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Publié le mardi 31 juillet 2018 par Céline Guilleux

Résumé

L'initiative de cette double journée d'étude est formulée depuis l'Atelier de recherches transdisciplinaires esthétique et sociétés (ARTES) de l'université Bordeaux Montaigne. Outre la consonance latine qui marque la conscience d'un héritage, le premier terme d'atelier renvoie implicitement à l'anglais workshop, entendu comme un lieu de recherche et d'expérimentation collective, par regards croisés. Le terme de workshop s'est en effet institué, (presque insidieusement,) dans le vocabulaire de nombreuses communautés et organisations pédagogiques ou professionnelles, depuis le champ artistique où il a pu prendre corps, jusqu'aux sphères économiques en passant par l'ensemble des disciplines académiques.

Annonce

Argumentaire

L'initiative de cette double journée d'étude est formulée depuis le centre de recherche ARTES de l'université Bordeaux Montaigne. L'acronyme ARTES signifie littéralement: Atelier de Recherches Transdisciplinaires Esthétique et Sociétés. Outre la consonance latine qui marque la conscience d'un héritage, le premier terme d'atelier renvoie implicitement à l'anglais workshop, entendu comme un lieu de recherche et d'expérimentation collective, par regards croisés.

Le terme de workshop s'est en effet institué, (presque insidieusement,) dans le vocabulaire de nombreuses communautés et organisations pédagogiques ou professionnelles, depuis le champ artistique où il a pu prendre corps, jusqu'aux sphères économiques en passant par l'ensemble des disciplines académiques. Dans le champ des arts, du design et des arts plastiques notamment, le workshop s'impose très souvent comme une modalité singulière de l'expérience de création ou comme un temps — souvent collectif — de travail et de recherche spécifique.

Le workshop incarne une volonté de rupture, un changement de temporalité, de rythme, de comportement, de méthode. Souvent vécu dans la pratique comme un lieu de rencontre (avec un artiste, un designer), un lieu d’improvisation, il peut également être investi comme un moment de négociation avec un ensemble fini (temps, territoire, moyens, contrainte). Cet atelier à durée limitée se veut le cadre d’une expérience singulière, d'une démarche souvent empirique. Le workshop offrirait ainsi les conditions d’un laboratoire méthodologique, une situation au sein de laquelle peuvent s'élaborer non seulement des formes, des objets mais aussi des façons de faire, autant que des interrelations et des interactions sociales.

Workshop(s) / 1 : Situations

Nous souhaitons pour cette première journée d'étude concentrer notre questionnement sur trois points : la dimension historique, les enjeux pratiques, ainsi que la dimension relationnelle et sociale du dispositif. Ce faisant, notre objectif est aussi de préciser et de mieux définir le concept de dispositif et les pratiques qu’il recoupe dans le champ des arts à travers les interrogations suivantes :

  • Quelle généalogie donner à ces pratiques dans le champ des arts plastiques et du design ?
  • Quelle origine historique du workshop peut-on définir dans le lexique de la création ?
  • Depuis quand ce mot a-t-il pris une telle importance dans la formation et la création artistique, en particulier en France où l'anglicisme ne manque pas de poser un problème définitionnel ?
  • La définition du terme est-elle si simple à fixer d'ailleurs, compte tenu de la diversité des formes qu’il prend et des champs dans lesquels il semble être opératoire ?
  • Le workshop est-il devenu un intervalle de temps, une situation temporelle, un événement plutôt qu’un lieu dédié ?
  • A contrario, certaines formes de workshops entretiennent-elles une relation privilégiée à leur environnement physique, spatial ou géographique ?

En concevant l’atelier comme unité de production, unité de travail de petite échelle dans une économie de production de masse, il nous paraît alors indispensable d’interroger le sens de celui-ci, à travers les questions suivantes  :

  • L’atelier est-il toujours le creuset d'une véritable production, d'une fabrication, l'espace du "faire" ?
  • Constitue-t-il un ancrage depuis lequel les valeurs du travail participatif nous permettraient de reconstruire un modèle de proximité ?
  • Est-il, à l'inverse, le signe d'une précarisation des moyens dont disposeraient désormais celles et ceux qu'il implique, réduits à un "bricolage" méthodologique sous l'étiquette accommodante d'un vocable supposé pro-actif ?

Le programme sera centré, en premier lieu, sur les propositions de communication relevant du design et des arts plastiques. Cependant, sont attendues aussi des contributions issues d'horizons et d'approches les plus diversifiés possibles.

Nous nous intéresserons donc, à la question du workshop analysée dans des situations et des milieux divers : de l’intervention du designer ou de l’artiste évoluant dans le milieu urbain, en contexte de résidence, au workshop d’expérimentation créative ou productive, dans un cadre pédagogique ou non, en passant par les expériences de workshop faisant intervenir un public profane, intégrant des dimensions sociales, jusqu'à l’atelier abordé comme happening, événement destiné à marquer la mémoire expérientielle des participants.

Workshop(s) / 2 : Restitutions

Après une première journée, au cours de laquelle seront abordés les aspects historiques, méthodologiques et pratiques du workshop, nous envisageons de consacrer, à l’automne 2019, une deuxième session de communications questionnant les effets, les conséquences et la portée médiatique des pratiques du workshop. Dans sa durée limitée, éphémère et sa dimension performative, le Workshop implique en effet de questionner ses restes, ses traces, ses témoignages. Cette seconde journée visera donc à :

  • Mesurer les manières dont les instigateurs ou les participants d'un workshop envisagent ou non, dès le départ, la question des résultats du workshop (qu'il y ait ou non production) tout autant que celle de ses modalités d'archivage, lesquelles conditionnent la pratique et la nature de l'atelier lui-même.

De ce fait, notre deuxième journée d’étude abordera les archives et modes de restitution, la dimension mnémonique du workshop. Au cours de celle-ci, nous interrogerons les traces laissées par ces pratiques pour en étudier la nature ainsi que les modalités de médiation :

  • Comment observer et rendre compte du « faire », des « lignes de croissance» des artefacts et des supports de médiation produits lors de l’événement ?
  • Comment garder trace des interrelations entre le flux de la conscience et la matière-flux des praticiens engagés dans ce moment ?
  • Avec quels outils l’art et le design se proposent-ils de garder cette matière expérientielle vivante, ou à tout le moins communicable ?
  • Quelles sont les méthodes, stratégies mises en place dans différents domaines, différents contextes pour tirer profit de l’expérience collective et individuelle du workshop ?
  • Les résultats de ces dispositifs sont-ils toujours probants ?
  • Qu’en est-il de l’échec ou de la recréation de l’expérience par la mise en scène de sa médiation ?

Lors de cette seconde journée, toute forme de proposition théorique ou pratique sera envisageable avec comme premier objectif de collecter des données et des témoignages d’organisateurs et/ou de participants de workshop.

Modalités de soumission

Les propositions pour la première journée d’étude, sont à retourner

pour le 30 septembre 2018

à l'adresse suivante : jdeworkshopartes@gmail.com

Il vous est demandé un résumé de 300 mots présentant votre proposition de communication. Merci de joindre dans votre document une courte bibliographie, ainsi qu’une biographie de 4 lignes environ.

Pour toute question et information complémentaire, merci d’utiliser la même adresse mail que pour l’envoi des propositions.

Comité d'organisation

  • Claire Azéma / MCF arts appliqués - design
  • Pierre Bourdareau / PRAG arts appliqués - design
  • Christian Malaurie / Anthropologue - Enseignant HDR

Centre ARTES / Laboratoire CLARE Equipe d'Accueil 4593 / Université Bordeaux Montaigne

Lieux

  • Domaine Universitaire - 19 esplanade des Antilles
    Pessac, France (33607)

Dates

  • dimanche 30 septembre 2018

Mots-clés

  • workshop, design, improvisation, atelier, faire, collectif, expérience, situation

Contacts

  • Pierre Bourdareau
    courriel : jdeworkshopartes [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Pierre Bourdareau
    courriel : jdeworkshopartes [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les « workshop(s) » », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 31 juillet 2018, https://calenda.org/462200

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