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Figures et personnages de l’urbain

Urban figures and characters

Repeupler l’esthétique urbaine

How to repopulate urban aesthetics

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Publié le mercredi 26 avril 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Ce numéro spécial de la revue Contour est ouvert à des travaux de chercheuses et chercheurs de toutes les disciplines, au sein ou aux abords des études urbaines, des sciences sociales, de la philosophie, de l’histoire, de l’art, qui questionnent les personnages et les figures de l’urbain. Le but est de contribuer à une mise en question et un renouvellement de ces figures et personnages, ainsi que de contribuer, de manière plus générale, abstraite, théorique, à penser la figure, la figuration et les personnages

Annonce

« Le problème de la réalité ne divise par aucune façon les arts et les sciences, il les rapproche au contraire. » (Feyerabend, 2003, p. 44)                  

Argumentaire

L’urbain (Lussault, 2003) est travaillé, du dedans, par une série de personnages, que l’on écrive à propos du blasé ou de l’étranger (Simmel, 1989)du cyborg (Haraway, 2006 ; Hoquet, 2011), du passant singulier (Joseph, 1984), du hobo (Anderson, 2011), de Diogène (Goulet-Cazé, 1986) ou de Baudelaire - ou de quelque figure qui peut lui être associée (Benjamin, 1982 ; Merrifield, 2000). L’urbain est aussi traversé par des figures : celle de l’agora, du rhizome, de la polis, de l’archipel, du réseau. Un répertoire de personnages et de figures informe et transforme la perception que l’on peut avoir de l’espace urbain. La figure et les personnages conceptuels sont des tentatives pour rêver, pour décrire et donner du sens. Ces personnages et ces figures, de provenance disciplinaire et de courants de pensée divers, vivent une évolution : ils naissent, se stabilisent, vieillissent, avec plus ou moins d’ordre, c’est-à-dire que leur intensité, leurs effets de perturbations et de gain de lucidité s’émoussent. Mais aussi, en circulant, personnages et figures peuvent se doter de significations et d’une efficace renouvelée.

La figure et le personnage rapprochent la science sociale de ses « autres » : « Non pas science-fiction, mais fiction utilisée dans la science pour sa faculté à produire des images et des récits, et pour ses propriétés heuristiques (en voyant on comprend mieux) et rhétoriques (on frappe l’imagination des lecteurs) » (Aït-Touati, 2011, p. 77). La figure comme méthode permet de penser autrement la ville. Comme la peinture par les figures qu’elles constituent, la recherche en sciences sociales « suppose qu’il y ait déjà sur la toile (comme dans la tête du peintre) des données figuratives, plus ou moins virtuelles, plus ou moins actuelles » (Deleuze, 2002 : 93) La figure, précise Jean-François Lyotard, ne signifie pas, et se distingue du symbole. La figure, au contraire de signifier, ébranle tout discours et toute signification, est irréductible au langage et perdure comme indubitablement sensible (2002 : 13). Les personnages, conceptuels, ont quant à eux, dans le cadre du discours, du récit, une fonction comparable sous certains angles : le personnage n’a rien à voir avec une personnification abstraite, un symbole ou une allégorie : les personnages ce sont au contraire les « vrais agents d’énonciations, qui permettent d’impulser un mouvement à une pensée ». La recherche a toujours besoin d’un personnage, qui va embrayer le concept, le mettre en mouvement. « La différence entre la figure esthétique et le personnage conceptuel, écrivaient Guattari et Deleuze, consiste d’abord en ceci : les uns sont des puissances de concepts, les autres, des puissances d’affects et de percepts » (Deleuze & Guattari, 1991 : 65-sq.) Les figures et personnages permettent, par leurs fondamentales irréductibilités, de saisir transversalement les environnements qu’ils font et qui les font. De ce fait, il nous semble essentiel de raviver le répertoire esthétique, sémiotique et discursif par lequel nous percevons l’urbain, afin de produire des personnages/figures/images de pensée vivifiantes et d’expliciter des processus d’institution/institutionnalisation/constitution négligés. Ces nouvelles figures peuvent entraîner de nouvelles perceptions de l’espace urbain, et ainsi de nouvelles compositions des collectifs qui le fabriquent, pour augurer des imaginaires de recherche épanouissants.

Ce numéro de la revue Contour est ouvert à des travaux de chercheuses et chercheurs de toutes les disciplines, au sein ou aux abords des études urbaines, des sciences sociales, de la philosophie, de l’histoire, de l’art, qui questionnent les personnages et les figures de l’urbain. Le but est de contribuer à une mise en question et un renouvellement de ces figures et personnages, ainsi que de contribuer, de manière plus générale, abstraite, théorique, à penser la figure, la figuration et les personnages. En cela, ces figures et personnages permettront de penser à nouveaux frais la question de l’espace public et de « l’inattention civile » qui y est associée (Goffman, 1984). Ce numéro de Contour portant sur les « Figures et personnages de l’urbain » a autant pour but de revenir sur certaines images classiques de l’urbain, que d’en construire de nouvelles ou non-encore éculées. Il s’agit d’oser des néologismes, des archaïsmes, des figures, des images, des mouvements, des personnages, pour relancer l’exploration de la densité et de la diversité de l’espace urbain, par des images de pensée revigorantes. De là, on pourra augurer une nouvelle perception de l’expérience urbaine, et ainsi, une nouvelle définition de l’urbanité, à la fois plus pragmatique et plus poétique. 

Conditions de soumission

Les propositions de textes, entre 500 et 1000 mots, développeront une approche inédite d’une figure ou d’un personnage de l’urbain. La proposition esquissera la figure, les éléments bibliographiques pertinents et la longueur estimée du texte. La proposition est à envoyer

avant le 3 juillet 2017

à alexandre.rigal@epfl.ch.

Une réponse vous sera envoyée autour du 3 août 2017 et les papiers définitifs devront nous parvenir au plus tard le 3 novembre 2017.

*Toutes les soumissions font l’objet d’une révision éditorial et d’une évaluation par les pairs. Contour publie du matériel original uniquement. Pour plus d'information, consulter le site de Contour : contour.epfl.ch

Comité scientifique

  • Prof. Vincent Kaufmann
  • Prof. Martin Fröhlich
  • Prof. Inès Lamunière
  • Prof. Luca Ortelli
  • PATT Emmanuel Rey
  • Prof. Philippe Thalmann
  • Prof. Paola Viganò

Bibliographie         

Ait-Touati, F. (2011). Contes de la lune, Essais sur la fiction et la science modernes. Paris : Gallimard.

Alexander, C (1967). A city is not a tree. Ekistics. 344-348.

Anderson, N. (2011). Le hobo, sociologie du sans abri. Paris : Armand Colin.

Benjamin W. (1982) Charles Baudelaire : Un poète lyrique à l’apogée du capitalisme. Paris : Payot

Deleuze G. (2002) Francis Bacon : Logique de la sensation, Paris : Editions du Seuil.

Deleuze G., Guattari F. (1980) Mille Plateaux. Capitalisme et schizophrénie 2. Paris : Editions de Minuit.

Deleuze G., Guattari F. (1991). Qu’est-ce que la philosophie ? Paris : Les Editions de Minuit.

Dehaene, M., De Cauter L. (2008). Heterotopia and the City: Public Space in a Postcivil Society. London: Routledge.

Feyerabend, P. (1993). Against method. New York: Verso.                          

Feyerabend, P. (2003). La science en tant qu’art. Paris: Albin Michel.

Fraterrigo, E. (2009). Playboy and the making of the good life in modern America. Oxford: Oxford University Press.

Goffman, E. (1984). The Presentation of Self in Everyday Life. Harmondsworth : Penguin.

Goulet-Cazé, M.-O. (1986). L’ascèse cynique, Un commentaire de Diogène Laèrce, VI 70-71. Paris : Vrin.

Groys, B. (2008). The city in the age of touristic reproduction. Art Power. Cambridge: MIT Press. 101–110.

Haraway, D. (2006). A cyborg manifesto: Science, technology, and socialist-feminism in the late 20th century. In The international handbook of virtual learning environments. Dordrecht: Springer. 117–158.

Hoquet, C. (2011). Cyborg Philosophie : penser contre les dualismes. Paris : Seuil.

Ellul, J. (1975). Sans feu ni lieu, Signification biblique de la Grande Ville. Paris : Gallimard.

Ingold, T. (2007). A Brief History of Lines. London: Routledge.

Ingold, T. (2015). The life of lines. London: Routledge.

Joseph, I. (1984). Le passant Considérable : Essai sur la dispersion de l’espace public. Paris : Librairie des Méridiens.

Koolhaas, R. (1994). Delirious New York. New York: The Monacelli Press.

Koolhaas, R. (2002). Junkspace. Obsolescence. 175-190.

Lussault, M. (2003). « Urbain », 949-951, in Lussault Michel, « Agencement », pp. 45-47 in Lévy, J., Lussault, M. Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés. Paris : Belin.

Lyotard J.-F. (1971) Discours, figure. Paris: Klincksieck

Merrifield A. (2000). “The Dialectics of Dystopia: Disorder and Zero Tolerance in the City”, International Journal of Urban and Regional Research, Volume 24.2                                     

Serres, M. (1983). Rome, Le livre des Fondations. Paris : Grasset.

Simmel, G. (1989). Philosophie de la modernité. Paris : Payot.

Sloterdijk, P. (2016). Foams, Spheres Volume III : Plural Spherology. Cambridge : MIT Press.

Catégories

Lieux

  • Lausanne, Confédération Suisse

Dates

  • lundi 03 juillet 2017

Mots-clés

  • représentation, figure, ville, urbain

Contacts

  • Alexandre Rigal
    courriel : alexandre [dot] rigal [at] epfl [dot] ch

URLS de référence

Source de l'information

  • Alexandre Rigal
    courriel : alexandre [dot] rigal [at] epfl [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Figures et personnages de l’urbain », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 26 avril 2017, https://calenda.org/403732

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