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La responsabilité sociétale des organisations et des entreprises en Afrique francophone

The social responsibility of organisations and companies in French-speaking Africa

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Publié le lundi 09 avril 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Considérant, d'une part, le village global actuel en construction dans lequel sont appelés à interagir plusieurs parties prenantes vers la concrétisation d'un destin commun et, d'autre part, le souci de préservation des ressources locales, il émerge la nécessité d'une implémentation plus concrète du principe d'intégration. Les Objectifs de développement durable (ODD) furent ainsi adoptés avec comme objectif, d'ici 2030, d'éliminer la pauvreté sous toutes ses formes par a promotion d'une industrialisation durable qui profite à tous et encourage l'innovation et la recherche et d'encourager les grandes entreprises et les sociétés transnationales à adopter et intégrer des pratiques viables.

Annonce

Direction scientifique

Projet d’un ouvrage collectif sous la direction de

  • Victorine Ghislaine NZINO MUNONGO, chercheuse au Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, Cameroun,
  • Martial JEUGUE DOUNGUE, PhD, Chercheur-Enseignant,
  • L. Christelle BELPORO, Université de Montréal, Québec, Canada
  • Hermann NANAN LEKOGMO, PhD, Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC-APDHAC)

Argumentaire

Considérant, d’une part, le village global actuel en construction dans lequel sont appelées à interagir plusieurs parties prenantes vers la concrétisation d’un destin commun et, d’autre part, le souci de préservation des ressources locales, il émerge la nécessité d’une implémentation plus concrète du principe d’intégration. Les Objectifs de développement durable (ODD) furent ainsi adoptés avec comme objectif, d’ici 2030, d’éliminer la pauvreté sous toutes ses formes par la promotion d’une industrialisation durable qui profite à tous et encourage l’innovation et la recherche et d’encourager les grandes entreprises et les sociétés transnationales à adopter et intégrer des pratiques viables. La visée essentielle des objectifs fixés est la création d’emplois, l’augmentation de la richesse locale par le Produit intérieur brut (PIB) et une utilisation plus rationnelle des ressources par l’usage de technologies et procédés industriels propres, socialement inclusifs et respectueux de l’environnement.

Le contexte économique actuel en Afrique subsaharienne est confronté à plusieurs défis :

  1. Une explosion démographique estimée à 1,1 milliards d’habitants avec une projection de 2,4 milliards en 2050[1], ce qui représente un tiers de la population mondiale. Par ailleurs, 60% de la population africaine a moins de 35 ans[2] et est constituée de jeunes avides de biens et de consommation.
  2. Une urbanisation qui se fait à grande vitesse en termes d’occupation d’espace par les populations : les statistiques font mention de 472 millions d’habitants vivant en zone urbaine et le double de ce chiffre d’ici les vingt-cinq prochaines années[3]. Ces chiffres dénotent l’existence d’une concentration graduelle non négligeable de la demande et l’offre des biens et services en zone urbaine et partant une économie croissante dont les prévisions sont fixées à 2,6% en 2017[4]. Selon la Banque mondiale, cette croissance est ralentie par le déficit des infrastructures, ce qui a pour impact de limiter la productivité des entreprises jusqu’à 40%[5].
  3. Un manque assez flagrant d’infrastructures. Il y a par conséquent un besoin vital d’investir massivement pour la construction des espaces viables pouvant accueillir cette population croissante et répondre aux attentes des entreprises. Toutefois, la facture de ces opérations sera sans doute assez salée. Selon les experts financiers, le besoin d’investissements dans la construction des infrastructures en Afrique s’évaluent à la hauteur de 93 milliards de Dollars par an[6]. Dans un environnement où 43 % de la population totale vit en dessous du seuil de pauvreté[7], l’enjeu est non seulement celui de poser les jalons d’une économie dite inclusive mais également un système de production, de vente et de consommation qui respecte la dignité humaine tout en préservant l’environnement. D’où la référence faite à la Responsabilité Sociétale des Entreprises/Organisations.

Selon Bambara et ses collègues, la Responsabilité sociale des organisations (RSO) s’appréhende comme étant la « responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement transparent et éthique qui contribue au développement durable y compris à la santé des personnes et au bien-être de la société, prend en compte les attentes des parties prenantes, respecte les lois en vigueur et est compatible avec les normes internationales et est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations »[8]. Par ailleurs, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), la Responsabilité sociétale des entreprises/organisations (RSE) traduit «… la façon dont les entreprises prennent en considération les effets de leurs activités sur la société et affirment leurs principes et leurs valeurs tant dans l’application de leurs méthodes et procédés internes que dans leurs relations avec d’autres acteurs »[9]. La définition énoncée par l’OIT aborde l’approche sociologique de la RSE qui présente ce concept « …comme une question de régulation sociale faisant intervenir, derrière l’institution que constitue l’entreprise, des acteurs sociaux en conflit »[10]. Désormais, comme le diraient Mc William et Siegel, il est question de considérer la RSE « … comme des actions permettant d’améliorer le bien-être social au-delà des intérêts de la firme et de ce qui est requis par la loi»[11]. Cette présentation du concept énonce de manière globale l’enjeu de l’insertion d’une RSE/RSO au sein d’une société.

L’encadrement juridico-politique de la RSE/RSO en Afrique est un véritable défi. Si la perception qu’ont les États de cet outil est nuancée, il en est de même de sa perception par les entreprises. Les outils de gestion et de mise en place d’une RSE/RSO dans les pays et les entreprises d’Afrique méritent d’être analysés afin de comprendre et de traduire la portée de la RSE/RSO en Afrique subsaharienne. Malgré le caractère innovateur du concept occidental qu’est la RSE/RSO en Afrique et l’appréhension changeante de ce dernier en fonction des réalités sociales, il existe des approches d’implémentation qui positionnent les entreprises en acteurs ayant pour responsabilité de contribuer à l’éradication de la pauvreté.

Cet ouvrage a pour objectif d’aborder les réponses offertes par la RSE/RSO en Afrique subsaharienne sous le prisme des différents défis auxquels cette dernière est confrontée. Nous souhaitons mieux comprendre les échanges d’influence existant entre ce concept et l’environnement africain subsaharien, autrement dit, analyser l’apport de la RSE/RSO en milieu africain subsaharien et en retour, les mutations subies par ce concept du fait de son adaptation à son milieu d’implantation.

Cet ouvrage s’adressera aux parties prenantes que sont les administrations publiques et parapubliques, le secteur privé, les institutions académiques et professionnelles, la société civile, etc.

Les contributions attendues doivent concerner prioritairement l’un des aspects suivants :

  1. RSE/RSO et Objectifs de développement durable, horizon 2030 en Afrique subsaharienne;
  2. RSE/RSO et lutte contre la pauvreté dans les pays subsahariens ;
  3. RSE/RSO dans le secteur forestier en Afrique subsaharienne;
  4. Industrialisation, technologie propre et croissance économique dans les pays subsahariens ;
  5. Industrialisation durable, recherche et innovation dans les pays subsahariens ;
  6. Grandes entreprises, sociétés transnationales et les Droits de l’Homme;
  7. La politique de la production durable dans les PMI/PME en Afrique subsaharienne ;
  8. Protection des moyens de substances et de la production basique face aux crises écologiques au Cameroun ; etc.

Les chapitres seront évalués selon la méthode ouverte croisée des Éditions science et bien commun (entre auteurs et auteures du livre, avec publication d’un résumé des évaluations).

Processus de création du livre

Ce projet de livre est ouvert à tous et toutes, dans un état d’esprit qui rejette toute perspective de compétition ou d’exclusion. Au contraire, la visée de justice cognitive de ce livre nous amène à vouloir l’ouvrir à tous les savoirs et à toutes les épistémologies, pour autant que cela nous aide à comprendre son objet. Nous travaillerons donc avec tous les auteurs et auteures qui veulent participer à cette aventure pour améliorer leur proposition ou leur texte afin que ce livre devienne une ressource précieuse.

Sur le plan des consignes d’écriture, il est tout à fait possible d’inclure des photos ou d’autres images. Il est également possible de proposer, en guise de chapitre, la transcription d’une entrevue ou d’un témoignage ou encore une vidéo pour la version en ligne, si cela permet à des savoirs d’entrer dans notre livre. Par contre, afin de maximiser l’accessibilité et l’utilisation du livre, nous demandons de restreindre l’usage de tout jargon spécialisé.

La circulation de cet appel dans toutes les universités africaines est cruciale pour respecter la visée de justice cognitive et de circulation régionale de l’information.

À noter que la rédaction de ces chapitres est bénévole et ne sera pas rémunérée. La gratification des auteurs et auteures sera de voir leur chapitre circuler et être utilisé au service du bien commun de l’Afrique.

Les auteures et auteurs participant au livre seront invités à échanger tout au long du processus d’écriture et d’édition dans un groupe Facebook ou WhatsApp, afin de partager des idées, des références et des premières versions, dans l’esprit d’entraide et de collaboration qui est promu par la justice cognitive.

Calendrier

  • Mars 2018 : Lancement de l’appel
  • 30 juin 2018 : Date limite pour envoyer une proposition (un résumé de quelques phrases) ou un chapitre

  • 31 juillet 2018 : Réponse aux propositions et réception des chapitres jusqu’au 31 octobre 2018.
  • Décembre 2018 : Publication d’une version complète en ligne et impression d’exemplaires sur demande.

Pour participer

Dès que possible, envoyez un message à l’adresse propositions@editionscienceetbiencommun.org avec votre biographie (en quelques lignes), les coordonnées complètes de votre institution ou de votre association et un résumé du chapitre (ou des chapitres) que vous souhaitez proposer. Ce résumé consiste à présenter en quelques phrases le contenu du texte que vous souhaitez proposer, en l’associant, dans la mesure du possible, à une des thématiques proposées.

Recommandations d’écriture

À moins de cas particuliers (Collections Portraits de femmes, Québec ville ouverte), les ESBC n’imposent pas de limite de mots aux auteurs et auteures d’un livre ou d’un chapitre. Un texte de 3000 mots peut être bon ou mauvais, tout comme un texte de 15000 mots.

L’important est plutôt que le texte soit accessible, avec le moins possible de notes, de jargon, de concepts nouveaux ou rares dépourvus d’explication ou d’allusions à des débats très locaux ou à des instances très locales sans mise en contexte. Notre but est que nos livres servent d’outil de réflexion dans des milieux universitaires et non universitaires.

Au nom de la justice cognitive et de son idéal d’universalisme inclusif, vérifiez que votre texte comporte des références à des textes ou à des réalisations d’hommes et de femmes des pays du Nord et des pays des Suds. Autrement dit, essayez d’éviter de proposer des bibliographies composées principalement de textes d’hommes européens ou eurodescendants. Pour vous aider à varier vos références, utilisez ce guide de la recherche documentaire dans le web scientifique libre.

Les ESBC pratiquent la féminisation du langage et suivent les normes du gouvernement canadien :

  • L’écriture des deux formes, masculine et féminine, au long;
  • L’emploi de termes génériques et de tournures neutres pour une langue épicène.

Les ESBC veulent encourager le plurilinguisme. Il est donc possible de traduire votre chapitre en d’autres langues et d’inclure ces versions ou d’adjoindre à votre chapitre un long résumé dans une ou plusieurs autres langues.

Le format de l’entretien, tel qu’expérimenté dans Savants, artistes, citoyens : tous créateurs?, peut être très fécond, qu’il s’agisse de réponses écrites à des questions écrites ou de la transcription d’un entretien.

Consignes de présentation d’un chapitre

Les consignes de présentation reposent sur l’utilisation de la fonction « Style » (accessible à partir du menu « Format ») de la plupart des logiciels de traitement de texte.

L’auteur ou l’auteure doit associer le niveau approprié de titre ou de style aux différentes sections de son texte (sans se soucier de la police ou de la taille du style en question).

  • Titre du texte : stylé en « Titre 1 »
  • Titre des sections du texte : stylé en « Titre 2 »
  • Titre des sous-sections : stylé en « Titre 3 »
  • Citations de plus de 3 lignes : stylées en « Citation » (Pas d’italique ni de guillemets)
  • Le reste : stylé en « Normal »
  • Utilisez des guillemets français : « et » plutôt qu’anglais (“ ” et ‘ ’), en ajoutant des espaces insécables
  • Rappel : ajoutez le moins possible de notes de bas de page
  • Tableaux et graphiques sont possibles, mais doivent être très simples.

Merci de n’ajouter aucun autre formatage (ex : retrait, espace entre les paragraphes, polices de caractère originales, etc.).

Les citations dans une langue autre que le français doivent être traduites en français en-dessous ou à la suite de la citation originale qui doit être en italique, pas en note.

Ajoutez une biographie par auteur ou auteure (à la troisième personne) d’un maximum de 150 mots et joignez votre adresse mail/courriel ou votre compte Twitter si vous êtes d’accord pour les rendre publics.

Dans la plupart des cas, ajoutez un résumé de 200 mots et 5 à 6 mots clé (en français et, si possible, dans d’autres langues de votre choix).

Bibliographie

Les références bibliographiques seront insérées dans le texte selon le modèle (Auteur, date) et rassemblées à la fin du fichier dans une section intitulée Références (stylée en titre 2).

Leur présentation respectera les normes du style Chicago, méthode auteur-date. Pensez à utiliser Zotero (zotero.org), logiciel libre et gratuit de gestion bibliographique, pour vous faciliter la vie!

Guide : Citer dans le style Chicago

Rappel : en français, les titres des livres et des revues sont en italique et les titres de chapitres ou d’articles sont entre guillemets.

Pour ajouter une ou plusieurs illustrations

  • Insérez les hyperliens ou, si vous avez des fichiers, « illustration 1, 2 ou 3 » dans votre texte, à l’endroit souhaité. Ajouter en-dessous la légende de chaque illustration et sa source. Préférez les illustrations autorisées ou sous licence CC-BY.
  • Ajoutez les fichiers joints (png ou jpg) à votre envoi courriel, en indiquant leur numéro.

Droit d’auteur et licence

Tous les chapitres publiés aux Éditions science et bien commun sont sous licence Creative Commons CC-BY. (http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/). Si vous n’êtes pas d’accord ou si vous souhaitez plus d’explication, veuillez écrire à info@scienceetbiencommun.org. Cette licence vous permet de conserver tous vos droits sur votre texte, mais permet aussi à des tiers (dont les ESBC) de publier votre texte en vous désignant comme auteur ou auteure, dans la perspective des communs de la connaissance.

Notes

[1] Croissance démographique, http://www.unesco.org/new/fr/africa-department/priority- africa/operational-strategy/demographic-growth/. (Consulté le 11/08/2017).

[2] Idem.

[3] Rapport sur l’urbanisation en Afrique : pour soutenir la croissance il faut améliorer la vie des habitants et des entreprises dans les villes, http://www.banquemondiale.org/fr/news/press- release/2017/02/09/world-bank-report-improving-conditions-for-people-and-businesses-in- africas-cities-is-key-to-growth. (Consulté le 15/08/2017).

Cf. Félix Zogning,Ahmadou Aly Mbaye,Marie-Thérèse Um-Ngouem, L’économie informelle, l’entrepreneuriat et l’emploi, Editions JFD, 2017 p.81.

[4] http://www.banquemondiale.org/fr/region/afr/overview. (Consulté le 11/08/2017).

[5] Le nécessaire développement des infrastructures pour une croissance plus inclusive en Afrique, https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-164856-le-necessaire- developpement-des-infrastructures-pour-une-croissance-plus-inclusive-en-afrique- 2056658.php. (Consulté le 11/08/2017).

[6] Idem.

[7] Toujours plus de personnes pauvres en Afrique malgré les progrès réalisés en matière d’éducation et de santé, http://www.banquemondiale.org/fr/news/press- release/2015/10/16/africa-gains-in-health-education-but-numbers-of-poor-grow. (Consulté le 11/08/2017).

[8] M. BAMBARA et A. SENE, « L’évolution de la responsabilité sociétale de l’entreprise à la faveur du développement durable: vers une juridicisation de la RSE » in Revue Africaine du Droit de l’Environnement, nᵒ 00, 2012, p.100.

[9] L’OIT et la responsabilité sociale de l’entreprise, Helpdesk du BIT N◦1, http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—ed_emp/—emp_ent/— multi/documents/publication/wcms_142693.pdf (consulté le 12/02/2015).

[10] Emmanuelle Champion et al., Les représentations de la responsabilité sociale des entreprises : un éclairage sociologique, Les cahiers de la Chaire de responsabilité sociale et développement durable ESG-UQÀM – collection recherche No 05-2005, p.4.

[11] MacWilliams, A. & Siegel, D., cité par Marianne Rubinstein, « Le développement de la responsabilité sociale de l’entreprise », Revue d’économie industrielle [En ligne], 113 | 1er trimestre 2006, mis en ligne le 21 avril 2008, consulté le 18 janvier 2015. URL :http://rei.revues.org/295.

Dates

  • lundi 30 juillet 2018

Mots-clés

  • développement durable, industrialisation, technologie propre, croissance économique, recherche, innovation, Droits de l’Homme,

Contacts

  • Édition science et bien commun 
    courriel : propositions [at] editionscienceetbiencommun [dot] org

URLS de référence

Source de l'information

  • Victorine Ghislaine NZINO MUNONGO
    courriel : victorineghislaine [dot] nzinomunong [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La responsabilité sociétale des organisations et des entreprises en Afrique francophone », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 09 avril 2018, https://calenda.org/438721

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