces mobilités se caractérisent par des déplacements de longue distance mais sur des temporalités courtes, le recours à des moyens de transports rapides et à la communication à distance. D’un point de vue théorique, elles s’opposent aux mobilités irréversibles que sont par exemple les déménagements ou les migrations. Les personnes sont parfois amenées à arbitrer entre ces deux formes de mobilité : accepter de faire des déplacements plus longs pour aller travailler peut permettre d’éviter migrations ou déménagements (Limmer & Schneider, 2008).

L’appel à article que nous proposons ici vise à explorer les différentes facettes de ces nouvelles formes de mobilités, dont la pendularité à longue distance et la double résidence sont les formes les plus courantes. Dans la littérature existante, ces mobilités ont été principalement analysées au prisme de leurs liens avec le travail (Ravalet, 2012). Néanmoins, l’entière détermination de ces mobilités par le travail reste à questionner : les pendularités de longue distance sont-elles liées à un lieu d’emploi éloigné ou à des choix de vie et des choix résidentiels spécifiques ? De plus, l’attention scientifique fortement tournée vers les mobilités liées au travail laisse nécessairement de côté toutes les mobilités qui pourraient répondre au qualificatif de réversible et qui concerneraient un motif de loisirs, telles que les excursions de week-end à très longue distance, par exemple. Les contributions attendues pourront donc questionner le lien entre pendularités et activité professionnelle, ou concerner des mobilités réversibles pour motif loisirs.

Axes thématiques

Plus précisément, nous souhaiterions recueillir des contributions qui répondent aux questionnements suivants :

1- Comment le développement des mobilités réversibles s’associe-t-il aux systèmes de transports et aux systèmes de télécommunication ?

A travers cette question, il s’agit d’évaluer le rôle de la vitesse et des télécommunications dans le développement des mobilités – et vice-versa – et ce, à plusieurs niveaux. Premièrement, du point de vue des personnes qui se déplacent : quel usage font-ils de la vitesse et des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) ? Que leur apportent ses usages dans leurs pratiques de mobilité ? Deuxièmement, à un niveau davantage institutionnel et politique, dans quelle mesure les infrastructures de transport répondent-elles au développement de ces mobilités réversibles ? Dans quelle mesure y contribuent-elles ? Quelles politiques imaginer et mettre en œuvre pour anticiper la saturation des réseaux de transports rapides ?

2- Les mobilités réversibles requièrent-elles de la part des personnes qui les pratiquent des compétences particulières, en matière de déplacements, d’organisation spatio-temporelle, de gestion des activités, etc. ?

Au-delà de la question des compétences, se dessine également celle du vécu de ces mobilités réversibles : dans quelle mesure le confort des modes de déplacements eux-mêmes influence-t-il ce vécu ? Comment les mobilités réversibles sont-elles vécues par ceux qui les pratiquent, en fonction de leurs compétences spécifiques à se déplacer ? A quelles conditions ces mobilités peuvent-elles être vécues de manière positive, voire agréable ?

3- Les mobilités réversibles sont-elles associées à des rapports à l’espace particuliers ?

Il s’agit ici de réfléchir aux multiples ancrages que maintiennent – ou non – les personnes qui pratiquent les mobilités réversibles, ancrages résidentiels, mais aussi sociaux, voire culturels. Les mobilités réversibles sont-elles associées à une volonté de maintenir une sédentarité résidentielle ? Ou bien à conserver certains repères institutionnels ou culturels, qui seraient davantage brouillés dans le cadre d’une relocalisation résidentielle ?

4- Enfin, dans quelle mesure ces formes de mobilités sont-elles le véhicule voire le vecteur de formes d’inégalités inédites et genrées ?

En effet, l’accès à la vitesse, aux TIC et aux infrastructures de transports rapides s’avère différencié et est donc porteur d’inégalités. Quels sont les éléments discriminants de ces inégalités ? Recouvent-elles les inégalités sociales classiques telle que le revenu ou le genre ou s’agit-il d’inégalités d’un nouveau type ? Si tel est le cas, dans quelle mesure soulèvent-elles de nouveaux enjeux sociaux ? Les mobilités réversibles dessinent-elles les contours d’une nouvelle fragmentation sociale et spatiale ?

Références

  • Boltanski L. Chiappello E., 1999, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Gallimard.
  • ‪Elliott A., ‪Urry J., 2010, Mobile lives, Routledge.
  • Harvey D., 1989, The Condition of Postmodernity, Blackwell, Mass.
  • Limmer, R. & Schneider, N.F. (2008). Studying Job-Related Spatial Mobility in Europe. In N.F. Schneider & G. Meil (Eds.), Mobile Living Across Europe I. Relevance and Diversity of Job-Related Spatial Mobility in Six European Countries (pp. 13-46). Leverkusen: Barbara Budrich Verlag.
  • Mongin O., 2011, « Questions de mobilité (connexions, vitesses, accès et espaces publics), in Gay C., Kaufmann V., Landriève S., Vincent-Geslin S., 2011, Mobile, Immobile, Quels choix, quels droits pour 2030. Choices and rights for 2030, tome 1, La Tour d'Aigues : éditions de l'aube, pp. 86-96.
  • Ravalet, 2012, « Mobilités réversibles », repère, Forum Vies Mobiles http://fr.forumviesmobiles.org/reperes/mobilites-reversibles-462
  • Rosa H., 2010, Accélération : Une critique sociale du temps, La Découverte, coll. « Théorie critique ».
  • Scheider N., Collet B. (eds.), 2010, Mobile Living across Europe II.Causes and consequences of job-related spatial mobility in cross-national comparison, Leverkusen Opladen: Barbara Budrich.
  • Schneider N.F., Meil G. (eds), 2008, Mobile living across Europe I, Relevance and Diversity of Job-Related Spatial Mobility in Six European Countries, Leverkusen Opladen: Barbara Budrich.
  • Vincent-Geslin S., Kaufmann V. (eds.), 2012, Mobilité sans racine. Plus loin, plus vite… plus mobiles ?, éditions Descartes & Cie, collection Cultures Mobiles.

Modalités de soumission

  • Appel à contributions: 30 septembre 2013
  • Délai pour l’envoi des articles complets: 14 mars 2014
  • Réponse aux auteurs: 20 juin 2014
  • Envoir de la version finale des articles: 26 septembre 2014
  • Publication du numéro special: environ un an après l’appel à articles

Consignes aux auteurs et soumission des articles:

Les articles doivent être deposés directement sur le site de la revue, en indiquant le mot-clé hmobil.

Vous trouverez sur ce site toutes les consignes aux auteurs.

Les articles seront évalués par deux relecteurs indépendants, selon la procedure classique des publications de la revue.

Les contributions en anglais sont acceptées pour les auteurs non francophones.

Comité editorial du numéro special

  • Stéphanie Vincent-Geslin, LaSUR, EPFL, Suisse.
  • Emmanuel Ravalet, LaSUR, EPFL, Suisse.
  • Vincent Kaufmann, LaSUR, EPFL, Suisse.

 

Argument

During the last 50 years, an incredible space-time compression, previously unseen in human history, emerged (Harvey, 1989). Time and space barriers seem to disappear as a result of economical globalisation and development of new transportation and communication systems. Indeed, the contemporary capitalist dynamics gradually weakened national institutional barriers in order to globalize economical and financial flows. At the same time, transportation systems, be it road, railway or aerial, have significantly improved, allowing a larger transportation capacity for persons and goods, at a higher speed and a lower cost. Finally, new technologies of communication now enable the immediacy of information transmission all over the world. All these elements contributed to create a mobile world and an injunction around mobility and flexibility (Boltanski, Chiappello 1999 ; Harvey 1989). They also participated to a general acceleration of contemporary way of life (Rosa 2010 ; Mongin 2011) but also deeply transformed people’s way of travel, frequency, spatial extent and speed of travel. One of the major consequences of those transformations is the rise of new mobility patterns, sometimes called intensive and extensive mobilities (see for example : Elliott, Urry, 2010) or high mobilities (Schneider, Meil (eds.) 2008 ; Schneider, Collet (eds) 2010), all these expressions underlying their spatial and time intensity. For our part, we prefer the expression of « reversible mobilities » that explicitly refers to the fact that these are back and forth mobilities representing a reversible uses of the territory and networks (Vincent Geslin et Kaufmann 2012). These mobilities are characterized by long distance trips but on short temporality, the use of rapid transport systems and remote connexions. On a theoretical point of view, they are opposed to irreversible mobilities, like relocation or migration. Sometimes people must make trade-offs between these two types of mobility; for instance, accepting long distance commuting in order to avoid relocation (Limmer & Schneider, 2008).

This call for paper aims at exploring the different dimensions of these reversible mobilities, of which long distance commuting and multi-residence are typical forms. In the existing literature, these mobilities have been studied mainly through their links with employment (Ravalet, 2012). Nevertheless, their entire determination by job reasons is questionable: is long distance commuting determined by a distant place of work or by specific life choices and especially residential choices? Moreover, the main scientific focus on job related mobilities leaves out all the mobility practices for leisure or tourism, which could fit with the notion of reversibility, like long distance excursion for the weekend for example. Contributions could therefore question the link between commuting practices and job activity or focus on reversible mobility for leisure reasons.

Main themes

More precisely, we are expecting papers answering the following questions:

1- How is the development of reversible mobilities associated with rapid transport systems and communication technologies?

This question aims at evaluating the role of speed and telecommunication in the development of mobilities and vice-versa, on several levels. First, from the point of view of mobile people: what are their uses of speed and information and communication tools (ICT)? What do gain from these usages in their mobility practices? Second, at the institutional and political level, to what extent are the rapid transport systems an answer to the development of reversible mobilities? To what extent do they contribute to their development? What kind of policies could be imagined and implemented to anticipate the saturation of rapid transportation networks?

2- Do reversible mobilities require from mobile people particular skills, concerning travel, spatial-temporal organization, activities management, etc.?

Beyond skills, there is also the question of the perception of such reversible mobility practices: to what extent the modes of travel comfort themselves influence travel experience? How is reversible mobility experienced by those who practice it, in relation with their personal skills and habits of travel? Under which conditions are these mobilities experienced and perceived in a positive way, even as a pleasure?

3- Are reversible mobilities associated with particular spatial relation?

This is to reflect on the multiple anchors that hold - or not - the people practising reversible forms of mobility, like residential, social or cultural anchors. Are these reversible mobilities associated to a desire of residential sedentariness? Or a desire to conserve cultural and institutional references, that would be more scrambled in the case of relocation?

4- Finally, to what extend are these forms of mobility the medium of new kind of inequalities, and especially gender inequalities?

Effectively, access to speed, ICT and rapid transportation systems are very differentiated and therefore a vector of inequalities. What are the prominent elements of these inequalities? Are they similar to classical social inequalities, as income or gender, or are they new kind of inequalities? If that is the case, are they raising new social issues? In other words, are reversible mobilities reshaping the form of social and spatial fragmentation?

Instructions for authors and paper submission

  • Call for publication: 30th September 2013
  • Deadline for full papers: 14th March 2014
  • First feedback to the authors: 20th June 2014
  • Final version of papers: 26th September 2014
  • Publishing of the special issue: around one year after the call

Editorial board of the special issue

  • Stéphanie Vincent-Geslin, LaSUR, EPFL, Suisse
  • Emmanuel Ravalet, LaSUR, EPFL, Suisse
  • Vincent Kaufmann, LaSUR, EPFL, Suisse

The papers will be submitted through the website of RTS following the instructions of Springer Publisher with key word hmobil.

The content of the papers will be reviewed from two independent referees following the classical procedure of publications within RTS. 


Papers in English will be accepted only for non-French speaking Authors!

References

  • Boltanski L. Chiappello E., 1999, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Gallimard.
  • ‪Elliott A., ‪Urry J., 2010, Mobile lives, Routledge.
  • Harvey D., 1989, The Condition of Postmodernity, Blackwell, Mass.
  • Limmer, R. & Schneider, N.F. (2008). Studying Job-Related Spatial Mobility in Europe. In N.F. Schneider & G. Meil (Eds.), Mobile Living Across Europe I. Relevance and Diversity of Job-Related Spatial Mobility in Six European Countries (pp. 13-46). Leverkusen: Barbara Budrich Verlag.
  • Mongin O., 2011, « Questions de mobilité (connexions, vitesses, accès et espaces publics), in Gay C., Kaufmann V., Landriève S., Vincent-Geslin S., 2011, Mobile, Immobile, Quels choix, quels droits pour 2030. Choices and rights for 2030, tome 1, La Tour d'Aigues : éditions de l'aube, pp. 86-96.
  • Ravalet, 2012, « Mobilités réversibles », repère, Forum Vies Mobiles http://fr.forumviesmobiles.org/reperes/mobilites-reversibles-462
  • Rosa H., 2010, Accélération : Une critique sociale du temps, La Découverte, coll. « Théorie critique ».
  • Scheider N., Collet B. (eds.), 2010, Mobile Living across Europe II.Causes and consequences of job-related spatial mobility in cross-national comparison, Leverkusen Opladen: Barbara Budrich.
  • Schneider N.F., Meil G. (eds), 2008, Mobile living across Europe I, Relevance and Diversity of Job-Related Spatial Mobility in Six European Countries, Leverkusen Opladen: Barbara Budrich.
  • Vincent-Geslin S., Kaufmann V. (eds.), 2012, Mobilité sans racine. Plus loin, plus vite… plus mobiles ?, éditions Descartes & Cie, collection Cultures Mobiles.

 

Date(s)

  • Friday, March 14, 2014

Keywords

  • mobilité, vitesse, technologies de communication, développement

Contact(s)

  • Stéphanie Vincent Geslin
    courriel : stephanie [dot] vincent [at] epfl [dot] ch

Information source

  • Stéphanie Vincent Geslin
    courriel : stephanie [dot] vincent [at] epfl [dot] ch

To cite this announcement

« The new uses of speed », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, October 08, 2013, https://calenda.org/261294

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