AccueilPrévention des addictions : pluridisciplinarité et résultats probants

Prévention des addictions : pluridisciplinarité et résultats probants

Addiction prevention - pluridisciplinarity and probing results

Revue « Éducation, Santé, Sociétés » vol.5, n° 1

Éducation, Santé, Sociétés journal vol.5, no.1

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Publié le mercredi 21 mars 2018 par Elsa Zotian

Résumé

La prévention des addictions constitue une des problématiques majeures de santé publique et d’éducation à la santé. Les enjeux se situent tout autant à un niveau sanitaire, social qu’à un niveau éducatif tout au long de la vie dans une perspective de prévention des comportements à risques. Pour autant, nous observons en arrière-plan de la prévention des addictions, des approches et des finalités très différentes, avec des termes qui oscillent par exemple entre « conduites addictives » et « pratiques addictives », « prévention », « éducation » et « protection », entre « usages », « mésusages » et « non-usage », « consommateur » et « non-consommateur », « changement de comportements » et « autonomie et émancipation ».En rapprochant ces termes des publics (enfants, adolescents ou jeunes adultes) et des contextes (scolaires, hospitaliers, du secteur social ou de l’animation), il devient possible de mesurer l’étendue possible de l’intervention en prévention des addictions et des recherches que cet appel à contribution pour un nouveau numéro de la revue Éducation, Santé, Sociétés peut recouvrir.

Annonce

Argumentaire

La prévention des addictions constitue une des problématiques majeures de santé publique et d’éducation à la santé. Les enjeux se situent tout autant à un niveau sanitaire (avec un impact considérable en termes de morbidité et mortalité précoce) qu’à un niveau éducatif tout au long de la vie dans une perspective de prévention des comportements à risques. Le développement de la prévention des addictions constitue également un enjeu social important, la consommation de substances psychoactives étant souvent associée à l’exclusion sociale ou à la prise de risque pour autrui (usages pathologiques de jeux vidéo, soirées étudiantes, comportements routiers, etc.).

Pour autant, nous observons en arrière-plan de la prévention des addictions, des approches et des finalités très différentes, avec des termes qui oscillent par exemple entre « conduites addictives » et « pratiques addictives », « prévention », « éducation » et « protection », entre « usages », « mésusages » et « non-usage », « consommateur » et « non-consommateur », « changement de comportements » et « autonomie et émancipation ». En rapprochant ces termes des publics (enfants, adolescents ou jeunes adultes) et des contextes (scolaires, hospitaliers, du secteur social ou de l’animation), il devient possible de mesurer l’étendue possible de l’intervention en prévention des addictions et des recherches que cet appel à contributions peut recouvrir.

Alors que la notion de parcours de santé, qu’il soit « éducatif » ou « de soin », renforce l’idée d’un continuum autour de la prise en compte des problématiques addictives, il est essentiel d’éclairer cet objet avec une vision élargie et pluridisciplinaire. Un consensus existe au plan international sur la nécessité d’une prévention précoce de réduction des risques et du développement de facteurs de protection avec une approche globale de la personne et de son environnement. Cet appel à contributions s’intéresse donc à plusieurs de ces dimensions afin de couvrir les principales dimensions interrogeant cette thématique :

Axe 1 : Les dispositifs et programmes d’intervention en fonction des contextes (éducatif, sanitaire, social voire culturel et artistique)

Il s’agit de mieux comprendre quels sont les dispositifs ou programmes nationaux ou internationaux existants, leurs objectifs et ce que la recherche nous permet de pointer comme facteurs facilitants ou limitants d’efficacité d’intervention. Cela pose également la question de la transférabilité ou non d’une intervention, de la prise en compte des contextes au travers des publics cibles, des professionnalités et de l’inter-métier aussi bien dans la construction d’une démarche de prévention que d’accompagnement et de parcours de soin. La place des parents, les démarches de co-éducation, la prise en compte des milieux de vie ou plus largement des déterminants de santé montrent que l’intervention dans le domaine de la prévention des addictions relève de modalités à la fois composites et plurielles. Comment sont pris en compte ces éléments de diversité ? Sont-ils source de complémentarité ou de tension ? En quoi la mise en place d’un dispositif ou d’un programme d’intervention intègre-t-il dès sa conception cette variété de paramètres ? Quel est l’idéal de comportement que ces interventions cherchent à promouvoir ? S’inscrivent-ils nécessairement dans une démarche de recherche-intervention, recherche-interventionnelle ou recherche-action ?

Axe 2 : la place du sujet, pris dans sa complexité, avec ses paradoxes voire ses contradictions

Il s’agit de faire état d’une vision ni univoque ni normalisée de la prévention des addictions. De nombreux travaux ont montré l’importance des représentations et des conceptions dans la façon dont un sujet décide d’entrer puis d’adopter ou non un comportement addictif. Pour autant, ce sujet ne peut être considéré en-dehors du tout dans lequel il évolue et qui participe à forger ses propres croyances, à le pousser à prendre ou non des décisions favorables à sa santé. Il s’agit d’en illustrer la complexité. Nous privilégierons ici les études s’intéressant à la façon dont le sujet est considéré et se considère, ainsi que celles illustrant les dynamiques collectives et les mesures du poids normatif sur les comportements individuels. Les approches qualitatives laissent, de ce point de vue, toute sa place au sujet dans l’expression de ce qu’il perçoit de lui-même, de son rapport au produit ou au non-produit, de ses conceptions sur les addictions, de la façon avec laquelle il entre ou non dans une démarche de prévention avec un développement de ses connaissances et de ses compétences. Elles peuvent aussi permettre de saisir ce qui est à l’œuvre dans les groupes et aide à légitimer des attitudes, des normes collectives ou à rendre compte de différentes phases d’un changement normatif induit par une action de prévention. En privilégiant un éclairage par les sciences de l’éducation, l’anthropologie, la sociologie ou plus largement des sciences humaines et sociales, les méthodes qualitatives n’interdisent pour autant pas les méthodes mixtes ou épidémiologiques permettant de rendre compte des déterminants individuels et collectifs de l’intervention au travers d’études portant sur des échantillons plus grands, représentatifs de populations cibles et des dispositifs ou programmes concernés.

Axe 3 : La notion même de « dépendance » comme thème central des actions de prévention est à interroger

Les objectifs affichés et les méthodes d’intervention privilégiées donnent des pistes sur ce qu’il s’agit réellement de prévenir : l’attachement à un comportement ? A un produit ou non-produit jugé nocif ? Ou encore est-ce la privation du libre arbitre qui est ciblé ? Dans ce contexte comment sont perçus et éventuellement utilisés des produits de substitution comme la cigarette électronique ? La question fondamentale de perte de liberté de décision constitue ici une entrée permettant d’interroger le phénomène de dépendance en le positionnant dans une perspective d’éducation à la santé et de promotion de la santé. Les bénéficiaires de l’intervention sont-ils considérés comme acteurs de leur santé ou bien le travail de prévention s’attache-t-il à faire opérer des comportements avec une entrée davantage behaviouriste de l’intervention ? Il est donc important d’expliciter les modèles théoriques sous-jacents à toute intervention induisant parfois la tentation d’une vie sécuritaire absolue.

Axe 4 : les professionnels et leurs pratiques d’intervention dans le domaine de la prévention des addictions

 Les pratiques professionnelles dans le champ de la prévention constituent le quatrième axe pressenti à cet appel à contributions. De nombreux travaux ont montré à quel point le milieu professionnel, porteur de valeurs, de normes, d’une « culture » d’intervention participe à définir des pratiques spécifiques. Les modalités d’intervention de la prévention ou de la prise en charge de l’addiction comportent à la fois la dimension personnelle entre le professionnel – qu’il soit de santé ou d’éducation – et le bénéficiaire du programme ou du dispositif, mais aussi l’influence du mode d’organisation des professionnels impliqués dans cette intervention de prévention des addictions. La mise en œuvre de ces interventions représente donc un ensemble intégrant les facteurs humains et organisationnels propres à leur contexte d'implémentation.  L’usage des outils mobilisés peut à présent être élargi aux nouvelles technologies interactives qui sont actuellement pressenties comme des solutions innovantes. Les comptes rendus des étapes de mise en œuvre de la construction d’un outil numérique innovant (applications santé, web doc, etc.), de l’idée à l’évaluation, en passant par la gestion de partenariats avec l’industrie des NTIC, sont formateurs pour les futurs promoteurs de projets de prévention.

Conditions de soumission

Les auteurs doivent soumettre leur proposition à la rédaction (revue.ess@unires-edusante.fr) en version électronique de type MSWord, RTF, ou OpenOffice dans les délais précisés dans le calendrier.
L’objet du mail fera référence à l’appel à communication concerné.

Ils fourniront deux documents :

1. Une page d’identification (non transmise aux évaluateurs) 
  • nom et prénom
  • institution / rattachement
  • adresse postale complète et adresse électronique
  • titre et mots-clés (4 à 5)
  • résumé de l’article (environ 1200 à 1400 signes)
  • nombre de signes de l’article, espaces et bibliographie inclus (50000 signes maximum)
  • Important : rubrique choisie (« Recherches » / « Perspectives »)

2. La proposition d’article, où ne figurera aucun élément d’identification.
L’auteur veillera à respecter les consignes de mise en page, le nombre de signes (50 000) pour les rubriques « Recherches » / « Perspectives ». Nous attacherons une attention particulière aux références bibliographiques.

http://unires-edusante.fr/revue-ess-soumettre-article/

Les propositions sont à envoyer à revue.ess@unires-edusante.fr

avant le 30 avril 2018

Numéro à paraître en octobre 2018.

 Annonce de l'appel à contribution sur le lien suivant : http://unires-edusante.fr/wp-content/uploads/2018/01/Appel-%C3%A0-communications-_Education-Sant%C3%A9-Soci%C3%A9t%C3%A9s_Vol-5.1_Octobre-2018.pdf

Coordinateurs scientifiques

  • Frank Pizon, Maître de Conférences en Sciences de l’éducation - HDR, Université Clermont Auvergne / ESPE Clermont – Auvergne / Institut Pascal / UMR 6602 / CNRS / SIGMA / TGI-PEPRADE
  • Véronique Régnier Denois, Socio-anthropologue, Directrice adjointe du Centre Hygée, HESPER EA 7425
  • Simon Ducarroz, Docteur en épidémiologie et santé publique, Chargé de recherche HESPER EA 7425

Dates

  • lundi 30 avril 2018

Mots-clés

  • éducation à la santé, prévention, addictions, pluridisciplinarité, pratiques d'intervention, publics, contextes

Contacts

  • Lela Bencharif
    courriel : lela [dot] bencharif [at] univ-lyon1 [dot] fr

Source de l'information

  • Lela Bencharif
    courriel : lela [dot] bencharif [at] univ-lyon1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Prévention des addictions : pluridisciplinarité et résultats probants », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 21 mars 2018, https://calenda.org/437017

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