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Traduire : un engagement politique ?

Translation: A political commitment?

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Publié le jeudi 21 juin 2018 par Céline Guilleux

Résumé

La traduction, en tant qu’elle est orientée par un contexte socio-historique, politique et subjectif. Elle n’est pas, n’a jamais été, ne saurait être une opération neutre. Elle implique des choix, un positionnement et un engagement de tous les acteurs concernés. On s’interroge alors : la traductrice / le traducteur, traversé·e par ces dimensions multiples, est-il / elle contraint·e, tenté·e, que ce soit inconsciemment ou consciemment, d’instiller une part d’idéologie lors de la réalisation de sa tâche ? Comment s’entremêlent engagement, idéologie et traduction ? Ethique, déontologie, morale ? Et de quelle manière cet entrelacs de déterminations constitue-t-il un engagement politique du traduire, plus encore que du traducteur.

Annonce

Argumentaire

La traduction, en tant qu’elle est orientée par un contexte socio-historique, politique et subjectif, n’est pas, n’a jamais été, ne saurait être une opération neutre. Elle implique des choix, un positionnement et un engagement de tous les acteurs concernés. On s’interroge alors : la traductrice/le traducteur, traversé/e par ces dimensions multiples, est-il/elle contraint/e, tenté/e, que ce soit inconsciemment ou consciemment, d’instiller une part d’idéologie lors de la réalisation de sa tâche ? Comment s’entremêlent engagement, idéologie et traduction ? Ethique, déontologie, morale ? Et de quelle manière cet entrelacs de déterminations constitue-t-il un engagement politique du traduire, plus encore que du traducteur.

En tant que ses produits sont révélateurs d’une époque et d’un contexte donné, la traduction a dévoilé à travers l’histoire, ses multiples implications dans le champ politique : en attestent les retraductions d’œuvres sacrées et canoniques, ainsi que leur réception. On a pu observer comment, selon les circonstances historiques et politiques du moment, la traduction d’une œuvre allait être, modifiée, servie ou desservie par des tentatives volontaires, fortuites ou tout bonnement inconscientes (Hermans).

Par ailleurs, et dans un contexte politique extrême, la traduction, en tant qu’acte favorisant la circulation des idées, le déplacement, et l’altérisation du sujet par la langue de l’autre, peut représenter une menace (Gambier). Sous certains régimes dictatoriaux, on a fréquemment observé comment l’original était chassé au profit d’une version conforme à l’idéologie du pouvoir en place. La pratique de la traduction y faisait l’objet d’un contrôle immodéré, voire d’une censure contre laquelle des traducteurs se sont succédés pour transmettre les lumières venant d’ailleurs.

A l’heure de la mondialisation/globalisation, et de l’accroissement du nombre de réfugiés et migrants dans le monde, les enjeux de la traduction sont plus que jamais problématiques. Comment accueillir un étranger alors même que l’hospitalité de sa langue ne lui est pas offerte ? Au niveau des prises en charges (juridique, psychologique, médicale et sociale), comment communiquer, de quels traducteurs a-t-on besoin, et quels moyens se donne-t-on à cet égard ?

Enfin, si certaines langues représentent une domination sur d’autres (Casanova), et qu’on assiste à l’apparition d’une novlangue qui consiste en l’appauvrissement de l’anglais lingua franca imposé dans bien des circonstances, la traduction « se situe d’emblée dans la dimension du politique : il y va de l’articulation d’une pluralité différenciée » (Cassin). On s’affirme alors, l’acte de traduire constitue en soi un véritable engagement politique, une forme de résistance, un acte militant.

Sur la base de ces réflexions, ce colloque accueillera des communications qui s’inscrivent dans une approche pluri- et transdisciplinaire : historique, littéraire, psychanalytique, philosophique, etc. afin de proposer une réflexion sur les engagements politiques des acteurs de la traduction et sur l’engagement politique de la traduction.

Modalités de soumission

Les propositions de communication (en français ou en anglais) sont à envoyer à l’adresse suivante : cetparisdiderot@gmail.com

avant le 30 juin 2018.

Comité scientifique

  • Houria Abdelouahed
  • Jean-Michel Benayoun
  • Yannick Bruneton
  • Natalie Kübler
  • Susan Pickford
  • Bruno Poncharal
  • Cécile Sakai 
  • Beatriz Santos

Comité d’organisation

  • Antoine Cazé : antoine.caze@univ-paris-diderot.fr
  • Nicolas Froeliger : nf@eila.univ-paris-diderot.fr
  • Elise Pestre : elise.pestre@gmail.com
  • Florence Xiangyun Zhang : xiangyun.zhang@univ-paris-diderot.fr

International conference

Translation: A Political Commitment?

30/11/2018 - 01/12/2018

Dates

  • samedi 30 juin 2018

Mots-clés

  • traduction, engagement, politique, transdisciplinarité

Contacts

  • Florence Zhang Xiangyun
    courriel : xiangyun [dot] zhang [at] univ-paris-diderot [dot] fr
  • Elise Pestre
    courriel : elise [dot] pestre [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Florence Zhang
    courriel : xiangyun [dot] zhang [at] univ-paris-diderot [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Traduire : un engagement politique ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 21 juin 2018, https://calenda.org/445790

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