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Comparer, comparaison, comparatisme

Comparing, comparison, comparatism

Séminaire de lecture en sciences sociales de l’École française de Rome (2017–2018)

Social sciences reading seminar, École française de Rome (2017–2018)

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Publié le lundi 18 décembre 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Le séminaire de cette année sera consacré au thème « Comparaison, comparer, comparatisme ». Il s’articulera autour de six séances thématiques qui abordera la question de la comparaison comme méthode du raisonnement en sciences sociales, mais également comme objet d’études. L’année se terminera par une rencontre conclusive qui permettra d’aborder la question des échelles de la comparaison. Le programme intègre également une séance doctorale consacrée à la présentation des travaux des doctorants de l’École française de Rome.

Annonce

Présentation

Le séminaire de cette année sera consacré au thème « Comparaison, comparer, comparatisme ». Il s’articulera autour de six séances thématiques qui abordera la question de la comparaison comme méthode du raisonnement en sciences sociales, mais également comme objet d’études. L’année se terminera par une rencontre conclusive qui permettra d’aborder la question des échelles de la comparaison. Le programme intègre également une séance doctorale consacrée à la présentation des travaux des doctorants de l’École française de Rome.

Coordination

Sébastien Plutniak et Catherine Kikuchi

Calendrier des séances

9 janvier 2018

Construire et comparer des données économiques

Organisation: Cécile Troadec, Ségolène Maudet, Catherine Kikuchi.

5 février 2018

Le comparable et l’incomparable en anthropologie

Organisation: Florent Costes, Marie Bossaert.

28 février 2018, Raisonner la comparaison : terrains d’enquête, méthodes et objets d’étude

Séance doctorale

Organisation: les doctorantes de l’Efr.

Malgré la diversité de nos domaines d’études, la démarche comparative est omniprésente dans tous nos travaux de thèse, à la fois comme méthode explicite de construction de nos objets et comme raisonnement implicite. Tout en rendant compte de la variété de nos recherches, nous souhaiterions mettre à l’épreuve les apports de la comparaison dans la production de la connaissance scientifique en sciences sociales. En insistant sur la production de matériaux empiriques et sur les cadres théoriques nous permettant de monter en généralité, notre objectif est enfin d’interroger la capacité de la comparaison à mettre en cause la posture (ethnocentrique ?) du chercheur.

Programme

  • 10h-11h15 : Gaëlle Troadec (AMU) et Virginia Santilli (EHESS) Comparer des terrains à l’international (France–Italie) pour mettre en lumière des structures socio-économiques singulières de marché ? Les cas de la petite pêche et du parc locatif social.
  • 11h30-12h45 : Serena Galasso (EHESS) et Blanche Lacoste (AMU) Deux disciplines au prisme du « genre » : objets, méthodes, enjeux. De l’étude de la gestion domestique aux XVe-XVIe siècles à l’analyse de la liturgie contemporaine.
  • 14h-15h15 : Anton Divić (AMU) et Alba Ferreira Domíngez (AMU) Comparaison de l’objet : comparaison entre les différents sites et entre les épaves en archéologie sous-marine.

5 mars 2018

(Se) comparer (à) César : légitimer, questionner, critiquer le changement politique

Organisation: Pascal Montlahuc, Séverin Duc.

9 avril 2018

Actualité de l’ambition anthropologique: comparatisme, universalisme et scientificité des sciences de l’homme

Organisation: Sébastien Plutniak, Bruno D’Andrea.

Présentation et résumés des interventions

Cette séance portera sur le statut de la comparaison dans les travaux actuels d’anthropologie générale. La définition même de cette dernière n’est plus évidente : s’agit-il d’établir un discours scientifique « général » sur l’homme au sens qu’il concernerait la masse entière de tous les hommes, dans l’espace et dans le temps ? ou que ce discours traiterait d’aspects « généraux » au sens de fondamentaux (le « religieux », l’« économique ») ? ou, encore, généraux au sens de causaux (l’identification de régularités, de constantes anthropologiques ou de mécanismes) ? Par ailleurs, avec l’effacement de l’héritage structuraliste, constate-t-on aujourd’hui une diminution des travaux visant ces degrés de généralité ?

Les présentations des trois intervenants – confrontés dans leurs travaux à l’une ou l’autre de ces acceptions de la généralité anthropologique – nous conduiront vers ces questions. Les opérations de comparaison y sont impliquées, qu’elles concernent la mise en rapport et en équivalence d’observations diverses par leur nombre, diverse par la nature des faits observés, ou diverse par les méthodes et les concepts fondant l’observation.

  • L’anthropologie est-elle une science expérimentale ? Laurent Barry (Ehess)

Je propose d’aborder ici la question de l’administration de la preuve en anthropologie dans le cadre d’une comparaison au sein d’une même société (je partirai de l’exemple des Peuls du Cameroun que j’ai étudié) mais entre différentes communautés de cet unique ensemble (communautés plus ou moins investis dans le pastoralisme et ayant une relation au pouvoir historiquement très variable). Je partirai de la définition première de Claude Bernard de la méthode expérimentale pour montrer que, contrairement à une idée trop répandue, celle-ci ne repose pas sur la nécessité d’une « manipulation » ou d’une action / intrusion du sujet dans l’objet de son expérience. Ainsi, dans le cadre médical auquel appartenait Claude Bernard l’idée d’expérimentation consistait pour lui en une méthode, celle de l’observation des variations concomitantes dans l’examen de pathologies et ce sans aucune intervention de l’observateur (le stade de l’observation des signes cliniques précédant et se différenciant bien sûr de celui du soin).

Dès lors, on peut poser que l’anthropologie (mais aussi bien la sociologie, la démographie ainsi que bien d’autres sciences humaines et sociales dont le sujet est – généralement – contemporain de l’observateur) en tant que sciences d’observations sont elles aussi tout à fait susceptibles d’asseoir leurs hypothèses sur l’observation de variations concomitantes d’un phénomène social. C’est ainsi la méthode que j’ai suivie dans l’un des aspects de ma recherche consistant à essayer de différencier ce qui, dans le système matrimonial, distinguait les idiosyncrasies propres aux communautés peules distinctes que j’étudiai, d’un « modèle » plus général du mariage peul entendu comme archétype culturel.

On verra alors qu’en identifiant certains facteurs qui explicitent des variations régionales ont peut parvenir à isoler d’autres éléments qui au contraire restent constant et ne sont pas affectées par la variation de ces facteurs locaux, éléments qui sont alors les candidats les plus aptes à remplir les conditions de la définition d’un modèle global, dans le cas présent celui d’une expression sui generis du système matrimonial peul.

Lectures

Laurent S. Barry. 1998, « Les modes de composition de l’alliance : le “mariage arabe” », L’Homme, p. 17–50, doi : 10.3406/hom.1998.370504.

Laurent S. Barry. 2000, « L’union endogame en Afrique et à Madagascar », L’Homme, 154–155, p. 67–100, doi : 10.4000/lhomme.22.

  • Les comportements humains : vers un décloisonnement des disciplines, Paul Seabright (Toulouse School of Economics)

Cet exposé expliquera comment les sciences économiques se sont démarquées de la sociologie historique et de l’histoire des civilisations à partir du xviiie siècle, et comment ces courants sont restés distincts au cours du xixe et du xxe siècles. Il proposera ensuite quelques éléments qui font penser que ces courants sont en train de se rejoindre au xxie siècle. Un concept clé est l’écologie des populations: toutes les sciences sociales traitent de la façon dont les populations humaines gèrent leur environnement matériel, social et conceptuel. Les sciences économiques ont besoin de rester cohérentes avec l’anthropologie, la sociologie et les autres sciences sociales. Cette cohérence est imposée par le fait que chaque discipline traite de certains échanges entre les populations et leur environnement, et la cohérence de la matrice des échanges est la contrainte fondamentale qui assure l’unité des sciences sociales. Cet argument sera illustré par des exemples de l’analyse de la religion par diverses sciences sociales.

Lectures

Paul Seabright. 2010, A Natural History of Economic Life, 2e éd., Princeton : Princeton University Press, 400 p., p. 1–11.

Paul Seabright. 2016, « Religion and Entrepreneurship: a match made in heaven? », Archives de sciences sociales des religions, 175, 3, p. 201–219, doi : 10.4000/assr.27991.

  • Une science des rapports de genre est-elle possible ? Christophe Darmangeat (Université Paris Diderot)

La construction d’une théorie sociale générale suppose la comparaison et la classification des réalités locales. La possibilité d’atteindre cet objectif, qui était celui de la science anthropologique à ses débuts, a ensuite été peu à peu contestée, au point que certains courants en sont venus à le nier en tant qu’objet scientifique. En partant de l’exemple des rapports de genre, on soulignera les difficultés – réelles – de parvenir à leur connaissance objective tout en soulignant l’impérative nécessité de conserver cette perspective.

Lectures

Christophe Darmangeat, L’oppression des femmes, hier et aujourd’hui : pour en finir demain  ! Une perspective marxiste, http://cdarmangeat.free.fr/ ?p=d, 42 p. ; résumé de :
Christophe Darmangeat. 2012, Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était. Aux origines de l’oppression des femmes, 2e éd., Toulouse : Smolny, 464 p.

7 mai 2018

Du national à l’international. Varier les échelles de la comparaison

Organisation: Marie Bassi, Bertrand Augier.

4 juin 2018

Des singularités en série  ? Les cas particuliers comme fondement des sciences sociales

Organisation: Bertrand Marceau, Carole Mabboux, Charles Davoine.

début juillet 2018

La comparaison comme jeu d’échelle. Microhistoire et/ou histoire globale

Organisation: Cesare Santus, Andrea Rapini.

Lieux

  • Salle de séminaire | Crypta Balbi - Piazza Navona, 62 | via dei Delfini 14
    Rome, Italie (00186)

Dates

  • mardi 09 janvier 2018
  • lundi 05 février 2018
  • mercredi 28 février 2018
  • lundi 05 mars 2018
  • lundi 09 avril 2018
  • lundi 07 mai 2018
  • lundi 04 juin 2018

Fichiers attachés

Mots-clés

  • comparaison, comparatisme, épistémologie

Contacts

  • Sébastien Plutniak
    courriel : sebastien [dot] plutniak [at] ehess [dot] fr
  • Catherine Kikuchi
    courriel : catherine [at] rideau-kikuchi [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Catherine Kikuchi
    courriel : catherine [at] rideau-kikuchi [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Comparer, comparaison, comparatisme », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 18 décembre 2017, https://calenda.org/426558

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