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Le plurilinguisme, le pluriculturalisme et l'anglais dans la mondialisation

Dispositifs, pratiques et problématiques de l'internationalisation dans l'enseignement supérieur européen

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Publié le mardi 24 mars 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Malgré les initiatives des institutions européennes invitant les États à reconnaitre et institutionnaliser la diversité linguistique de leur territoire de même qu’à envisager l’enseignement des langues dans la perspective de sensibiliser et de former à une éducation langagière générale plus ouverte à la pluralité on constate aujourd’hui dans les pays non-anglophones un renforcement constant de la position hégémonique consolidée de l’anglais (Calvet, 2014, Truchot, 2010a) comme langue étrangère mais aussi comme langue d’enseignement.

Annonce

Argumentaire

Malgré les initiatives des Institutions Européennes invitant les Etats à reconnaitre et institutionnaliser la diversité linguistique de leur territoire de même qu’à envisager l’enseignement des langues dans la perspective de sensibiliser et de former à une éducation langagière générale plus ouverte à la pluralité on constate aujourd’hui dans les pays non-anglophones un renforcement constant de la position hégémonique consolidée de l’anglais (Calvet, 2014, Truchot, 2010a) comme langue étrangère mais aussi comme langue d’enseignement. Dans un récent ouvrage, Tullio De Mauro (De Mauro, 2014) en vient à se demander si face à une trop grande multiplicité de langues, comme conséquence de son élargissement et de la défense des langues régionales, une Europe démocratique ne se devrait pas plutôt de suivre le modèle bi-plurilingue indien intégrant l’anglais lingua franca comme langue des institutions et de l’enseignement.

La mondialisation actuelle requiert des individus, aujourd’hui majoritairement plurilingues, de faire preuve de capacités adaptatives face à la diffusion croissante des savoirs (formation, recherches et publication).  Au sein de ce foisonnement, et dans un souci de reconnaissance au plan international, on remarque que les dispositifs de formation dispensés en anglais se multiplient de façon exponentielle dans de très nombreux établissements supérieurs en Europe  (Derivry-Plard et al, 2013).  Cette tendance forte est le plus souvent justifiée en termes d’attractivité d’étudiants et de chercheurs internationaux ou en termes de politique d’excellence d’inspiration néo-libérale (Gaspard, 2013) et ces critères sont, dans la très grande majorité des cas, favorablement appréciés dans les dispositifs d’évaluation de la qualité (Charlier, Croché, Leclercq, 2012).

Cependant aucun suivi scientifique n’a pu, à ce jour, véritablement mesurer les effets de ces pratiques qui contrastent avec les mobilités de type Erasmus pensées à leur origine comme des dispositifs s’appuyant sur l’apprentissage de la langue du pays d’accueil. Dans ce contexte, divers questionnements surgissent :

  • L’internationalisation mène-t-elle à une éducation mono-, bi- ou plurilingue ?
  • Comment repenser la didactique de l’anglais dans ce contexte?
  • Comment repenser les disciplines des langues et cultures étrangères (Warner, 2014) face à l’anglicisation?
  • Qu’en est-il de la transmission disciplinaire des contenus (Causa et al, 2012) ?
  • Quel impact économique global ces mutations ont-elles quant aux politiques linguistiques (Gazzola et Grin, 2013) ?
  • Quelle “rentabilité” économique et scientifique aurait ou non le mono-bilinguisme (anglais + langue “locale”) par rapport à une diversification du plurilinguisme ?
  • Dans quelle mesure, les choix opérés en matière de politique linguistique et d’enseignement des langues  favorisent-ils ou non la démocratisation de la “société de la connaissance” ?

Lors de ce colloque, pensé dans la continuité du colloque « Politiques et idéologies en didactique des langues : acteurs et discours » qui s’est tenu à l’INALCO en juin 2014, nous souhaiterions pouvoir examiner les effets de l’infléchissement vers le « tout-anglais » qu’est en train de prendre cette nouvelle “internationalisation” des universités européennes dans ses aspects linguistiques, didactiques, juridiques, politiques, économiques (Usinier, 2010, 2013; Frath, 2014). L’internationalisation tout en englobant l’anglais ne doit-elle pas rester plurilingue ? L’enjeu est d’inviter au dialogue et à la confrontation les didacticiens de l’anglais et des autres langues, les enseignants de langues et les enseignants disciplinaires, des acteurs concernés dans divers pays européens, en France où le corps social réagit assez fortement, quoique de façon contradictoire, et dans d’autres pays de « grandes et petites langues » (Alao et al., 2008) qui ont été précurseurs ou suivistes dans le mouvement vers l’anglicisation.

Nous souhaitons questionner la centralité de l’anglais pour mieux comprendre comment penser l’enseignement des langues en lien avec la position hypercentrale de l’anglais. Comment, par l’analyse et la confrontation, anticiper les effets au lieu de les subir, comment innover par la recherche-action au lieu d’appliquer dans la contrainte ?

L’exploration de divers dispositifs devrait permettre de repérer la constitution et la prégnance d’idéologies sociolinguistiques entre nécessité de l’anglais, langue incontournable, et désir de valorisation du plurilinguisme, quelquefois idéalisé, en analysant la façon dont ces dispositifs s’actualisent dans différents contextes linguistiques nationaux. A un moment où la demande sociale, certaines politiques linguistiques -implicites ou explicites- de même qu’une forme de « laisser-faire » sont sans doute trop fortes pour qu’il soit aujourd’hui possible de juguler la pression de l’anglais, comment appréhender l’anglais lui-même, comme accélérateur et/ou frein du plurilinguisme pour reprendre les termes de Gilles Forlot (Le Lièvre, Forlot, 2014) ? Peut-on espérer des langues nationales, langues de scolarisation, mais aussi de l’anglais, langue hyper-centrale, de pouvoir jouer des rôles de pivot et de passerelle vers le plurilinguisme? A quelles conditions ? Quelle diversification peut-on envisager à un moment où l’anglicisation se heurte aux limites mêmes de l’uniformisation de l’offre qu’elle entraîne alors qu’elle se voulait plus concurrentielle sur le marché  (Gaspard, 2013)?

L’analyse aura pour point de départ les quatre contextes linguistiques des promoteurs francophones de ce colloque, Allemagne, Danemark, France, Italie, deux pays de « grande langue » et deux pays de « petite langue », afin de vérifier si l’approche comparée peut se révéler pertinente pour d’autres contextes.  De ce colloque pourrait émerger un travail européen de recherche permettant de prolonger les temps d’apports d’expériences et de réflexions en contexte par un projet conjoint portant sur un thème transversal prépondérant pour l’avenir plurilingue de nos systèmes de formation universitaires.

Axe 1 : L’enseignement en anglais dans divers contextes européens : analyse comparée des pratiques, dispositifs et problématiques :

  • L’apport de la réflexion sur le CLIL pour le supérieur, questions de formation des enseignants, questions de traitement linguistique et cognitif des savoirs ;
  • English Medium of Instruction : état de fait ou objet de formation ?
  • Diversité des statuts et fonctions de l’anglais en contexte universitaire. Quel anglais enseigner, avec quel anglais enseigner ? Anglais standard, Anglais lingua franca, ELF, World Englishes…

Axe 2 : Droits linguistiques, économie des langues et idéologies dans l’éducation aux / par les langues dans l’enseignement supérieur :

  • Politiques linguistiques, autonomie des universités et droits linguistiques : tensions entre innovation et préservation dans les cultures académiques.
  • Répercussions des choix linguistiques des universités sur les flux de mobilités entrantes et sortantes des étudiants, sur les enseignements de langues en contextes homoglottes et hétéroglottes
  • Politiques linguistiques et budgétaires pour la traduction dans l’enseignement supérieur et la recherche, tensions pour la circulation et la diffusion des textes et travaux conçus dans les langues nationales.

Axe 3 : Dispositifs plurilingues : processus d’internationalisation ou de mondialisation :

  • Dispositifs plurilingues d’enseignement des langues et des disciplines, hybrides ou à distance, Moocs et Spocs, dispositifs de télécollaboration interculturelle.
  • Dispositifs de mobilités des étudiants et des enseignants et promotion du plurilinguisme, diplômes bi-nationaux et enseignement des langues “locales”.
  • Didactique disciplinaire en langues étrangères autres que l’anglais en lien avec l’enseignement des langues régionales ou nationales sur objectif universitaire : le français sur objectifs universitaires, Italiano per scopi accademici, Deutsch für akademische Zwecke…

Modalités de soumission et de sélection

Les langues de communication sont le français et l’anglais.

Le power point devra être rédigé dans une langue différente de la langue de communication.

Deux modalités différentes de communication sont possibles :

  • des communications scientifiques « individuelles » (présentées par une ou plusieurs personnes, mais composant une seule intervention) ‏
  • des communications scientifiques regroupées en fonction d’une thématique commune ou en débat, pour constituer un symposium ou une table ronde

(4 interventions maximum, dont possiblement un discutant).

Chacune des communications orales durera 20 minutes et sera suivie d’une discussion d’une durée de 10 minutes.

La présentation d’une communication ne doit en aucun cas prendre la forme d’une lecture d’un texte écrit.

Le texte des propositions ne devra pas dépasser une page en format A4.

Chaque proposition devra être précédée d’un titre et suivie d’une liste de mots-clés et d’un bref CV de l’auteur ou des auteurs de la contribution.

Le conseil scientifique sélectionnera les contributions en prenant en compte l’originalité et la pertinence des propositions.

Les réponses relatives aux contributions acceptées seront envoyées aux auteurs pour le 15 juin 2015.

Les textes complets des articles ou des présentations d’ateliers seront à envoyer après le colloque.

Afin de s’organiser dans les meilleures conditions, le conseil scientifique souhaiterait recevoir les propositions

au plus tard le 20 mai 2015.

(Mél : communications.colloqueanglaissup@uco.fr)

Les propositions de communication comporteront, dans un fichier au format Word ou Open Office :

  • Titre
  • Nom et prénom de l’auteur / des auteurs
  • Adresse électronique de l’auteur / des auteurs
  • Mots-clés (5 maximum)‏
  • Axe(s) choisi(s)‏
  • Résumé (3000 signes maximum, espaces inclus) ‏
  • Références bibliographiques essentielles (8 maximum)

Calendrier

  • 1er mai 2015 : Date limite de réception des propositions de contribution
  • 15 juin 2015 : Réponses du comité scientifique
  • 7, 8, 9 octobre 2015 : Tenue du colloque
  • Samedi matin 10 octobre : séminaire de travail en vue d’une éventuelle proposition de projet européen sur le sujet

Publication

La publication des actes se fera aux Editions des Archives Contemporaines, Collection PLID  (Pluralités des Langues et des Identités et Didactique) http://www.archivescontemporaines.com/

Frais d’inscription

  • Les frais d’inscription sont de 120 euros (les 3 déjeuners sont inclus dans le prix)
  • Pour les doctorants, étudiants : 60 euros
  • Pour les doctorants et les étudiants de l’UCO et du CODIRE : gratuit
  • Public extérieur (sans déjeuner): 5 euros
  • Les frais d’hébergement et de déplacement restent à la charge des participants ou de leur laboratoire de recherche.

Restauration

Les déjeuners seront pris sur place dans l’une des salles du restaurant de l’Université.

Le jeudi soir un cocktail aura lieu à l’UCO.

En cas de désistement, seuls les repas seront remboursables deux semaines avant le début du colloque et sur la base d’un écrit (courriel ou courrier).

Comité d’Organisation

Responsable de l’organisation : Amandine LACROIX-DICHANT

  • Mathilde ANQUETIL
  • Martine DERIVRY
  • Christiane FÄCKE
  • Françoise LE LIEVRE
  • Anne PAUZET
  • Sophie ROCH-VEYRAS
  • Lisbeth VERSTRAETE-HANSEN

Comité scientifique

  • Mathilde ANQUETIL, enseignante-chercheure de Langue Française à l’Université de Macerata, Italie.
  • Ana BOCANEGRA VALLE, Professeur, Université de Cádiz, Espagne.
  • Véronique CASTELLOTTI, Professeur, Université François-Rabelais, Tours, France.
  • Daniel COSTE, Professeur Emérite, ENS Lettres et Sciences humaines, Université Sorbonne nouvelle, Paris 3.
  • Martine DERIVRY, Maître de Conférences, à l’Université Pierre et Marie Curie, Paris 6.
  • Christiane FÄCKE, Professeur, Université d’Ausburg, Allemagne.
  • Gilles FORLOT, Professeur des Universités, Institut National des Langues et Civilisations Orientales, INALCO, France.
  • Anne HOLMEN, Professeur, Université de Copenhague, Danemark.
  • Françoise LE LIEVRE, Maitre de Conférences, Université Catholique de l’Ouest, Angers, France.
  • Jean-Marc MANGIANTE, Maitre de Conférences, Université d’Artois, France.
  • Anna MAURANEN, (à confirmer), Professeur, Vice-Rectrice de l’Université d’Helsinski, Finlande.
  • Franz-Joseph MEISSNER, Professeur Emérite, Justus-Liebig-Universität Gießen, Allemagne.
  • Marie-Françoise NARCY-COMBES, Professeur Emérite, Université de Nantes, France.
  • Anne PAUZET, Maître de Conférences, Université Catholique de l’Ouest, Angers, France.
  • Sophie ROCH-VEYRAS, Maître de Conférences, Vice-doyenne, Université Catholique de l’Ouest, Angers, France.
  • Prof. Dr. Konrad SCHRÖDER, Professeur Emérite, Université d’Augsburg, Allemagne.
  • Claude TRUCHOT, Professeur Emérite à l’université de Strasbourg, France.
  • Lisbeth VERSTRAETE-HANSEN, Maître de Conférences en études françaises et francophones, Université de Copenhague, Danemark.
  • Geneviève ZARATE, Professeur Emérite, Institut National des Langues et Civilisations Orientales, INALCO, France.
  • Gudrun ZIEGLER, Professeur, Université du Luxembourg, Luxembourg.

Catégories

Lieux

  • Université Catholique de l'Ouest
    Angers, France (49)

Dates

  • mercredi 20 mai 2015

Mots-clés

  • Plurilinguisme, pluriculturalisme, anglicisation, enseignement suprérieur

Contacts

  • Françoise LE LIEVRE
    courriel : francoise [dot] lelievre [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Françoise LE LIEVRE
    courriel : francoise [dot] lelievre [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le plurilinguisme, le pluriculturalisme et l'anglais dans la mondialisation », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 24 mars 2015, https://calenda.org/322430

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