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Arts and languages - the contemporary challenges of text/image relations

Arts et langages : épreuves contemporaines des relations textes et images

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Published on Friday, January 26, 2018 by Anastasia Giardinelli

Summary

Profitant du cinquantième anniversaire de l’ouverture du Musée d’art moderne. Département des aigles (1968 à 1973) de Marcel Broodthaers (1924-1976), nous ouvrons ce colloque sur les propos de la « lettre ouverte » du 7 septembre 1968 annonçant que dorénavant art plastique et poésie se tiennent « main dans la main ». Nous proposons une lecture de cet énoncé de Broodthaers (et ses relations à la parodie, à l’insincérité et à la critique institutionnelle) pour comprendre en quoi il ouvre un champs critique pour l’interprétation de ces relations.

Announcement

Présentation

Dans le cadre des activités de recherche du CRAI (Centre de Recherche Art et Image) de l’ENSP, le Laboratoire FIG. (Figures Images Grammaires) propose un colloque les 7 et 8 février à Arles. 

Profitant du cinquantième anniversaire de l’ouverture du Musée d’art moderne. Département des aigles (1968 à 1973) de Marcel Broodthaers (1924-1976), nous ouvrons ce colloque sur les propos de la « lettre ouverte » du 7 septembre 1968 annonçant que dorénavant art plastique et poésie se tiennent « main dans la main ». Nous proposons une lecture de cet énoncé de Broodthaers (et ses relations à la parodie, à l’insincérité et à la critique institutionnelle) pour comprendre en quoi il ouvre un champs critique pour l’interprétation de ces relations. Profitant du cinquantenaire de la création de la revue Art-Language par le collectif Art & Language (aujourd’hui composé de Mickael Baldwin et Mel Ramsden) et de l’actualité de trois expositions organisées par le Laboratoire FIG. à Arles (Fondation Luma, Galerie Arena & Espace pour l’art) nous organisons deux jours de colloque pour contribuer à la construction d’une pensée critique de l’économie iconique des relations entre texte et image.

Argumentaire

Pour ce colloque nous invitons à penser l’actualité de ces relations. Et dès lors que soit saisi, à la fois en quoi cela relève d’une construction idéologique et mythologique, et en quoi la modernité a consisté en une déconstruction de ce mythe. D’autre part nous voudrions aussi que puisse être pensé en quoi la matérialité de ces relations textes et images a eu besoin d’avoir recours à la parodie, à l’insincérité, au politique, à l’épreuve du social, à celle de l’adresse et à celle d’une déconstruction radicale de l’ontologie des media. Enfin nous aimerions que soit pensée l’épreuve hyper contemporaine de ces relations : si l’on suit l’hypothèse de Marcel Broodthaers ceci peut avoir lieu : est-ce alors le cas pour nos institutions, nos musées et nos modes de représentations ?

Ce colloque est organisé par le Laboratoire FIG. et le Centre de Recherche Art et Image (CRAI) de l’École nationale supérieure de la photographie, et sera modéré par Fabien Vallos et les étudiants du séminaire. 

Avec : 

Maxime Boidy, Éric Dayre , Antoine Dufeu, Alessandro De Francesco, Nicolas Giraud,   Sophie Kaplan, Chloé Maillet, Julia Marchand, Cédric Mazet Zaccardelli, Pascal Mougin, Magali Nachtergael, Sébastien Pluot, Paulo Pires do Vale, Alexandre Quoi, Fabien Vallos

L’histoire de l’art, morale et technique, s’est attachée à maintenir rigoureusement les plans d’une différence ontologique entre le linguistique et le plastique, entre le texte et l’image, entre l’art et le langage. Cela suppose alors que l’histoire de l’art, dite classique, n’a jamais consisté à autre chose qu’à maintenir les différences ontologiques, morales et techniques entre ce que nous nommons ici art et langage. C’est ce que nous nommons une « relation silencieuse » en ce qu’elle est maintenue occultée et en même temps éprouvée pour la seule évidence de son autorité. En revanche si la modernité consiste à s’intéresser à la manière avec laquelle nous produisons l’œuvre autant que la manière avec laquelle nous entretenons avec elle une expérience de l’adresse, alors la relation art et langage n’est pas pensée à partir d’une structure ontologique, morale et technique, mais à partir de l’usage. La pensée moderne consiste alors à déconstruire cette relation silencieuse et idéologique et à interpréter ce que sont ces usages nouveaux. Dans la tâche immense qui est assignée à la pensée moderne et contemporaine nous proposons, à partir des travaux du Laboratoire FIG. 1, que soit pensée l’expérience de la modernité des liens entre art et langage, entre texte et image. 

La pensée moderne est donc ce qui s’intéresse aux usages et non à l’ontologie en ce que « être moderne » signifie se préoccuper des « manières » avec lesquelles nous éprouvons une relation à l’œuvre. En ce sens, cela s’oppose au concept d’histoire de l’art 2 pour préférer ce que nous nommons une « épreuve » 3 de l’œuvre et de l’art. Or si nous sommes en mesure de nous placer dans cette modernité, il nous faut repenser les relations entre art et langage, dès lors qu’il ne s’agit plus d’un problème ontologique, morale et technique. Ce que nos recherches ont investi et ce que ce colloque se propose de penser est un examen de ces relations à la fois désoccultées et éprouvées comme une expérience moderne de l’œuvre. Pour cela nous proposons une série de relations entre art et langage, entre texte et image : cela consiste d’abord en une relation étroite de commentaire avec l’œuvre 4, cela signifie une relation de traduction avec l’œuvre, cela signifie aussi une relation comme fiction à l’art et à l’œuvre 5, mais encore une relation conceptuelle à l’œuvre (comme énoncé ou comme support 6), une relation politique à l’œuvre et aux dispositifs artistiques 7, ou encore une relation poétique ou devrions-nous dire poiètique8, et enfin comme relation d’insincérité9. C’est à partir de ces sept modèles de relations entre art et langage que nous proposons à la fois les résultats du travail mené depuis plus de deux ans dans le cadre du Laboratoire FIG. et la possibilité de produire une réflexion commune lors de ce colloque arlésien. 

Notes 

1. Laboratoire FIG. (Figures, images, grammaires) : www.laboratoirefig.fr/

2. Le concept d’histoire de l’art produit deux conséquences : premièrement la fondation de critères ontologiques pour permettre la sélection de ce qui fait ou non œuvre, secondement la nécessité de maintenir en dehors de tout épreuve du contexte ce qui a été déterminé comme œuvre. 

3. Ce que nous nommons ici « épreuve » est à entendre au sens du terme « historialité », c’est-à-dire ce qui pense l’expérience de la praxis avant celle d’une ontologie. 

4. Cela suppose aussi bien les dispositifs métalinguistiques que critiques. Le langage entretient une relation contiguë et non-distanciée avec l’œuvre en tant qu’opérativité artistique. 

5. Cela suppose une relation étroite avec les dispositifs littéraires de la fiction et du récit comme teneur matérielle de l’œuvre autant que comme commentaire ou archive. 

6. Cela suppose ici que la relation art et langage n’est pas dissociée en ce que le langage est à la fois un énoncé et un support de l’œuvre out en ce que l’art est lui aussi l’énoncé et le support des dispositifs linguistiques. Ceci fonde l’histoire de l’art conceptuel mais aussi l’histoire du poétique contemporain. 

7. Cela suppose que la relation art et langage a été et est pensée à partir de son immense puissance politique, tant comme puissance de l’énoncé, du commentaire et de la critique essentiellement institutionnelle. 

8. Cela suppose deux choses : la première consiste à penser l’apparition d’une relecture essentielle du concept de poétique à partir de la modernité (xixe siècle) et d’une relation fondamentale entre art et poésie en tant qu’ils sont les « modes » modernes par excellence de l’épreuve de l’art ; la seconde consiste alors à penser que la modernité est la sphère d’une « réconciliation » – selon la proposition de Marcel Broodthaers dans sa lettre du 7 septembre 1968 – entre poésie et art plastique. 

9. La relation d’insincérité est le concept central de l’épreuve de l’œuvre chez Marcel Broodthaers : elle apparait en avril 1964 et a été fondatrice du projet Musée d’art moderne. Département des Aigles (1968-1973).

Programme

École nationale supérieure de la photographie & LUMA Arles

Mercredi 7 février 

12h30 Accueil 

13h00 Mario Timbal & Rémy Fenzy Discours d’ouverture 

13h15 Fabien Vallos Introduction

  • 13h30 Chloé Maillet

L’art conceptuel depuis le ixe siècle d’après le Ms Harley 647 de la British Library 

(pour Meyer et Hubert)

L’historien de l’art marxiste Meyer Schapiro terminait son article posthume « l’écrit dans l’image » qui examinait, de l’antiquité grecque à l’art moderne, l’intrusion paradoxale des mots dans l’œuvre peinte, en citant l’art conceptuel comme une résolution à un conflit de vingt siècles entre l’écrit et l’image. On sait qu’il avait enseigné à Columbia aux artistes tels que Robert Motherwell puis Allan Kaprow. Prenons le parti de retourner sa méthode et d’étudier en détail un de ses exemples, l’étonnant manuscrit de quasi-calligrammes de la British Library, comme si c’était une œuvre de Mel Ramsden (et vice-versa).

  • 14h00 Pascal Mougin

Enjeux et fonctions du paratexte artistique. Réflexions à partir du travail de Pierre Huyghe.

Comme de nombreuses propositions artistiques actuelles, les œuvres de Pierre Huyghe, même à leur plus haut degré d’élaboration visuelle et plastique, restent constitutivement liées à leur paratexte – au point, parfois, de ne plus s’en distinguer tout à fait. L’exposition présentée en 2013 au Centre Pompidou en apportait la démonstration, en particulier à travers l’ouvrage publié pour la circonstance : entre livre sur Huyghe (catalogue d’une « rétrospective », documentation et commentaire de l’œuvre) et livre de Huyghe (nouvelle œuvre ou série d’œuvres à part entière, mêlant images et textes), celui-ci se caractérise par une indécidabilité qui est d’abord d’ordre énonciatif (les textes, non signés, sont imputables à l’artiste autant qu’à la commissaire de l’exposition, Emma Lavigne, tous deux présentés comme les auteurs de l’ouvrage), mais aussi pragmatique (les documents fonctionnent aussi bien comme protocoles et programmes que comme comptes rendus d’exécution), et enfin, on le verra, d’ordre ontologique (les contenus représentés pouvant s’interpréter à la fois comme faits et comme fictions). Cette étude de cas vise à mieux comprendre comment l’interaction du visuel et du (para-)textuel dans les productions actuelles contribue à la problématisation des contours de l’œuvre, à la multiplication des interférences entre fiction et factualité autant qu’à une redéfinition de la place de l’art dans l’environnement contemporain.

  • 14h30 Sophie Kaplan

Alors que j’écoutais moi aussi […] : l’hypothèse du récit comme lieu de débats et d’ébats 

du plastique et du poétique

Le cycle d’expositions et d’événements Alors que j’écoutais moi aussi […] a débuté à La Criée centre d’art contemporain de Rennes en janvier 2017 et s’achèvera par un chapitre américain – à Los Angeles et New-York – au printemps 2018. Imaginé par Sophie Kaplan, en étroite collaboration avec les artistes Félicia Atkinson, Julien Bismuth et Yann Sérandour, il mêle expositions, performances, rencontres, publications, concerts, workshops, etc., et construit un récit subjectif et polyphonique, qui aborde les questions du rapport au livre, à l’énoncé et à l’énonciation, à l’oralité et à la rumeur, à l’histoire et à la fiction. Au travers de plusieurs exemples d’œuvres produites ou activées pendant le cycle, qu’elles soient textuelles, visuelles, lisuelles ou disuelles (des Sky poems de David Antin au film et livre produit par Félicia Atkinson pour son exposition, de la nouvelle de Célia Houdart aux Lettres à l’exposition de Julien Bismuth, des poèmes-affiches d’Hanne Lippard aux histoires musicales et baroques de Yann Sérandour), cette présentation s’intéresse plus particulièrement à la question de l’adresse et de la transmission et à la façon dont celles-ci se sont ici développées dans des allers-retours particulièrement féconds entre texte et image.

15h00 Pause 

  • 15h15 Julia Marchand

La légende se rebiffe ! Empower the caption ! 

En 1987, l’architecte et designer Hans Hollein (1934-2014) présente The Imaginary Museum à la Documenta 8. Six cartels aux proportions de tableaux surplombent chacune des reproductions d’œuvres qu’elles décrivent. Trente ans plus tard, une jeune graphiste et artiste suisse, Ramaya Tegegne (1985-) disloque les légendes des reproductions d’œuvres d’art qu’elles sont, là aussi, censées fidèlement accompagner dans un livre d’artiste portant sur la rumeur. Considérons un instant que le cartel (le support de la légende) est pour l’œuvre ce que la rumeur est pour le milieu de l’art : tout en lui étant périphérique, il lui assigne sa valeur, et finit par prévaloir sur l’objet principal. La légende se rebiffe ! Empower the caption ! dresse une histoire des détournements, réhabilitations, mises en récit dans le récit, voire du divorce fécond de la légende et de son image. 

  • 15h45 SÉBASTIEN PLUOT

Pictures to be Read / Poetry to be Seen

En 1967, deux expositions, Pictures to be Read / Poetry to be Seen et Language to be Looked at and / or Things to be Read, témoignent d’un tournant majeur dans les principes de traductibilité, ouvrant une alternative aux modèles de transparence de la signification, à la fois du modèle empathiques de l’expressionnisme déclinant et des principes de la logique formelle qui commence à se développer dans l’art par les biais de la cybernétique et des théories de la communication. 

  • 16h15 Antoine Dufeu

Lecture similaire

Nous mettrons dans un premier temps en exergue les rapports entre texte et image dans la gestion des comptes contemporains des entreprises privées et des comptabilités nationales. Nous tirerons dans un second temps au hasard un compte de résultat, un bilan ou un TEE (tableau économique d’ensemble) pour tenter de nous livrer en direct à un exercice d’analyse, de lecture similaire.

  • 16h45 LES ÉTUDIANTES & LES ÉTUDIANTS

« Tous les mots qui serviront à expliquer l’œuvre ou à la louer sont de fausses traductions de ce qui se passe par-delà des sensations. » Marcel Duchamp dans une lettre adressée à Jean Crotti du 17 août 1952. Ainsi nous parlerons de l’œuvre, principalement photographique, en tant que procédé traductif et traductible. À savoir, l’acte d’image peut-il être envisagé comme une traduction d’un réel ? Peut-on imaginer un pont par lequel l’image pourrait être traduite en texte ?

17h15 Questions et conclusion de la première journée

18h30 Vernissage des expositions à la galerie Arena et à Espace pour l’art 

Jeudi 8 février 

9h30 Accueil

  • 10h00 Nicolas Giraud

Le musée comme feu de camp

L’art conceptuel, en ouvrant l’art au langage, ne fait pas que modifier le rapport dialectique à l’œuvre. Ce que le langage apporte avec lui, dans le champ plastique, c’est aussi la possibilité du romanesque. Les œuvres dés lors échappent aux assignations physiques pour glisser dans un espace ouvertement narratif. L’histoire de l’art tenue jusqu’alors par la fiction d’une autorité unique, se fragmente en des narrations concurrentes. Le musée n’est plus désormais le phare qui guide les visiteurs égarés mais plutôt le feu de camp où l’on raconte des histoires de naufrageurs.

  • 10h30 Alessandro De Francesco

Poésie et poièsis. Degrés de matérialité du langage, de l’objet et de l’image

Comme Fabien Vallos l’a montré à travers Marcel Broodthaers, il existe un point de convergence et même d’identité entre la poésie et les arts plastiques en ce qui concerne les modes d’attribution de la valeur et leur stratégies cognitives et économiques. Cette contribution vise, par ailleurs, à proposer le maintien d’une spécificité de la poésie qui se fonde précisément sur la dimension du langage en relation aux objets et aux images. Nous qualifierons cette dimension de sémi-immatérielle : la matière typographique, scripturale et vocale d’une part, et, d’autre part, ce qui excède l’écriture et la voix par les modes de signification, de conceptualisation et d’émotion qui sont propres au langage poétique. À l’épreuve de Broodthaers relu par Vallos ainsi que, entre autres, de Kenneth Goldsmith et de Michel Foucault, nous montrerons que cette spécificité semi-immatérielle de la poésie autorise aussi, avec un paradoxe qui n’est qu’apparent, un passage de la poésie comme genre littéraire à une conception de la poésie comme pratique artistique au xxie siècle, et que ce passage convoque la possibilité d’une nouvelle sincérité sous l’égide de la poièsis. 

11h00 Pause 

  • 11h15 Magali Nachtergael

La chair et l’écrit

Lorsque Benoît Maire raconte ses premiers scénarios philosophiques avec La Coulure Constance Mayer (2006), il le fait sous la forme de presque-poèmes, « quasi-cristaux » comme dirait Jacques Roubaud. Des poèmes courts suivront, jusqu’à devenir des recueils. Les textes lapidaires qu’Agnès Geoffray expose, nous plongent en peu de mots, comme les Nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon, dans des espaces en tension. Martine Aballéa, dans ses romans-photos oniriques, crée des univers où plane un air toxique. Alex Cecchetti met en scène sa propre mort, et tire de ses performances passées, des poèmes épiques. À rebours de la poétique du statement, de l’instruction ou d’une indexicalité référentielle, leurs installations et performances développent une forme de narrativité à la croisée de la médiation curatoriale et l’immersion fictionnelle, avec une économie de moyens minimale. 

  • 11h45 Maxime Boidy

Qu’est-ce que l’iconologie politique ? Théorie et méthodes

Cette intervention proposera une redéfinition de l’iconologie politique, entendue comme l’étude des relations conflictuelles entre texte et image, entre visible et dicible. À partir des travaux de Michel Foucault, de Jean-François Lyotard et du théoricien étasunien W.J.T. Mitchell, elle abordera différents cas d’analyse empruntés à l’art conceptuel ou au photojournalisme, afin de montrer en quoi la tension entre les visibilités iconographiques et les visibilités discursives (verbales ou littéraires) constituent l’un des fondements des études visuelles contemporaines. 

12h30Pause déjeuner  

  • 14h00 Cédric Mazet Zaccardelli

Le montage organique

Toute une théorie classique de l’art a défini la composition picturale en prenant ses concepts à la tradition rhétorique. Ainsi, la première partie du travail du peintre rassemblait deux opérations dont Cicéron avait déjà donné les noms pour l’art du discours : l’invention, qui sélectionne au sein d’une sorte de réserve les éléments convenant au sujet à présenter, puis la disposition, qui se charge d’organiser avantageusement ces éléments selon les règles d’une économie. Aujourd’hui, une large part de la fabrique contemporaine reconduit, sous le nom de « montage », ces principes de procédure. Pourtant, ils ne sont pas indépassables. C’est l’affaire de la pensée moderne que d’engager une critique de cette situation, et de soutenir la notion d’un montage dont l’opération ne serait pas modérée par ce que Rancière a nommé un « texte », ou ce qu’Ishaghpour appelait « l’édifice ». Avec elle, il est possible d’entendre les concepts d’invention et de disposition autrement que les classiques ou, en d’autres termes, d’en changer le mode. Cela se fait par glissements notionnels successifs, parmi lesquels notamment celui de la maîtrise à l’exercice, de l’application à la découverte. On repère ainsi des enjeux de pensée et de conduite qui dépassent finalement le seul motif du montage.

  • 14h30 Fabien Vallos

Arts & languages, poétiser et penser (un problème d’ontologie)

Nous établirons d’abord un rapide résumé des recherches menées pendant plus de deux années dans le cadre du Laboratoire FIG. À partir de cela nous proposerons d’entendre qu’il s’agit d’un problème d’ontologie des media mais aussi de leurs relations. Or ce que nous nommons ici modernité consiste précisément à penser une réduction des ontologies au profit d’une épreuve de la co-existence. C’est cela que nous lisons à partir du tournant de la philosophie et des pratiques artistiques. Est donc poiètique une manière avec laquelle nous éprouvons cette relation co-existantiale. 

  • 15h00 Éric Dayre

Treille de la vie. Une hypothèse sur le chef opérateur Boris Kaufman

Parmi les images récurrentes dans les films que photographie Boris Kaufman, des treilles et des treillis, à des moments clés d’une intrigue filmique – et ce depuis L’Atalante jusqu’à Fugitive Kind ; et la même image dans les cours de commande américains des années 1940. Véritable grille et peigne à carder incrustés dans le grain de l’éclairage – pour dire quoi du rapport de la photographie au cinématographe ?

15h30 Pause 

  • 15h45 Alexandre Quoi

La signature comme méthode conceptuelle chez Marcel Broodthaers

De 1968 à 1975, Marcel Broodthaers a développé un groupe d’œuvres autour de la signature, consistant en la simple répétition sur divers supports de ses initiales autographes : « M.B. ». À partir de ce corpus, on distinguera la fonction centrale de ce signe dans l’œuvre de l’artiste. La signature répond en effet à ses principales motivations : une fusion de l’image et du langage, une critique de la valeur de l’œuvre et du système marchand, une réflexion sur la notion d’authenticité et le mythe du créateur. Au travers de ces œuvres-signatures qui paraphrasent des stratégies du conceptualisme, Broodthaers semble aussi, avec son ironie coutumière, tendre un miroir à certains artistes de l’époque.

  • 16h15 Paulo Pires Do Vale

Écrire-Dessiner : Ana Hatherly et le baroque

La relation entre la parole et l’image est au centre du travail artistique d’Ana Hatherly (Porto, 1929-Lisboa, 2015), mais aussi de sa réflexion académique sur la période baroque : consciente que la tradition est une aventure, elle a recherché et fait connaître des « textes visuels » des xviie et xviiie siècles, des labyrinthes poétiques inventifs et inconnus. Elle s’intéressait à « l’âme baroque » plutôt qu’au formalisme avec lequel cette période était habituellement analysée, reconnaissant une affinité inattendue entre les artistes expérimentaux du xxe síecle et ses prédécesseurs baroques. Une recherche, théorique et pratique, autour d´un méta-langage.

16h45 Conclusion par Fabien Vallos

Places

  • Fondation LUMA – Les Forges – Parc des Ateliers - 45 chemin des Minimes
    Arles, France (13200)

Date(s)

  • Wednesday, February 07, 2018
  • Thursday, February 08, 2018

Attached files

Keywords

  • art langage texte image photographie études visuelles

Contact(s)

  • Fabien Vallos
    courriel : fabien [dot] vallos [at] gmail [dot] com

Information source

  • Fabien Vallos
    courriel : fabien [dot] vallos [at] gmail [dot] com

To cite this announcement

« Arts and languages - the contemporary challenges of text/image relations », Conference, symposium, Calenda, Published on Friday, January 26, 2018, https://calenda.org/430460

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