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Trajectoires de vulnérabilité des territoires de montagne face aux changements globaux

Mountain areas’ trajectories of vulnerability amidst global change

Revue de géographie alpine

Journal of Alpine Research

*  *  *

Publié le mardi 23 mai 2017 par João Fernandes

Résumé

Ce numéro thématique du Journal of Alpine Research/Revue de géographie alpine (JAR/RGA) appelle à identifier et scénariser des trajectoires de vulnérabilité des territoires de montagne en réponse aux changements globaux sur le long terme. Il s’agit de questionner les dynamiques territoriales sur une temporalité longue (qui peut varier de quelques décennies à plusieurs siècles) au croisement des phénomènes sociétaux et climatiques. C’est donc un retour réflexif sur la construction des territoires à travers l’entrée des trajectoires de vulnérabilité que nous souhaitons développer en cherchant. En quoi ce concept permet d’analyser les territoires de montagne sous un angle nouveau ?

This thematic issue of the Journal of Alpine Research/Revue de géographie alpine JAR/RGA calls on researchers to identify and plot mountain areas’ trajectories of vulnerability in response to global change over a long period of time. The issue of long-term territorial dynamics (ranging from a few decades to several centuries), situated at the crossroads of societal and climate phenomena, needs to be examined. In other words, we are looking for a consideration of how territories are constructed against the backdrop of trajectories of vulnerability. How does this concept enable us to analyse mountain areas in a new light?

Annonce

Contexte et problématique

Ce numéro thématique du Journal of Alpine Research/Revue de géographie alpine (JAR/RGA) appelle à identifier et scénariser des trajectoires de vulnérabilité des territoires de montagne en réponse aux changements globaux sur le long terme. Il s’agit de questionner les dynamiques territoriales sur une temporalité longue (qui peut varier de quelques décennies à plusieurs siècles) au croisement des phénomènes sociétaux et climatiques. C’est donc un retour réflexif sur la construction des territoires à travers l’entrée des trajectoires de vulnérabilité que nous souhaitons développer. En quoi ce concept permet d’analyser les territoires de montagne sous un angle nouveau ?

Cette approche s’ancre dans la problématique des changements globaux puisque l’analyse des trajectoires de vulnérabilité donne à comprendre comment les évolutions sociétales, économiques et environnementales peuvent modifier les modèles de développement des territoires de montagne. Recourir à la notion de trajectoire permet ainsi de désigner les tendances majeures des évolutions d’un système, puisque des réponses à court terme aux évolutions structurantes pour le futur peuvent renforcer la vulnérabilité du territoire à long terme. C’est bien par une analyse de type systémique que les trajectoires de vulnérabilité se dessinent et qu’il est possible d’identifier des rétroactions positives ou négatives sur le modèle de développement.

En s’appuyant sur les travaux d’A. Magnan, V. Duvat (2012, 2010) et E. Longépée (2014) portant sur les littoraux, nous proposons ici de transposer le concept de « trajectoires de vulnérabilité » aux territoires de montagne.

La trajectoire traduit un enchaînement de processus qui définit une évolution spécifique à chaque territoire et dans des temporalités pouvant être variables. À ce titre, le passage d’un modèle socio-économique traditionnel des territoires de montagne (agriculture, pastoralisme, etc.) vers un développement centré sur le tourisme est un exemple frappant de bifurcation ou de transformation de l’usage des territoires. À travers le concept de trajectoires, c’est l’ensemble des temporalités et des acteurs à l’initiative de ces transformations qui doivent être convoqués. C’est également la possibilité de mettre en avant des points de rupture dans les dynamiques territoriales liées autant à des chocs internes (effondrement du modèle organisationnel, épuisement des ressources, catastrophes naturelles etc.) qu’à des chocs externes aux territoires (crise économique, changements climatiques, etc.) remettant ou non en question leurs modèles de développement. Ainsi ce sont des séquences entières de mutations, transformations, bifurcations dans les trajectoires territoriales qui sont identifiables.

La trajectoire donne un aspect dynamique et temporel à la vulnérabilité, qui ne peut se focaliser uniquement sur un temps « t ». En ce sens, elle sous-entend une mobilisation de l’approche géohistorique qui à travers une perspective diachronique permet la mise en récits des faits, prenant en compte les logiques spatiales et temporelles des sociétés les unes en fonction des autres (Grataloup, 2005). La vulnérabilité est envisagée ici au sens large comme le produit du degré d’exposition, de la sensibilité (l’ensemble des facteurs déterminant les modalités d’atteinte d’une société) et des capacités d’adaptation face à un changement (Smit & Wandel, 2006). Ainsi, recourir à la notion de trajectoire permet de mettre en valeur la transformation de la vulnérabilité des territoires.

Penser les transformations dans le temps permet d’avoir une vision globale de la vulnérabilité et également d’avoir une démarche prospective afin d’anticiper, d’imaginer ou de construire une trajectoire de vulnérabilité future (Magnan et al., 2012). L’intérêt d’analyser les trajectoires de vulnérabilité est de décider ensuite des priorités et des modes d'actions nécessaires dans la planification locale pour rendre le territoire plus résilient ou adaptatif face au changement global. Les sociétés humaines ont fait preuve d’adaptation face aux changements, la reconstitution de trajectoire de vulnérabilité permet de comprendre comment celles-ci ont fait face à un certain nombre de perturbations afin d’éventuellement s’en inspirer. En ce sens d’autres notions proches s’intéressant entre autres aux dynamiques territoriales dans le temps peuvent être convoquées telles que l’adaptation, la capabilité, la résilience, ou encore la vulnérabilité résilienciaire (Reghezza-Zitt, Ruffat, 2015), tout en apportant une dimension spatio-temporelle et globalisante à la compréhension des territoires de montagne.

 En zone de montagne, les effets combinés des modifications du climat et des activités humaines sont susceptibles d'avoir un impact important sur les sociétés et les écosystèmes. Les territoires de montagne ont de nombreuses spécificités qui en font des terrains de recherche particulièrement intéressants, notamment sous l’angle morphologique mais également pour les valeurs culturelles et identitaires que les populations lui attribuent.

De très nombreuses activités sont présentes sur ces territoires, qu’elles soient traditionnelles (agriculture, pastoralisme, exploitation forestière) ou liées à l’exploitation de ressources naturelles (extraction minière, production d’électricité, industrie du tourisme), elles entrainent une multiplicité du type de vulnérabilité mais aussi une diversification de l’économie. Néanmoins, certaines zones connaissent une hyperspécialisation économique (ex : l’industrie, la neige…) qui induit une très forte vulnérabilité de ces territoires face aux changements globaux. La spécialisation territoriale et économique n’est certes pas un contexte spécifiquement montagnard, mais les investissements nécessaires à l’aménagement de la montagne sont extrêmement lourds entrainant des situations d’endettement des collectivités locales très importantes (Spindler, 2005).

Malgré leur intérêt, les territoires de montagne sont très peu étudiés sous l’angle des trajectoires de vulnérabilité. Contrairement au littoral, la majorité des études faites sur les vulnérabilités de ces zones est très souvent sectorisée et n’introduit pas l’angle spatio-temporel. Cet appel à article souhaite remédier à ce manque d’étude et mettre en exergue l’apport de cette entrée pour questionner les dynamiques des territoires de montagne.

Thèmes potentiels d’articles (non exhaustifs)

  • Quelles sont les capacités de réponse des acteurs face au processus de vulnérabilité (sociale, environnementale, économique, politique, énergétique, etc.) ? Quels sont les retours d’expériences des effets induits ; peut-on observer des situations d’adaptation ou au contraire de maladaptation ? Quelle prise en compte de la durabilité des activités et des services (à la personne ou écosystémiques) ? Peut-on mettre en avant des actions ayant entrainé la réduction ou l’augmentation de la vulnérabilité ?
  • Quelles innovations dans les modes de réponses (collectif, participation…) aux vulnérabilités ? Quelles sont les nouvelles formes hybrides de connaissances, interdisciplinaires et interprofessionnelles (chercheurs, gestionnaires, professionnels, société civile) visant à penser collectivement les futurs possibles des territoires de montagne dans ce contexte de changement global ? Quelles méthodologies sont mises en œuvre : techniques participatives, scénarios prospectifs, aspects créatifs ?
  • Comment lever les verrous méthodologiques rencontrés lors de la construction d’indices visant à reconstituer une trajectoire de vulnérabilité sur un temps long ? S’intéresser aux dynamiques temporelles nécessite de rendre comparable l’information provenant de sources anciennes et parfois lacunaires. Comment gérer les données à résolution variée traitant de la vulnérabilité afin de retracer les changements d’état d’un phénomène ou d’un territoire ?

Une attention particulière sera portée à l’analyse des emboîtements d’échelles de temps et d’espace qui caractérisent le fonctionnement géohistorique des trajectoires de vulnérabilité. Toutes les montagnes du monde sont concernées afin de multiplier l’analyse comparative et les retours d’expérience.

Calendrier

Les propositions d’articles d’environ 600 mots sont à envoyer en français (si auteur francophone) OU en anglais (auteurs d’autres langues)

pour le 15 juin 2017 à

Dominique Baud (Université Grenoble Alpes, IGA, PACTE UMR 5194) dominique.baud@univ-grenoble-alpes.fr et Anouk Bonnemains (Université de Savoie-Mont Blanc) anouk.bonnemains@univ-smb.fr ainsi qu'à la coordination éditoriale : Olivier Vallade, olivier.vallade@msh-alpes.fr ; Coralie Mounet (Université Grenoble Alpes, CNRS PACTE UMR 5194)coralie.mounet@univ-grenoble-alpes.fr

Les articles définitifs sont attendus avant le 1er novembre 2017 pour une publication prévue en 2018.

Les articles définitifs doivent être soumis dans une des langues de la revue : langues alpines – français, italien, allemand –, espagnol ou anglais. L’auteur doit au préalable prévoir la traduction dans la seconde langue après expertise. L’une des deux versions doit être en anglais. Si l’article est proposé par un anglophone, la traduction doit être faite en français.

 

Bibliographie indicative

  • Grataloup C., 2005.– «  Géographie historique et analyse spatiale : de l’ignorance à la fertilisation croisée » , in Boulanger P., Trochet J.-R. (dir.), Où en est la géographie historique ? Entre économie et culture, Paris, p. 33-42.
  • Magnan A., 2010.– « Questions de recherche autour de l'adaptation au changement climatique », Natures Sciences Sociétés, 2010 Vol. 18/3, p. 329-333.
  • Magnan A., Duvat V., Garnier E., 2012.– « Reconstituer les “trajectoires de vulnérabilité” pour penser différemment l'adaptation au changement climatique », in Natures Sciences Sociétés, 2012 Vol. 20/1, p. 82-91.
  • Smit B., Wandel J., 2006.– « Adaptation, adaptive capacity and vulnerability », in Global Environmental Change, n°16, pp. 282–292
  • Spindler J., 2005.– « Le financement des politiques locales du tourisme ». In Annuaire des collectivités locales. Tome 25. pp. 55-64.
  • Longépée E., 2014.– « La résilience des systèmes socio-écologiques des États atolliens dans le contexte du changement climatique : le cas de Kiribati (Pacifique Sud) », Thèse de Géographie. Université de La Rochelle, p 501.

Comité de rédaction

Co-directrices des publications

  • Dominique Baud, Maître de conférence en géographie et géomatique, Laboratoire PACTE, UMR 5194 CNRS / Institut de Géographie Alpine / Université Grenoble Alpes, Grenoble, France

  • Sylvie Duvillard, Maître de Conférence, Université Grenoble Alpes, et chercheur au laboratoire PACTE, Grenoble, France

  • Coralie Mounet, Chargée de Recherches, CNRS, Laboratoire PACTE, UMR 5194, Grenoble.

Membres du comité

  • Anne-Laure Amilhat Szary, Professeure à l’Université Grenoble Alpes / Directrice du laboratoire PACTE / Membre de l'Institut Universitaire de France

  • Anouk Bonnemains, docteur en géographie, chercheur associé au Laboratoire EDYTEM

  • Jörg Balsiger, Professeur boursier FNS, Département de géographie et environnement et Institut des sciences de l’environnement, Université de Genève, Genève, Suisse

  • Jean-Baptiste Bing, Université de Genève, département de géographie et environnement

  • Winfried E. H. Blum, Professor Emeritus, Institute of Soil Research, University of Natural Resources and Life Sciences (BOKU),Vienne, Autriche

  • Sophie Bonin, Maître de conférences, École Nationale Supérieure de Paysage de Versailles, France

  • Axel Borsdorf, Professeur à l’Université d’Innsbrück, Autriche

  • Philippe Bourdeau, Professeur à l’Université Grenoble Alpes / Institut de Géographie Alpine / UMR PACTE, à Grenoble, France

  • Federica Corrado, Politecnico di Torino, Italie

  • Anne Dalmasso, Professeure d'histoire contemporaine, Université Grenoble Alpes
    Responsable de l'axe Territoires, économie, enjeux sociétaux
    Axe(s) / transversalité(s) : Territoires, économie, enjeux sociétaux

  • Bernard Debarbieux, Professeur à l’Université de Genève, Suisse

  • Cristina Del Biaggio, chercheuse invitée (post-doc) à l’Instituts of European Studies de l’Université d’Amsterdam, Pays-Bas

  • Pierre Derioz, Maître de Conférences HDR en Géographie, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, UMR Espace-Dev 228 IRD (Maison de le télédétection), Montpellier, France

  • Marie Forget, Maître de Conférences en Géographie, Université Savoie Mont Blanc, laboratoire EDYTEM, France

  • Monique Fort, Professeure Émérite (Géographie, Géomorphologie), UFR de Géographie, Histoire, Économie et Sociétés, UMR 8586 PRODIG, Université Paris Diderot, France

  • Marie-Christine Fourny, Professeure à l’Université Grenoble Alpes, France

  • JC Gaillard, PhD, Associate Professor & Associate Dean (Postgraduate Taught and Masters), Faculty of Science, The University of Auckland / Te Whare Wānanga o Tāmaki Makaurau, New Zealand/Aotearoa

  • Stéphane Gal, Maître de conférences en histoire moderne, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA), Université Lumière Lyon 2.

  • Franck Giazzi, enseignant-chercheur au laboratoire PACTE territoires (UJF/CNRS) et à l’Institut de Géographie alpine, Grenoble, France

  • Emmanuelle George-Marcelpoil, Directrice de l’unité de recherche Développement des territoires Montagnards, Irstea Grenoble, Saint Martin d’Hères

  • Luc Gwiazdzinski, Université Grenoble Alpes / Institut de Géographie Alpine / UMR PACTE, Grenoble (France)

  • Stéphane Héritier, Maître de Conférences, Université Jean Monnet (Saint-Etienne) COMUE de Lyon / UMR Environnement, Ville, Société (5600), équipe ISTHME, France

  • Lauranne Jacob, Doctorante au Labex ITEM, laboratoire PACTE, Grenoble, France, et au Département de géographie et environnement et IGEDT, Université de Genève

  • Mari Oiry-Varacca, Maîtresse de conférence en géographie, Université Paris-Est Marne-la-Vallée. Laboratoire Analyse Comparée des Pouvoirs

  • Martin Price, Professor of Mountain Studies, Director of the Centre for Mountain Studies, Chairholder, UNESCO Chair in Sustainable Mountain Development, Perth College, University of the Highlands and Islands, Royaume-Uni.

  • Manfred Perlik, Professeur, Centre pour le développement et l'environnement (CDE) de l’Université de Berne (Suisse) ; associé au Laboratoire PACTE, UMR 5194 CNRS, Grenoble (France)

  • Léa Sallenave, Doctorante-Assistante, Université de Genève, Département Géographie et Environnement et IUFE (Institut universitaire de formation des enseignants).

  • Thomas Scheurer, Directeur de l’ISCAR (International Scientific Committee on Alpine Research) et de l’ICAS (Commission interacadémique recherche alpine des Académies Suisses des Sciences), Suisse.

  • Anne Sgard, professeure à l’Université de Genève, Suisse 

  • Gian Paolo Torricelli, Professeur (Géographie urbaine et  Développement territorial), Responsable de l’Observatoire du développement territorial du Canton du Tessin, Accademia di Architettura, Università della Svizzera italiana, Mendrisio, Suisse.

Context and key issues

This thematic issue of the Journal of Alpine Research/Revue de géographie alpine JAR/RGA calls on researchers to identify and plot mountain areas’ trajectories of vulnerability in response to global change over a long period of time. The issue of long-term territorial dynamics (ranging from a few decades to several centuries), situated at the crossroads of societal and climate phenomena, needs to be examined. In other words, we are looking for a consideration of how territories are constructed against the backdrop of trajectories of vulnerability. How does this concept enable us to analyse mountain areas in a new light?

This approach is rooted in the issue of global change because an analysis of trajectories of vulnerability facilitates our understanding of how societal, economic and environmental evolutions can modify mountain areas’ models of development. Thus, using the notion of ‘trajectory’ makes it possible to recognise the major trends in a system’s development, since short-term answers to the structuring developments for the future can reinforce the territory’s long-term vulnerability. It is through a systemic analysis that the trajectories of vulnerability emerge and that it becomes possible to identify the positive and negative feedback on the model of development.

Drawing on the work of Magnan and Duvat (2012, 2010), as well as Longépée (2014), on coastlines, we propose that the concept of “trajectories of vulnerability” be applied to mountain areas.

The trajectory expresses a sequence of processes that define a specific development in each territory and even in different time frames. For this reason, the transition from a traditionally socio-economic model of mountain areas (agriculture, pastoralism, etc.) to a model centred on tourism is a striking example of the bifurcation of – or the transformation in – the use of territories. By using the concept of trajectories, the time frames and the actors behind these transformations have to be examined. In addition, the possibility of illuminating points of rupture in the territorial dynamics, linked as much to internal shocks (collapse of the organisational model, depletion of resources, natural disasters, etc.) as to shocks that are external to the territories (economic crisis, climate change, etc.), calls into question (or not) their models of development. Thus, entire sequences of mutations, transformation and bifurcations in the territorial trajectories can be identified.

The trajectory gives a dynamic and temporal aspect to vulnerability, which cannot focus exclusively on a time “t”. In this regard, the trajectory involves a mobilisation of the geohistorical approach, which makes it possible, by means of a diachronic perspective, to create a story out of these facts while taking into account the spatial and temporal logic of societies that depend on each other(Grataloup, 2005). Here, vulnerability is broadly considered as a product of the degree of exposure, of sensitivity (the totality of the factors that determine a society’s involvement) and of the capacity to adapt when faced with change (Smit & Wandel, 2006). Thus, using the notion of trajectory permits us to highlight the transformation that the vulnerability of territories is undergoing.

Thinking about transformations over time enables us to have a comprehensive vision of vulnerability and a forward-looking approach in order to anticipate, imagine or construct a trajectory of future vulnerability (Magnan et al., 2012). The interest of analysing trajectories of vulnerability lies in subsequently deciding what the local planning’s necessary priorities and modes of operation are in order to make the territory more resilient or adaptive at a time of global change. Human societies have shown they are capable of adapting to change. Rebuilding the trajectory of vulnerability allows for an understanding of how these societies have faced and potentially drawn inspiration from a number of disruptions. In this sense, other related notions touching on long-term territorial dynamics, among others, can be utilised, including adaptation, capability, resilience or even “resiliencery vulnerability” (Reghezza-Zitt, Ruffat, 2015), all while bringing a spatiotemporal and globalising dimension to the understanding of mountain areas.

 In mountain areas, the combined effects of the modifications of climate and human activity are likely to have a major impact on societies and ecosystems. Mountain areas have numerous features that make them particularly interesting locations for research, especially from a morphological perspective but also because of the cultural and identity values that people attribute to them.

Numerous activities are taking place in these areas, and whether they are traditional (agriculture, pastoralism, logging) or linked to the exploitation of natural resources (mineral extraction, electricity generation, tourism industry), they are producing many types of vulnerability, as well as a diversified economy. Nevertheless, certain zones have seen an economic hyperspecialisation (e.g. industry, snow) that causes great vulnerability in these territories amidst global change. Territorial and economic specialisation is certainly not specific to the mountain context, but the investments necessary to develop the mountain are extremely burdensome and lead to debtfor the vitally important local communities (Spindler, 2005).

Despite their usefulness, mountain areas have been studied very little from the perspective of vulnerability. The majority of studies that have been carried out on the vulnerabilities of these areas, unlike those focused on coastlines, are very often fragmented and do not offer a spatiotemporal perspective. This call for papers seeks to fill this study gap and highlight the contribution of this point of entry by examining the dynamics of mountain areas.

Potential themes for articles (partial list)

  • What are the actors’ response capabilities in the face of (social, environmental, economic, political or energy) vulnerability? What is the feedback on the resulting effects? Is there adaptation rather than maladaptation? How will the sustainability of activities and services (to individuals or with regard to the ecosystem) be taken into account? Is it possible to highlight actions that have contributed to more or less vulnerability?
  • Which innovations have there been regarding the modes of response (collective,participatory…) to vulnerabilities? What are the new hybrid forms of interdisciplinary and inter-branch knowledge (researchers, managers, professionals, civil society) aimed at thinking collectively about the possible futures of the mountain areas in this context of global change? Which methodologies are being implemented? Participatory techniques, forward-looking scenarios, creative aspects?
  • How does one go about knocking down the methodological barriers encountered while pulling together data to rebuild a trajectory of vulnerability over the long term? Being interested in temporal dynamics means making an effort to ensure the data coming from historical and sometimes flawed sources are comparable. How does one manage the varying data regarding vulnerability in order to track the changes in the status of a phenomenon or a territory?

Particular attention will be paid to analysing the interleaving of the time and space scales that characterise the geohistorical operation of trajectories of vulnerability. In order to increase comparative analysis and feedback, all the mountains in the world are included.

Timeline

Article proposals, around 600 words in length, should be sent in French (if the author is a native French speaker) OR in English (if the author’s mother tongue is any other language)

by June 15th, 2017

to Dominique Baud (Université Grenoble Alpes, IGA, PACTE UMR 5194) dominique.baud@univ-grenoble-alpes.fr and Anouk Bonnemains (Université de Savoie-Mont Blanc) anouk.bonnemains@univ-smb.fr, as well as the editorial team: Olivier Vallade, olivier.vallade@msh-alpes.fr, and Coralie Mounet (Université Grenoble Alpes, CNRS PACTE UMR 5194), coralie.mounet@univ-grenoble-alpes.fr

Final articles are expected by November 1st, 2017. Publication of the articles is tentatively scheduled for 2018.

Final articles must be submitted in one of the languages of the review: Alpine languages (French, Italian, German), Spanish or English. The author must see to the translation of the article into a second language before submitting the text. One of the two versions must be in English. If the article is submitted by a native English speaker, the second version must be in French.

Bibliography

Grataloup C., 2005.– «  Géographie historique et analyse spatiale : de l’ignorance à la fertilisation croisée » , in Boulanger P., Trochet J.-R. (dir.), Où en est la géographie historique ? Entre économie et culture, Paris, p. 33-42.

Magnan A., 2010.– « Questions de recherche autour de l'adaptation au changement climatique », Natures Sciences Sociétés, 2010 Vol. 18/3, p. 329-333.

Magnan A., Duvat V., Garnier E., 2012.– « Reconstituer les “trajectoires de vulnérabilité” pour penser différemment l'adaptation au changement climatique », in Natures Sciences Sociétés, 2012 Vol. 20/1, p. 82-91.

Smit B., Wandel J., 2006.– « Adaptation, adaptive capacity and vulnerability », in Global Environmental Change, n°16, pp. 282–292

Spindler J., 2005.– « Le financement des politiques locales du tourisme ». In Annuaire des collectivités locales. Tome 25. pp. 55-64.

Longépée E., 2014.– « La résilience des systèmes socio-écologiques des États atolliens dans le contexte du changement climatique : le cas de Kiribati (Pacifique Sud) », Thèse de Géographie. Université de La Rochelle, p 501.

Editorial commitee

Co-directors of publications

  • Dominique Baud, Senior Lecturer in geography and geomatics, Laboratoire PACTE, UMR 5194 CNRS / Institut de Géographie Alpine / Université Grenoble Alpes, Grenoble, France

  • Sylvie Duvillard, Senior Lecturer, Université Pierre Mendès-France, Grenoble II et chercheuse au laboratoire pacte, Université Grenoble Alpes, France

  • Coralie Mounett, CNRS, Laboratoire Pacte UMR 5194, Grenoble

Members

  • Anne-Laure Amilhat Szary, Full Professor at Grenoble-Alpes University / Head of PACTE research center / Member of the "Institut universitaire de France"

  • Anouk Bonnemains, docteur en géographie, chercheur associé au Laboratoire EDYTEM

  • Jörg Balsiger, Swiss National Science Foundation Professor, Department of Geography and Environment and Institute for Environmental Sciences, University of Geneva, Geneva, Switzerland

  • Jean-Baptiste Bing, Université de Genève, département de géographie et environnement

  • Winfried E. H. Blum, Professor Emeritus, Institute of Soil Research, University of Natural Resources and Life Sciences (BOKU),Vienne, Autriche

  • Sophie Bonin, Maître de conférences, École Nationale Supérieure de Paysage de Versailles, France

  • Axel Borsdorf, Professeur à l’Université d’Innsbrück, Autriche

  • Philippe Bourdeau, Professeur à l’Université Grenoble Alpes / Institut de Géographie Alpine / UMR PACTE, à Grenoble, France

  • Federica Corrado, Politecnico di Torino, Italie

  • Anne Dalmasso, Professeure d'histoire contemporaine, Université Grenoble Alpes
    Responsable de l'axe Territoires, économie, enjeux sociétaux
    Axe(s) / transversalité(s) : Territoires, économie, enjeux sociétaux

  • Bernard Debarbieux, full professor in geography and regional and urban planning, Geneva School of Social Sciences, University of Geneva

  • Cristina Del Biaggio, chercheuse invitée (post-doc) à l’Instituts of European Studies de l’Université d’Amsterdam, Pays-Bas

  • Pierre Derioz, Maître de Conférences HDR en Géographie, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, UMR Espace-Dev 228 IRD (Maison de le télédétection), Montpellier, France

  • Marie Forget, Maître de Conférences en Géographie, Université Savoie Mont Blanc, laboratoire EDYTEM, France

  • Monique Fort, Professeure Émérite (Géographie, Géomorphologie), UFR de Géographie, Histoire, Économie et Sociétés, UMR 8586 PRODIG, Université Paris Diderot, France

  • Marie-Christine Fourny, Professeure à l’Université Grenoble Alpes, France

  • JC Gaillard, PhD, Associate Professor & Associate Dean (Postgraduate Taught and Masters), Faculty of Science, The University of Auckland / Te Whare Wānanga o Tāmaki Makaurau, New Zealand/Aotearoa

  • Stéphane Gal, Maître de conférences en histoire moderne, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA), Université Lumière Lyon 2

  • Franck Giazzi, enseignant-chercheur au laboratoire PACTE territoires (UJF/CNRS) et à l’Institut de Géographie alpine, Grenoble, France

  • Emmanuelle George-Marcelpoil, Directrice de l’unité de recherche Développement des territoires Montagnards, Irstea Grenoble, Saint Martin d’Hères

  • Luc Gwiazdzinski, Université Grenoble Alpes / Institut de Géographie Alpine / UMR PACTE, Grenoble (France)

  • Stéphane Héritier, Maître de Conférences, Université Jean Monnet (Saint-Etienne) COMUE de Lyon / UMR Environnement, Ville, Société (5600), équipe ISTHME, France

  • Lauranne Jacob, Labex ITEM, PACTE, University of Grenoble-Alps, Department of Geography and environment, IGEDT, University of Geneva

  • Mari Oiry-Varacca, Maîtresse de conférence en géographie, Université Paris-Est Marne-la-Vallée. Laboratoire Analyse Comparée des Pouvoirs

  • Martin Price, Professor of Mountain Studies, Director of the Centre for Mountain Studies, Chairholder, UNESCO Chair in Sustainable Mountain Development, Perth College, University of the Highlands and Islands, Royaume-Uni

  • Manfred Perlik, Associated professor, Centre for Development and Environment (CDE), University of Bern (Switzerland) ; associated at Laboratoire PACTE, UMR 5194 CNRS, Grenoble (France)

  • Léa Sallenave, Doctorante-Assistante, Université de Genève, Département Géographie et Environnement et IUFE (Institut universitaire de formation des enseignants)

  • Thomas Scheurer, Directeur de l’ISCAR (International Scientific Committee on Alpine Research) et de l’ICAS (Commission interacadémique recherche alpine des Académies Suisses des Sciences), Suisse

  • Anne Sgard, professeure à l’Université de Genève, Suisse 

  • Gian Paolo Torricelli, Professeur (Géographie urbaine et  Développement territorial), Responsable de l’Observatoire du développement territorial du Canton du Tessin, Accademia di Architettura, Università della Svizzera italiana, Mendrisio, Suisse

Dates

  • jeudi 15 juin 2017

Mots-clés

  • montagne, territoire, vulnérabilité, géohistoire, résilience

Contacts

  • Olivier Vallade
    courriel : olivier [dot] vallade [at] msh-alpes [dot] fr
  • Coralie Mounet
    courriel : coralie [dot] mounet [at] univ-grenobles-alpes [dot] fr
  • Dominique Baud
    courriel : dominique [dot] baud [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr
  • Anouk Bonnemains
    courriel : anouk [dot] bonnemains [at] univ-smb [dot] fr

Source de l'information

  • Christine Hoyon
    courriel : christine [dot] hoyon [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Trajectoires de vulnérabilité des territoires de montagne face aux changements globaux », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 23 mai 2017, https://calenda.org/404963

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