AccueilLes réceptions contemporaines de l’œuvre de Simone de Beauvoir

Les réceptions contemporaines de l’œuvre de Simone de Beauvoir

Contemporary receptions of the work of Simone de Beauvoir - France, Italy and Spain (1968-2018)

France, Italie et Espagne (1968-2018)

*  *  *

Publié le vendredi 07 septembre 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Lors de ce colloque consacré aux modalités de réception de l’œuvre de Simone de Beauvoir dans l’espace méditerranéen, nous souhaitons nous interroger sur l’actualité de ses travaux tant philosophiques que littéraires. Le Deuxième Sexe est un texte fondateur du féminisme, mais Mémoires d’une jeune fille rangée, La Force des choses ou La Force de l’âge ont eu un impact considérable sur les esprits, en France sans doute, mais aussi en Italie et en Espagne.

Annonce

Argumentaire

1949 : une date-clef pour toutes les femmes, singulièrement pour celles qui reçoivent la parution du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir comme une révélation, à mi-chemin entre une prise de conscience bouleversante de la condition mondiale des femmes et un devoir d’émancipation que ce texte-manifeste induit en filigranes.

Près de 70 ans plus tard la surprise, l’étonnement et le questionnement auxquels il nous soumet restent toujours d’actualité. Simone de Beauvoir met en lumière, pour la première fois, l’inégalité structurelle qui régit les relations entre les femmes et les hommes en montrant combien celle-ci ressortit d’un système idéologique et culturel masqué par le recours à une naturalité construite.

Jamais auparavant, les femmes n’avaient été pensées comme sujets singuliers, aptes à dire et à porter l’universel. Simone de Beauvoir assène de cruelles vérités : l’altérité est source de négation des femmes et non de leur reconnaissance en tant qu’humains à part entière. A n’être que l’autre des hommes, elles ne peuvent prendre place au sein de l’humanité et elles sont au contraire rabattues du côté du particulier et de l’immanence.

Pour la première fois, les différences entre les femmes et les hommes y sont analysées comme étant le produit de savoirs historicisés et masculins, toujours déjà culturellement situés et socialement déterminés. Les sciences elles-mêmes, nous dit-elle, contribuent à maintenir l’antique hiérarchie entre les femmes et les hommes en faisant des premières les éternelles supplétives des seconds. Rien n’échappe, dans ce texte magistral et révolutionnaire, à une lucidité qui inventorie sans complaisance les formes de l’assujettissement des femmes.

Immédiatement disponible en plusieurs langues, sa réception précoce Outre-Atlantique permettra aux féministes américaines de déployer dès les années cinquante la richesse de leur réflexion autour des enjeux que cet ouvrage sous-tend. A l’inverse, la société française tardera à s’approprier ce texte transgressif, préférant, à sa sortie, en masquer le durable écho sous les saillies violentes d’un Mauriac, d’un Camus ou d’un Nimier.

Paradoxalement, ce manifeste a perdu depuis la fin des années 60, en France du moins, une partie de sa subversivité et a été banalisé à force de sécularisation. Les chercheur-es anglo-saxon-nes continuent de s’étonner du peu de fortune de Simone de Beauvoir en France, et du Deuxième Sexe tout particulièrement. En Italie, dès 1949, on saisit la portée de ce texte (“Simone de Beauvoir, facendo la storia intera della donna, dal mito alla incompleta emancipazione di oggi, mi schiera davanti tutti i miei limiti”, affirme l’écrivaine et journaliste Marise Ferro dans les pages de Milano-Sera dans son article “Difficoltà d’esser donna”) et des bouleversements qu’il va provoquer, même s’il ne sera traduit qu’en 1961. En Espagne, le texte n’aura d’édition espagnole qu’en 1999, la première traduction en castillan venant semble-t-il de l’Argentine, en 1952.

Pourtant, 2018 semble marquer un regain d’intérêt pour la pensée et l’œuvre de Simone de Beauvoir. Ainsi ses écrits biographiques novateurs viennent-ils d’être sanctuarisés, à côté du Deuxième Sexe, dans la Pléiade. Doit-on considérer cette reconnaissance comme une conséquence du regain des mobilisations féministes actuelles, comme en témoigne par exemple le mouvement #metoo, ou bien comme une forme de commémoration ? La remise dans le circuit éditorial de textes devenus des long sellers a-t-elle d’ores et déjà un impact sur le débat féministe ? La sécularisation de Beauvoir n’a-t-elle pas contribué à estomper la portée transgressive de son discours ?

Lors de ce colloque consacré aux modalités de réception de l’œuvre de Simone de Beauvoir dans l’espace méditerranéen, nous souhaitons nous interroger sur l’actualité de ses travaux tant philosophiques que littéraires. Le Deuxième Sexe est un texte fondateur du féminisme, mais Mémoires d’une jeune fille rangée, La Force des choses ou La Force de l’âge ont eu un impact considérable sur les esprits, en France sans doute, mais aussi en Italie et en Espagne. Plusieurs axes de recherche se dégagent autour de la réception problématique des travaux et de la figure de Simone de Beauvoir : quelles ont été l’histoire et les modalités de la traduction de Simone de Beauvoir en anglais, en espagnol et en italien ? Quels en furent l’écho et l’impact médiatique ? Qu’en est-il aujourd’hui de la construction des représentations des sexes et du Genre depuis Le Deuxième Sexe ? Quelle lecture a été faite, à l’époque et puis de nos jours, de sa production dans les milieux intellectuels, littéraires, militants, politiques, médiatiques ? Comment les revues féministes se sont-elles approprié les œuvres de Simone de Beauvoir en France, en Italie et en Espagne ? Son œuvre a-t-elle été partout, comme en France, divisée ou partiellement méconnue, selon les genres littéraires qu’elle a abordés ? Comment enfin les réseaux sociaux appréhendent-ils aujourd’hui son œuvre ? Le point de vue transdisciplinaire et transculturel des propositions sera particulièrement apprécié.

Modalités de soumission

Les propositions devront être adressées à projet.exfem@gmail.com en français, en italien, en espagnol ou en anglais,

avant le 15 septembre 2018.

Elles devront comporter un titre, un bref résumé de la communication (5000 caractères espaces compris) et une bio-bibliographie (7 lignes maximum). Les réponses seront données le 30 septembre au plus tard.

Les langues de travail seront le français, l’italien, l’espagnol et l’anglais.

Le colloque sera suivi d’une publication.

Les frais de séjour des conférencier-es seront pris en charge par l’organisation.

Comité scientifique

  • Marie-Joseph BERTINI, Université Côte d’Azur, LIRCES
  • Antonella CAGNOLATI, Università di Foggia
  • Sara CALDERON, Université Côte d’Azur, LIRCES
  • Odile GANNIER, Université Côte d’Azur, CTEL
  • Xavière GAUTHIER
  • Magali GUARESI, Université Côte d’Azur, CMMC
  • Karine LAMBERT, Université Aix-Marseille, TELEMME
  • Audrey LASSERRE, Université de Louvain-la-Neuve
  • Tiphaine MARTIN, Université de Toulon, Babel
  • Milagro MARTÍN CLAVIJO, Universitad de Salamanca
  • Barbara MEAZZI, Université Côte d’Azur, CMMC
  • Francesca Romana RECCHIA LUCIANI, Università di Bari Aldo Moro
  • Maria Grazia SCRIMIERI, Université Côte d’Azur, CMMC
  • Francesca Irene SENSINI, Université Côte d’Azur, CMMC

Organisation

  • Marie-Joseph BERTINI, Université Côte d’Azur, LIRCES
  • Sara CALDERON, Université Côte d’Azur, LIRCES
  • Odile GANNIER, Université Côte d’Azur, CTEL
  • Magali GUARESI, Université Côte d’Azur, CMMC
  • Barbara MEAZZI, Université Côte d’Azur, CMMC
  • Maria Grazia SCRIMIERI, Université Côte d’Azur, CMMC
  • Francesca Irene SENSINI, Université Côte d’Azur, CMMC

Dates

  • samedi 15 septembre 2018

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Simone de Beauvoir, féminisme, genre

Contacts

  • Magali Guaresi
    courriel : magali [dot] guaresi [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Magali Guaresi
    courriel : magali [dot] guaresi [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les réceptions contemporaines de l’œuvre de Simone de Beauvoir », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 07 septembre 2018, https://calenda.org/475216

Archiver cette annonce

  • Google Agenda
  • iCal