Calenda - Le calendrier des lettres et sciences humaines et sociales

L'Italie pour bagage

With Italy in their baggage

L'Italia come bagaglio

Migration, circulations et Italianité (XIXe-XXIe) siècle

Migration, circulations and Italianess (XIXth-XXIst) century

Migrazione, circolazioni e italianità XIX-XXI secolo

*  *  *

Publié le jeudi 17 novembre 2016 par João Fernandes

Résumé

L’émigration italienne à travers le monde depuis la fin du XIXe siècle constitue l’un des plus importants mouvements migratoires de l’histoire contemporaine. 26 millions d’Italiens ont quitté la Péninsule des années 1860 aux années 1960. Plus récemment, depuis le début des années 2000, une « nouvelle vague migratoire » d’Italiens plus qualifiés est apparue. Tant en Italie que dans les pays d’accueil, cette migration a donné lieu à une historiographie foisonnante et récemment renouvelée par les approches circulatoires ou transnationales. Ce colloque international et interdisciplinaire entend poursuivre la réflexion et les échanges en portant attention à l’articulation entre la circulation des Italiens dans le monde et leur rapport à l’Italie dans une perspective plus culturelle que politique.

Since the end of the 19th century, Italian emigration to the rest of the world has become one of the most important migratory movements in contemporary history. Twenty-six million Italians left the Peninsula during the hundred years between the 1860s and the 1960s. More recently, since the beginning of the 2000s, a new wave of more skilled migrants has emerged. In Italy itself, as well as in countries of destination, this migration has proved to be a rich source for historical researchers, recently renewed by the circulatory and transnational approaches. This international and interdisciplinar conference intend to expand this reflexion and encourage further discussions on the interaction between the circulation of Italians around the world and their relationship with Italy from a cultural, rather than a political, perspective

Annonce

Argumentaire

L’émigration italienne à travers le monde depuis la fin du XIXe siècle constitue l’un des plus importants mouvements migratoires de l’histoire contemporaine. 26 millions d’Italiens ont quitté la Péninsule des années 1860 aux années 1960. Plus récemment, depuis le début des années 2000,  une « nouvelle vague migratoire » d’Italiens plus qualifiés est apparue. Tant en Italie que dans les pays d’accueil, cette migration a donné lieu à une historiographie foisonnante principalement portée sur les conditions de départ et d’accueil comme en témoigne les deux volumes (Partenza et Arrivi) de l’importante Storia dell’emigrazione italiana (Bevilacqua, De Clementi, Franzina, 2002). L’action de l’État italien envers ses « colonies » à l’étranger (Choate, 2008) mais aussi les effets socio-économiques de l’émigration sur les territoires d’origine (Douki, 1996) ont été notamment examinés. L’immigration a souvent été abordée dans une perspective de distinction continentale, entre Europe et Amériques notamment, et nationales. L’attention s’est focalisée sur les modalités d’intégration, parfois dans une dimension comparative, entre New York et Buenos Aires (Baily, 1999) ou entre Paris et New York (Rainhorn, 2005). Les études sur les Littles Italies, étendues au-delà du seul cas américain (Blanc-Chaléard, Bechelloni, Deschamps, Dreyfus, Vial 2007), ont mis l’accent sur la dimension territoriale et sociale permettant notamment d’appréhender des « chaînes migratoires » (MacDonald 1964) fondées sur le double localisme. L’émigration italienne conduit en effet nécessairement à articuler le local, le régional et le national (Franzina, 2014).

Les approches diasporiques (Ramirez, Pozzetta 1992 ; Tomasi 1994 ; Gabaccia 2000) et transnationales (Tirabassi 2005, Waldinger 2006), de même que les travaux sur les retours (Wyman 1996) ont contribué au renouvellement des études en invitant au dépassement du couple émigration/immigration pour favoriser une approche plus globale, hier comme aujourd’hui, attentive à l’ensemble de l’ « espace migratoire » (Simon 2008) ou du « territoire circulatoire » (Tarrius 1994), que vient entériner le volume Migrazioni de la Storia d’Italia (Corti, Sanfilippo 2009).

Cette nouvelle approche transnationale et globale des migrations invite ainsi à interroger le paradigme de l’intégration. L’historiographie nord-américaine, influencée par le courant des ethnic studies, s’est efforcée de le dépasser en distinguant l’identité politique de l’identité culturelle, sans pour autant les opposer. Plus généralement le maintien et même le développement de nouvelles formes d’Italianità, conçue de la manière la plus générique comme une manière « d’être ou de sentir italien » (Enciclopedia Treccani), ont été mis en exergue et discuté dans les sciences sociales.

Dans le prolongement de ces travaux, il apparaît utile de poursuivre la réflexion et les échanges en portant attention à l’articulation entre la circulation des Italiens dans le monde et leur rapport à l’Italie dans une perspective plus culturelle que politique. 

Dans le cadre de l’exposition Ciao Italia ! organisée au Musée national de l’immigration à Paris le colloque international « L’Italie pour bagage. Migration, circulations et italianité XIXe-XXIe siècles » entend réunir des chercheurs issus de différentes disciplines.

Le questionnement portera d’une part sur le maintien, la transformation ou l’affirmation d’une culture italienne dans le processus migratoire ou après celui-ci. La réflexion se positionnera donc par-delà l’intégration ou le settlement, phénomènes qu’il ne s’agira pas de nier mais d’examiner sous un autre angle. En d’autres termes il s’agira d’essayer de comprendre ce que la migration fait à l’italianité : que reste-t-il de la culture, des pratiques, de l’identité (ou des identités) italienne pendant ou au terme voyage ? Les allers-retours, les liens de toute nature, matériels ou culturels, avec la famille ou le pays d’origine viennent-ils maintenir, transformer ou renforcer cette part de l’identité des migrants ? A travers quelles institutions, quelles structures sociales, grâce à quels supports ces liens se construisent-ils ? Comment se transmettent-ils et évoluent-ils dans le temps ?

D’autre part, et inversement, il s’agira de s’interroger sur la façon dont la migration interroge l’italianité en Italie : en quoi les comportements des migrants influencent-ils l’histoire nationale italienne, en particulier la construction et la nature d’une citoyenneté dans laquelle il conviendra d’interroger le rôle éventuel du localisme renforcé par les liens entretenus avec les Italiens de l’étranger. Ici aussi la question des vecteurs et des moyens rendant possible ce jeu de miroir entre les Italiens de l’étranger et l’histoire de leur pays d’origine sera posée. 

En réunissant dans une même interrogation l’étude des Italiens et des Italiennes, de leurs pratiques et de leurs cultures en Italie et dans leurs destinations d’adoption à l’époque contemporaine et des différences de parcours migratoires des hommes et des femmes, ce colloque entend renforcer une histoire globale et culturelle des migrations italiennes. On s’efforcera, ce faisant, de souligner ses spécificités, ou au contraire ses similitudes, par rapport à d’autres migrations. 

Axes thématiques

Les communications proposées devront s’inscrire dans cette problématique générale et plus spécifiquement dans l’une des thématiques suivantes :

Voyage (s) : on interrogera ici la complexité des voyages des Italiens (allers et retours, voyages multiples, migrations par étape), mais aussi l’entre-deux voyages (attente, transit). On privilégiera une réflexion sur les liens entre la forme, la durée, le rythme du voyage et la question de l’italianité (réseaux, chaînes migratoires, mobilisation de ressources diverses en cas de difficulté)

Bagage (s) : on privilégiera ici une approche matérielle de l’examen du ou des bagages des Italiens, bien que la dimension métaphorique du bagage – ce que l’on emporte avec soi – ne soit pas exclue. On s’interrogera sur le choix des objets ou éléments transportés ; sur les périls liés au transport, au vol ou à la perte des bagages ; ou encore sur l’absence de bagages.

Papier (s) : papiers d’identités, lettres, archives familiales, presse, récits autobiographiques, argent… le papier ou les papiers sont ici le cœur de l’interrogation en tant que liens entre les migrants et leurs familles, entre migrants à l’étranger, ou en tant que témoignages de la migration à l’intention des générations suivantes.

Mots : dans le même esprit que pour le(s) papier(s) il s’agira à travers une réflexion sur la langue italienne, d’identifier et d’examiner un support de l’italianité. On portera une attention spécifique à la langue, à son évolution, à sa perte en une ou plusieurs générations, ou au contraire aux efforts déployés pour la maintenir. La chanson et la littérature, prenant ou non la migration comme sujet, seront considérées comme des manifestations de la culture italienne contribuant au déploiement d’une culture globale au-delà des frontières nationales.

Geste (s) : le questionnement portera sur les pratiques culturelles relevant de transferts ou d’échanges, d’influences mutuelles, entre la culture d’origine des migrants et celle des sociétés d’accueil. Des exemples pourront être développés pour des domaines aussi divers que l’agriculture, le sport, la religion, la cuisine, les techniques professionnelles, etc.

Institutions : on s’attachera spécifiquement à interroger le rôle des institutions dans la fabrication, le maintien ou le renforcement d’une italianité dans la migration. Les rôles des consulats, de l’Eglise, d’associations pourront faire l’objet d’une attention spécifique. 

Temporalités : des années 1870 à aujourd’hui, la migration italienne a considérablement évolué dans ses rythmes, dans ses destinations, dans ses modalités. Dans quelle mesure ce que l’on appelle italianité s’est-elle transformée au cours de la période ? Certaines périodes politiques (Risorgimento, fascisme, années de plomb, Italie Berlusconienne, etc.) ont-elles joué un rôle particulier en la matière ? La mémoire de la migration italienne contribue-t-elle aujourd’hui à créer une forme d’italianité spécifique et si oui laquelle ? Comment l’italianité est-elle transmise au sein d’une famille, que celle-ci soit restée unie ou au contraire ait été désunie par le processus migratoire ? Quel est le rôle du genre dans cette transmission ou dans cette non-transmission ?

Modalités pratiques d'envoi des propositions 

Les propositions de communication d’un maximum de 1500 signes (espaces compris) sont à envoyer à recherche.immigration@palais-portedoree.fr

le 20 décembre 2016 au plus tard,

accompagnées d’un court CV présentant leur auteur.

Les communication d’une durée maximale de 20 minutes pourront se faire en français, en anglais ou en italien.

Comité d’organisation

  • Marianne AMAR :  responsable du département de recherche du Musée National de l’Histoire de l’Immigration (Paris)
  • Manuela MARTINI :  professeur des universités (Lyon II),  LARHRA.
  • Stéphane MOURLANE :  maître de conférences à Aix-Marseille Université,  TELEMME. 
  • Dominique PAÏNI : titulaire de la chaire d’histoire du cinéma à l’Ecole du Louvre, commissaire d’expositions.
  • Céline REGNARD :  maître de conférences à Aix-Marseille Université, IUF, TELEMME.  

Comité Scientifique

  • Marc Lazar (CHSP, Sciences Po, Paris, France) 
  • Matteo Sanfilippo (Università della Tuscia, Viterbo Italy); Catherine Brice (CRHEC, Université Paris Est-IUF, France); Donatella Strangio (Università La Sapienza, Roma, Italy); 
  • Camille Schmoll (Université Paris Diderot, IUF, France); 
  • Michele Colucci (ISSM-CNR, Italy); 
  • Loretta Baldassar (University of Western Australia, Perth, Australia); 
  • Joao Fabio Bertonha (Associate Professor at the Department of History, State University of Maringá, Brazil.); 
  • Donna Gabaccia (University of Toronto, Canada); 
  • Joseph Sciorra (City University of New York, New York, USA);  
  • Fabrice Jesné (Ecole Française de Rome).

Argument

Since the end of the 19th century, Italian emigration to the rest of the world has become one of the most important migratory movements in contemporary history. Twenty-six million Italians left the Peninsula during the hundred years between the 1860s and the 1960s. More recently, since the beginning of the 2000s, a new wave of more skilled migrants has emerged. In Italy itself, as well as in countries of destination, this migration has proved to be a rich source for historical researchers, and especially on the conditions in which migrants departed and were welcomed, as can be seen in the impressive two-volume Storia dell’emigrazione italiana (Bevilacqua, De Clementi, Franzina, 2002): Partenza and Arrivi. Furthermore, researchers have analysed successive Italian governments' attitudes towards their overseas 'colonies' (Choate, 2008) and the socio-economic impact of emigration on regions of origin (Douki, 1996). Immigration has often been observed from a continental (notably between Europe and the Americas) and national perspective. This research has also highlighted forms of integration, sometimes through comparative studies covering New York and Buenos Aires (Baily, 1999), or Paris and New York (Rainhorn, 2005). Studies on Little Italies, in the Americas and elsewhere (Blanc-Chaléard, Bechelloni, Deschamps, Dreyfus, Vial 2007), have analysed the territorial and social dimensions and thus allowed us to extend our knowledge of 'migratory chains' (MacDonald 1964) with their dual localization. Research into Italian emigration has necessarily led to examining the interaction of local, regional and national perspectives (Franzina, 2014).

Studies of diasporas (Ramirez, Pozzetta 1992; Tomasi 1994; Gabaccia 2000) and transnational communities (Tirabassi 2005, Waldinger 2006), together with research on returns (Wyman 1996), have generated renewed interest in moving on from the dichotomy of emigration/immigration by taking a more global approach, now as in the past, and exploring the entire 'migratory space' (Simon 2008) and 'circular territory' (Tarrius 1994), both of which are well covered in the recent volume on Migrazioni published by Storia d’Italia (Corti, Sanfilippo 2009).

This new transnational and global approach to migration also invites us to challenge the paradigm of integration. Drawing on ethnic studies, North-American historical research has gone so far as to distinguish between political identity and cultural identity, without placing these two concepts in opposition to each other. More generally, the maintenance and development of new forms of Italianness, in itsbroadest interpretation as a way "of being or feeling Italian" (Enciclopedia Treccani), have also been highlighted and debated in the social sciences.

In order to extend the potential of these studies, it seems appropriate to expand our reflexion and encourage further discussions on the interaction between the circulation of Italians around the world and their relationship with Italy from a cultural, rather than a political, perspective.

To be held concurrently with the Ciao Italia! exhibition at the National Museum of Immigration in Paris, the International Conference on "With Italy in their baggage. Migration, circulation and Italianness in the 19th-20th centuries" will bring together researchers from a wide range of disciplines.

The debates will focus, on the one hand, on the maintenance, transformation and affirmation of Italian culture during or following migration. This approach will not be restricted to integration and settlement, which cannot be ignored, but rather will re-examine these phenomena from a different angle. In other words, the objective is to understand how migration affects Italianness: what do men and women retain of their Italian culture, customs, identity (or identities) during and at the end of their voyage? How do return travel and material and cultural links with the family or country of origin contribute to the maintenance, transformation or reinforcement of migrants' identity? What are the institutions and social structures that contribute to the construction of these links? How are these links transmitted and how do they change over time?

In addition, and inversely, the conference debates will question the ways in which migration has challenged Italianness in Italy: how does migrant behaviour influence Italy's national history? in particular, how does it influence the construction and nature of a citizenship and the possible role of localism when strengthened by links with Italians overseas? There is also the question of the vectors and resources that enable an interchange between Italians living overseas and the history of their country of origin.

By bringing together in a single event, the study of Italians, their practices and cultures in Italy and in their adopted country over the last two centuries, and the different migratory routes taken by these men and women, this conference will seek to strengthen the global and cultural history of Italian migration. It will, as a result, emphasize its specificities, and indeed its similarities, through compared with other national migratory flows.

Main themes

Proposals for papers should respect this general approach while reflecting specifically on one of the following themes:

Journey(s): the complexity of journeys by Italians (one-way/two-way, multiple journeys, multi-phased migration) and pauses within the voyage (waiting periods, transit). The main focus will be on the journey’s form, duration, and rhythm and on the question of Italianness (networks, migratory links, mobilization of various resources in difficult times).

Baggage(s): baggage carried by Italians, whether physical or metaphorical (carried 'within'); choice of objects, fear of loss through theft or disappearance during the journey, and also the absence of baggage.

Paper(s): identity papers, letters, family archives, newspapers, autobiographies, money, etc., paper and papers as evidence of links between migrants and their families and between migrants in different countries, and as evidence of migration as a way of helping future generations.

Words: the Italian language for constructing identity and as a resource for Italianness. Papers will specifically address the question of language, its evolution, its loss over one or more generations, and efforts to maintain it. Songs and literature, whether or not they focus on themes of migration, can be seen as manifestations of Italian culture that contribute to the deployment of a global culture beyond the national frontier.

Gesture(s): review of cultural customs relating to transfers and exchanges, influences shared by migrants' culture of origin and that of their country of destination. Papers can cover areas as diverse as agriculture, sport, religion, cuisine, professional skills, etc.

Institutions: there will be particular emphasis on the role of institutions in the development, maintenance and reinforcement of Italianness during migration. The role of consulates, the church, and associations could be discussed from this perspective.

Time scales: during the period between 1870 and today, the rhythms, destinations and modalities of Italian migration evolved massively. To what extent has what we call Italianness been transformed during this period? Have certain political periods (Risorgimento, fascism, Years of Lead, the Berlusconi years, etc.) played a particular role? How does the memory of Italian migration contribute today to the creation of a specific form of Italianness and, if so, which form? How is it handed down within the family, whether the family remains united or is scattered through migration? What is the role of gender in this transmission, or in its non-transmission?

Submission guidelines

Proposals for papers should be no longer than 1500 characters (including spaces) and must be sent to recherche.immigration@palais-portedoree.fr

by 20 December 2016 at the latest,

together with a short CV for the author.

Speakers will have a maximum of 20 minutes for their presentations which can be given in French, English or Italian.

Organizing committee

  • Marianne AMAR :  responsable du département de recherche du Musée National de l’Histoire de l’Immigration (Paris)
  • Manuela MARTINI :  professeur des universités (Lyon II),  LARHRA.
  • Stéphane MOURLANE :  maître de conférences à Aix-Marseille Université,  TELEMME. 
  • Dominique PAÏNI : titulaire de la chaire d’histoire du cinéma à l’Ecole du Louvre, commissaire d’expositions.
  • Céline REGNARD :  maître de conférences à Aix-Marseille Université, IUF, TELEMME.  

Scientific committee

  • Marc Lazar (CHSP, Sciences Po, Paris, France) 
  • Matteo Sanfilippo (Università della Tuscia, Viterbo Italy); Catherine Brice (CRHEC, Université Paris Est-IUF, France); Donatella Strangio (Università La Sapienza, Roma, Italy); 
  • Camille Schmoll (Université Paris Diderot, IUF, France); 
  • Michele Colucci (ISSM-CNR, Italy); 
  • Loretta Baldassar (University of Western Australia, Perth, Australia); 
  • Joao Fabio Bertonha (Associate Professor at the Department of History, State University of Maringá, Brazil.); 
  • Donna Gabaccia (University of Toronto, Canada); 
  • Joseph Sciorra (City University of New York, New York, USA);  
  • Fabrice Jesné (Ecole Française de Rome).

Argomento

L’emigrazione italiana nel mondo costituisce uno dei movimenti migratori più importanti della storia contemporanea. Ventisei milioni di italiane e italiani hanno lasciato la penisola a partire dal 1860. A partire dai primi anni del 2000, C’e una « nuova ondata di migrazione » degli italiani più qualificati.  Queste migrazioni hanno dato origine, tanto in Italia quanto nei paesi di arrivo, ad una storiografia ricca che si è concentrata particolarmente sulle condizioni di partenza e di accoglienza dei migranti, come lo testimoniano i due volumi Partenze e Arrivi dell’importante Storia dell’emigrazione italiana (Bevilacqua, De Clementi, Franzina, 2002). Studiose e studiosi si sono, in particolare, occupati delle politiche statali verso le « colonie » (Choate, 2008) e degli effetti socio-economici dell’emigrazione (Douki, 1996). La questione dell’immigrazione è stata precipuamente affrontata in una prospettiva di differenziazione a scala continentale, in particolare tra Europa e Americhe, e di differenziazione a scala nazionale. L’attenzione si è focalizzata sulle modalità di « integrazione », spesso in un’ottica comparativa, in metropoli quali New York e Buenos Aires (Baily, 1999) o Parigi e New York (Rainhorn, 2005). Gli studi delle Little Italy, estesisi al di là del caso statunitense (Blanc-Chaléard, Bechelloni, Deschamps, Dreyfus, Vial 2007), hanno sottolineato come la dimensione territoriale e sociale del processo migratorio permettano di individuare « catene migratorie » basate sul doppio localismo (MacDonald 1964). Lo studio dell’emigrazione italiana implica infatti la presa in conto delle articolazioni tra livello locale, regionale e nazionale (Franzina, 2014).

Gli approcci diasporici (Ramirez, Pozzetta 1992 ; Tomasi 1994 ; Gabaccia 2000) e transnazionali (Tirabassi 2005, Waldinger 2006), così come gli studi sui « ritorni » (Wyman 1996) hanno contribuito al rinnovamento degli studi sulle migrazioni, invitando ad interrogare il binomio emigrazione/immigrazione per favorire un approccio più globale, nel passato come nel presente, attento a cogliere la complessità dell’insieme dello « spazio migratorio » (Simon 2008) o del « territorio circolatorio » (Tarrius 1994), così come testimoniato dalla pubblicazione del volume Migrazioni della Storia d’Italia (Corti, Sanfilippo 2009).

Questo nuovo approccio transnazionale e globale delle migrazioni invita, inoltre, ad interrogare il paradigma dell’« integrazione ». Sotto l’impulso degli ethnic studies, la storiografia nord-americana ha specificatamente rimesso in discussione la nozione, distinguendo, senza tuttavia opporle, « identità politica » e di « identità culturale ». Più generalmente, nell’ambito delle scienze sociali è stata interrogata la nozione di « italianità »,concepita come « maniera d’essere o di sentirsi italiani » (Enciclopedia Treccani).

Nel prolungamento di questi lavori, appare proficuo proseguire la riflessione focalizzando l’attenzione sull’articolazione tra la circolazione delle italiane e degli italiani nel mondo e il loro rapporto all’Italia in una prospettiva tanto culturale che politica. 

Il convegno internazionale « L’Italia come bagaglio. Migrazione, circolazioni e italianità XIXe-XXIe secolo », organizzato nell’ambito della mostra Ciao Italia ! organizzata dal Musée national de l’Immigration di Parigi, intende riunire studiose e studiosi che lavorano su queste questioni nei diversi campi disciplinari.

Le interrogazioni di cui sarà questione riguarderanno il mantenimento, la trasformazione o l’affermazione di una « cultura italiana » nell’ambito dei processi migratori. La riflessione si collocherà, pertanto, al di là delle più note questioni dell’« integrazione » o del settlement;  fenomeni che si intenderà, certamente, esaminare, ma attraverso una nuova e diversa griglia analitica. In altri termini, si tratterà di cercare di capire ciò che il fenomeno migratorio fa all’« italianità »: cosa resta della cultura, delle pratiche dell’identità (delle identità) italiana (italiane) nel corso o alla fine del viaggio? Gli andirivieni, i legami (economici o culturali) con la famiglia o il paese d’origine mantengono, trasformano o rinforzano quest’aspetto dell’identità dei/delle migranti? Attraverso quali istituzioni, quali strutture sociali, grazie a quali supporti questi legami si costruiscono? Come si trasmettono come evolvono nel corso del tempo?

Si tratterà, poi, di questionare il modo in cui il fenomeno migratorio interroga l’« italianità »  in Italia: in che modo le pratiche delle/dei migranti influenzano la storia nazionale italiana, in particolare la costruzione e la natura di una forma di cittadinanza nell’ambito della quale si tratterà di prendere in considerazione l’eventuale ruolo giocato dalla dimensione localistica rinforzata da legami con italiani e italiane, ma anche compaesani e compaesane, all’estero. Si tratterà di analizzare le articolazioni tra vettori e mezzi che rendono possibile questo complesso plesso di relazioni tra italiane/italiani all’estero e storia nazionale. 

Riunendo in una stessa matrice di questioni lo studio delle italiane e degli italiani, delle loro pratiche e delle loro culture (in Italia o all’estero), delle differenze tra i percorsi migratori di uomini e donne e della loro evoluzione nel corso degli ultimi due secoli, il convegno intende contribuire a produrre una storia globale e culturale delle migrazioni italiane. L’intento è quello di sottolineare tanto le specificità che le similitudini tra il fenomeno migratorio italiano e quello di altri flussi migratori. 

Assi tematici

Le comunicazioni proposte si devono iscrivere nell’ambito della problematica generale (indicata dal titolo) e, più specificatamente, in uno dei seguenti assi tematici:

Viaggio/Viaggi: la sessione interroga la complessità dei viaggi delle italiane e degli italiani (andate e ritorni, viaggi multipli, migrazioni a tappe), così come pure l’intermezzo tra i viaggi (attesa, transito). Saranno privilegiate riflessioni che interrogano i legami tra la forma, la durata, il ritmo del viaggio e l’« italianità » (catene migratorie, percorsi a tappe, mobilizzazioni di altre risorse in caso di difficoltà).

Bagaglio/Bagagli: questa sessione privilegerà un approccio materiale dei bagagli di italiane e italiani, anche se la dimensione metaforica della nozione di bagaglio sarà presa in considerazione. Ci si interrogherà sulla scelta degli oggetti, sui pericoli del viaggio (furto, perdita dei bagagli), sull’invio o sull’assenza di bagagli.

Carta/Carte: carte di identità, lettere, archivi familiari, stampa, diari, banconote... la carte, le carte sono al cuore del fenomeno migratorio in quanto legame tra migranti e famiglie, tra gruppi di migranti all’estero o in quanto testimonianze della migrazione per le generazioni successive.

Parola/Parole: come nel caso di “Carta/Carte”, si tratterà di produrre una riflessione sulla lingua italiana, di identificare e di studiarla come supporto dell’« italianità ». Un’attenzione specifica sarà portata alla lingua, alla sua evoluzione, alla sua perdita su una o più generazioni o, al contrario, sugli sforzi per conservarla. Canzoni, letteratura (aventi o meno ad oggetto il fenomeno migratorio) saranno considerate come manifestazioni specifiche e vettori della cultura italiana al di là delle frontiere nazionali.

Gesto/Gesti: questa sessione prenderà ad oggetto le pratiche culturali che riguardano i trasferimenti, gli scambi, le mutue influenze tra cultura d’origine dei/delle migranti e quelle dei contesti nazionali di arrivo. Ci si potrà riferire tanto all’attività agricola che allo sport, alle pratiche religiose,alle tradizioni gastronomiche, alle tecniche professionali, e così via.

Istituzioni: questa sessione avrà ad oggetto lo studio del ruolo delle istituzioni nella fabbricazione, nel mantenimento o nel rafforzamento dell’« italianità » nel corso del processo migratorio. Il ruolo dei Consolati Generali, della Chiesa cattolica, delle associazioni potranno essere l’oggetto di analisi specifiche. 

Temporalità: dagli anni 1870 ad oggi, il fenomeno migratorio italiano ha subito diverse forme di evoluzione o cambiamento (nei ritmi, nelle destinazioni, nelle modalità). In che misura ciò che si chiama « italianità » si è trasformata? Diversi fasi politiche (il Risorgimento, il regime fascista, gli anni di piombo, l’Italia berlusconiana...) hanno avuto un ruolo particolare in tema di migrazioni? La memoria delle migrazioni italiane ha contribuito a creare una specifica forma di « italianità »? Come l’« italianità » si trasmette in seno alla struttura familiare? Qual è il ruolo del genere in questa trasmissione (o non trasmissione)?

Modalità di partecipazione 

Le proposte di comunicazione di un massimo di 1500 caratteri (spazi compresi) sono da spedire a recherche.immigration@palais-portedoree.fr

  entro il 20 dicembre 2016,

accompagnate da una breve nota biografica.

Le comunicazioni,  di una durata massima di 20 minuti, potranno essere fatte in italiano, in francese o in inglese.

Comitato organizzativo

  • Marianne AMAR :  responsable du département de recherche du Musée National de l’Histoire de l’Immigration (Paris)
  • Manuela MARTINI :  professeur des universités (Lyon II),  LARHRA.
  • Stéphane MOURLANE :  maître de conférences à Aix-Marseille Université,  TELEMME. 
  • Dominique PAÏNI : titulaire de la chaire d’histoire du cinéma à l’Ecole du Louvre, commissaire d’expositions.
  • Céline REGNARD :  maître de conférences à Aix-Marseille Université, IUF, TELEMME.  

Comitato scientifico

  • Marc Lazar (CHSP, Sciences Po, Paris, France) 
  • Matteo Sanfilippo (Università della Tuscia, Viterbo Italy); Catherine Brice (CRHEC, Université Paris Est-IUF, France); Donatella Strangio (Università La Sapienza, Roma, Italy); 
  • Camille Schmoll (Université Paris Diderot, IUF, France); 
  • Michele Colucci (ISSM-CNR, Italy); 
  • Loretta Baldassar (University of Western Australia, Perth, Australia); 
  • Joao Fabio Bertonha (Associate Professor at the Department of History, State University of Maringá, Brazil.); 
  • Donna Gabaccia (University of Toronto, Canada); 
  • Joseph Sciorra (City University of New York, New York, USA);  
  • Fabrice Jesné (Ecole Française de Rome).

Lieux

  • Musée National de l'Histoire de l'Immigration/ Institut Culturel Italien
    Paris, France (75)

Dates

  • mardi 20 décembre 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • migration, circulation, Italie, italianité, culture

Contacts

  • Stéphane Mourlane
    courriel : stephane [dot] mourlane [at] univ-amu [dot] fr
  • Manuela Martini
    courriel : manuela [dot] martini3 [at] gmail [dot] com
  • Céline Regnard
    courriel : celregnard [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Céline Regnard
    courriel : celregnard [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« L'Italie pour bagage », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 17 novembre 2016, https://calenda.org/383689

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