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Au croisement des vanités

Quêtes littéraires, n˚8

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Publié le vendredi 22 juin 2018 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Dans le huitième numéro de Quêtes littéraires, revue consacrée invariablement aux littératures française et francophone, nous souhaitons interroger la place et la fonction du motif de vanité dans toute sa richesse, complexité et (apparente) contradiction. En effet, de nombreuses questions se posent : le thème, comment a-t-il évolué à travers les époques littéraires ? Était-il toujours lié à l’écriture moraliste ? Quels symboles balisent sa présence dans le texte ? A-t-il forcément besoin d’un personnage exemplaire ? Y a-t-il des procédés littéraires spécialement voués à l’expression du mépris du monde ? Les deux acceptions de la notion, dans quelle mesure peuvent-elles se suppléer ou entrer en opposition ? Le motif de la vanité, comment s’exprime-t-il hors la stylistique et la topique testamentaires ? Existe-t-il une vanité laïque ou postmoderne ?

Annonce

Argumentaire

Vanitas vanitatum et omnia vanitas. Cette sentence célèbre du livre de l’Ecclésiaste (Ecc 1, 2), que l’on connaît également sous le nom hébreu de Qohélet, inspira de nombreux artistes et donna naissance à bien des œuvres d’art. En peinture, la Vanité a gagné le statut d’un genre à part, qui – à travers un discours symbolique – vise à rappeler l’imminence de la mort et la fragilité des illusions d’ici-bas. Natures mortes, remplies tantôt de livres ou écrits scientifiques, tantôt de bijoux et couronnes, tantôt de bouteilles de vin et outils de jeux, tantôt de crânes, squelettes, sabliers et fleurs fanées, dénonçaient la futilité des biens terrestres et de la vie humaine. Les écrits littéraires puisèrent abondamment à l’art-sœur, engageant une référence iconique et produisant l’effet d’une double lecture. Cependant, la littérature elle-même réinvestit également le motif de la vanité à sa propre manière, ne fût-ce que sous forme des récits-Vanités proposés par Mme de Lafayette, Mme de Saliez ou bien Rousseau de La Valette, ou encore à travers de nombreux prolongements textuels de Ars moriendi. Extrait d’un livre didactique, le verset de Qohélet alimenta des écritures moralistes et servit à prêcher l’inanité des illusions et efforts humains. En même temps, il serait difficile de faire abstraction de la seconde acception de la notion vanité, car – comme on le sait bien – l’adjectif latin vanus signifie vide et ce qui est vain, sans consistance, et rassemble deux sens opposés : futilité, insignifiance, néant, vide se trouvent secondés par complaisance, fatuité, orgueil, suffisance[1]. Or, ce qui pour certains est contradictoire, pour d’autres ne l’est qu’en apparence : « est vain ce qui est illusoire, c’est-à-dire à la fois ce qui est vide et ce qui est enflé de vide, ce qui est sans être et ce qui souffre d’un excès de faux-être »[2]. Celui/celle qui est satisfait/e de soi-même et désire paraître, ne peut offrir que sa vaine apparence, gonflée d’orgueil, de jactance, de mensonge, donc de vide.

Par cette invitation nous espérons, d’un côté, donner un apport intéressant à différentes recherches littéraires qui ont eu et ont toujours lieu dans le cadre des littératures française et francophone et, d’un autre côté, envisager la question dans toute sa diversité.

Calendrier

Langue des contributions : français.

Délai pour l’envoi des articles : le 30 septembre 2018.

La publication du huitième numéro de la revue Quêtes littéraires est prévue en décembre 2018.

Comité scientifique

  • José-Luis Diaz (Université Paris VII, France)
  • Giovanni Dotoli (Université de Bari, Italie)
  • Gérard Gengembre (Université de Caen, France)
  • Pierre Glaudes (Université Paris IV, France)
  • Philippe Hamon (Université Paris III-Sorbonne Nouvelle, France)
  • Georges Jacques (Université Catholique de Louvain-la-Neuve, Belgique)
  • Wiesław Malinowski (Université Adam Mickiewicz de Poznań, Pologne)
  • Bertrand Marchal (Université Paris IV, France)
  • Paweł Matyaszewski (Université Catholique de Lublin JP II, Pologne)
  • Charles Mazouer (Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3, France)
  • Zbigniew Naliwajek (Université de Varsovie, Pologne)
  • Marc Quaghebeur (Archives & Musée de la Littérature, Bruxelles, Belgique)
  • Daniel Sangsue (Université de Neuchâtel, Suisse)
  • Gisèle Séginger (Université Paris-Est Marne-la-Vallée, France)
  • Magdalena Wandzioch (Université de Silésie, Pologne)

Catégories

Dates

  • dimanche 30 septembre 2018

Mots-clés

  • littératures française et francophone, vanité, quêtes littéraires

Contacts

  • Edyta Kociubinska
    courriel : ekociub [at] kul [dot] pl

URLS de référence

Source de l'information

  • Edyta Kociubinska
    courriel : ekociub [at] kul [dot] pl

Pour citer cette annonce

« Au croisement des vanités », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 22 juin 2018, https://calenda.org/447777

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