Calenda - Le calendrier des lettres et sciences humaines et sociales

Street Art Europe

Second cross-disciplinary seminar of the Nice Street Art Project (NSAP) #4

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Publié le lundi 26 mars 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Les œuvres de street art ont vocation à être in situ, c’est-à-dire réalisées dans un endroit précis et un contexte bien déterminé, pour cet endroit précis et par cet endroit précis. Certains artistes considèrent en effet que ce sont les lieux qui font l’œuvre, tel Ernest Pignon-Ernest, pionnier du mouvement en France et ailleurs. L’œuvre de l’artiste n’éclaire pas seulement le lieu, elle tire aussi son sens et son impact du lieu, dans un jeu de miroirs où l’on ne sait plus où est l’image et où est l’objet. Il s’agit donc d’un art intrinsèquement contextuel.

Annonce

Présentation

Les œuvres de Street Art ont vocation à être in situ, c’est-à-dire réalisées dans un endroit précis et un contexte bien déterminé, pour cet endroit précis et par cet endroit précis. Certains artistes considèrent en effet que ce sont les lieux qui font l’œuvre, tel Ernest Pignon-Ernest, pionnier du mouvement en France et ailleurs. L’œuvre de l’artiste n’éclaire pas seulement le lieu, elle tire aussi son sens et son impact du lieu, dans un jeu de miroirs où l’on ne sait plus où est l’image et où est l’objet. Il s’agit donc d’un art intrinsèquement contextuel.

Cependant, plusieurs facteurs concourent à contrecarrer la spécificité locale des productions. En premier lieu, les artistes visent souvent une dissémination à large échelle, souvent internationale, sans nécessairement prêter à leurs œuvres de signes distinctifs en fonction de leur emplacement. Songeons au cas d’Invader. C’est que l’une des sources du mouvement est sans conteste le Graffiti Writing, qui consiste d’abord et avant tout à apposer son tag dans un nombre d’endroits le plus élevé possible. La reproduction est d’autant plus dans l’ADN du mouvement qu’il dérive aussi incontestablement du Pop Art. Le Street Art porte en somme en lui une logique de marquage territorial sériel qui exerce une poussée opposée à sa vocation in situ.

Par ailleurs, l’énorme succès que rencontre le genre Street Art à l’échelle planétaire favorise la circulation mondiale des artistes les plus connus et appréciés dans le cadre de commandes d’art urbain. Par exemple Shepard Fairey alias Obey est régulièrement invité à réaliser des œuvres à Paris, comme lors de l’exposition Earth Crisis à la suite de l’attentat de novembre 2015 et parallèlement à la tenue de la COP21, ou dans le 13e arrondissement à l’initiative de la galerie Itinerrance. Au demeurant, les sociétés où les artistes circulent sont de plus en plus homogénéisées culturellement et dominées par des problématiques dont les dimensions sont évidemment planétaires, comme le réchauffement climatique.

Enfin, nombreux sont les artistes qui manifestent un goût caractérisé pour le voyage. Ainsi Julien Malland alias Seth se définit-il lui-même comme un Globe Painter. Cet aspect a sans doute partie liée avec le terreau commun de ce qu’on pourrait appeler la philosophie du mouvement, quoiqu’elle n’ait jamais été délibérément théorisée, pour des raisons qui tiennent aussi à certains de ses principes mêmes, en particulier un attachement radical à la liberté individuelle allié à des valeurs de coopération, d’échange et de solidarité. L’héritage des hobos graffitistes des années 1910-1920, de la Beat Generation et des mouvements contre-culturels des années 1960 apparaît difficilement adaptable au temps présent, mais il semble bien que nos street artists voyageurs gardent l’idéal chevillé au corps du voyage ou peut-être de l’errance comme seul outil de connaissance d’autrui et, surtout, de soi.

Dans quelle mesure les exigences contextuelles de l’art in situ sont-elles compatibles avec les dynamiques globales d’un genre qui s’est imposé dorénavant à échelle mondiale ? Le Street Art plonge ses racines autant en Europe (Dada, Futurisme, Situationnisme…) qu’aux États-Unis (Ashcan school, Action Painting, Graffiti Writing, Haring, Basquiat, Holzer, Kruger…), sans même considérer d’autres sources certainement influentes en dehors de ces deux grands pôles : y a-t-il alors une spécificité européenne des œuvres produites en Europe ? Telles sont les problématiques centrales qu’aborderont les communications du deuxième séminaire de recherche du Nice Street Art Project pour sa 4e édition (NSAP 2018 #4).

Programme de la journée

9 heures / 17 heures - Salle du Conseil

Recherche | Research

  • Ouverture | Marie-Joseph Bertini (LIRCES), Véronique Mérieux(RIM), Edwige Comoy Fusaro (NSAP)

Sites du street art | Sites of Street Art

  • Slinkachu’s Micro-Urban Landscape | Hélène Gaillard (Dijon | FR)
  • Is Street Art Site-Specific? | Peter Bengtsen (Lund | SE)
  • Spatial Invaders | Alexandre Ornon (Nice | FR)
  • Mobility and Connectivity in the Street Art World | Santiago González Villajos (Madrid | ES)
  • Street Art and City Scapes | Courtney Rehkamp (Cincinnati | USA)

Histoires du street art | Street Art Histories

  • Le regard de la Joconde. Méta-street art | Edwige Comoy Fusaro (Nice | FR)
  • Street art versus art urbain | Christophe Genin (Paris | FR)
  • The German Street Art Scene since 1980 | Ulrich Blanché (Heidelberg | DE)
  • Beyond Dominant Narratives on Street Art | Egidio Emiliano Bianco (Rome | IT)

Street art socio-politique | Socio-Political Street Art

  • De Berlin à Schengen | Vincent Lambert (Nice | FR)
  • Street Art Against the Mafia | Luca Palermo (Naples | IT)

Création | Creation

  • Nice Art: Ariane Pasco (Nice | FR)

Organisation scientifique

Edwige Comoy Fusaro

Argument

Street Art is site-specific. The artworks are made for a specific location and context. According to Ernest Pignon-Ernest, one of the pioneers of the movement, they are even made by the site. The artwork highlights the place and the place gives it its meaning and strenghth. Nonetheless, site-specificity is thwarted by opposite forces due to the origins of the movement, to its global dimension and its “philosophy”.

Street Art is as rooted in serial production and territorial marking as in site-specific art. Heir to the American writers, street artists aim at a large-scale spread of their works, as the famous case of the well- named Invader clearly show. Yet the “invasion” sometimes happens to imply little attention to the placement of the artwork. Reproduction is part of the genetics of Street Art, from tags to protesters’ stencils and Pop Art artefacts.

With the success of Street Art and Urban Art, acclaimed artists are led to work in various countries. Now, globalization, cultural homogeneization, and worldwide concerns such as global warming stimulate the artists to address universal topics. In fact, when Shepard Fairey was invited to work on the Eiffel Tower in 2015, he chose to talk about Earth Crisis, not about Paris. When Julien Malland aka Seth, significantly self- described Globe Painter, went to China, he did paint Chinese people but also people without any national or ethnical diacritical mark.

Despite the heterogeneity of the movement, street artists share a common ground and travel is a strong part of it. Street Art is also heir to the hobo graffiti-writers of the 10s and 20s, and to the Beat Generation and the counter-cultural movements of the 60s and 70s. Even though it was not built up as a school, it carries out principles and values, in particular and not limited to individual freedom. In line with the DIY punk philosophy, travel is seen as a self-learning opportunity, as well as the best way to know others, therefore oneself.

The second seminar of the Nice Street Art Project (2018 NSAP #4) focuses on Street Art in Europe, paying particular attention to two main questions. 1) How are local characteristics compatible with global characteristics in Street Art? 2) Considering that Street Art not only comes from the USA (with, first and foremost, graffiti Writing, and more widely Ashcan school, Action Painting, Graffiti Writing, Haring, Basquiat, Holzer, Kruger…) but also from European movements such as Dada, Futurism, or Situationnism, do street artworks created in Europe have an European specificity?

Contact : Edwige Comoy Fusaro fusaro@unice.fr | http://nicestreetartproject.fr

Lieux

  • Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines, campus Carlone, salle du Conseil - 1er étage bât. A - 98 boulevard Edourd Herriot
    Nice, France (06)

Dates

  • vendredi 13 avril 2018

Fichiers attachés

Mots-clés

  • street art

Contacts

  • Comoy Fusaro Edwige
    courriel : fusaro [at] unice [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • solen cozic
    courriel : solen [dot] cozic [at] univ-cotedazur [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Street Art Europe », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 26 mars 2018, https://calenda.org/437332

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