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EHESS Annual Ethnography Meeting

Rencontres annuelles d'ethnographie de l'EHESS

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Published on Monday, April 20, 2015 by Céline Guilleux

Summary

Following the example of the Chicago Ethnography Conference which for 17 years has gathered graduate students from different local universities, the EHESS Annual Ethnography Meeting takes stock on the rich variety of ethnographic fieldwork realized by students and young scholars in social sciences. The first EHESS Annual Ethnography Meeting was organized in November 2014 with the purpose of making more visible the current ethnographic research and to stimulate discussion on ethnography as a method of scientific inquiry. Encouraged by the first meeting’s success, the second edition of the event will take place at the EHESS on October 14-15, 2015. The meeting hopes to bring together students and scholars in lectures, receptions, and 12 thematic panels.

Announcement

Selection criteria

We invite graduate students and young researchers to submit papers based on their original ethnographic fieldwork. Papers based on interview data or textual analysis will not be accepted. We expect the participants to give a presentation of 20 minutes based on a paper submitted in advance. The presentation will be followed by the discussant’s remarks and questions and commentaries from the audience.

Key dates

  • May 8, 2015:

Paper submission deadline. The proposals (3000-5000 characters) are sent directly to the panel convenors and should include the author’s name, status and institutional affiliation, keywords and a short description of the fieldwork and/or data.

  • May 25, 2015: Notification of paper acceptance.
  • September 5, 2015: Submission of full papers to the panel convenors (20,000-25,000 characters).
  • October 14-15, 2015: EHESS Annual Ethnography Meeting.

Contacts

  • For additional information, please contact the organizing committee: rae2015ehess@gmail.com
  • For questions concerning specific workshops, please contact the panel convenors (contacts found at the end of each call for papers)

For more information: http://rae.hypotheses.org/

List of panels

The panels indicated with asterisk (*) accept paper proposals in English. See below for detailed presentations or the attached document.

  1. Comparer en ethnographie/ Comparison in ethnography*   
  2. Ethnographier le politique dans la ville/ Ethnographies of Urban Politics   
  3. Ethnographier l’action publique localisée dans un monde “globalisé”/ Ethnographies of Local Public Action in a “Globalized” World   
  4. En quête du temps: comment faire des rapports au temps un objet d'enquête?/ In Search of Time: How to Turn Relations to Time into an Object of Study?   
  5. Ethnographier les restructurations économiques en clair-obscur: approcher le travail par ses à-côtés/ The (In)Visible in Economic Downsizing: Ethnographies of Work in Chiaroscuro*   
  6. Ethnométhodologie, analyse conversationnelle et ethnographie: des affinités sélectives?/ Ethnomethodology, Conversation Analysis and Ethnography: Selective Affinities?*   
  7. Enquêter sur les mobilisations collectives / Investigating Social Movements Through Ethnography*   
  8. Terrains “clivés”: l’ethnographe entre gouvernants et gouvernés/“Cleaved” Fieldworks: The Ethnographer Between the Governing and the Governed   
  9. Ethnographie des problèmes publics: la question des troubles “récalcitrants”/ Ethnography of Public Problems: On the Question of “Recalcitrant” Troubles*   
  10. Les enjeux du silence. Pour une analyse critique des relations d'enquête dans la production du savoir anthropologique / Silence at stake. For a critical analysis of fieldwork relationships in the production of anthropological knowledge*   
  11. Ethnographier l'invisible, dire l'indicible: les gestes et les savoir-faire dans les activités techniques  / Observing the Invisible, Speaking the Unspeakable: Bodily Practices and Skills in Technical Activities*
  12. La centralité de l'image dans les pratiques ethnographiques: d'une ethnographie par l'image aux images qui font l'ethnographie / The Centrality of Images in Ethnographic Practices: from an Ethnography of Images to the Images that Create Ethnography*

Organization Committee

  • Daniel Cefaï (EHESS-CEMS),
  • Eloi Ficquet (EHESS-CEIFR),
  • Giulia Battaglia (Musée du Quai Branly, University of London-SOAS),
  • Lucie Bonnet (EHESS-Centre Georg Simmel),
  • Doris Buu-Sao (Sciences Po-CERI),
  • Sarah Carton de Grammont (EHESS-IIAS-LAOIS),
  • Giovanna Cavatorta (EHESS-IRIS),
  • Pauline Clech (OSC, Sciences Po),
  • Mischa Dekker (EHESS/IMM-LIER),
  • Adeline Denis (EHESS-ENS-CMH),
  • Marie Du Boucher (EHESS-CESSP-CSE),
  • Elsa Favier (EHESS-CMH-ETT),
  • Marie Ghis Malfilatre (EHESS- CEMS),
  • Maria Voichita Grecu (EHESS-CMH-ETT),
  • Linda Haapajärvi (EHESS-CMH-ERIS),
  • Mathieu Hocquelet (Freie Universität Berlin, Center for Area Studies),
  • Marion Ink (EHESS-CEMS),
  • Pauline Jarroux (EHESS-Centre Norbert Elias),
  • Yaël Kreplak (Labex CAP et EHESS-CEMS),
  • Clémence Léobal (EHESS-IRIS et Paris V-CERLIS),
  • Chloé Mondémé (GEMASS-Paris IV),
  • Chiara Pilotto (EHESS-IRIS),
  • Perrine Poupin (EHESS-CERCEC-CEMS),
  • Nicole Rodda (EHESS-GRAC et CETOBaC),
  • Céline Ségalini (LAM-IEP Bordeaux),
  • Carlotta Tavormina (IPHES-URV),
  • Delphine Thivet (EHESS-CMH-PRO/IRIS),
  • Guillermo Vargas Quisoboni (EHESS-LAS).  

Detailed panels

1. Comparison in ethnography*

Atelier organisé par Linda HAAPAJÄRVI et Marion INK

Les méthodes ethnographique et comparative reposent sur des fondements disciplinaires, épistémologiques et méthodologiques à tel point différents que l’idée même d’« ethnographie comparée » laisse souvent perplexe. Traditionnellement, l’ethnographie donne la primauté à la singularité d’un cas particulier, étudié d’une manière inductive, en contact direct avec les enquêtés et sur un temps long. Les racines sociologiques de la méthode comparative assimilent la comparaison en sciences sociales plutôt à un exercice d’expérimentation ou de modélisation selon une méthode de raisonnement hypothético-déductive.

Nous inviterons les communicant(e)s à faire part de leurs expériences concrètes de la pratique de l’enquête de terrain à dimension comparative. Le mode de comparaison entrepris restera ouvert. Nous pourrons parler d’ethnographie comparée, combinatoire, multi-située, avec des comparaisons synchroniques comme diachroniques. Les recherches pourront tout autant avoir comme objet l’analyse des sites, des groupes, des interactions, des pratiques des processus sociaux, etc. Il sera essentiel d’intégrer des matériaux empiriques dans la présentation qu’il s’agisse de notes de terrains, de photos, de cartes ou d’autres supports. Les présentations nous donneront ainsi à voir la façon dont le chercheur a pratiqué la comparaison.

Nous encourageons les communicant(e)s à réfléchir sur le rapport entre la comparaison en ethnographie et la formation des arguments théoriques. Pour ce faire, il nous semble essentiel de traiter de la question des choix de terrains d’enquête. Selon quels critères les différents terrains ont-ils été sélectionnés? Qu’est-il attendu du contrôle des attributs des différents terrains et comment cela participe-t-il de la théorisation? A-t-il pour finalité, par exemple, de faciliter la montée en généralité ou la formulation des explications causales? Si la considération de ces critères révèle l’existence d’un ensemble d’hypothèses formulées a priori de l’enquête, quels en sont les répercussions sur l’approche inductive habituellement adoptée par les ethnographes? Nous pourrons ainsi discuter en quoi la comparaison a-t-elle été révélatrice et indispensable dans la démarche analytique.

De plus, l’enquête ethnographique constitue une expérience sociale singulière du chercheur puisqu’elle implique un rapport subjectif au terrain et aux enquêtés, inscrit dans une écologie limitée dans le temps et l’espace. La comparaison dramatise d’autant plus ces questionnements quelle nécessite la mobilité du chercheur. En effet, cela l’amène à aborder ses terrains à des moments différents pour chacun d’entre eux, et à différentes étapes de conceptualisation de l’objet. Comment évaluer alors les influences de cette expérience située sur la pratique empirico-analytique?

Dans cette perspective, il sera également possible de proposer une communication à plusieurs auteur(e)s. Nous pourrons ouvrir la discussion sur la comparaison de plusieurs observations ethnographiques menées, simultanément ou en différé, sur un même terrain.

Les propositions sont à transmettre à : Linda HAAPAJÄRVI (linda.haapajarvi@ehess.fr) et Marion INK (marion.ink@ehess.fr)

2. Ethnographies of Urban Politics

Atelier organisé par Lucie BONNET, Sarah CARTON DE GRAMMONT et Pauline CLECH

Support de toutes les utopies ou supposé creuset de tous les maux de la société, la ville se conçoit à l’horizon de la cité ou de la communauté politique. On entend ici ou là, dans des circulations poreuses et des réinterprétations souvent douteuses des savoirs des sciences sociales, qu’il nous faudrait moins de « ghettos » et de « quartiers de relégation », plus de « mixité »... Après les « cités-jardins » et les « villes nouvelles », voici venu le temps des « éco-quartiers », de la « ville durable »... Ces discours et les actions qu’ils entraînent (ou non) sont en eux-mêmes des rapports de pouvoir. Autrement dit, on observe toutes sortes de mises en politique(s) de l’urbain, et toutes sortes de mises en urbain du politique –apparaissant parfois aussi comme autant de formes d’euphémisation ou de « dépolitisation » du politique. Et pourtant, la ville est aussi ce qui semble si rétif à toute maîtrise politique.

Nous souhaitons adopter ici une définition large du politique, excédant les politiques urbaines à proprement parler. Le politique n’est pas exclusivement le lieu où agissent des professionnels de la politique (experts, élus), mais constitue aussi un rapport au monde où prévalent la désingularisation et la conflictualité des expériences (Duchesne, Haegel, 2004 ; Hamidi, 2006). La ville peut aussi être vue en tant que scène privilégiée du pouvoir, de la circulation de ses objets, de ses images, de sa performativité. Elle cristallise des points d’articulation ou de tension entre la « grande » scène et la « petite », par où se saisir de l’intimité du politique, de son quotidien, de son incarnation ordinaire.

C’est donc le politique dans la ville, saisi par l’ethnographie de situations très diverses, que nous souhaitons interroger dans cet atelier. En quoi une telle approche permet-elle ou non de mettre au jour du politique là où il aurait pu passer inaperçu, ou de le rendre plus intelligible ? Nous ne cherchons pas une ontologie ou une spécificité du politique « en milieu urbain », mais plutôt à cerner en quoi une approche ethnographique par le politique peut éclairer nos connaissances sur les espaces urbains – et en quoi une approche ethnographique de l’urbain peut éclairer le politique dans le contemporain. Nous proposons – de manière non exhaustive – quatre axes de réflexion.

Un premier axe consisterait à se demander comment la politique institutionnelle se saisit de la ville. Comment les politiques entendent-ils régir l’espace urbain, la façon dont il est pratiqué, habité ou évité ? Cela suppose de considérer comment ceux qui conçoivent ces politiques vont nommer ces espaces, en identifier les qualités pertinentes, en caractériser les populations, délimiter les conduites à y accueillir ou proscrire. L’ethnographie peut donner à comprendre comment se fabriquent concrètement les politiques qui vont régir la vie des citadins. En quoi l’ethnographie permet-elle d’expliciter les formes de jugement engagées, de les mettre en relation avec les appartenances sociales des acteurs impliqués, en croisant les rapports sociaux de classe, de race, de genre ou de génération ? L’ethnographie permet aussi d’analyser la mise en œuvre des politiques urbaines. Comment les acteurs en charge de la réalisation de ces politiques vont-ils composer ou se confronter à des pratiques qui se situent dans un écart parfois extrême par rapport à la manière dont leurs interventions ont été conçues ? En quoi l’approche ethnographique éclaire-t-elle les traductions, les réceptions, les tensions dont la mise en œuvre de ces politiques fait l’objet ?

À l’inverse, plutôt que d’analyser comment des « mises en politiques de l’urbain » se saisissent de lieux habités et investis d’usages différenciés, les communications pourront également s’intéresser aux formes de politisation qui s’appuient sur des formes d’ancrage et d’expérience localisées (Cefaï, Lafaye, 2001 ; Breviglieri, Trom, 2003). Comment l’appartenance à une ville, à un quartier peut-elle donner lieu à des revendications que l’on veut faire entendre publiquement ? Il peut s’agir d’étudier les dynamiques de mobilisation et de conflit autour d’espaces à protéger (zones à défendre, espaces verts, logements promis à la démolition) ou de populations marginalisées dans la ville (relogement des squats ou camps évacués).

Il peut s’agir également d’analyser en quoi la qualification de lieux et leur matérialité même peut donner « matière à politique », à travers un travail de subjectivation, de mise en récit et d’écriture de soi. Nous aimerions ouvrir la discussion à des travaux portant sur des formes moins visibles du politique dans la ville, ou ne visant pas explicitement une reconnaissance institutionnelle. Sur des formes d’émancipation qui vont s’inscrire dans des espaces urbains, que l’on pense aux étayages de la ville relationnelle (Agier, 1999), aux ressources que procurent une ancienneté de résidence ou un ancrage familial dans un territoire donné (Retiere, 2003 ; Renahy, 2010), ou à l’inverse, aux vertus de l’anonymat. Le politique se niche aussi dans les dispositifs sécuritaires, la conflictualité des rapports de voisinage, des formes de passage à la violence prenant appui sur « de la ville ». Il s’observe dans des situations marchandes, festives, culturelles, cultuelles.

Un autre axe de questionnement peut s’attacher à étudier comment sont fabriqués des espaces de/du pouvoir. Que ce soit par la production de bâtiments ou de lieux emblématiques, ou que ce soit par l’investissement populaire, éventuellement contestataire, de tels espaces. On pense ici à des formes symboliques d’occupation provisoire (meetings, manifestations, carnavals) ou plus pérenne (squats politiques, campements), ou à des formes de subversion de la matérialité urbaine (pratiques ludiques ou sportives, marquages divers – tags, graffs... – « sub-cultures urbaines » se présentant plus ou moins explicitement comme des contre-cultures...).

Les communications pourront inclure un retour méthodologique et épistémologique sur la démarche ethnographique : comment s’articulent les différentes échelles, quelles limites, biais et comment les dépasser, comment introduire le temps long dans l’analyse…

Bibliographie indicative

  • Breviglieri M., Trom D. (2003), « Troubles et tensions en milieu urbain. Les épreuves citadines et habitantes de la ville », in Cefaï, Pasquier (dir.), Les Sens du public, Paris, PUF, p. 399-416.
  • Duchesne S., Haegel F. (2004), « La politisation des discussions, au croisement des logiques de spécialisation et de conflictualisation », Revue française de science politique, 54, p. 877-909.
  • Hamidi C. (2006), « Éléments pour une approche interactionniste de la politisation », Revue française de science politique, 56 (1), p. 5-25.
  • Cefaï D., Lafaye C. (2001) « Lieux et moments d’une mobilisation collective. Le cas d’une association de quartier », in Cefaï, Trom (dir.), Les Formes de l’action collective. Mobilisation dans des arènes publiques, Paris, Éditions de l’EHESS, coll. « Raisons pratiques », p. 195-228.
  • Agier M. (1999), L’invention de la ville. Banlieues, townships, invasions et favelas, Amsterdam, Éditions des archives contemporaines.
  • Retiere J.N. (2003), « Autour de l’autochtonie. Réflexions sur la notion de capital social populaire », Politix, 16 (63), p. 121-143.
  • Renahy N. (2010), « Classes populaires et capital d’autochtonie. Genèse et usages d’une notion », Regards Sociologiques, 40, p. 9-26.

Les propositions sont à transmettre à : Lucie BONNET (lucie.bonnet@ehess.fr), Sarah CARTON DE GRAMMONT (sarah.carton-de-grammont@ehess.fr), Pauline CLECH (pauline.clech@sciencespo.fr).

3. Ethnographies of Local Public Action in a “Globalized” World

Atelier organisé par Pauline JARROUX et Céline SEGALINI

Les dynamiques d’intensification des échanges sociaux planétaires caractérisant les trente dernières années touchent aujourd’hui, bien qu’inégalement, toutes les sociétés dans bien des domaines de l’organisation sociale, politique, économique et culturelle (Abélès, 2012). En ce sens, tout chercheur en sciences sociales est confronté sur son terrain – le plus « local » et « isolé » soit-il – à un moment de sa recherche, aux effets de cette mondialisation, plus ou moins visibles, mais jamais totalement absents. La production de l’action publique est aujourd’hui, plus qu’alors, largement influencée par des schémas cognitifs plus larges, hérités de l’intégration des États dans des ensembles politiques supra-nationaux, de l’intervention croissante d’acteurs transnationaux dans la définition et la mise en œuvre des politiques locales contribuant ainsi à la diffusion de cadres globaux d’interprétations du monde (Muller, 2000).

Nombreux sont aujourd’hui les chercheurs qui, travaillant sur le « global », se sont penchés sur la question de l’articulation des échelles local/global, ou plus largement, sur les manières de saisir le « global » à partir du local (enquête multi-située de George Marcus, ethnographie globale de Michael Burawoy, étude des circulations de personnes, de la mobilité des objets, des idées, etc.).

À partir d’enquêtes portant sur la production de l’action publique (par des agents de l’État, des organisations gouvernementales ou non gouvernementales, des acteurs privés, etc.), nous souhaitons réinvestir l’échelle locale où elle se déploie en cherchant à voir comment l’ethnographie permet justement de penser ensemble le local et son imbrication dans des échelles plus larges, à partir des pratiques et représentations des acteurs. Il ne s’agit pas de chercher dans le local une représentation du « global », mais de voir plutôt comment les acteurs du local mobilisent ces référents, ces codes, ces pratiques définis à l’échelle extra-nationale dans leur gestion quotidienne des affaires publiques.

La pratique ethnographique, impliquant une longue immersion dans le quotidien des acteurs et fondée à comprendre leurs logiques de sens et d’action, apparaît comme une méthode d’enquête privilégiée pour saisir dans sa routine l’« expérience vécue » (Burawoy, 2000) de la globalisation au niveau local. Elle offre des possibilités de contourner la dichotomie local/global en montrant comment ces logiques extra-nationales prennent forme dans des configurations spécifiques et localisées de délivrance du bien public (Olivier de Sardan, 2011).

Dès lors de quels atouts l’ethnographe dispose-t-il pour « débusquer » dans des pratiques parfois routinisées, souvent diffuses, ces « jeux d’échelles » ? Comment peut-il rendre compte des phénomènes de réappropriation et donc de transformation de ces cadres normatifs à partir des pratiques des acteurs locaux ? À l’inverse, à quelles difficultés s’expose-t-il pour saisir, sans les réifier, ces dynamiques globales ? Enfin, qu’est-ce que l’ethnographie de l’action publique locale peut nous apprendre sur ces dispositifs « délocalisés » ?

Ce panel est ouvert à toute proposition traitant de l’action publique locale et de son inscription dans des logiques politiques supra-nationales, aux « Nords » comme aux « Suds ».

Bibliographie indicative

  • Abélès M. (2012), Anthropologie de la globalisation, Paris, Payot et Rivages.
  • Burawoy M. & al. (2000), Global ethnography: Forces, Connections and Imaginations in a Postmodern World, Berkeley/Los Angeles, University of California Press.
  • Marcus G. (2010), « L’ethnographie du/dans le système monde. Ethnographie multi-située et processus de globalisation » in Cefai D. (dir.), L’Engagement ethnographique, Paris, EHESS, p. 371-398.
  • Muller P. (2000), « L'analyse cognitive des politiques publiques : vers une sociologie politique de l'action publique », Revue française de science politique, vol.50, n° 2, p. 189-208.
  • Olivier de Sardan J.-P. (2011), « Gouvernance locale. La délivrance de quatre biens publics dans trois communes nigériennes », Études et travaux du LASDEL, n° 95, p. 9.

Les propositions sont à transmettre à Pauline JARROUX (pauline.jarroux@gmail.com) et Céline SEGALINI (celine.segalini@yahoo.com)

4. In Search of Time: How to Turn Relations to Time into an Object of Study?

 Atelier organisé par Adeline DENIS, Marie DU BOUCHER et Elsa FAVIER

Des travaux ethnographiques font ressortir que des rapports différenciés au temps coexistent au sein d’une société. Cet appel à communication s’adresse à tout-e-s celles et ceux qui souhaitent réfléchir à la manière dont le temps organise les pratiques et interactions sociales, et à la façon dont le social structure les rapports au temps.

Nous encourageons les communicant-e-s à réfléchir :

  • aux processus par lesquels les individus incorporent des rapports au temps situés dans l'espace social. Plusieurs travaux ont déjà défriché cette question de la socialisation temporelle. Stéphane Beaud a décrit le « temps élastique » d’« étudiants de cité » confrontés à l’univers temporel de la fac (Beaud, 1997). Muriel Darmon a observé comment le temps s’apprend de manière différente en classe préparatoire selon l’origine sociale des élèves (Darmon, 2013). Des travaux récents étudient la transmission des passés familiaux en les reliant à des caractéristiques sociodémographiques (Billaud et al., 2015).
  • au fait que les usages et les représentations liés au temps s'inscrivent dans des rapports de pouvoir (Bensa, 1997). Les institutions créent des rythmes de vie qui s'imposent différemment selon les catégories d'individus et qui participent aux hiérarchies sociales. Historiens et sociologues ont mis en évidence les disciplines temporelles à l'oeuvre à l'école, au travail, à table, etc. (Aymard, Grignon et Sabban, 1993 ; Bourdieu, 1997 ; Foucault, 1975 ; Lazarsfeld et al., 1982 ; Thompson, 2004). Des travaux plus récents rendent compte des usages du temps de travail, entre ressource et contrainte (Lefebvre, 2014 ; Spire, 2008)
  • aux méthodes à partir desquelles il est possible de traiter ces questions, une des difficultés pour l’ethnographe résidant dans le fait que les rapports au temps ne se donnent pas directement à voir.

Ces pistes de réflexion ne sont pas exclusives.

Bibliographie indicative

  • Beaud S. (1997), « Le temps élastique. Étudiants des “cités” et examens universitaires », Terrain, n°29, p. 43-58.
  • Bensa A. (1997), « Images et usages du temps », Terrain, n°29, p. 5-18.
  • Billaud S., Gollac S., Oeser A. et Pagis J. (dir.) (2015), Histoires familiales. Production et transmission du passé dans la parenté contemporaine, Paris, Éditions de la rue d'Ulm.
  • Bourdieu P. (1997), Méditations pascaliennes, Paris, Le Seuil.
  • Darmon M. (2013), Classes préparatoires. La fabrique d'une jeunesse dominante, Paris, La Découverte.
  • Foucault M. (1975), Surveiller et punir, Paris, Gallimard.
  • Aymard M., Grignon C., Sabban F. (dir.) (1993), Le temps de manger. Alimentation, emplois du temps et rythmes sociaux, Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme/Institut National de la Recherche Agronomique.
  • Lazarsfeld P. et al.l (1982) [1931], Les chômeurs de Marienthal, Paris, Minuit.
  • Lefebvre R. (2014), « Les élus comme entrepreneurs de temps. Les agendas des cumulants » in Demazière D. et Le Lidec P. (dir.), Les mondes du travail politique, Rennes, PUR.
  • Spire A. (2008), « Histoire et ethnographie d'un sens pratique. Le travail bureaucratique des agents du contrôle de l'immigration », in Arborio Anne-Marie & al (dir.), Observer le travail, Paris, La Découverte.
  • Thompson Edward P. (2004), Temps, discipline du travail et capitalisme industriel, Paris, La Fabrique.

Les propositions sont à transmettre à Adeline DENIS (adeline.denis@sfr.fr), Marie DU BOUCHER (marie.duboucher@gmail.com) et Elsa FAVIER (elsa.favier@ens.fr)

5.  The (In)Visible in Economic Downsizing: Ethnographies of Work in Chiaroscuro*

Atelier organisé par Maria GRECU et Mathieu HOCQUELET

Cet atelier propose de mettre en discussion la pratique de l’enquête ethnographique autour des restructurations économiques, envisagées ici sous l’angle des suppressions d’emplois et des fermetures des lieux de travail aussi bien que des mutations plus discrètes et néanmoins profondes du travail et de l’emploi, intervenant dans un contexte de crise économique et de quête de compétitivité exacerbé par l’influence croissante du capitalisme financier. Depuis le début des années 2000, les restructurations ont acquis un caractère à la fois permanent et protéiforme. Ces dernières ont accédé au rang de phénomène universel, atteignant la plupart des pays, des secteurs et des catégories professionnelles. Leur banalisation (Guyonvarch’, 2008) n’a pas empêché un regain d’intérêt chez les chercheurs en sciences sociales pour les effets des mutations actuelles du travail et de l’emploi, notamment pour les formes de contestation et les expériences subjectives des restructurations (Bory & Pochic, 2014). Faisant l’objet d’une forte médiatisation ou restées discrètes, les restructurations mettent aujourd’hui en scène une variété d’acteurs, et touchent en particulier les salariés subalternes, ouvriers et employés, dont les chances de reconversion et de reclassement sont moindres.

Tout en prenant en compte les apports d’une ethnographie dans l’entreprise dans l’étude des transformations du travail et de l’emploi, cet appel s’adresse tout particulièrement aux jeunes chercheur-e-s qui analysent le travail par une ethnographie de ses « à côtés ». Il s’agira ainsi de revenir sur l’usage et les apports de ces circonvolutions autour de terrains peu accessibles car sensibles, fermés, à l’accès contrôlé (Lambelet, 2003), s’intéressant à des évènements passés ou encore à des secteurs et entreprises marqués par des configurations spécifiques rendant les mutations peu saisissables par la seule étude synchronique de l’ « atelier », en mobilisant une variété d’échelles, de points de vue et de temporalités. Une telle ethnographie des « à côtés » du travail est ici à considérer, au regard de l’histoire plurielle de l’approche ethnographique et des contributions des recherches sociologiques de longue durée sur les transformations du travail, notamment ouvrier (Beaud & Pialoux, 1999), comme une esquisse en clair-obscur des restructurations par un large spectre d’entrées. De l’observation des lieux et des activités hors travail (face à la porosité des espaces-temps professionnels (Bidet, Schoeni, 2008) et au développement du chômage) à celle des conflits et mobilisations qui émergent autour du travail et de l’emploi, en passant par l’analyse du rôle des parties prenantes (syndicats, actionnaires, associations) et de leurs activités au sein d’instances qui exercent une influence majeure sur les conditions de travail et d’emploi de la main d’œuvre (réunions paritaires, assemblées des actionnaires), les communications souligneront les apports d’une ethnographie du travail décentrée pour appréhender dans toute leur épaisseur, les rapports sociaux qui traversent aujourd’hui le travail.

Les propositions veilleront à questionner la construction de l’enquête ethnographique comme réflexion permanente sur ses modalités d’usage et, plus particulièrement, sur ses apports, ses limites, sa complémentarité avec d’autres outils (Arborio et al., 2008), l’accès aux terrain et les modes d’observation (Soulé, 2007), ou encore sur la relation d’enquête et les diverses contraintes intrinsèques à la démarche ethnographique (Fassin & Bensa, 2008). Elles s’inscriront dans une perspective critique-analytique (qui, d’une part, place la situation d’enquête et ses effets au centre de l’analyse des matériaux (Schwartz, 1993) et, d’autre part, prête attention aux relations d’interdépendance entre les enquêtés, ainsi qu’aux scènes sociales sur lesquelles ces derniers agissent et s’expriment (Weber, 1989), afin d’objectiver l’expérience d’insertion personnelle du chercheur dans le milieu étudié, les situations observées et les discours collectés.

Bibliographie indicative

  • Arborio A-M., Cohen Y., Fournier P., Hatzfeld N., Lombe C. & Muller S. (2008), Observer le travail. Histoire, ethnographie, approches combinées,Paris, La Découverte.
  • Beaud S. & Pialoux M. (1999), Retour sur la condition ouvrière. Enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard, Parisn Fayard.
  • Bidet A. & Schoeni D. (2011), « Décrire les présences au travail, analyser la structuration de la vie sociale », Ethnographiques.org, n°23, décembre 2011.
  • Bory A. & Pochic S. (dir.) (2014), Dossier « Une crise sans précédent? Expériences et contestations des restructurations », Travail et Emploi, n°137 et n°138.
  • Fassin D. & Bensa A. (dir.) (2008), Les politiques de l'enquête. Epreuves ethnographiques. Paris, La Découverte.
  • Guyonvarc’h M. (2008), Une sociologie du licenciement dans les entreprises "gagnantes". Banalisation de la gestion du licenciement et déstabilisation du rapport au travail des cadres, managers et techniciens, Thèse de doctorat de sociologie, Université d’Evry-Val d’Essonne.
  • Lambelet A. (2003), « Un ethnologue en entreprise : entre séduction et révélation », Ethnographiques.org.
  • Schwartz O. (1993),« L’empirisme irréductible » (Postface), in Anderson N., Le Hobo. Sociologie du sans-abri, Paris, Armand Colin, p. 265-308.
  • Soulé B. (2007), « Observation participante ou participation observante ? Usages et justifications de la notion de participation observante en sciences sociales », Recherches Qualitatives, n°27 (1), p. 127-140.
  • Weber F. (1989), Le travail à côté. Étude d’ethnographie ouvrière, Paris, INRA/ Editions de l’EHESS.

Les propositions sont à transmettre à Maria Voichiţa GRECU (maria.grecu@gmail.com) et Mathieu HOCQUELET (mathocquelet@aol.com)

6. Ethnomethodology, Conversation Analysis and Ethnography: Selective Affinities?*

Atelier organisé par Yaël KREPLAK et Chloé MONDÉMÉ

Pour participer à la réflexion sur le renouveau de l’ethnographie en sciences sociales, cet atelier se propose d’examiner quelques-uns de ses enjeux tels qu’ils se formulent dans le domaine de l’ethnométhodologie et de l’analyse conversationnelle (EM/AC). Ces approches nous semblent en effet apporter une contribution majeure – quoique relativement méconnue – au renouvellement de l’enquête ethnographique, qui ne tient pas seulement à l’introduction de méthodes et d’outils d’analyse, comme l’usage de la vidéo et la pratique de la transcription, mais aussi à une conception réflexive et potentiellement critique de la démarche ethnographique, susceptible d’accompagner une interrogation sur ses fondements, transformations et limites.

La relation de l’EM/AC à l’ethnographie est en effet, depuis l’origine, caractérisée par une forme de tension qui a trait aux manières de prendre en compte, dans la description et l’analyse, éléments contextuels et connaissances d’arrière-plan. D’un point de vue interne à la discipline, cette tension entre approches plus ou moins internalistes et externalistes a pu occasionner des lignes de partage fortes : entre ethnométhodologie et analyse conversationnelle d’une part, mais aussi entre les différentes manières de pratiquer l’une et l’autre. Elle a également favorisé le développement d’un appareil notionnel, dont la discussion est au cœur de l’identification de la mentalité propre à ces approches : la compétence de membre, le principe d’adéquation unique, l’indifférence ethnométhodologique, le regard non motivé sur les données...

Dans la continuité des affinités « mutuelles », « limitées » et « additionnelles » évoquées par Maynard (2003), on aimerait donc rendre compte de dynamiques actuelles, en partant des manières qu’ont les chercheurs de combiner ethnométhodologie, analyse conversationnelle et ethnographie, et de problématiser les liens entre ces démarches. Les enjeux de l’atelier seront ainsi principalement de deux ordres.

D’une part, il s’agira de réfléchir aux spécificités de la pratique ethnométhodologique et conversationnaliste de l’ethnographie, à partir d’exemples concrets d’enquête et en s’appuyant sur la discussion précise de certains concepts au cœur de ces démarches. On attend sur ce point que les contributeurs explicitent leurs méthodes, à différents niveaux : relation au terrain, production des données et analyse.

D’autre part, on sera sensible aux propositions qui interrogent, par exemple, la nature proprement ethnographique d’opérations telles que la production de vidéos ou la transcription : il s’agira par là d’examiner en quoi les approches EM/AC peuvent apporter un éclairage sur les transformations contemporaines de l’ethnographie, en revisitant certaines de ses caractéristiques (telles que l’observation directe ou la prise de note).

Bibliographie indicative

  • Emerson R. (2003), « Le travail de terrain comme activité d’observation. Perspectives ethnométhodologiques et interactionnistes », in D. Céfaï (dir.), L’Enquête de terrain, Paris, La Découverte, 393-424.
  • Garfinkel H. (2007 [1967]), Recherches en Ethnométhodologie, Paris, PUF.
  • Heath C. et Hindmarsh J. (2002), « Analysing Interaction : Video, Ethnography and Situated Conduct », in T. May (éd.), Qualitative Research in Action, Londres, Sage, p. 99-121.
  • Maynard D. (2003), « Conversation Analysis and Ethnography : What is the Context of an Utterance », Bad News, Good News. Conversational Order in Everyday Talk and Clinical Settings, Chicago, Chicago University Press, 64-87.
  • Moerman M. (1988), Talking Culture. Ethnography and Conversation Analysis, Philadelphie, University of Pennsylvania Press.
  • Mondada L. (2012), « The Conversation Analytic Approach to Data Collection », in J. Sidnell et T. Stivers dir., Handbook of Conversation Analysis, Oxford, Blackwell – Wiley, 32-56.
  • Olszewska B., Barthélémy M. & Laugier S. (dir) (2010), Les Données de l’enquête, Amiens, PUF – CURAPP.
  • Pollner M. & Emerson R. (2002), « Ethnomethodology and Ethnography », in P. Atkinson et al. dir., Handbook of Ethnography, Londres, Sage, 118-135.
  • Sormani P. (2014), Respecifying Lab Ethnography, Aldershot, Ashgate.

Les propositions sont à transmettre à Yaël KREPLAK (yael.kreplak@gmail.com) et Chloé MONDEME (chloe.mondeme@gmail.com)

7. Investigating Social Movements Through Ethnography*

Panel organized by Mischa DEKKER & Delphine THIVET

How to investigate mobilizations of social movements? This workshop invites PhD candidates and young researchers to explore their different uses of ethnography to seize the complex logics at work in social movement mobilizations. The panel welcomes papers that reflect on the specificities of research on actors committed to some form of collective political participation.

Researchers studying mobilizations processes generally turn their attention towards the “framing” accomplished by organizations. Public demonstrations are treated as moments of activist performance, focusing on the most active social movement actors. Such an approach risks ignoring or overlooking social heterogeneity, uncertainties of meaning, or inequalities and different power relations (class, race, gender) that characterize social movements (Burdick, 1995). In protests that have emerged in and after 2011 such as Occupy, the Indignados, Occupy Central in Hong Kong, and the occupations of Tahrir and Gezi Square, the question of power relations among activists presents itself particularly strongly in the light of the large heterogeneity of participants, causing disputes among activists over the definition and objectives of the movement. Papers in this panel should address the role of ethnography to allow a more de-centered view and try to look beyond the most visible “tip of the iceberg” (Plows, 2008; Combes, Hmed, Mathieu, Simhieu, Sommier, 2011). How to enlarge the fieldwork to take into account less visible, more fluid and more contradictory dimensions of mobilizations processes (Wolford, 2007)?

The panel hopes to open up a series of reflections on the conditions that make research on mobilizations processes possible. With the presentation of concrete situations observed and lived by the researcher, an effort could be made to grasp the difficulties inherent to research among activists (Broqua, 2009): how to enter, how to maintain one’s presence, and also how to exit the fieldwork?

We also encourage the submission of papers addressing the hesitations of activists taking part to social movements to be constituted as an “object” of study and perhaps even refusal to submit themselves to a possibly critical analysis of the researcher, who comes to be considered as an outsider. To what degree does the researcher strive to “co-construct” the object of study together with social movement actors (Juris, 2007)? What say can both sides assert over the results of the research? How does the researcher face potential attempts to control the conclusions of her/his research in order to maintain critical distance (Bizeul, 2008; Rootes, 1990)?

Moreover, the panel is open to papers exploring ways in which the researcher occupies both an “ethnographic engagement” and a “civic and political engagement” (Cefaï, 2010) during fieldwork on mobilizations processes. The researcher may be caught in a dilemma between, on the one side, the impossibility of not “choosing a camp” (Becker, 1967), and on the other hand, the risk of “endogamy” denounced by Michel Offerlé (2009) but common in social movement studies. Being an activist or at least sympathetic to the “cause” is frequently a precondition for research as it grants the investigator his or her entry-rights into the social movement (Thorne, 1979; Scheper-Hughes, 1995). Nonetheless, consequences are attached to the display of sympathy towards certain members of a movement. In what circumstances might this sympathy be interpreted as picking camps within a movement, obstructing goodwill from other parts and thereby closing off access to certain aspects of the fieldwork? Particular attention might be given to the strategies through which researchers succeed in evading specific biases, maintain a presence in the field, and negotiate exit at the moment of writing.

References

  • Becker H. (1967), “Whose Are We On ?”, Social Problems, vol. 14, n°3, p. 239-248.
  • Bizeul D. (2008), “Les sociologues ont-ils des comptes à rendre”, Sociétés contemporaines, n° 70, p. 95-113.
  • Broqua C. (2009), “L'ethnographie comme engagement: enquêter en terrain militant”, Genèses, n° 75, p. 109-124.
  • Burdick J. (1995), “Uniting theory and practice in the ethnography of social movements: notes toward a hopeful realism”, Dialectical Anthropology, vol. 20, n°3-4, p. 361-385.
  • Cefaï D. (2010), Ch. 8 “Un pragmatisme ethnographique. L’enquête coopérative et impliquée”,in Cefaï D. (dir.), L’engagement ethnographique, Paris, EHESS, p. 449-472.
  • Combes H., Hmed C., Mathieu L., Siméant J., Sommier I. (2011), “Observer les mobilisations”, Politix, n° 93, p. 7-27.
  • Juris J. (2007), “Practicing Militant Ethnography with the Movement for Global Resistance (MRG) in Barcelona », in Shukaitis S. & et Graeber D. (dir.), Constituent Imagination: Militant Investigation, Collective Theorization, Oakland, CA, AK Press, p. 164-176.
  • Offerlé M. (2009), Dictionnaire des mouvements sociaux, “groupes d’intérêt”, Paris, Presses de Sciences Po, 2009, p. 279-286.
  • Plows A. (2008), “Social Movements and Ethnographic Methodologies : An Analysis Using Case Study Examples”, Sociology Compass, n°2, p. 1523-1538.
  • Rootes C. (1990), “Theory of Social Movements: Theory for Social Movements?”, Philosophy and Social Action, vol. 16, n°4, p. 5-17.
  • Scheper-Hughes N. (1995), “The Primacy of the Ethical: Propositions for a Militant Anthropology”, Current Anthropology, vol. 36, n°3, p. 409-440.
  • Thorne B. (1979), “Political Activist As Participant Observer: Conflicts Of Commitment In A Study Of The Draft Resistance Movement Of The 1960’s”, Symbolic Interaction, vol. 2, n°1, p. 73-88.

Submit your proposal/abstract via email attachment to Mischa DEKKER (m.dekker@ehess.fr) and Delphine THIVET (delphine.thivet@ehess.fr)

8. “Cleaved” Fieldworks: The Ethnographer Between the Governing and the Governed

Atelier organisé par Doris BUU-SAO et Clémence LEOBAL

Les « contestataires » et « l’État », les « habitants » et les « urbanistes », les « minorités ethniques » et la « société nationale »… : sur bien des terrains, les ethnographes se confrontent à des collectifs présentés comme antagonistes, notamment dans des situations impliquant gouvernants et gouvernés (projets de « développement », aménagement urbain ou rural, pacification des relations de travail …). Leur observation permet cependant à l’ethnographe, qui fait à sa manière le « pont » entre les groupes en présence (Gluckman 2008), de saisir la complexité des logiques sociales à l’œuvre par-delà les clivages institués.

D’une part, si les individus peuvent se définir momentanément par le rôle endossé lors d’une interaction (le « leader », le « cadre d’entreprise », la « fonctionnaire », l’« habitante »…), ils évoluent dans une diversité de « scènes sociales ». Différents rôles, normes et significations contribuent à leur formation en tant que personnes complexes dont l’unité n’est jamais acquise (Weber 2001). D’autre part, les modes de gouvernement qui nous intéressent dépassent les définitions institutionnelles du pouvoir étatique : ce sont bien souvent des acteurs privés, tels que les entreprises ou les ONG, qui sont amenés à exercer un pouvoir effectif sur les populations, participant d’un gouvernement indirect dans le cadre de la privatisation de l’Etat (Hibou 1999). Les interactions entre gouvernants et gouvernés sont donc loin de se dérouler de manière dichotomique, ni les uns ni les autres ne constituant des groupes monolithiques.

Il importe ainsi de saisir la pluralité des rôles endossés par les acteurs et la complexité des logiques à l’œuvre, au-delà des catégories binaires parfois si prégnantes dans les discours des acteurs. Comment surmonter les obstacles que ces apparents clivages opposent à l’entreprise ethnographique ? Nous sommes en effet souvent sommé-e-s de prendre parti alors même que nous entendons dépasser les frontières instituées pour appréhender la complexité du social. Comment la performance de ces clivages par les acteurs du terrain influe-t-elle sur notre pratique de l'ethnographie ? Comment contourner les logiques d’« enclicage » à l’œuvre sur le terrain (Naepels 1998), en particulier dans ces situations où l’ethnographe est rapidement assigné-e à un « camp » ? Quels problèmes éthiques sont soulevés lorsque l'ethnographe circule entre ces groupes, au prix parfois de transgressions bien réelles (sentiment de « trahison », confidentialité des données...) ?

Déconstruire l’apparente unité de ces collectifs et des personnes qui s’y rattachent ne doit cependant pas nous empêcher de prendre au sérieux l’existence, en discours et en pratique, de ces antagonismes. La construction de catégories apparemment opposées, telles que « l’Etat » et la « société », est elle-même le produit de pratiques et d’interactions concrètes (Mitchell 1999). Il en va ainsi des réunions entre administrateurs et bénéficiaires de certains programmes, dont l’efficacité rituelle permet de performer et faire advenir cette fiction qu’est la « communauté » (De L’Estoile 2015). Plus encore, ces frontières instituées exercent des effets concrets. Elles orientent les pratiques de l’habitat, du travail, de la vie quotidienne comme de l’action protestataire, structurant les champs d’actions possibles (Foucault 1982). Si elles participent de la consolidation d’un ordre politique, ces frontières peuvent aussi ouvrir de nouveaux horizons de critique.

Cet atelier est ouvert à toute proposition qui, depuis une expérience d’enquête où gouvernants et gouvernés sont amenés à interagir, interroge ces questions de naturalisation des clivages, tant pour les déconstruire que pour saisir leurs effets sur la réalité observée et sur la pratique ethnographique.

Bibliographie indicative

  • De l’Estoile B. (2015), « La réunion comme outil et rituel de gouvernement. Conflits interpersonnels et administration de la réforme agraire au Brésil », Genèses, vol. 1, n° 98, p. 7-27.
  • Foucault M. (1982), « Le sujet et le pouvoir », Dits et écrits, Paris, Gallimard, vol. 4, p. 222-243.
  • Gluckman M. (2008 [1940]), « Analysis of a social situation in modern Zululand », Genèses, traduit par Tholoniat Y. et de l’Estoile B., vol. 72, n° 3, p. 119-155.
  • Hibou B. (1999) dir., La privatisation des Etats, Paris, Karthala, 398 p.
  • Mitchell T. (1999), « Society, economy, and the state effect » in Steinmetz G. (dir.), State / Culture. State-Formation after the Cultural Turn, New York, Cornell University Press, p. 76-97.
  • Naepels M. (1998), « Une étrange étrangeté. Remarques sur la situation ethnographique », L’Homme, vol. 38, n° 148, p. 185-199.
  • Weber F. (2001), « Settings, interactions and things. A plea for multi-integrative ethnography », Ethnography, vol. 2, p. 475-499.

Les propositions sont à transmettre à Doris BUU-SAO (doris.buusao@sciencespo.fr) et Clémence LEOBAL (clemence.leobal@gmail.com)

9. Ethnography of Public Problems: On the Question of “Recalcitrant” Troubles*

Atelier organisé par Perrine POUPIN et Marie GHIS MALFILATRE

Nous voudrions dans cet atelier mettre au débat des questions qui se posent lorsqu’on adopte une approche ethnographique des « problèmes publics » (Gusfield J., 2009). Des travaux ont, dans une perspective pragmatiste inaugurée par John Dewey, montré comment à partir de situations qualifiées de problématiques, des personnes en état de trouble s’engagent collectivement dans une dynamique d’enquête et de “publicisation” visant à “normaliser” la situation. Le trouble comme mode d’entrée se trouve par exemple au cœur d’études actuelles sur la ville (Breviglieri M. et Trom D., 2006 ; Bidet A., Boutet M., Chave F. et al., 2015).

  • Sur certains terrains, le chercheur est confronté à une expérience sociale repérée comme globalement problématique par un ensemble de protagonistes, quotidiennement confrontés à des tensions et des inquiétudes, sans moyen d’y remédier (comme on peut le lire dans des études en milieu populaire, en contexte autoritaire et sur des travailleurs atteints de maladies professionnelles non reconnues comme telles (Thébaud-Mony A., 2006 ; Henri E., 2007). Nous sommes intéressées par des recherches qui se soucient des dynamiques dans lesquelles apparaissent des blocages, lesquels entravent la publicisation du problème et l’expérience créative. On retrouve ce souci chez Joan Stavo-Debauge (2012) qui remet en question la valorisation des troubles et des chocs à faire émerger des enquêtes. Nous distinguons déjà deux types d’obstacles. Les premiers empêchent le passage du choc à la réflexivité et au désir d’enquête sur les responsabilités. Les seconds, spécificités des mouvements ou incapacitation (par impuissance ou déni, répression et invisibilisation de la part des acteurs dont les intérêts sont mis en cause), bloquent, contiennent ou neutralisent dans l’enquête la dynamique de problématisation et de publicisation. Un certain nombre de ces obstacles ont été bien décrits dans l’étude de dispositifs participatifs (Carrel M., 2013; Talpin J., 2006) ou dans l’étude des collusions entre industriels et chercheurs autour d’enjeux de santé publique (Thébaud-Mony A., 2014).
  • Sur fond d’échec du processus de publicisation, le chercheur observe d’autres configurations en matière d’art de vivre et d’action collective autour des troubles (solidarités, discours cachés, arts de résistance). Quelle est la nature de cette épreuve du trouble à la limite du dicible, de l’informe, de l’enfoui et du perceptible ? Comment saisir l’affectivité et le ressenti ainsi que la composition des partitions individuelles et collectives où une bonne partie se joue dans les petits mouvements et les vacillements ? Comment rentrer et sortir indemnes (le chercheur et ses enquêtés) de ces zones sensibles, ces souffrances qui souvent sans la mise en cohérence du chercheur, tendraient à mener au silence et à l’oubli ?
  • Certains thèmes atteignent une reconnaissance large, sans pour autant être inscrits sur l’agenda des autorités ou sans être réellement traités dans les arènes politiques institutionnalisées. La manière dont les problèmes publics sont appréhendés au sein de ces arènes, comme le Parlement (Barthe Y. et Borraz O., 2011), a été peu étudiée. Ces thèmes et leurs campagnes semblent émerger et disparaître dans un jeu de dissipation continu. Le critère qui évalue le processus de publicisation selon sa capacité à aboutir à des lois et à s'en remettre à des gouvernants dans un État de droit n’est-il pas insuffisant ? Comment décrire les mobilisations, liées par exemple à de grands aménagements urbains, à la corruption, aux pollutions industrielles (Jobin P., 2006), et notamment dans des pays périphériques (Brésil, Russie, etc.), où apparaissent d’autres manières d’organiser la chose publique, en dehors des dispositifs classiques que nous connaissons ?

Bibliographie indicative

  • Barthe Y. et Borraz O. (2011), « Les controverses sociotechniques au prisme du Parlement », Quaderni, 75, p. 63-71.
  • Bidet A., Boutet M., Chave F., Gayet-Viaud C. et Le Méner E. (2015), « Publicité, sollicitation, intervention. Pistes pour une étude pragmatiste de l’expérience citoyenne », SociologieS (http://sociologies.revues.org/4941).
  • Breviglieri M. et Trom D. (2006), « Analytique du trouble urbain et perception de la ville. Une approche pragmatique des problèmes publics », in Bajolet É., Mattei M.-F. & Rennes J.-M. (dir.), Quatre ans de recherche urbaine 2001-2004, Tours, Presses Universitaires François-Rabelais, MSH « Villes et Territoires », p. 50-57.
  • Carrel M. (2013), Faire participer les habitants ? Citoyenneté et pouvoir d’agir dans les quartiers populaires, Lyon, ENS ÉDITIONS.
  • Gusfield J. (2009), La culture des problèmes publics. L’alcool au volant : la production d’un ordre symbolique, Paris, Economica [traduction de Daniel Cefaï].
  • Henry E. (2007), Amiante : un scandale improbable. Sociologie d’un problème public, Rennes, Presses Universitaires de Rennes.
  • Jobin P. (2006), Maladies industrielles et renouveau syndical au Japon, Paris, EHESS.
  • Stavo-Debauge J. (2012), « Des “ événements ” difficiles à encaisser. Un pragmatisme pessimiste », in Cefaï D. et Terzi C., L’expérience des problèmes publics (Raisons pratiques), Paris, Éditions de l’EHESS, p. 191-223.
  • Talpin J. (2006), « Jouer les bons citoyens Les effets contrastés de l’engagement au sein de dispositifs participatifs », Politix, 75/3, p. 11-31.
  • Thébaud-Mony A. (2006), « Histoires professionnelles et cancer », Actes de la recherche en sciences sociales, 163, p. 18-31.
  • Thébaud-Mony A. (2014), Science asservie. Santé publique : collusions mortifères entre industriels et chercheurs,Paris, La Découverte.

Les propositions sont à transmettre à Perrine POUPIN (perrine123456@yahoo.fr) et Marie GHIS MALFILATRE (ma.ghismalfilatre@yahoo.fr)

10. Silence at stake. For a critical analysis of fieldwork relationships in the production of anthropological knowledge*

Panel organized by Giovanna CAVATORTA & Chiara PILOTTO

Being accountable about how we collect data in fieldwork is one of the issues at stake for ethnography as a gnoseological practice. It entails being engaged in the critical analyses of the fieldwork relationships as a condition underlying the knowledge produced by ethnography.

This workshop proposes to promote a discussion on an aspect of fieldwork that is often hidden, elusive and difficult to record, but that constitutes a fundamental part of the production of anthropological knowledge: silence. Silence may be referred to « empty » moments of everyday life or linked to social situations of conflict and violence, being framed as a symptom of traumas or as the imposed effect of a political context.

But there are many other complex and meaningful forms of silence that circulate in every field and are produced by every actor involved. We have chosen to draw our attention to how in fieldwork practice we produce and manage silences, both ours and our « interlocutors’ ».

We propose to consider silence as a thick object that both is produced by situated social dynamics and reveals them. As a practice involved in fieldwork relationships, it can also creates limits and challenges for the researcher.

In this framework several theoretical and methodological questions rise. How to grasp the silent work of norms, values, and political judgments that define what has, or doesn't have, to be hidden, shown, and said ? What approach should we adopt to grasp what people can't say, or are not able to say ? How to inquire into silences and reticences that come out of tensions related to marginalization and tabooization processes ? How to enlighten the opaque and mute power relations that structure fieldwork relationships, in which the ethnographer doesn't necessarily fill the privileged position ?

Moreover, how to manage the silences with which our « interlocutors’ » react to our presence in the field ? What do they tell us about the fieldwork relationship as a power/knowledge relationship ? How does silence impact the construction of the research object and its question by influencing the ethnographic practices themselves ?

What ethical relationship is possible among the different actors who constitute the field, considering the ethnographer's silences about the aim and circulation of his/her work, and his/her « informants' » silences with regard to what they want subtract from the inquiry ?

We'll welcome papers that try to answer these questions and more generally deal with the complexity of silence, both as a social and an ethnographic fact.

Selective bibliography

  • Achino-Loeb M.-L. (2006), Silence. The Currency of Power, Londres, Berghahn Books.
  • Das V. (2007), Life and Words. Violence and the descent into the ordinary, Berkeley, University of California Press.
  • Le Breton D. (1997), Du silence : essai, Paris, Métailié.
  • Makaremi C. (2008), « Engaging with Silence. Interview with Vincent Crapazano », in Kalaora L., Makaremi C. & J. Baron (dir.), « Penser l’engagement », Altérités Vol. 5, No. 2, Octobre 2008.
  • McLean A. & Leibing A. (2007), The Shadow Side of Fieldwork : Exploring the Blurred Borders between Ethnography and Life, Oxford, Blackweel Publishing.
  • Róisín R.-F. & Gill R. (2010), Secrecy and Silence in the Research Process. Feminist Reflections, New York, Routledge.
  • Taussig M. (1999), Defacement : Public Secrecy and the Labor of the Negative, Stanford, Stanford University Press.

Submit your proposal/abstract via email attachment to Giovanna CAVATORTA (giovannacavatorta@gmail.com) and Chiara PILOTTO (chiarescu@gmail.com)

11. Observing the Invisible, Speaking the Unspeakable: Bodily Practices and Skills in Technical Activities*

Panel organized by Nicole RODDA & Carlotta TAVORMINA

Invisible and inexpressible through common language, motions and technical knowledge represent a true challenge for anthropology. “How can one identify, describe in order to reproduce, an object which […] conceals itself to both investigation and explanation?” (Chevallier, 1991) is an issue still debated both in the French (Descola, 2006; Julien, 2006; AFEA, 2011) and in the Anglo-Saxon literature (Ingold, 2011; Marchand, 2010; Farnell, 2011). Often, in most texts, descriptions of the more dexterous motions and tricks – the expert movements of a carpenter, the finger movements of a pianist – are either absent or very general. It is however these detailed actions which truly constitute the know-how underlying expertise (Bril & Roux, 2002): being able to capture these precise motions and mobilisation of the senses is vital to understand expertise, its acquisition, transmission and cultural value.

In this workshop we wish to discuss the merits and limits of classic ethnographic tools with regards to motions, mainly the use of the human eye as a data collector, and also the methodological innovations which could help overcome any quagmires. Setting off from Mauss’ observation of body techniques as “physio-psycho-sociological” assemblages (Mauss, 1936), we are especially interested in interdisciplinary approaches which coordinate qualitative and quantitative data collection methods, observations and measuring instruments, science and human sciences. Can these tools be integrated into an ethnographic field research study? How? Can we still call these methods ethnographic? How are they received by the ethno-anthropological community?

This workshop welcomes presentations dealing with technical knowledge and know-hows in the most general sense, such as handicrafts, sports, music, etc. as well as daily activities. We are also open to presentations dealing with the animal world when this is compared to the human realm.

We invite young researchers and PhD candidates to explore the methodological issues raised by this workshop both in their field applications (choice and combination of data collection methods and their application context) and their diffusion criteria (choice of elements to include and exclude, props and treatment of the variability highlighted through individual observations). Also, in bearing with the workshop’s interdisciplinary vocation, we will especially consider those proposals which endeavour to coordinate methodologies stemming from different fields and dealing with different data (qualitative observations, instrumental measurements, interviews).

Bibliography

  • Bril B. & Roux V. (dir.) (2002), Le geste technique. Réflexions méthodologiques et anthropologiques, Ramonville Saint-Agne, Editions Erès, p. 29-48.
  • Chevallier D. (1991), “Des savoirs efficaces”, Terrain, n°16, p. 5-11.
  • Descola P. (2006), “Introduction”, Dire le savoir-faire. Gestes, techniques, objets - Cahiers
  • d’anthropologie sociale, n°1, p. 9-12.
  • Farnell B. & Wood R. (2011), “Performing precision and the limits of observation” in Ingold T. (ed.), Redrawing Anthropology. Materials, Movements, Lines, Ashgate, Farnham, p. 91-113.
  • Ingold T. (2011), Redrawing Anthropology: Materials, Movements, Lines, Ashgate, Farnham.
  • Julien M.-P. et al. (2006), “Le corps: matière à décrire”, Ecrire le corps - Corps, n°1, p. 53-60.
  • Marchand, T.H.J. (2010), “Making Knowledge: explorations of the indissoluble relation between mind, body and environment”, Journal of the Royal Anthropological Institute, vol. 16, n°1, p. S1-S21.
  • Mauss M. (1936), “Les techniques du corps”, Journal de Psychologie, XXXII, n°3-4.

Submit your proposal/abstract via email attachment to Nicole RODDA (nicole.rodda@ehess.fr) and Carlotta TAVORMINA (ctavormina@hotmail.com)

12. The Centrality of Images in Ethnographic Practices: from an Ethnography of Images to the Images that Create Ethnography*

Panel organised by Giulia BATTAGLIA and Guillermo VARGAS QUISOBONI

This panel is an attempt to investigate the significance of ‘images’ when placed in relation to the practice of ‘ethnography’. We would like to open up a debate often limited by disciplinary boundaries and explore the potential and limitation that images ‘add’ (or ‘impose’) to the making of contemporary ethnographies.

For too long the discipline of anthropology has been over-preoccupied to reproduce an internal discourse about key anthropologists-filmmakers, their relationship with technology and the key historical moments in which these personalities have contributed to different ethnographic film styles. This preoccupation has fostered the creation of a ‘closed’ sub-discipline (precisely visual anthropology) disconnected from its wider whole (cf. Banks and Morphy 1997; Wright 1998) but also disconnected from its cousins’ disciplines, such as the fields of arts, visual culture, sociology to mention a few. We believe that this ‘closed’ tradition of doing and thinking visual anthropology has restricted the scope and range of image-making that overall concern the ethnographer in the field. Accordingly, it is important to re-think the role that images play in ethnographic practices beyond the discipline.

To challenge this tradition, in this panel we would like to draw on recent debates concerning the ways in which image-making practices are closely linked to the making of ethnography (cf. Schneider 2008, 2011; Basu 2008; Wright and Schneider 2010; Banks and Ruby 2011; Grasseni 2004, 2011; Ramey 2011; Schneider and Pasqualino 2014). On the other hand, we want to raise questions regarding the way in which the practice of ‘ethnography’ has been increasingly employed as a ‘methodology’ to produce images outside the traditional academic debate of doing ethnography.

More broadly, we would like to reflect on the role that images play in relation to the ‘subject of study’. In other words, we are interested in the ethnographer’s gaze that by and large finds in the human existence, of myths and rituals for instance, something associable to images at a cognitive level. Last but not least, we shall reflect on those images produced and used beyond fieldwork. That is, images closely linked to the written and orally debated anthropology – not as a simple illustration but as veritable testimonies of the ethnographic practice.

For this panel we therefore look for contribution that directly or indirectly address the following questions: to what extent does this omnipresence of images, during and after fieldwork, advocate a relationship between social science and arts? What do images offer to or impose on the ethnographic practice? And, on the contrary, what can ethnography bring or add to the making of images? Finally, to what extent is doing ethnography becoming the same thing as making images?

References

  • Banks, M. & Morphy, H. (1997). Rethinking Visual Anthropology. New Haven: Yale University Press.
  • Banks, M. & Ruby, J. (2011). Made to Be Seen : Perspectives on the History of Visual Anthropology. Chicago: the University of Chicago Press.
  • Basu, P. (2008). “Reframing Ethnographic Film”. In T. Austin & W. de Jong (eds.) Rethinking Documentary. Maidenhead : Open University Press.
  • Fausto, C. & Severi, C. (2014). L'image rituelle. Paris: L'Herne.
  • Grasseni, C. (2004). “Skilled Vision. An Apprenticeship in Breeding Aesthetics”. Social Anthropology 12 (1): 41-55.
  • Ramey, K. (2011). “Productive Dissonance and Sensuous Image-Making”. In Banks, M. and Ruby J. (eds.) Made to be Seen : Perspective on the History of Visual Anthropology. Chicago: University of Chicago Press.
  • Schneider, A. (2008). “Three Modes of Experimentation with Art and Ethnography”. Journal of the Royal Anthropological Institute (N.S.) 14: 171-194.
  • Schneider, A. & Pasqualino, C. (2014). Experimental Film and Anthropology. London : Bloomsbury Publishing.
  • Wright, C. (1998). “The Third Subject: Perspectives on Visual Anthropology”. Anthropology Today 14 (4): 16-22.
  • Wright, C. & Schneider, A. (2010). Between Art and Anthropology: Contemporary Ethnographic Practice.New York: Berg Publishers.

Submit your proposal/abstract via email attachment to Guillermo VARGAS QUISOBONI (vargas@ehess.fr) and Giulia BATTAGLIA (giu_bat@hotmail.com)

Places

  • EHESS
    Paris, France (75)

Date(s)

  • Friday, May 08, 2015

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Keywords

  • réflexivité, sciences sociales, interdisciplinarité

Contact(s)

  • RAE EHESS
    courriel : rae2015ehess [at] gmail [dot] com

Information source

  • RAE EHESS
    courriel : rae2015ehess [at] gmail [dot] com

To cite this announcement

« EHESS Annual Ethnography Meeting », Call for papers, Calenda, Published on Monday, April 20, 2015, https://calenda.org/324736

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