AccueilConditions institutionnelles et politiques pour une économie circulaire industrielle

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Publié le vendredi 29 juin 2018 par Céline Guilleux

Résumé

L’université Grenoble Alpes propose une allocation doctorale (3 ans) à des diplômés de master en sciences sociales (sociologie et sciences politiques) dans le cadre du Cross Disciplinary Project Circular. Ce projet de thèse s’intéresse aux conditions de l’émergence d’une politique de soutien à l’économie circulaire, au travers des évolutions normatives, réglementaires et fiscales... Comment les promoteurs de l’économie circulaire parviennent-ils à défendre une politique qui vise à raccourcir la circulation des produits dans un cadre institutionnel qui aujourd’hui au contraire, impose leur libre circulation ? Par quels argumentaires économiques et politiques parviennent-ils à justifier des « exceptions » à ce régime ? S’appuient-ils sur la mise en évidence des « défaillances » des marchés tels qu’ils sont organisés aujourd’hui (absence d’intégration des externalités environnementales, dépendance technologique, asymétrie d’information sur la durabilité des produits, dumping social et fiscal…) ou au contraire, sur d’autres concepts comme la proximité, la sécurité ?

Annonce

Présentation

L’Université Grenoble Alpes propose une allocation doctorale (3 ans) à des diplômés de master en sciences sociales (sociologie et sciences politiques) dans le cadre du Cross Disciplinary Project Circular.

Ce projet de thèse s’interroge sur les freins que rencontre aujourd’hui l’économie circulaire dans le domaine industriel. En s’appuyant sur la littérature existante sur les transitions sociotechniques (Geels and Schot 2007), elle cherchera à comprendre comme les offres circulaires sont actuellement pénalisées dans la compétition avec les offres classiques, malgré des avantages sociaux, environnementaux ou techniques, qu’elles portent. Les stratégies d’augmentation de la durée de vie des produits et d’amélioration de leur réparabilité sont pénalisées par les capacités limitées des consommateurs à évaluer la durée de vie et la prendre en considération dans ses pratiques d’achat. Elles sont pénalisées aussi vis-à-vis de filières existantes qui bénéficient d’avantages liées aux apprentissages passés et aux opportunités de la globalisation des filières de production (Franco 2017). Enfin, de nombreuses normes et réglementations techniques défavorisent des stratégies de recyclage ou de réutilisation (Fischer and Pascucci 2017).

Sur la base de ces constats, l’économie circulaire est devenu un nouveau référentiel d’action publique dans le domaine industriel et agricole. Elle emprunte ses argumentations et ses modalités de mobilisation à d’autres référentiels comme le Management de la Transition (Voss, Smith, and Grin 2009), paradigme qui s’est imposé dans le secteur énergétique et qui a permis de justifier des interventions publiques importantes en faveur des énergies renouvelables et dérogatoire par rapport aux règles européennes de la concurrence (Lauber and Schenner 2011).

Cette thèse s’intéresse aux conditions de l’émergence d’une politique de soutien à l’économie circulaire, au travers des évolutions normatives, réglementaires et fiscales... Comment les promoteurs de l’économie circulaire parviennent-ils à défendre une politique qui vise à raccourcir la circulation des produits dans un cadre institutionnel qui aujourd’hui au contraire, impose leur libre circulation ? Par quels argumentaires économiques et politiques parviennent-ils à justifier des « exceptions » à ce régime ? S’appuient-ils sur la mise en évidence des « défaillances » des marchés tels qu’ils sont organisés aujourd’hui (absence d’intégration des externalités environnementales, dépendance technologique, asymétrie d’information sur la durabilité des produits, dumping social et fiscal…) ou au contraire, sur d’autres concepts comme la proximité, la sécurité ?

Empiriquement, la thèse s’appuiera sur un retour d’expérience de filières où le modèle d’économie circulaire a bénéficié d’un soutien de l’action publique. Elle tentera d’identifier des dynamiques émergentes de mobilisation de mouvements associatifs, d’élus politiques, de collectivités locales, mais aussi les engagements proactifs d’entreprises et leurs stratégies d’influence. Puis elle s’intéressera à des filières ou ce modèle peine à se concrétiser malgré des avantages techniques ou économiques évidents, par exemple la filière de démontage et de réutilisation des composants de la batterie de voiture électrique, tentera d’identifier les conditions d’une action publique ciblée en faveur de cette filière. 

La filière des batteries a pour avantage qu’elle représente un élément majeur de la transition vers une économie décarbonnée avec l’augmentation des besoins de stockage d’électricité pour le transport et pour la gestion des énergies intermittentes. Les progrès environnementaux au sein de cette filière, grâce à l’économie circulaire, permettrons de réduire les impacts de son développement. Il s’agira ensuite d’engager avec les acteurs de la filière un questionnement sur les modalités d’intervention publique, réglementation ou instruments économiques, actions nationales ou locales, qui pourraient participer au développement de pratique de démontage, de réutilisation de composant, de remanufacturing…

Références

  • Fischer, Aglaia, and Stefano Pascucci. 2017. “Institutional Incentives in Circular Economy Transition: The Case of Material Use in the Dutch Textile Industry.” Journal of Cleaner Production 155: 17–32.
  • Franco, Maria A. 2017. “Circular Economy at the Micro Level: A Dynamic View of Incumbents’ Struggles and Challenges in the Textile Industry.” Journal of Cleaner Production 168: 833–845.
  • Geels, Frank W., and Johan Schot. 2007. “Typology of Sociotechnical Transition Pathways.” Research Policy 36 (3): 399–417.
  • Lauber, Volkmar, and Elisa Schenner. 2011. “The Struggle over Support Schemes for Renewable Electricity in the European Union: A Discursive-Institutionalist Analysis.” Environmental Politics 20 (4): 508–527.
  • Voss, Jan-Peter, Adrian Smith, and John Grin. 2009. “Designing Long-Term Policy: Rethinking Transition Management.” Policy Sciences 42 (4): 275–302.

Profil des candidats

Les candidats doivent présenter un dossier académique de qualité de niveau Master ou équivalent, en management, en sociologie, en économie ou en sciences politiques et un niveau d’anglais, écrit et oral, suffisant pour s’engager dans une activité de recherche internationale. Ils doivent démontrer leur capacité à conduire des enquêtes qualitatives. Ils doivent écrire et parler l’anglais couramment.

Ils peuvent aussi provenir d’une filière d’ingénieur en Génie Industriel, à condition de posséder une importante formation en sciences humaines et sociales.

Encadrement

Ecole doctorale : Sciences de l’Homme, du Politique et du Territoire

Direction de thèse : Thomas Reverdy (PACTE/Régulation) et Peggy Zwolinski (G-SCOP)                                

Salaire brut de 1769 €/mois (sans enseignement) à 2100 €/mois (avec enseignement), prise en charge des dépenses d’enquête et de valorisation de la recherche. 

Démarrage de la thèse : septembre ou octobre 2018

Modalités de candidature

Le dossier doit parvenir avant le 2 juillet 2018

avec le contenu suivant :

  • Dernier diplôme
  • CV
  • Une présentation de 2-3 pages de leur projet de recherche
  • Exemples de travaux universitaires

Sélection

Le processus de sélection prévoit un examen du dossier puis une audition pour prendre connaissance des motivations du candidat.  

Dates

  • lundi 02 juillet 2018

Mots-clés

  • économie circulaire

Contacts

  • Thomas Reverdy
    courriel : thomas [dot] reverdy [at] grenoble-inp [dot] fr

Source de l'information

  • Thomas Reverdy
    courriel : thomas [dot] reverdy [at] grenoble-inp [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Conditions institutionnelles et politiques pour une économie circulaire industrielle », Bourse, prix et emploi, Calenda, Publié le vendredi 29 juin 2018, https://calenda.org/452280

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