AccueilSéminaire sur l’histoire transnationale des socialismes 2018-2019 (Seconde moitié du XIXe siècle, jusqu’en 1914)

Séminaire sur l’histoire transnationale des socialismes 2018-2019 (Seconde moitié du XIXe siècle, jusqu’en 1914)

Workshop on Transnational History of Socialism (Second Half of 19th Century to 1914)

*  *  *

Publié le mardi 27 mars 2018 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Deux siècles après la naissance de Marx, l’intérêt renouvelé de nombreux chercheurs pour les socialismes, Marx et les marxismes, se produit à un moment où les organisations issues des « mouvements ouvriers » traditionnels sont presque partout en difficulté. Les études en cours sur ces sujets intègrent souvent une dimension internationale et transnationale ; l’internationalisme peut être ainsi traité sous un nouveau jour. Le présent séminaire se propose d’étudier les relations entre les socialismes et les socialistes des différents  pays  à  partir  de  ces  nouvelles  méthodes.  Le  cadre  de  l’État-nation  demeurant prégnant dans l’étude des transmissions et diffusions des idées et des savoirs, il est nécessaire de le surmonter afin d’appréhender le défi global [Middell, 2004] et d’inscrire les études sur le socialisme dans le global turn.

Annonce

Présentation

Séminaire international organisé dans le cadre du projet EUROSOC (GRR-CSN Université de Rouen – région Normandie, coordonné par Jean-Numa Ducange https://eurosoc.hypotheses.org/), avec le soutien du projet PEACE (Université de Caen – Université de Rouen – région Normandie, coordonné par Thomas Hippler et Jean-Numa Ducange)

Deux siècles après la naissance de Marx, l’intérêt renouvelé de nombreux chercheurs pour les socialismes, Marx et les marxismes, se produit à un moment où les organisations issues des « mouvements ouvriers » traditionnels sont presque partout en difficulté.

Les études en cours sur ces sujets intègrent souvent une dimension internationale et transnationale ; l’internationalisme peut être ainsi traité sous un nouveau jour. Pour penser cette histoire, le chercheur doit sortir de sa propre sphère culturelle et linguistique et « décentrer » son regard, en accord avec le souhait formulé par Marcel Van der Linden [Van der Linden, 2017].

Le présent séminaire se propose d’étudier les relations entre les socialismes et les socialistes des différents  pays  à  partir  de  ces  nouvelles  méthodes.  Le  cadre  de  l’État-nation  demeurant prégnant dans l’étude des transmissions et diffusions des idées et des savoirs, il est nécessaire de le surmonter afin d’appréhender le défi global [Middell, 2004] et d’inscrire les études sur le socialisme dans le global turn.

C’est en s’insérant dans cette perspective que ce séminaire souhaite s’intéresser à toutes ces manifestations “transnationales” du socialisme : circulation des textes, des idées et des acteurs socialistes entre les différents pays, travail transfrontalier, mouvements transnationaux, positions des socialistes lors des conflits – tout ce qui de quelque manière dépasse, voire efface les frontières. Une  attention  singulière  sera  portée  aux  traductions  politiques,  champ  relativement  délaissé jusqu’ici alors même qu’il permet de réexaminer les processus de transmission sous un nouveau jour.  Les  populations  particulièrement  concernées  par  les  pratiques  transnationales  (un  des « transnationalismes » parmi les plus discutés à l’époque étant le cas polonais) méritent à ce propos une attention spécifique.

Ces séances pourront également aborder la question des relations institutionnelles entre les différentes  « nations »  et  Empires ;  proposer  une  histoire  transnationale  permet  d’étudier  les enchevêtrements et les interconnexions des institutions socialistes et d’autres formes de solidarité internationale. Ceci peut être fait par l’étude des institutions telles que les Internationales socialistes et  le  Bureau  socialiste  international  et  les  diverses  rencontres  internationales,  à  l’occasion desquelles les socialistes ont essayé de mettre en pratique la dimension internationale de leurs principes.

À l’instar de ce qui a été proposé par Michel Espagne et Michael Werner [Espagne et Werner, 1988], qui ont dédié leurs analyses à la diffusion de la pensée allemande en France, il est fondamental de s’occuper des outils qui permettent la diffusion et la circulation des idées et des savoirs. Mais trop longtemps, l’étude des représentations et des transmissions ont fait la part belle

aux idées ; les vecteurs matériels de ces transferts, également importants, ont été peu traités. L’étude de la circulation des ouvrages socialistes entre les différents centres et foyers socialistes (le rôle des traductions étant là un élément déterminant), sans oublier la place de la littérature grise dans ces échanges peut constituer de ce point de vue, un élément essentiel. Les propositions devront s’intéresser non plus au rayonnement du cadre national vers l’étranger, qui induit une logique diffusionniste, mais devront dépasser cette perspective en tenant compte des influences extérieures et réciproques dans le processus de construction d’une « pensée internationaliste ».

Le séminaire se propose également d’interroger les divergences d’opinions au sein des familles politiques et entre les nations elles-mêmes sur la question de l’internationalisme, problématique centrale de la pensée socialiste. Tout comme l’historiographie a tenté de conceptualiser une « ère des révolutions » [Hobsbawm, 1962] ne peut-on pas parler d’une « ère des internationalismes » qui dépasse le cadre européen ? Ainsi peut-on s’intéresser aux socialistes en exil [Aprile, 2010], volontaire ou non, qui ont pu se rapprocher des partis socialistes étrangers. Les contributions devront veiller à ne pas négliger les discours et représentations de l’internationalisme socialiste confrontés aux pratiques.

Une place spécifique sera réservée aux contributions relatives à la paix et aux pacifismes, éléments clefs du langage et de la pratique socialiste, étudiés principalement jusqu’ici pays par pays alors que s’impose là encore une nécessaire prise en compte de la dimension transnationale du processus.

Les propositions devront concerner d’une manière ou d’une autre l’histoire du socialisme mais pourront traiter également d’autres univers politico-idéologiques dans une perspective comparatiste.

Comité d’organisation

  • Andrea Benedetti (doctorant, université de Strasbourg) Frank-Olivier Chauvin (doctorant, université de Rouen) Lucie Guesnier (docteure, université de Paris 1)
  • Elisa Marcobelli (post-doctorante, université de Rouen)
  • Steffi Marung (enseignante-chercheuse, université de Leipzig)

Comité scientifique

  • Sylvie Aprile (Université de Nanterre, Institut des sciences sociales du politique) Gilles Candar (Président de la Société d’études jaurésiennes)
  • Maurice Carrez (Institut d’étude Politique de Strasbourg, Dynamiques Européennes) Patrizia Dogliani (Université de Bologne, Dipartimento di Storia Culture Civiltà) Jean-Numa Ducange (Université de Rouen, Groupe de recherches d’Histoire)
  • Talbot C. Imlay (Université de Laval – Canada, Département des Sciences Historiques)
  • Xu Juezai (Académie des Sciences de Shanghai, directeur de la revue Annales pour l’histoire du socialisme)
  • Matthias Middell (Université de Leipzig, Center for Areas Studies) Marion Fontaine (Université d’Avignon, Centre Norbert Elias)
  • Thomas Hippler (Université de Caen, Centre de recherche d’histoire quantitative)
  • Marcel van der Linden (Université d’Amsterdam, Institut International d’Histoire sociale) Thierry Merel (Directeur du secteur « Histoire et Archives » de la Fondation Jean-Jaurès)
  • Maria Grazia Meriggi (Université de Bergame, Dipartimento di Lingue, letterature e culture straniere)
  • Bertel Nygaard (Université d’Aarhus, Institut for Kultur og Samfund)
  • Arnault Skornicki (Université de Nanterre, Institut des sciences sociales du politique)
  • Blaise Wilfert-Portal (Ecole Normale Supérieure, Paris, Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine)

Bibliographie indicative

  • APRILE Sylvie, Le siècle des exilés Bannis et proscrits, de 1789 à la Commune, Paris, CNRS Éditions, 2010.
  • DUCANGE  Jean-Numa  et  FONTAINE  Marion  (dir.),  Georges  Haupt, l’Internationale pour méthode », Cahiers Jaurès, n° 203, janvier-mars 2012.
  • ESPAGNE Michel et WERNER Michael (textes réunis et présentés par), Transferts. Les relations interculturelles dans l’espace franco-allemand (XVIIIe-XIXe siècles), Paris, Éditions Recherche sur les Civilisations, 1988.
  • FORMAN, Michael, Nationalism and the international Labour Movement, the idea of the Nation in Socialist and Anarchist Theory, University Park, Pennsylvania State University press, 1998.
  • GEYER, Martin et PAULMANN Johannes, The Mechanics of Internationalism: culture, society and politics from the 1840s to the First World War, Oxford, University Press, 2001.
  • GRANDTNER,  Margarete,  ROTHERMUND  Dietmar  et  SCHWENTKER,  Wolfgang  (dir.), Globalisierung und Globalgeschichte, Vienne, Mandelbaum Verlag, 2005. HAUPT, Georges, L’Historien et le mouvement social, Paris, Maspero, 1980. HOBSBAWM, Eric J., L’ère des révolutions, Paris, Fayard, 2011.
  • JOUSSE, Emmanuel (dir.), Actes du colloque « 1914. L’Internationale et les internationalismes face à la guerre », tenu à Paris le 24 et 25 mars 2014, Cahiers Jaurès, nº 212-213, 2014 et nº 215-216, 2015.
  • MIDDELL Matthias, « Histoire universelle, histoire globale, transfert culturel », Revue germanique internationale [En ligne], 21 | 2004.
  • RASMUSSEN, Anne, « Tournant, inflexions, ruptures : le moment internationaliste », Mil neuf cent. Revue d’histoire intellectuelle, no 19, 2001, p. 27-41.
  • VAN HOLTHOON, Frits et VAN DER LINDEN, Marcel (dir.), Internationalism in the Labour Movement 1830-1940, Brill, Leiden, 1988.
  • VAN DER LINDEN, Marcel (dir.), The Formation of labour movements, 1870-1914, Brill, Leiden, 1990.
  • VAN DER LINDEN,  Marcel,  Workers of the World. Essays toward a Global Labor History, Leiden et Boston, Brill Academic Publishers, 2008.
  • VAN DER LINDEN, Marcel et al., « Labor history, tournant de ‘l’histoire globale’ et marxismes », Actuel Marx, 2017/2, n° 62, p. 181-196.

Modalités de soumission

Les propositions de contributions sont à envoyer
avant le 10 mai 2018
à socialismetransnational@gmail.com

À part la séance du 30 mai, le programme des autres séances sera organisé en fonction des réponses à l’appel. Les réponses seront transmises avant le 25 mai.

Les langues de communication lors de ces séances sont le français, l’anglais et l’allemand.

Les frais de déplacement, logement, et restauration seront couverts.

Dates prévisionnelles et thématiques des séances
(les  thèmes  sont  susceptibles  d’élargissement  en  fonction des propositions)

  • 30 mai 2018 : Université de Rouen. Réunion du projet EUROSOC – première séance du séminaire avec Marcel Van der Linden (Amsterdam),  « Pacifisme, internationalisme, transnationalisme ». (Responsables : Frank-Olivier Chauvin et Elisa Marcobelli)
  • 28 septembre 2018 : École Normale Supérieure (Ulm). « Traduire la politique en Europe au XIXe siècle » (Responsables : Jean-Numa Ducange et Blaise Wilfert-Portal)
  • 6 novembre : Université de Strasbourg.    « Les ‘institutions’ socialistes internationales » (Responsables : Andrea Benedetti et Lucie Guesnier)
  • 7-8 décembre : Université de Leipzig (Allemagne). « Quelle histoire transnationale du socialisme avant la Première guerre mondiale ? » (Responsable : Steffi Marung)
  • Début  2019  (date  à  définir) :  conclusions  du  projet  EUROSOC  à  l’Université  de  Rouen. Perspectives du projet PEACE.

Lieux

  • Université de Rouen-Normandie
    Rouen, France (76)

Dates

  • jeudi 10 mai 2018

Source de l'information

  • François Delisle
    courriel : francois [dot] delisle [at] univ-rouen [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Séminaire sur l’histoire transnationale des socialismes 2018-2019 (Seconde moitié du XIXe siècle, jusqu’en 1914) », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 27 mars 2018, https://calenda.org/437561

Archiver cette annonce

  • Google Agenda
  • iCal