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Carnaval et subversion

Carnival and subversion

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Publié le lundi 26 février 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Les pratiques carnavalesques cristallisent la rupture avec le quotidien, elles incarnent le débordement, le désordre et l’excès. Leurs caractères polymorphes et leurs manifestations protéiformes font qu’on ne peut les circonscrire à une seule caractéristique restreinte aux célébrations collectives, sacrées ou profanes. La perspective carnavalesque du renversement du monde et de l’ordre, son caractère subversif sera particulièrement interrogé lors de cette journée d’études résolument transdisciplinaire.

Annonce

Présentation

La journée d’études Carnaval et subversion est organisée par Nathalie Gauthard, Professeure en ethnoscénologie - études théâtrales à l’université de Nice- Côte d’Azur au sein du Laboratoire Interdisciplinaire Récits Cultures et Sociétés LIRCES (EA 3159).

Les pratiques carnavalesques cristallisent la rupture avec le quotidien, elles incarnent le débordement, le désordre et l’excès. Leurs caractères polymorphes et leurs manifestations protéiformes font qu’on ne peut les circonscrire à une seule caractéristique restreinte aux célébrations collectives, sacrées ou profanes. La perspective carnavalesque du renversement du monde et de l’ordre, son caractère subversif sera particulièrement interrogé lors de cette journée d’études résolument transdisciplinaire. 

Programme

  • 9h15 Accueil des participants
  • 9h30 Présentation de la journée et introduction.
  • 10h Carnaval, subversion, sédition et révolution : Plaidoyer pour une esthétique Punk. Nathalie Gauthard, professeure des universités en ethnoscénologie – études théâtrales à l’Université de Nice – Côte d’Azur, LIRCES.

Les pratiques carnavalesques cristallisent la rupture avec le quotidien, elles incarnent le débordement, le désordre et l’excès. Leurs caractères polymorphes et leurs manifestations protéiformes font qu’on ne peut les circonscrire à une seule caractéristique restreinte aux célébrations ou aux commémorations collectives, sacrées ou profanes. La perspective carnavalesque du renversement du monde et de l’ordre s’est diffusée sur d’autres supports dans notre société contemporaine : interviewée dans un documentaire sur l’histoire rock’n’roll, une icône des scènes underground newyorkaise, Lydia Lunch, comparait le mouvement punk à « un carnaval obscur où la folie et la transgression pouvait s’exprimer sur la scène et avec le public ». Une jeunesse enfiévrée emportée par cette musique agressive - un vrai charivari - put se défouler alors sur des rythmes endiablés, bruyants et ravageurs en compagnie de musiciens aux aspects déguenillés ou extravagants, sorte de bouffons modernes aux cheveux multicolores. De nos jours, des groupes alternatifs, avec une esthétique subversive et burlesque, mélange les genres culturels, musicaux et linguistique en dénonçant sous une forme burlesque l’ordre du monde. Cette communication proposera une réflexion sur la notion de subversion et un état des lieux de ces nouvelles incarnations de Carnaval.

Nathalie Gauthard est professeure des universités en ethnoscénologie – études théâtrales à l’Université de Nice –Côte d’Azur, LIRCES. Spécialiste des arts de la scène au Tibet et dans le monde asiatique, elle est également présidente de la SOFETH (Société Française d’Ethnoscénologie), agréée ONG pour le Patrimoine culturel immatériel par l’UNESCO. Elle est l’auteur du livre Danses sacrées du Tibet. Une méditation en action publié aux éditions Claire Lumière en 2017 et a dirigé Fêtes, mascarades, carnavals. Circulations, transformations et contemporanéité paru aux Éditions L'Entretemps en 2014.

  • 10h30 Carnaval et médiation du militantisme rennais : arts subversifs, cultures undergrounds et revendications politiques, Blodwenn Mauffret, Docteure et chercheuse en études théâtrales, Laboratoire SeFeA (Scènes Francophones et Écritures de l'Altérité) de l'IRET (Institut en Recherche en Études Théâtrales) de Paris 3 – Sorbonne Nouvelle.

A Rennes, au début du XXIe siècle, des artistes, pour la plupart en marge de la société rennaise, ont fait renaître de ces cendres, au cœur même de la cité, un carnaval disparu depuis les années 1950. Regroupés en collectif, ces artistes militent pour que Mardi gras redeviennent un jour férié et rendent publiques et participatives les possibilités subversives et artistiques du carnaval telles que le travestissement, l’esthétique grotesque et les instances dramaturgiques carnavalesques. Le carnaval est proposé comme une modalité artistique subversive populaire permettant l’expression d’une culture alternative. Non seulement, les références cinématographiques, littéraires, musicales et vestimentaires issues des cultures alternatives rennaises comme la culture anarcho-punk sont nombreuses au sein de ce carnaval, mais on retrouve aussi la promotion de contestations anti-capitalistes, anti-patriarcales, anti-autorités et des revendications altermondialistes. Comprenant la relation étroite qu’entretient le carnaval et le politique, les militant-e-s rennais-es se sont emparé-e-s du carnaval comme forme nouvelle de manifestation politique notamment contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. L’organisation d’un carnaval-manifestation en dehors de Mardi gras a permis non seulement la mise en scène des revendications politiques et écologiques, la médiation d’une idéologie alternative mais aussi le camouflage identitaire qu’est l’anonymat faisant ainsi confondre Black Bloc et simple carnavalier-militant. Ce carnaval-manifestation a alors mis en évidence la violence qui peut émerger au sein du carnaval par le biais du charivari, de la souille et de l’affrontement. Cette communication tentera ainsi de mettre en avant les différentes modalités de médiation du militantisme rennais effectuée à travers le carnaval.

Blodwenn Mauffret est docteure en Études Théâtrales. Elle est l'auteure d'une thèse sous la direction de Mme Sylvie CHALAYE :  Le carnaval de Cayenne : esthétique et subversion – Histoire d'un phénomène festif issu du fait colonial soutenue en 2012. Elle a écrit un ouvrage Le carnaval de Cayenne – Le jeu carnavalesque : une esthétique de proximité, publié chez Ibis Rouge en 2005 et est l'auteure d'articles, communications et conférences sur le carnaval.

  • 11h 30 Le carnaval et le carnavalesque face à une « sécurisation » grandissante : Comment saisir la subversion ? Monika Salzbrunn, Directrice de l’ERC ARTIVISM, Professeure de Religions, Migration, Diasporas à l’Université de Lausanne

La question de la subversion a depuis longtemps été débattue dans les études sur les carnavals. Tandis que les rapports de pouvoir politiques faisaient souvent l’objet d’inversions symboliques dans l’histoire, libérant parfois un potentiel de soulèvement ou de subversion, les enjeux semblent évoluer au présent. En fait, la production d’images porteurs de subversion se heurtent aujourd’hui à des obstacles inédits d’ordre administratif, financier, politique et économique. Les carnavaliers et carnavalières contemporains doivent faire face à une bureaucratisation et une « sécurisation » grandissante de l’acte de création (construction d’un char etc.) et de sa production dans l’espace public (défilé etc.), qui peut conduire à des actes de censure. Comment les carnavaliers et carnavalières gèrent-elles ces nouvelles contraintes ? Où se situe alors le potentiel subversif des carnavals contemporains et comment peut-on le saisir ? A partir d’une lecture critique du processus de création des chars du carnaval de Cologne en Allemagne et de Viareggio en Italie, une réflexion épistémologique (sur la subversion) et méthodologique (sur la manière de saisir cette question) sera menée, sous forme de work in progress.

Monika Salzbrunn, Directrice de l'ISSRC à l'Université de Lausanne de 2011 à 2015 est Professeure de Religions, Migration, Diasporas. En 2015, elle a obtenu le prestigieux Consolidator Grant du Conseil Européen de la Recherche (ERC) pour son projet ARTIVISM. Art and Activism. Creativity and Performance as Subversive Forms of Political Expression in Super-Diverse Cities, qui porte entre autres sur les carnavals et le carnavalesque dans l’arc Méditerranéen. Elle est l'auteure de nombreux travaux sur les carnavals de Cologne, de Paris et de Cherbourg. De plus, elle a travaillé sur l'occupation de l'espace public à travers les événements festifs à New York et à Lausanne.

  • 12h30 Pause déjeuner
  • 14h Et si Carnaval était une ZAD ?  Anaïs Vaillant, anthropologue.

La fête de la victoire organisée le 10 février 2018 sur la ZAD de Notre Dame des Landes a tout l'air de s'approprier les attributs subversifs de Carnaval. Quelles passerelles se sont bâties entre les mouvements zadistes et Carnaval ? Quels sont les points communs entre les ZAD,  les carnavals sauvages urbains et certains carnavals traditionnels ? Je présenterai ici des retours frais d'un terrain ethnographique passé en période grasse au sein du Collectif Anonyme du Carnaval Ambulant et des pistes de réflexion sur les espaces de subversion à défendre tels que Carnaval.

Anaïs Vaillant est docteure en anthropologie. Elle allie son travail de recherche sur les notions de tradition et d’exotisme à un intérêt pour les fêtes, danses et musiques traditionnelles. Ses recherches l'ont menée dans de nombreux carnavals de Rio de Janeiro à Helsinki, en passant par Nice et Cournonterral.

  • 15h Subversif ou alternatif ? Réflexions du terrain parmi les carnavals indépendants de Nice et Marseille. Federica Moretti, doctorante en anthropologie.

L’intervention propose une réflexion basée sur les observations collectées pendant les premiers mois de recherche de terrain dans la ville de Nice. La recherche se concentre sur les carnavals indépendants de Nice et Marseille pour analyser comment ces espaces festives peuvent devenir espaces d’expression politique véhiculée et performée à travers l’engagement créatif de ses participants.

Federica Moretti est doctorante en anthropologie à l’Université de Lausanne et chercheuse invitée à l’URMIS de Nice, Université Côte d’Azur, pour effectuer sa recherche du terrain dans le cadre du projet ERC-ARTIVISM dirigé par la Prof. Monika Salzbrunn.

  • 16h Subversion ou inversion ? Le cas du char du roi de Serguei en 2000 au Carnaval de Nice. Annie Sidro historienne du carnaval de Nice et présidente de Carnavals sans frontière.

Annie Sidro est historienne du carnaval de Nice et présidente de Carnavals sans frontière. Annie Sidro est docteur en Histoire et titulaire d’un DESS de Psychologie sociale et clinique. Elle a écrit plusieurs ouvrages à propos du Carnaval dont Le Carnaval de Nice et ses fous, Paillassou, Polichinelle, Triboulet aux éditions du Serre. Mémoire du Carnaval niçois, elle possède une impressionnante collection d'images d'archives, de vidéos, en tout plus de 100 000 documents.

Lieux

  • Bibliothèque Universitaire de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines,salle de conférences, 1er étage - 98 boulevard Edourad Herriot
    Nice, France (06)

Dates

  • mardi 27 février 2018

Mots-clés

  • carnaval

Contacts

  • Nathalie Gauthard
    courriel : colloque [dot] carnaval2019 [at] orange [dot] fr

Source de l'information

  • solen cozic
    courriel : cozic [at] unice [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Carnaval et subversion », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 26 février 2018, https://calenda.org/435168

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