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Les crises contemporaines

Contemporary crises

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Publié le lundi 19 mars 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Tout est en crise, à commencer par la notion de crise elle-même. C’est à la lumière de ce constat qu’il est nécessaire de questionner les crises contemporaines. Au-delà du caractère polysémique, qu’est-ce qui distingue les crises d’aujourd’hui de celles d’hier ? Quels facteurs permettent de comprendre la recrudescence des crises aujourd’hui ? Quelles sont les crises de demain ? Peut-on prévoir les crises de demain ? Certains environnements ou milieu sont-ils davantage enclins aux crises que d’autres ? Les crises sont-elles finalement une fatalité ou la marque d’un monde qui respire ? À partir de quel(s) seuil(s) une crise devient-elle redoutable ?

Annonce

Contexte

Tout est en crise, à commencer par la notion de crise elle-même. Sa dimension labile amènera Paul Ricœur à le qualifier de « concept-valise »[1]. Ce mot bat tous les records depuis la fin des années 1970. Son succès, la généralisation de son usage à tous les domaines, est sans doute l'un des grands événements de ces dernières années[2]. De fait, le terme subit une inflation impressionnante. Les hommes du Moyen Age qui subissaient les grandes pestes et famines ne songeaient pas qu'ils étaient victimes d'une crise sanitaire, humanitaire ou alimentaire. Le terme apparaît dans notre langue pour désigner une situation militaire et/ou politique très préoccupante, menaçante et qui exige des mesures énergiques. Tandis que Montesquieu emploie le terme pour désigner de grands cycles historiques pouvant entraîner la chute d'une civilisation.

Pendant très longtemps le terme a été réservé à des événements graves pouvant déboucher sur des tensions internationales (crise des Balkans, crise des missiles de Cuba). Ou encore, on parlait de crise pour désigner un changement majeur touchant une des grandes dimensions de la vie sociale et ayant souvent une dimension spirituelle : crise de civilisation, crise morale, crise de la culture[3], crise de la conscience européenne[4], crise du couple, crise des générations, crise de la modernité. Bref, il y avait crise lorsqu'un ordre immuable depuis longtemps et accepté par tous semblait menacé d'effondrement, de déclin ou de révolution.Ceux qui parlaient le plus de crise étaient sans doute les médecins et les économistes. Les premiers parce que, depuis les Grecs, la crise est le moment décisif d'une maladie, son paroxysme, sa phase aigüe. Les seconds parce qu'ils étaient frappés dès le milieu du XIX° siècle par la régularité avec laquelle se produisent des dysfonctionnements de l'économie. La crise économique (qui se décline en crise bancaire, financière, de sur ou de sous production, etc.) est donc une perturbation d'un système plus ou moins complexe qui semble fonctionner voire progresser. 

Problématique

La Crise est une notion si englobante qu’il devient plus facile d’énumérer ce qui n’est pas en crise que ce qui l’est (de l’éducation, des relations internationales, du logement etc.). La définition la plus générale qu’on puisse en donner est la rupture brusque d’un ordre considéré comme normal (considéré, car il n’y a, au final, rien de plus normal que d’aller de crise en crise). Le mot "crise" hante donc notre vie quotidienne. C’est à la lumière de ce constat qu’il est nécessaire de questionner les crises contemporaines. Au-delà du caractère polysémique, qu’est-ce qui distingue les crises d’aujourd’hui de celles d’hier ? Quels facteurs permettent de comprendre la recrudescence des crises aujourd’hui ? Quelles sont les crises de demain ? Peut-on prévoir les crises de demain ? Certains environnements ou milieu sont-ils davantage enclins aux crises que d’autres ? Les crises sont-elles finalement une fatalité ou la marque d’un monde qui respire ? À partir de quel(s) seuil(s) une crise devient-elle redoutable ?

Axes de réflexion

Le présent appel à contribution reste ouvert à tout type de réflexion qui serait conforme à la problématique générale ci-dessus énoncée:

  • La typologie des crises, (crises économiques contemporaines, crises sociales contemporaines, crises politiques contemporaines, crises d’identités, crises sécuritaires, crises constitutionnelles, crises des relations internationales, etc.)
  • Les crises à travers l’histoire
  • Les crises aujourd’hui
  • Les facteurs de la recrudescence des crises
  • Les mesures de prévention des crises

Consignes de rédaction

Les textes doivent être présentés de la manière la plus simple possible : rédigés en français ou en anglais, Times New Roman police 12 pour le texte courant et 10 pour les notes de bas de page ; interligne simple, et doivent être compris entre 3 et 5 pages, bibliographie comprise, espacement 6 inter paragraphes. Ils seront précédés de l’identité de l’auteur, de son attachement institutionnel et de son adresse mail. Pas de sauts de paragraphes à l’intérieur des parties ; des sous-titres doivent aérer le texte et le découper en sections bien identifiables. Toutes les notes doivent être mises en bas de page, en utilisant l’appel automatique de Word.

Les références bibliographiques ne doivent pas se trouver dans le corps du texte. Elles doivent être renvoyées en notes de bas de page et la bibliographie finale à la fin de l’article.

Les titres de livres et de revues sont en italique, ceux d’articles en romain et entre guillemets (« »).

On utilisera les modèles suivants pour les premières références :

Modèle de présentation des références  en notes de bas de pages:

  • Prénoms NOMS, Titre de l’ouvrage, Lieu d’édition, Éditeur, année d’édition, p. de référence :
  • Prénoms NOMS, « Titre de l’article », Titre de la revue, Références (année, n°, etc.), p. de référence.

Présentation de la bibliographie

Les références bibliographiques regroupées en fin de texte et présentées, par ordre alphabétique, selon les normes suivantes :

  • NOMS (Prénoms), Titre de l’ouvrage, Lieu d’édition, Éditeur, année d’édition, nombre total de pages de l’ouvrage :
  • NOMS (Prénoms), « Titre de l’article », Titre de la revue, Références (année, n°, etc.), nombre de pages de l’article.

Une référence ne doit être citée qu’une seule fois de façon intégrale ; si une référence est citée à plusieurs reprises dans l’article, nous recommandons l’utilisation de la locution ibidem, en cas de citation dans deux notes consécutives  ou de l’utilisation d’un titre abrégé suivi de la locution (op. cit.).

La date limite de réception des propositions d’articles en français ou anglais est fixée au 30 avril 2018.

Ce premier numéro paraîtra en mai 2018.

Contacts

Toutes les propositions d’articles doivent être envoyées simultanément aux adresses suivantes :

  • nkcarole@ymail.com
  • ericksourna@yahoo.com
  • bertrandmichelmahini@gmail.com
  • mboumegne1@yahoo.fr

Bibliographie indicative

Christiana ConstantopoulouRécits de la crise mythes et réalités de la société contemporaine, Harmattan, Février 2017, 380 pages

Franck GiolLectures contemporaines de la crise de l'éducation, Harmattan, octobre 2009, 170 pages

Claude Bekolo, Gilles Célestin Etoundi Eloundou, Thierry Montalieu, La micro finance contemporaine, Mutations et crises, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 314 pages,

Augustin LefebvreSociétés plurielles contemporaines : crises et transferts culturels, Regards sur l'espace euro-méditerranéen, Harmattan, septembre 2016, 226 pages 

Hannah Arendt, La crise de la culture (1961-68) (Traduction française 1972), 380 p.

Paul Hazard, Crise de la conscience européenne, 1680-1715.

Cathérine CoqueryL'Afrique et les Africains au XIXe siècle : mutations, révolutions, crises, Armand Colins, 1999, 304 pages.

Paul Ricoeur, « La crise : un phénomène spécifiquement moderne ?, Revue de théologie et de philosophie, 1988, no3, pp. 1-19.

Wieviorka Michel, « La sociologie et la crise. Quelle crise, et quelle sociologie ? », Cahiers internationaux de sociologie, 2009/2 (n° 127)

Gaulme, François. « Jean-Pierre Vettovaglia et al., Prévention des crises et promotion de la paix. Déterminants des conflits et nouvelles formes de prévention (vol. III) », Afrique contemporaine, vol. 249, no. 1, 2014, pp. 140-144.

Comité scientifique

  • Elizabeth TAMAJONG, Directeur de recherche, Sciences de l’Éducation, CNE, MINRESI
  • Nadine MACHIKOU NGAMENI, Professeur, Sciences politiques, Université de Yaoundé II
  • Bernard-Raymond GUIMDO DONGMO, Professeur, Droit public, Université de Yaoundé II
  • Patrick ABANE ONGOLO, Professeur, Droit Public, Université de Yaoundé II
  • Hilaire POKAM, Maître de Conférences,  Sciences politiques, Université de Dschang
  • Grégoire JIOGUE, Professeur, Droit privé, Université de Yaoundé II
  • Pierre MBOUOMBOUO, Maître de recherche, Sociologie, MINRESI, Université de Yaoundé I
  • Dr EDOUA BILONGO Bertrand, Chargé de cours, Droit Public, Université de Yaoundé II
  • Dr OWONA OMGBA Junior, Chargé de cours,  Droit public,  Université de Yaoundé II
  • Dr JEUGUE DOUNGUE Martial, Chargé de Recherche, CNE, MINRESI
  • Dr MFOYOM Herman, Chargé de cours, Droit Public, Université de Douala
  • Dr MGBA  NDJIE Marc Stéphane, Chargé de Recherche, CNE, MINRESI
  • Dr NOUAZI KEMKENG Carole Valérie, Chargée de recherche, Droit Public, CNE, MINRESI

Comité de rédaction

  • Dr MGBA  NDJIE Marc Stéphane
  • Dr NOUAZI KEMKENG Carole Valérie
  • NJIKAM NJIFOTIE Abdou
  • SOURNA LOUMTOUANG Erick
  • NZINO MUNONGO Victorine
  • NDIKI BIKOI Christelle
  • Mary YAYA  KENFOY
  • OBAME Alain Hugues
  • MBOUMEGNE DZESSEU Serges
  • ABOUBAKAR ADAMOU
  • MAHINI Bertrand Michel

Notes

[1] Paul Ricœur, « La crise : un phénomène spécifiquement moderne ? », Revue de théologie et de philosophie, 1988, n° 3, pp. 1-19.

[2] Écrivait Serge July en Février 1984 dans un supplément de Libération précisément destiné à accompagner un livre et une émission intitulée Vive la crise.

[3] Hannah Arendt, La crise de la culture (1961-68) (Traduction française 1972), 380 p.

[4] Paul Hazard, Crise de la conscience européenne, 1680-1715.

Dates

  • lundi 30 avril 2018

Mots-clés

  • crise

Source de l'information

  • Carole Nouazi
    courriel : kemcarozi [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les crises contemporaines », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 19 mars 2018, https://calenda.org/436635

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