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Avant et après le tourisme

Before and after tourism

Trajectoires post-touristiques et société civile

The post-tourism future and civil society

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Publié le mardi 09 août 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Cet appel à communications vise à recueillir des expériences et/ou des analyses d’une mise en tourisme débutante ou finissante, ainsi que des interprétations de la dédifférenciation entre le touristique et l’ordinaire à laquelle nous assistons aujourd’hui. Les comparaisons et les essais de modélisation seront les bienvenus. Les propositions de communication, pouvant émaner de chercheurs, de praticiens ou d’associations, avec la possibilité de textes cosignés, s’inscriront dans un des trois thèmes suivants, abordés dans le cadre de trois colloques successifs.

Annonce

Argumentaire

Tandis que certains lieux hérités du tourisme de masse entrent en crise ou bien se transforment jusqu’à « sortir » du tourisme en se rapprochant des lieux « ordinaires », une nouvelle étape d’invention touristique se manifeste, changeant le regard sur les pratiques dans des lieux considérés comme « ordinaires ». Ainsi, des stations se transforment en villes (Stock, Lucas, 2012), tandis que des banlieues populaires s’affirment comme des destinations touristiques émergentes (Gravari-Barbas, Fagnoni, 2013). Ce chassé-croisé entre lieux touristiques et lieux « ordinaires » interpelle tant les acteurs locaux que les scientifiques. Les recompositions en cours de certaines stations anciennement constituées attirent l’attention sur la question, longtemps marginale dans l’historiographie (Knafou, 1996), des « sorties de tourisme ». Inversement, les prémices d’une nouvelle étape d’invention touristique - d’un nouveau “moment de lieu” (équipe MIT, 2005) caractérisé par la paradoxale consécration touristique de lieux ordinaires, en tant qu’ordinaires, alors que traditionnellement l’invention touristique consiste à présenter des lieux jusque-là considérés comme ordinaires comme extraordinaires ? - semblent identifiables hors des hauts lieux touristiques et de leurs Central Tourist Districts, dans les périphéries métropolitaines [notamment à Londres (Maitland, 2010, 2013), New York (Novy, 2011), Berlin (Novy, Huning, 2008) et Paris (Fagnoni, Gravari-Barbas, 2013)], dans les territoires post-industriels (Fagnoni, 2004) et dans certains espaces ruraux. Comment accompagner et/ou susciter ces mutations? Comment les interpréter?

Ce double processus est-il seulement imputable aux effets du cycle de vie touristique (Butler, 1980), le cycle des Trente Glorieuses, lié à la standardisation de l’offre touristique, se terminant, tandis qu’un cycle caractéristique de la nouvelle étape de mondialisation du tourisme, marqué par une concurrence touristique accrue et, par conséquent, par une invention de nouveaux lieux et de nouvelles pratiques, commence ? Ou, plus profondément, peut-on lire ces trajectoires touristiques finissantes et débutantes comme le signal faible d’un nouveau paradigme touristique, succédant au paradigme du tourisme de masse, brouillant les frontières entre lieux et pratiques « touristiques » d’une part, lieux et pratiques « ordinaires » d’autre part et accordant un rôle accru à la « société civile » ?

Dans le cadre de la « deuxième révolution urbaine du tourisme » (Stock, Lucas, 2012), les « référents touristiques » se multiplient « dans le quotidien urbain » (Pradel, Simon, 2012) ; pratiques touristiques et pratiques ordinaires s’hybrident au sein d’une urbanité ludique (Stock, Lucas, art. cit.). A l’opposition entre tourisme et habitat succède un « habiter polytopique » (Stock, 2006), tandis que la dualité du tourisme et des mobilités non touristiques fait place à un continuum de mobilités (Knafou, 2000 ; Maitland, 2010). Les touristes eux-mêmes deviennent de plus en plus des acteurs de la création des produits touristiques, comme le souligne le néologisme de « prosumption » – contraction de production et consumption – proposé par A. Toffler (1980, in Gombault, 2011). Autrement dit, à un système touristique bien identifié, rompant avec l’espace-temps et les pratiques “ordinaires”, tend à succéder une « infusion » transversale du tourisme, devenu un « genre commun » (Lussault, 2007), dans la société. Ce contexte implique de questionner la définition classique du tourisme par les nuitées passées hors du territoire quotidien, au profit d’une définition insistant sur le regard touristique, caractérisé par sa réflexivité territoriale.

Alors que les tourism studies se focalisent le plus souvent sur les destinations touristiques constituées, le PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture) et l’EIREST (Equipe Interdisciplinaire de REcherches Sur le Tourisme) proposent d’organiser un cycle de trois séminaires dans le but de déplacer l’attention vers les extrémités moins connues des trajectoires touristiques : la fin et le début. L’hypothèse consiste à voir dans la zone où s’hybrident trajectoires territoriales et trajectoires touristiques, pratiques touristiques et non-touristiques un laboratoire d’innovation (post-)touristique. Cet appel à communications propose donc de travailler sur les limites, les fronts et frontières du tourisme (François, Bourdeau, Perrin-Bensahel, 2013). Son originalité consiste à analyser ensemble les deux extrémités des trajectoires touristiques, traitées séparément par la littérature scientifique, pour nourrir l’hypothèse d’un changement de régime touristique.

Ce positionnement suppose un changement d’échelles d’analyse, tant spatiale que temporelle. Il suppose en effet de déplacer l’attention vers les phénomènes émergents, et vers la recomposition des micro-géographies touristiques, en marge des destinations constituées. Il implique également un regard renouvelé vers les acteurs en grande partie non-touristiques (habitants, comme l’illustre le phénomène des greeters, associations…) qui y interviennent. Les trois journées de séminaires interrogeront le rôle croissant de la « société civile » dans les hybridations entre touristique et ordinaire, en amont et en aval du tourisme, qui remettent en cause l’appréhension du tourisme comme système clos. Il conviendra d’ouvrir la « boîte noire » de la société civile - entendue soit dans un sens libéral comme incluant le marché, soit dans un sens radical comme un tiers secteur ne relevant ni de l’Etat ni du marché. Les approches critiques de cette notion de « société civile » (Pirotte, 2007), issue de la réflexion politique des XVIIIe et XIXe siècles, aujourd’hui souvent invoquée mais rarement analysée, seront privilégiées.

Cet appel à communications vise à recueillir des expériences et/ou des analyses d’une mise en tourisme débutante ou finissante, ainsi que des interprétations de la dédifférenciation entre le touristique et l’ordinaire à laquelle nous assistons aujourd’hui. Les comparaisons et les essais de modélisation seront les bienvenus. Les propositions de communication, pouvant émaner de chercheurs, de praticiens ou d’associations, avec la possibilité de textes cosignés, s’inscriront dans un des trois thèmes suivants, abordés dans le cadre de trois colloques successifs.

1. Sorties du tourisme : recomposition des territoires et réappropriations.

Jeudi 15 décembre 2016, auditorium de la tour Sequoia, MEEM/MLHD, La Défense

Le premier séminaire cherchera à appréhender les « sorties du tourisme », entre crise et recomposition.

Il examinera et analysera les causes des sorties du tourisme (causes exogènes, comme les catastrophes naturelles, ou endogènes, comme la crise du système touristique, causes conjoncturelles, comme la crise économique, ou structurelles, comme le changement climatique...) et il dressera un panorama des cas de sorties ou de sorties potentielles du tourisme. Le cas des stations de sports d’hiver est particulièrement étudié en France (Bourdeau, 2007, 2009). Mais des stations de moyenne montagne, des stations littorales ou des lieux de villégiature rurale ou périurbaine sont aussi concernés.

Différents types de trajectoires de sorties (rarement totales) du tourisme, non exclusifs, ont d’ores et déjà été identifiés, entre sorties « par le haut » et « par le bas » (Knafou, 1996), entre « l’abîme » et « la métamorphose » (Clivaz, Nahrath, Stock, 2011; Darbellay, Clivaz, Nahrath, Stock, 2011), et théorisés à l’aune du concept de « capital touristique » (Darbellay et alii, 2011). Signalons notamment :

- un scénario de diversification fonctionnelle, amenant progressivement de la station touristique vers la ville plurifonctionnelle (Stock, 2001 ; Sauthier, 2011)

- et/ou un scénario résidentiel (Viard, 2000 et 2006 ; Rieucau, 2000 ; Violier, 2002)

- un scenario de passage du touristique vers le ludique,

- un scénario de déclin (Darbellay et alii, 2011)

- un scénario, plus rare, de friche touristique (Rostock, Zadnicek, 1992 ; Löfgren, 1999 ; Bachimon, 2013).

Plusieurs évolutions sociales complexifient ces trajectoires. L’hybridation des styles de vie ou les dynamiques locales, réinventent constamment la donne territoriale, bouleversent les évolutions annoncées ou renversent des tendances esquissées. Les « sorties du tourisme » ne sont parfois qu’une étape dans la trajectoire des lieux.

Rendre compte, analyser et expliquer des phénomènes de déclin touristique est toutefois un défi important pour la recherche et un enjeu pour les lieux concernés. Ceux-ci sont-ils imputables à un manque d’investissement et de renouvellement des infrastructures ou produits ? Sont-ils au contraire anticipés et souhaités ? Et quel est le coût (social, économique, culturel) des sorties du tourisme voulues ou non, anticipées ou pas ?

Plus largement, il importe de resituer les « sorties » du tourisme dans les cadres généraux de la nouvelle étape de mondialisation du tourisme (Duhamel, Kadri, 2011 ; Sacareau, Taunay, Peyvel, 2015), de la métropolisation (comme l’illustre par exemple l’insertion de Brighton dans l’aire métropolitaine londonienne), de la géographie des risques ou du changement climatique (Bourdeau, 2009).

Le séminaire analysera aussi les politiques (résistance, spécialisation, stratégies de reconversion…) adoptées par les acteurs locaux dans des contextes de sorties du tourisme, et la façon dont la société civile se réapproprie les lieux qui ne sont plus touristiques. Il mettra en évidence les logiques à l’oeuvre dans les « spirales post-touristiques » (Girard, 2013). Il questionnera l’identification de la sortie du tourisme à la crise et se demandera en quoi l’ancienne activité touristique peut constituer une base pour une trajectoire territoriale post-touristique, et quels réemplois proposer pour d’anciens sites touristiques. Il recherchera également les concepts qui peuvent rendre compte de situations de sorties de tourisme, comme celui de « méta-stations » (Vlès, 2014).

2. Réinventer l’ordinaire : les fronts pionniers du tourisme.

Lieux, acteurs, imaginaires 

Jeudi 2 février 2017, auditorium de la tour Sequoia, MEEM/MLHD, La Défense

Le deuxième séminaire cherchera à cartographier et à analyser le front pionnier de l’invention touristique contemporaine. Il applique au champ des études touristiques le questionnement de l’ordinaire dont se sont saisies, dans la lignée des travaux d’Henri Lefebvre (1947) et/ou de Michel de Certeau (1980) et/ou des écrits de Georges Perec (1989), les sciences sociales (Marie, Dujardin, Balme, 2002) – géographie (Berger, Pousin, 2008), en particulier urbaine (Robinson, 2006 ; Halbert, 2010 ; Paquot, 2010), histoire (Farge, 1994 ; Artières, 2014), en particulier urbaine (Clémençon, 1999, 2015 ; Montel, Backouche, 2007), anthropologie (Fabvre, 1993 ; Chauvier, 2011), sociologie (Maffesoli, 2011), arts plastiques (Leclercq, 2013), études du patrimoine (Bromberger, 1999 ; Isnart, 2012 ; Geppert, Lorenzi, 2013 ; Letissier, 2014), conservation de la nature (Godet, 2010) – depuis les années 1990 et surtout 2000 pour dépasser les hiérarchisations traditionnelles.

Les propositions pourront s’inscrire dans un ou plusieurs des thèmes suivants :

  • La diffusion des phénomènes touristiques dans les franges des destinations touristiques, notamment métropolitaines
  • La valorisation touristique de « l’ordinaire »
  • L’inversion touristique du stigmate (Goffman, 1963) territorial.

Plusieurs questionnements peuvent être d’ores et déjà identifiés, en rapport avec :

Les acteurs

  • Qui met en tourisme l’ordinaire ? Quels sont les acteurs, touristiques et non touristiques, publics, privés et associatifs, militants et non militants, de la mise en tourisme de l’ordinaire ? Quel est le rôle de la société civile dans ces évolutions? Quelles sont les causes (économiques, territoriales, culturelles, sociales, parfois militantes), qui portent la mise en tourisme de l’ordinaire ?
  • Qui (repeaters, catégories sociales moyennes et supérieures…) fréquente touristiquement l’ordinaire, comment et pourquoi/pour quoi (militantisme, stratégie de distinction sociale…) ?

Les pratiques

  • Quelles mobilités, parfois alternatives et/ou elles-mêmes « ordinaires » (vélo, marche) président à la mise en tourisme de lieux ordinaires ?
  • Quelles sont les relations et les tensions entre la quête de distinction sociale et le militantisme qui peuvent présider à la pratique de nouveaux lieux touristiques ?

Les territoires

  • A quel travail sur l’imaginaire territorial est liée l’invention de nouveaux territoires touristiques ? L’invention touristique de lieux « ordinaires » accompagne-t-elle ou précède-t-elle leur mise en patrimoine (matériel et/ou immatériel) ?
  • Dans quelle mesure la mise en tourisme de lieux « ordinaires » peut-elle être porteuse d’égalité des territoires, de justice spatiale ?

Comment la métropolisation produit-elle de nouveaux lieux touristiques ? Dans les métropoles touristiques se manifestent, dans le cadre d’une concurrence touristique mondialisée accrue, une tendance au polycentrisme touristique, l’émergence de nouvelles pratiques et de nouveaux quartiers touristiques, un essor du « post-tourisme ». Ces nouveaux quartiers touristiques sont souvent d’anciens quartiers populaires et/ou d’immigration, en cours de gentrification. Comment évolue, dans les métropoles (post-)touristiques paradigmatiques que constituent Paris (Gravari-Barbas, Fagnoni 2013), Londres, Berlin et New York, le front pionnier de l’invention touristique contemporaine ? Comment évolue-t-il dans d’autres villes touristiques ? Que change la mise en tourisme aux territoires ordinaires ? Quelles sont les fonctions de la mise en tourisme des territoires ordinaires ? Dans quelle mesure le scénario de régénération par le tourisme fonctionne-t-il ? Dans quelle mesure la mise en tourisme (s’) accompagne-t-elle (d’)une gentrification ?

Le séminaire souhaite encourager des communications proposant une compréhension du paradoxe de la mise en tourisme de lieux ordinaires – peut-on identifier un moment de lieu (équipe MIT, 2005) post/hyper-touristique ? – et une interrogation des discours l’accompagnant et la justifiant : Quelles catégorisations - tourisme hors des sentiers battus (Maitland, Newmann, 2009 ; Gravari-Barbas, Delaplace, 2016), tourisme alternatif (Williams, 2004), tourisme participatif (Sallet-Lavorel, 2003), tourisme de banlieue (Jacquot, Gravari-Barbas, Fagnoni, 2013)… - président à cette nouvelle étape d’invention touristique ? Qui produit ces catégorisations ? Que révèlent ces catégorisations ? Le séminaire souhaite saisir la dynamique des phénomènes observés : Quels obstacles et quelles résistances rencontre la progression du front pionnier de l’invention touristique contemporaine ? Quelles sont les étapes de la mise en tourisme de l’ordinaire ?

Le comité scientifique sera sensible aux réflexions prospectives : Quels changements de valeurs et d’imaginaire territorial président à cette nouvelle invention touristique ? L’invention touristique de lieux « ordinaires » débouche-t-elle nécessairement sur une insertion dans le système touristique marchand ? A quel moment opère cette insertion? Comment concilier des initiatives portées par des acteurs issus de la “société civile” avec les projets de développement et d’aménagement touristique portés par les collectivités? Quelles formes d’équilibre peuvent être trouvées entre le secteur touristique marchand “traditionnel” et les initiatives qui prennent appui sur les nouvelles technologies de communication notamment? La mise en tourisme de lieux « ordinaires » est-elle vouée à rester une « niche » touristique ou est-elle susceptible de devenir le « genre commun » du tourisme ?

3. Au-delà du tourisme. Partages, expériences, hybridations

Jeudi 16 mars 2017, auditorium de la tour Sequoia, MEEM/MLHD, La Défense

Le troisième séminaire transversal portera sur le dépassement du paradigme touristique. Il vise à étayer – ou à infirmer – l’hypothèse d’un changement de régime, depuis le milieu des années 1980 et surtout depuis les années 2000, en lien avec l’entrée dans le règne de l’hyper-mobilité et de la société hyper-moderne. Il vise à explorer un dépassement de l’ère touristique lié notamment au rôle de la société civile dans la coproduction du produit touristique.

Quelles conceptualisations sont adéquates pour rendre compte d’un dépassement du tourisme tel qu’il a émergé dans le cadre des sociétés industrielles occidentales et tel qu’il s’est développé dans le contexte d’une économie fordiste ? L’hypothèse du post-tourisme a été énoncée dès 1985 (Feifer, 1985) puis développée par différents auteurs pour désigner l’hybridation croissante des pratiques touristiques et des pratiques « ordinaires » et la co-production du produit touristique par les touristes. Compte-tenu de l’évolution théorique depuis cette date d’une part, des évolutions touristiques d’autre part, comment présenter aujourd’hui cette hypothèse ? Autrement dit, “What is new about “new” urban tourism?” (Novy, 2011).

Si le post-tourisme au sens littéral de « processus de transition et de reconversion résidentielle des stations et régions touristiques » (Bourdeau, 2012, p. 43) sera étudié dans le deuxième séminaire, le troisième sera consacré au post-tourisme au sens large de « tourisme post-moderne, renouvelé par des phénomènes de réinventions et d’hybridations récréatives et géotouristiques qui font la part belle à l’hétérogénéité des nouveaux lieux mis en tourisme (…) et des nouveaux regards, pratiques et liens qui s’y déploient » (ibid.).

Les catégorisations alternatives d’après-tourisme, hyper-tourisme, complémentaire du tourisme de masse, tourisme post-fordiste (Urry, 1990) et/ou néo-fordiste (Torres, 2002), alter-tourisme (Corneloup, 2014) … seront également examinées, en lien avec les théories de la société post-moderne ou hypermoderne (Lipovetsky, 2006). P. Bourdeau (2012) propose par exemple une grille de lecture de l’après-tourisme distinguant le post-tourisme de l’hyper-tourisme et du trans-tourisme. Comment ces catégories peuvent-elles rendre compte des évolutions qui se manifestent sur les différents terrains ?

Ce séminaire s’interrogera sur les hybridations qui président à un au-delà du tourisme. Comment et par qui sont décloisonnés le quotidien et le touristique ? Quel statut accorder au paradoxe du tourisme des habitants promu par certains acteurs, par exemple le Comité départemental du Tourisme de Seine-Saint-Denis (Jacquot, 2015) ?

Il analysera les caractéristiques du « nouveau » tourisme. Ce nouveau tourisme se caractérise-il par une quête d’authenticité fantasmée (Maitland, 2010), d’un nouveau backstage (Mac Cannell, 1973), ou par une consommation assumée de spectacles par-delà toute question d’authenticité (Cohen, 2008) (les deux tendances étant évoquées dans la littérature) ? Comment sont décloisonnées touristicité et récréativité ?

Quels sont les liens entre le post- ou l’hyper-tourisme et un hyper-patrimoine, également caractérisé par la déhiérarchisation, la désintermédiation et une démarche expérientielle (Gravari-Barbas, 2014) ?

Organisation

Dates et lieu des séminaires :

  • Séminaire 1 : jeudi 15 décembre 2016, auditorium de la tour Sequoia, MEEM/MLHD, La Défense
  • Séminaire 2 : jeudi 2 février 2017, auditorium de la tour Sequoia, MEEM/MLHD, La Défense
  • Séminaire 3 : jeudi 16 mars 2017, auditorium de la tour Sequoia, MEEM/MLHD, La Défense

Publics des séminaires 

Les séminaires, largement interdisciplinaires, s’adressent à des praticiens, chercheurs, doctorants et étudiants intéressés par les champs du tourisme et de l’aménagement du territoire.

Modalités de réponse à l’appel à communication 

Les propositions de communication devront contenir :

  •       Le titre du séminaire dans lequel s’inscrit la communication
  •       Le titre de la communication
  •       Le(s) nom(s) de(s) auteur(s)
  •       Le résumé de la communication, au maximum 9000 signes espaces compris,
  •       Les coordonnées complètes de l’auteur principal
  •       Une brève présentation des auteurs (maximum 700 signes espaces compris).

Les propositions peuvent être rédigées en français ou en anglais

Modalités d’envoi des communications 

  •       Les propositions de communication seront envoyées par mail à l’attention de Maria Gravari-Barbas (maria.gravari-barbas@wanadoo.fr) et Géraldine Djament-Tran (geraldine.djament@wanadoo.fr).
  •       date limite d’envoi : le jeudi 15 septembre 2016.

  •       Réponses du comité d’organisation : le lundi 17 octobre 2016.

Valorisation

Les séminaires seront filmés. Les captations vidéo seront mises en ligne sur le site internet du PUCA.

Une sélection de communications donnera lieu à la publication d’un dossier dans la revue les Annales de la recherche urbaine. Un appel à articles spécifique sera lancé ultérieurement, selon les dispositions propres à cette revue.

Responsables scientifiques

  • Maria Gravari-Barbas (EA 7337 EIREST),
  • Géraldine Djament-Tran (UMR 7363 SAGE, associée à l’EIREST)

Comité scientifique

  • CHENEVEZ Alain MCF (sociologie) EA 4177 CIMEOS Université de Bourgogne
  • COMINELLI Francesca MCF (économie) EA 7337 EIREST Université Paris 1
  • CONDEVAUX Aurélie Docteur (anthropologie) EA 7337 EIREST Université Paris 1
  • DJAMENT-TRAN Géraldine MCF (géographie) UMR 7363 SAGE, associée à l’EIREST Université de Strasbourg
  • FAGNONI Edith PR (géographie) UMR 8185 ENEC, associée à l’EIREST Université Paris IV
  • GRAVARI-BARBAS Maria PR (géographie) EA 7337 EIREST Université Paris 1
  • GUINAND Sandra Chercheure post-doc (géographie) Associée à l’EIREST & Centre Jacques Berque, Rabat
  • HERTZOG Anne MCF (géographie) Laboratoire MRTE Univ. de Cergy-Pontoise
  • JACQUOT Sébastien MCF (géographie) EA 7337 EIREST Université Paris 1
  • RENARD-DELAUTRE Cécile Docteur (Architecte) EA 7337 EIREST

Comité de pilotage 

  • BANÂTRE Marie, PUCA
  • CORDOBES Stéphane, CGET
  • CROS Laurence, club ville aménagement
  • DESMET Marie-Laure, Atout-France
  • DIAZ Isabel, DGALN/AD1
  • GAY Christophe, Forum vies mobiles
  • LE LAGADEC Anne, PNR Haute vallée de Chevreuse
  • SALLET-LAVOREL Hélène, CDT94
  • SAMUEL Eva, architecte conseil de l’Etat
  • TILLET Marion, IAU IDF
  • VERNHES Martine, PUCA

Institutions organisatrices 

PUCA :

Le Plan Urbanisme Construction Architecture (Puca) est une agence interministérielle créée en 1998 afin de faire progresser les connaissances sur les territoires et les villes et éclairer l’action publique. Le Puca initie des programmes de recherche incitative, de recherche-action, d’expérimentation et apporte son soutien à l’innovation et à la valorisation dans les domaines de l’aménagement des territoires, de l’urbanisme, de l’habitat, de l’architecture et de la construction.

Site Internet : http://www.urbanisme-puca.gouv.fr/

EA EIREST :

L’Equipe Interdisciplinaire de REcherches Sur le Tourisme (EA EIREST 7337) de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne réunit des enseignants-chercheurs et des doctorants sur la thématique du tourisme abordé comme un champ transversal. Les recherches sont structurées en trois axes : « tourisme et métropolisation » ; « tourisme, patrimoine et développement » ; « images, imaginaires, imaginations ». Elle développe une activité importante de séminaires de recherche, de colloques et de publications. Au sein de Paris 1, l’EIREST travaille en étroite collaboration avec la Chaire UNESCO « Culture, Tourisme, Développement ». Elle est une des équipes qui porte la revue internationale, transdisciplinaire et multilingue Via@ (http://viatourismreview.com/). L’EIREST est membre du Labex Dynamite.

Site Internet : https://www.univ-paris1.fr/unites-de-recherche/eirest/

Références bibliographiques

  • Artières, Philippe, 2014, Rêves d'histoire - Pour une histoire de l'ordinaire, Paris, Editions Verticales.
  • Bachimon, Philippe, 2013, Vacance de lieux, Paris, Belin.
  • Bourdeau, Philippe (dir.), 2007, Les sports d'hiver en mutation : crise ou révolution géoculturelle ?; Paris, Hermès Science Publication, Lavoisier.
  • Bourdeau, Philippe, 2009, « De l’après-ski à l’après-tourisme, une figure de transition pour les Alpes ? », Revue de Géographie Alpine | Journal of Alpine Research, n° 97-3, mis en ligne le 09 décembre 2009. URL : http://rga.revues.org/1049
  • Bourdeau, Philippe. 2012, Le tourisme réinventé par ses périphéries ?. Bourlon F., Osorio M., Mao P., Gale T. Explorando las nuevas fronteras del turismo. Perspectivas de la invetigacion en turismo, Nire Negro, pp.31-48, 978 956 8647 07 0. <hal-01002411>
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  • Butler, Richard W., 1980, “The concept of the tourist area life-cycle of evolution: implications for management of resources”, Canadian Geographer 24 (1), pp.5-12.
  • Corneloup, Jean, 2014, « L’habitabilité récréative et écologique des métropoles contemporaines, une ressource territoriale majeure », in Kadri, Boualem (dir.), Dynamiques métropolitaines et développement touristique, PUQ.
  • de Certeau, Michel, 1980, L’invention du quotidien, Paris, Union générale d’édition.
  • Chauvier, Eric, 2011, Anthropologie de l’ordinaire. Une conversion du regard, Toulouse, Anacharsis, coll. Essais.
  • Clivaz, Christophe, Nahrath, Stéphane & Mathis Stock, 2011, « Le développement des stations touristiques dans le champ touristique mondial », in Duhamel, P. & Kadri, B. (dir.), Tourisme et mondialisation Paris: Espaces, p. 276-286.
  • Cohen, Erik, 2008, “The Changing Faces of Contemporary Tourism”, Symposium: Touring the World, Society, Volume 45, No 4, pp 330-333.
  • Darbellay, Frédéric, Clivaz, Christophe, Nahrath, Stéphane, Stock, Mathis, 2011, « Approche interdisciplinaire du développement des stations touristiques », Mondes du Tourisme, n°4, pp. 36-48.
  • Duhamel, Philippe, Kadri, Boualem, 2011, Tourisme et mondialisation, Paris, Éditions touristiques européennes.
  • Équipe Mit, 2005, Tourismes 2. Moments de lieux, Paris: Belin.
  • Fabre, Daniel (dir.), 1993, Écritures ordinaires, Paris, POL.
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  • François, Hugues, Bourdeau, Philippe, Perrin-Bensahel, Liliane (dir.), 2013, Fin (?) et confins du tourisme : interroger le statut et les pratiques de la récréation contemporaine, Paris, L’Harmattan.
  • Geppert, Anna et Emmanuelle Lorenzi, 2013, « Le “patrimoine du quotidien”, enjeu renouvelé pour les urbanistes européens », Bulletin de l'Association de géographes français, vol.90, n°2, pp.170-185.
  • Girard, Alain, 2013, « Faut-il raccorder une théorie générale de la postmodernité à une théorie à moyenne portée du post-tourisme ? », in Bourdeau, Philippe, Hugues François et Liliane Perrin-Bensahel (dir.), Fin (?) et confins du tourisme. Interroger le statut et les pratiques de la récréation contemporaine , Paris: L'Harmattan, pp. 43-52.
  • Goffman, Erving, 1963, Stigma, Englewood Cliffs, Prentice Hall. (Ed. française : 1975, Stigmates : les usages sociaux des handicaps, Paris, Editions de Minuit).
  • Gravari-Barbas, Maria, Fagnoni, Edith, 2013, Métropolisation et tourisme. Comment le tourisme redessine Paris, Belin, Paris.
  • Gravari-Barbas, Maria, Delaplace, Marie, 2016, Le Tourisme hors des sentiers battus, Teoros (à paraître).
  • Gravari-Barbas, Maria. 2014, Atelier de réflexion prospective Nouveaux défis pour le patrimoine culturel. Rapport final: http://www.agence-nationale-recherche.fr/missions-et-organisation/ateliers-de-reflexion-prospective/nouveaux-defis-pour-le-patrimoine-culturel/
  • Isnart, Cyril, 2012, « Les patrimonialisations ordinaires. Essai d’images ethnographiées ». ethnographiques.org, Numéro 24 - juillet 2012
  • Jacquot, Sébastien, 2015, « Politiques de valorisation patrimoniale et figuration des habitants en banlieue parisienne (Plaine Commune) », EchoGéo, n°33, URL : http://echogeo.revues.org/14317 ; DOI : 10.4000/echogeo.14317
  • Jacquot, Sébastien, Gravari-Barbas, Maria, Fagnoni, Edith, 2013, « Patrimonialisation et tourisme dans la région métropolitaine parisienne. », in Gravari-Barbas, Maria, Fagnoni, Edith (dir.), Métropolisation et tourisme. Comment le tourisme redessine Paris, Belin, Paris, pp.103-117.
  • Knafou, Rémy, 2000, « Les mobilités touristiques et de loisirs et le système global des mobilités », in Bonnet, Michel, Desjeux, Dominique (eds), Les territoires de la mobilité, Paris, PUF, pp. 85-94.
  • Knafou, Rémy, 1996, « La transformation des lieux anciennement touristiques », Méditerranée, 84, n°3, pp. 3-4.
  • Leclercq, Jean-Luc, 2013, L’ordinaire comme catégorie esthétique, thèse en arts plastiques de l’université Jean Monnet (Saint-Etienne)
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Lieux

  • amphithéâtre, Tour sequoia
    La Defense, France (92)

Dates

  • jeudi 15 septembre 2016

Mots-clés

  • tourism, tourisme

URLS de référence

Source de l'information

  • Marie Banâtre
    courriel : marie [dot] banatre [at] developpement-durable [dot] gouv [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Avant et après le tourisme », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 09 août 2016, https://calenda.org/374349

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