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Présence de la science-fiction dans la bande dessinée d’expression française

The presence of science-fiction in French-language graphic novels

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Publié le mardi 24 avril 2018 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Pour le dossier de son 14e numéro, dirigé par Alain Boillat (Lausanne), Res Futurae se tournera vers le champ de la bande dessinée de science-fiction d'expression française. Le numéro est ouvert à des articles basés sur l’analyse d’un corpus restreint mais également à des synthèses traitant d’une problématique définie (analyse des représentations à travers un motif donné, théories de la science-fiction et du récit, etc.). Nous privilégierons des approches transversales, non limitées à un seul album, qui permettent de fournir, à partir d’études de cas, des éléments de réflexion sur les manifestations spécifiquement bédéiques du genre de la science-fiction. Elles mobiliseront une analyse qui portera conjointement sur la représentation dessinée, le style graphique, le récit ainsi que sur des caractéristiques sémiotiques du médium.

Annonce

Argumentaire

Les contributions du dossier se pencheront sur la place accordée à la science-fiction au sein de ce phénomène de presse puis d’édition qu’est la bande dessinée d’expression française en examinant en tant que modes d’appropriation du genre différents régimes visuels apparus au cours de l’histoire du médium, de Saint-Ogan à Pellos jusqu’aux productions contemporaines. La délimitation linguistique du corpus – très différent des comics ou des mangas au niveau du style, du contexte d’édition/réception et du réseau intertextuel – tient au constat qu’à l’intérieur de l’espace géographique, linguistique et culturel de la bande dessinée dite « franco-belge » qui en constitue le noyau, le genre de la SF a été plutôt sous-représenté dans la période d’essor de l’après-guerre en raison de nombreuses caractéristiques – souvent héritées des comic strips – peu compatibles avec la loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. Exception faite de la reprise de matériel d’exportation venant des Etats-Unis (notamment les récits de super-héros), la bande dessinée de SF s’est en effet développée dans un premier temps plutôt via les petits formats (à l’exemple de la série Meteor chez Artima) qui ne visaient pas en priorité le public enfantin ou, s’est inscrite, chez des dessinateurs de premier plan comme Hergé, Jacobs ou Franquin, dans une filiation de l’anticipation scientifique à la française qui reste à explorer dans ses rapports à la science-fiction.

Faire l’histoire du genre à travers différents contextes permet d’aborder des questions de légitimation culturelle : la science-fiction étant quasiment confondue, dans les discours de défense d’une certaine « para-littérature », avec le médium bédéique lui-même (voir l’appel à souscription en vue de la création d’un « Club des Bandes Dessinées » à la suite d’un article du Genevois Pierre Strinati dans le numéro 92 de la revue Fiction), le processus de légitimation porte autant sur la science-fiction que sur la bande dessinée elle-même, comme en témoignent des jalons tels que Barbarella, la création des Humanoïdes associés et de la revue Metal Hurlant ou certaines réalisations de type « roman graphique » (Tardi, Berberian et Mardon, Serges Clerc,…).

Destinées à contribuer à une histoire du genre dans la bande dessinée franco-belge (avec une ouverture au Québec et à la Suisse romande), les études proposées prendront en compte les spécificités sémiotiques, pragmatiques (contexte de production/diffusion/réception), représentationnelles, esthétiques et narratives des productions étudiées. Cette démarche peut avantageusement se faire comparatiste en mettant les œuvres francophones en regard de comics ou d’autres productions médiatiques. Il s’agira avant tout de repérer et de définir en quoi la bande dessinée formule de manière spécifique certains enjeux de l’étude de la science-fiction en général.

Si une approche auteuriste se justifie pour certaines figures centrales du champ comme Forest, Druillet, Bilal, Caza ou Moebius dont on pourra par ailleurs prendre en compte la production dans le domaine de l’illustration, nous souhaiterions que soient également explorées, afin d’évaluer leur rapport évolutif au genre, des séries populaires qui s’étendent sur une longue période (Les Pionniers de l’EspéranceLes Aventures de Valérian et Laureline, Les Naufragés du temps) ou qui font coexister la science-fiction avec d’autres genres en fonction des épisodes (Dan CooperYoko Tsuno, etc.).

Le numéro est ouvert à des articles basés sur l’analyse d’un corpus restreint mais également à des synthèses traitant d’une problématique définie (analyse des représentations à travers un motif donné, théories de la science-fiction et du récit, etc.). Nous privilégierons des approches transversales, non limitées à un seul album, qui permettent de fournir, à partir d’études de cas, des éléments de réflexion sur les manifestations spécifiquement bédéiques du genre de la science-fiction. Elles mobiliseront une analyse qui portera conjointement sur la représentation dessinée, le style graphique, le récit ainsi que sur des caractéristiques sémiotiques du médium.

Les points suivants peuvent plus spécifiquement faire l’objet d’une étude :

  • Motifs (narratifs, visuels, culturels,…) récurrents abordés dans leurs variations diachroniques (l’exploration et la colonisation de planètes, la course à l’armement, les systèmes politiques, l’intelligence artificielle, le transhumanisme, l’écologie, etc.) ;
  • Sous-genres ou genres connexes présents dans la BD – le space opera (Tärhn, prince des étoiles), le steam punk (Le RégulateurHauteville House,…), le rétro-futurisme (Les Cités obscures), le post-apocalyptique (La Survivante, Jeremiah,...) et/ou hybridité générique envisagés sur un plan théorique (par exemple western et SF chez Giraud/Moebius ; Lanfeust des étoiles en écho à Lanfeust de Troye,…) ;
  • Pratique éditoriale / de réception : rôle de la classification « SF », contextes éditoriaux (notamment avec la création de la revue Metal Hurlant ou l’apparition de formats de type « roman graphique »), comparaison entre la « pré-publication » en magazine et la parution en album, synthèse commentée d’ensemble de discours sur la science-fiction en BD (thématique de la nostalgie, de l’infantilisation, du rôle éducatif, approches gender, etc.)... ;
  • Emprunts à la littérature et au cinéma de science-fiction avec prise en compte des spécificités de la BD : adaptation (La Guerre éternelle de Haldeman ou La Horde du contreventde Damasio, ou inversement Valérian ou Le Transperceneige), transposition (Moby Dick de Pécau et Pahek, Immortel ad vitam) ou emprunts/échanges ponctuels (chez Bilal ou Jean-Philippe Dionnet par exemple).

Modalités de soumission

Les propositions d’articles d’environ 250 mots, accompagnées d’une brève bio-bibliographie, sont à envoyer

avant le 14 juillet 2018

à Alain Boillat (alain.boillat@unil.ch). La date de remise des articles est fixée au 31 janvier 2019.

Les auteurs sont invités à consulter les consignes aux auteurs.

Comité scientifique de la revue ReS Futurae

  • Membre d’honneur : Evans Arthur, Professor, DePauw University, rédacteur en chef de Science Fiction Studies
  • Allouche Sylvie, agrégée, docteur
  • André Danièle, MCF, université de La Rochelle
  • Archibald Samuel, Professeur, Université du Québec à Montréal (UQAM)
  • Atallah Marc, maître d’enseignement et de recherches, Université de Lausanne ; directeur du musée La Maison d’Ailleurs à Yverdon (Suisse)
  • Barel-Moisan Claire, MCF, ENS-Lyon / CNRS
  • Berry Vincent, MCF, université Paris XIII
  • Berthou Benoît, MCF, université Paris XIII
  • Besson Anne, PR, université d’Artois
  • Blanchet Alexis, MCF, université Paris 3 Sorbonne Nouvelle
  • Bozzetto Roger, Professeur émérite, université d’Aix-Marseille I
  • Chassay Jean-François, Professeur, Université du Québec à Montréal (UQAM)
  • Chauvin Cédric, PRAG, université de Montpellier
  • Clermont Philippe, MCF, université de Strasbourg
  • Cornillon Claire, agrégée, docteur, ATER à l’université Paris 13
  • Dominguez Leiva Antonio, MCF, Université du Québec à Montréal (UQAM)
  • Dürrenmatt Jacques, PR, université Paris-Sorbonne
  • Dozo Björn-Olav, chargé de recherches, université de Liège
  • Dutel Jérôme, certifié, docteur, IUT Roanne / Saint-Etienne
  • Guillaud Lauric, Professeur, université d’Angers
  • Huftier Arnaud, MCF HDR, université de Valenciennes
  • Letourneux Matthieu, PR, université Paris Ouest Nanterre La Défense
  • Picholle Eric, PR, université de Nice
  • Ransom Amy J., Associate Professor, Central Michigan University
  • Rumpala Yannick, MCF, université de Nice
  • Stiénon Valérie, MCF, université Paris XIII
  • Triclot Mathieu, MCF, IUT Belfort-Montbéliard
  • Tron Daniel, agrégé, docteur, université François Rabelais Tours
  • Trudel Jean-Louis, docteur, chargé de cours, université d’Ottawa
  • Vas-Deyres Natacha, agrégée, docteure
  • Vial Eric, PR Histoire contemporaine, université Cergy-Pontoise
  • Villers Aurélie, certifiée, docteur, université de Picardie

Quelques références

  • Julien Baudry, « Science-fiction en bande dessinée (des années 1930 à 2000) », Phylacterium, URL : http://www.phylacterium.fr/?cat=14&paged=2
  • Raphaël Baroni, « (Un)natural Temporalities in Comics », European Comic Art, n° 9 (1), 2016, p. 5-23.
  • Raphaël Baroni, « L’exploration temporelle comme modalité du voyage imaginaire dans la bande dessinée franco-belge (1930-1980) », Image [&] Narrative, n° 16 (2), 2015, p. 96-113. URL : http://www.imageandnarrative.be/index.php/imagenarrative/article/view/864
  • Vincent Bernière, Anthologie de la BD de science-fiction, Paris, Huginn & Muginn, 2015.
  • Évariste Blanchet, « Métal Hurlant et ses frères », 9ème Art, n° 12, janvier 2006.
  • Alain Boillat, « Yoko Tsuno : l’ambivalence du héros féminin face à diverses formes d’altérité », in Loïse Bilat et Gianni Haver, Le héros était une femme… Le genre de l’aventure, Lausanne, Antipodes, 2011, p. 211-226.
  • Alain Boillat, « A la découverte d'autres mondes : voyage autour de la bande dessinée franco-belge de science-fiction », in Marc Atallah, Frédéric Jaccaud et Francis Valéry (dir.), Souvenirs du futur. Les miroirs de la Maison d'Ailleurs, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2013, p. 144-160.
  • Alain Corbellari, « Jacobs à la croisée des chemins : de Flash Gordon à l’invention d’un style », dans Alain Boillat et Marc Atallah (dir.), BD-US : les comics vus par l’Europe, Gollion, Infolio, 2016, pp. 23-40.
  • Serge Lehman, « L’héritage du merveilleux scientifique », dans Sven Ortoli (dir.), Tintin chez les savants, Bruxelles/ Paris, Moulinsart/Science & vie, 2003.
  • Raphaël Oesterlé, « Les Pionniers de l’Espérance: Flash Gordon au pays des “vaillants” communistes », dans Alain Boillat et Marc Atallah (dir.), BD-US : les comics vus par l’Europe, Gollion, Infolio, 2016, pp. 41-57.
  • Gilles Poussin, et Christian Marmonnier, Métal Hurlant, la machine à rêver, 1975-1987, Paris, Denoël, collection « Graphic », octobre 2005.
  • André-François Ruaud et Raphaël Colson, Science-fiction. Les frontières de la modernité, Saint-Laurent-d’Oingt, Mnémos, 2014.
  • Natacha Vas-Deyres, Patrick Bergeron, Patrick Guay, Florence Plet-Nicolas et Danièle André (dir.), Les Dieux cachés de la science-fiction française et francophone (1950-2010), Pessac, Presses Universitaires de Bordeaux, « Eidôlon » 111, 2014.

Dates

  • samedi 14 juillet 2018

Mots-clés

  • bande dessinée, science-fiction

Contacts

  • Alain Boillat
    courriel : alain [dot] boillat [at] unil [dot] ch

URLS de référence

Source de l'information

  • Simon Bréan
    courriel : simon [dot] brean [at] paris-sorbonne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Présence de la science-fiction dans la bande dessinée d’expression française », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 24 avril 2018, https://calenda.org/439905

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