AccueilPerfectionnisme et séries télévisées. Hommage à Stanley Cavell (1926-2018)

Perfectionnisme et séries télévisées. Hommage à Stanley Cavell (1926-2018)

Perfectionnism and TV series. A tribute to Stanley Cavell (1926-2018)

Revue « TVSeries»

Journal “TVSeries”

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Publié le mercredi 26 septembre 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Il s'agit pour cet appel à contributions pour le n° 17 (2020) de la revue TVSeries d'interroger la place des questions éthiques et politiques dans les séries télévisées sous l'angle de l'œuvre du grand philosophe américain récemment décédé Stanley Cavell, qui quant à lui a beaucoup travaillé sur le cinéma. C'est la notion de « perfectionnisme » qui lie chez Cavell préoccupations éthiques et politiques. Les propositions (en français ou en anglais) pourront relever de la philosophie et/ou des sciences sociales, des études cinématographiques, de l'histoire et de la culture étasunienne, de l'épistémologie et/ou des études de cas. Le corpus des séries est libre.

Annonce

Appel à contributions pour le numéro 17 (2020) de la revue scientifique en ligne en français et en anglais TVSeries (https://journals.openedition.org/tvseries/)

Direction

Philippe Corcuff et Sandra Laugier

Argumentaire

Grandeur ordinaire de Stanley Cavell

Grande figure intellectuelle et politique de l’Université Harvard récemment décédé, Stanley Cavell (1er septembre 1926, Atlanta-19 juin 2018, Boston) a  marqué de son empreinte originale plusieurs champs de la philosophie étasunienne. Il s’agit, entre autres, de la  philosophie du langage ordinaire en puisant dans John Langshaw Austin (Cavell, 1969), de la lecture de Ludwig Wittgenstein autour de la question du scepticisme (Cavell, 1979 ; Laugier, 2009), du perfectionnisme moral et démocratique qui a sa source chez Ralph Waldo Emerson et Henry David Thoreau et travaille la culture politique américaine (Cavell, 2009 ; Laugier, 2004 ; Norris ed., 2006 ; Laugier éd., 2010) ou, plus hérétique pour un philosophe au début des années 1970, de la philosophie du cinéma (Cavell, 1971, 1981, 2003 et 2004 ; Laugier et Cerisuelo, 2001 ; Corcuff et Laugier, 2010 ; Domenach, 2011).

La question de l’ordinaire se situe à l’intersection des différents espaces d’interrogation de Stanley Cavell :

« Pour mener à bien mon enquête (sur la sécurité de l’esprit humain), je suis en fait armé de noms, avant tout ceux d’Emerson et de Thoreau, qui comme je l’ai constamment proclamé depuis quelques années, souscrivent, par leur insistance sur ce qu’ils appellent le commun, le quotidien, le proche, le bas, au même ordinaire que recherchent, dans leurs méthodes de langage ordinaire, Wittgenstein et Austin. » (Cavell, 2009, p. 50)

Facettes du perfectionnisme cavellien

Le perfectionnisme, à travers son inscription dans les fragilités et les ressources de l’ordinaire, ne constitue pas une théorie moraliste, ni la vaine quête hédoniste d’une perfection unique. Stanley Cavell nous met en garde. Il n’y a point dans cette vision du perfectionnisme d’horizon de perfection, au sens « d’un état, identique pour tous, auquel le moi doit arriver, d’un lieu fixé où il est destiné à se retrouver lui-même » (ibid., p. 226). Car il s’agit de se coltiner les aléas, les défaillances et les joies de l’ordinaire dans la singularité des personnes et des situations.

Ni moralisme du commandement obligatoire, ni esthétisme de la perfection, le perfectionnisme récuse aussi le conservatisme et l’élitisme :

« Dans ma vision des choses, le perfectionnisme n’est pas une théorie (une de plus) de la vie morale, mais quelque chose comme une dimension, ou une tradition, de la vie morale que l’on retrouver tout au long de la pensée occidentale et qui touche ce que l’on appelait l’état de notre âme : cette dimension attache une extrême importance aux relations personnelles et à la possibilité, ou à la nécessité, de notre transformation et de la transformation de notre société. » (ibid., p. 208-209)

L’ordinaire ne constitue pas un lieu de conservation nostalgique de liens sociaux passés fantasmés, il travaille les singularités individuelles et est travaillé par elles.

L’ordinaire, c’est aussi une « inquiétante étrangeté » (ibid., p. 66 et 301) contenant le scepticisme, au double sens de l’intégrer et d’empêcher qu’il ne déborde en nihilisme (Corcuff, 2004). L’ordinaire constitue donc tout à la fois « le sol raboteux » auquel Wittgenstein nous enjoint de « revenir » pour situer nos interrogations, à l’inverse de la recherche de « conditions idéales » (Wittgenstein, 2004, partie I, § 107, p. 83), une des sources principales de nos problèmes et le lieu où des solutions provisoires peuvent être formulées.

Sise dans l’ordinaire, la tradition morale et politique appelée « perfectionnisme » est une ressource, tout particulièrement dans les sociétés à idéaux démocratiques. Il y a même une affinité entre perfectionnisme et démocratie, et donc une certaine continuité entre perfectionnisme moral et politique perfectionniste :

« S’il existe un perfectionnisme qui non seulement est compatible avec la démocratie mais lui est nécessaire, il ne consiste pas à excuser les ratages inévitables de la démocratie ou à essayer de s’élever au-dessus de ces ratages, mais à enseigner à réagir à ces ratages et aux compromissions auxquelles ils nous mêlent, autrement que par l’excuse ou le recul. » (Cavell, 2009, p. 235).

On n’a pas affaire chez Stanley Cavell à une apologie des régimes politiques existants se prétendant « démocratiques », et qui s’apparentent plutôt à des régimes représentatifs professionnalisés à idéaux démocratiques (Corcuff, 2014). Car le perfectionnisme se fait aussi critique sociale des déformations du « principe démocratie » (Ogien et Laugier, 2014) et des faux discours démocratiques.

« Si bien que, d’une façon générale, la mission du perfectionnisme dans un monde de fausse démocratie (et de faux appels à la démocratie) est de découvrir la possibilité de la démocratie, qui pour exister doit, de manière récurrente, être (re)découverte. » (Cavell, 2009, p. 232-233)

Cette critique sociale suppose un élargissement de la conception de la démocratie, pas seulement comme un ensemble d’institutions politiques, ou comme idéal impossible, mais comme « une forme de vie » (Ogien et Laugier, 2014, p. 7-31).

La collectivité comme les individualités sont en interaction étroite dans le processus perfectionniste propre aux sociétés à idéaux démocratiques. La question de la désobéissance civile telle qu’inspirée d’Henry David Thoreau, c’est-à-dire le fait de se retirer du consensus au nom des valeurs même de la collectivité, se joue justement dans les décalages propres à un véritable individualisme démocratique. Puisqu’elle met justement en branle des questionnements quant à la justesse des rapports entre la voix personnelle d’un individu et celle des porte-parole de la collectivité. Tant l’individualité que la collectivité constituent des points de départ et des points d’interrogation dans le mouvement perfectionniste, et donc des enjeux de son cours plus ou moins cahoteux et même chaotique. Avec cet individualisme démocratique, on s’éloigne des philosophies politiques à la mode et opposées : l’individualisme monadique, ignorant le commun, et le collectivisme, faisant du « commun » la solution unique dans la marginalisation des individualités.

Piste cavelliennes pour les séries

Les analyses développées par Stanley Cavell sur le scepticisme, le perfectionnisme et le cinéma sont susceptibles d’enrichir l’approche philosophique des séries télévisées, qui prennent le relais du cinéma dans la tâche d’éducation morale d’un large public que revendique Cavell pour le cinéma populaire (Laugier, 2009 et 2012). Mais la mise en rapport de ressources puisées dans l’œuvre de Stanley Cavell peut s’avérer également heuristique pour les sciences sociales s’intéressant aux séries, soit en s’interrogeant sur les fictionnalisations du réel à travers certains codes esthétiques (Taïeb, 2017), soit, à travers les « décodages » des téléspectateurs (Hall, 1994), sur leurs réceptions (Ang, 1982 ; Pasquier, 1995 ; Chalvon-Demersay, 1999 ; Le Grignou, 2003 ; Corcuff, 2006). Des zones d’intersection existent d’ailleurs déjà entre les pistes fournies par Stanley Cavell et certains secteurs, à la fois critiques et pragmatiques, de la sociologie contemporaine (Corcuff, 2010).

Des pistes d’inspiration cavellienne peuvent être déjà dégagées quant aux séries, tant du point de vue de la philosophie que des sciences sociales (liste non limitative) :

  • la façon dont l’ordinaire constitue un espace de défaillances, de vulnérabilités et de troubles (« l’inquiétante étrangeté de l’ordinaire »), mais également un lieu où l’on peut puiser des ressources et rebondir ;
  • les difficultés de personnages à trouver leurs voix personnelles face au poids des conformismes comme aux incertitudes sceptiques ;
  • les rapports entre les transformations de soi, en particulier mais non exclusivement autour de la figure de « la seconde chance » (Corcuff et Laugier, 2010), et les transformations des collectivités humaines ; et donc les questions concernant les résistances quotidiennes, la désobéissance et les formes ordinaires d’auto-émancipation individuelle et collective ;
  • le thème de l’apprentissage démocratique ;
  • les séries envisagées comme des conversations morales et politiques, dans leur contenu, ainsi que par leur circulation dans les sociabilités quotidiennes via les conversations ordinaires (Laugier, 2012) ; ici un croisement avec le rôle des conversations dans la sociologie de l’opinion esquissée par Gabriel Tarde pourrait être utile (Tarde, 1989 ; Katz, 1993) ;
  • la manière dont l’angle et l’esthétique perfectionniste casse l’opposition entre l’intelligible et le sensible (Laugier, 2009), permettant d’envisager des figures de raison sensible (Wahnich, 2008) ;
  • l’enseignement moral et politique des séries télévisées, par le pluralisme des voix
  • le renouvellement perfectionniste d’une critique sociale à appuis éthiques, échappant à des pièges actuels diversifiés affectant la posture critique (Corcuff, 2018b) : relativisme du « tout se vaut », assèchement moral de la critique académique ou critique ultra-conservatrice cassant les idéaux historiques d’émancipation en recourant à la rhétorique du « politiquement incorrect » ;
  • l’alternative narrative au manichéisme conspirationniste portée par une éthique des fragilités humaines (Corcuff, 2015).

La forme sérielle apparaît particulièrement adaptée à l’exploration de ces pistes par les possibilités narratives renforcées qu’elle offre, dans la pluralité des personnages et de leurs facettes comme leur suivi dans le temps, par la diversification des situations, par la succession des épisodes, des saisons et l’attachement aux personnages. Et les modalités de réception ouvertes par les séries élargissent leur circulation dans les conversations ordinaires, lieu de perfectionnement moral.

Les séries sont ainsi susceptibles de nourrir autrement la conversation savante. Au-delà des champs académiques, les séries pourraient contribuer, dans un dialogue avec le « jeu de langage » de la politique, à la (ré)invention d’une politique de l’ordinaire (Laugier, 2012 ; Corcuff, 2018b) dans une période particulière de brouillage des repères antérieurement stabilisés et de redéfinition des catégories de perception et d’action (comme « gauche » et « droite »).

Types d’articles attendus

Les propositions pourront relever de la philosophie et/ou des sciences sociales, des études cinématographiques, de l’histoire et de la culture étasunienne, de l’épistémologie et/ou des études de cas, de l’analyse des conditions de production et/ou de la réception des séries télévisées. Les propositions transversales sont les bienvenues. Elles devront toutes puiser des ressources significatives dans l’œuvre de Stanley Cavell qu’il s’agisse de son œuvre sur le cinéma ou sa philosophie morale et politique. Le corpus de séries est libre.

Modalités de soumission

Des propositions entre 200 et 400 mots, accompagnées d’une brève biographie, peuvent être envoyées à Philippe Corcuff (philippe.corcuff@sciencespo-lyon.fr) et à Sandra Laugier (sandra.laugier@gmail.com)

jusqu’au 30 novembre 2018 inclus.

Les propositions retenues seront annoncées fin décembre 2018.

Les articles, en français ou en anglais, comportant entre 30000 et 50000 signes (espaces, notes et bibliographie compris) seront à envoyer jusqu’au 3 mai 2019 dernier délai.

Les articles devront être mis en page selon les instructions de TV/Series :

Direction de la revue

  • Sarah Hatchuel, Université du Havre
  • Ariane Hudelet, Université Paris-Diderot

Comité scientifique

  • Nils C. Ahl, auteur, critique, traducteur
  • Kim Akass, Senior Research Fellow, University of Hertfordshire
  • Samuel A. Chambers, Associate Professor, The Johns Hopkins University
  • Tristan Garcia, philosophe et romancier
  • Thibaut de Saint-Maurice, philosophe et auteur
  • Jean-Pierre Esquenazi, Professeur, Université Jean Moulin Lyon 3
  • Gary Edgerton, Professor, Butler University, Indianapolis
  • Rebecca Feasey. Senior Lecturer, Bath Spa University
  • Jane Feuer, Professor, University of Pittsburgh
  • Elizabeth Kowaleski Wallace, Professor, Boston College
  • Sandra Laugier, Professeur, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Stéphane Sawas, Professeur, INALCO
  • Pierre Serisier, journaliste, Le Monde
  • Guillaume Soulez, Professeur, Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle
  • Erika Thomas, Professeur, Université Catholique de Lille
  • Barbara Villez, Professeur, Université Paris 8
  • Martin Winckler, médecin, écrivain et critique sériephile

Comité de rédaction

  • Sylvaine Bataille, MCF, Université de Rouen
  • Marjolaine Boutet, MCF, Université de Picardie
  • Claire Cornillon, agrégée, docteure, Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle
  • Sarah Hatchuel, Professeur, Université du Havre
  • Ariane Hudelet, MCF, Université Paris Diderot
  • Monica Michlin, MCF, Université Paris-Sorbonne
  • Shannon Wells-Lassagne, MCF, Université de Bretagne-Sud

Comité de lecture

  • Mehdi Achouche, MCF, Université Lyon 3
  • Sylvie Allouche, docteure, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Martine Beugnet, Professeur, Université Paris Diderot
  • Jonathan Bignell, Professor, University of Reading
  • Gérald Billard, Professeur, Université du Maine
  • Mélanie Bourdaa, MCF, Université de Bordeaux
  • Arnaud Brennetot, MCF, Université de Rouen
  • Florence Cabaret, MCF, Université de Rouen
  • Anne Crémieux, MCF, Université Paris Ouest
  • Renée Dickason, Professeur, Université Rennes 2
  • Amandine Ducray, MCF, Université Paris Ouest
  • Lionel Dufaye, Professeur, Université Paris-Est Marne-la-Vallée
  • Emmanuelle Delanoe-Brun, MCF, Université Paris Diderot
  • Véronique Elefteriou-Perrin, MCF, Université Paris Diderot
  • Julie Gallego, MCF, Université de Pau et des Pays de l’Adour
  • Christine Geraghty, Professor, University of Glasgow
  • Hervé Glévarec, Directeur de recherche, Laboratoire Communication et Politique, CNRS
  • Georges-Claude Guilbert, Professeur, Université de Tours
  • Richard Grusin, Professor, University of Wisconsin
  • Jennifer Houdiard, MCF, Université de Nantes
  • Sébastien Lefait, MCF, Université de Corte
  • Ronan Ludot-Vlasak, MCF, Université du Havre
  • Anne Kustritz, Assistant Professor, Universiteit van Amsterdam
  • Tara McPherson, Associate Professor, University of Southern California
  • Peter Marquis, MCF, Université de Rouen
  • Gilles Ménégaldo, Professeur, Université de Poitiers
  • Anne-Marie Paquet-Deyris, Professeur, Université Paris Ouest
  • Bertrand Pleven, PRAG, IUFM de Paris
  • Laurent Mellet, Professeur, Université de Toulouse
  • Philippe Ortoli, MCF, Université de Corte
  • Sarah Sepulchre, chargée de cours, Université catholique de Louvain
  • Donna Spalding-Andréolle, Professeur, Université du Havre
  • Penny Starfield, Professeur, Université de Caen
  • Stacy Takacs, Associate Professor, Oklahoma State University
  • Pierre-Olivier Toulza, MCF, Université Paris Diderot
  • Dennis Tredy, MCF, Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle
  • Pamela Tytell, MCF, Université Lille 3
  • Sophie Vasset, MCF, Université Paris Diderot
  • Christian Viviani, Professeur, Université de Caen
  • José Antonio Vicente Lozano, Professeur, Université de Rouen

Bibliographie

Ouvrages de Stanley Cavell

  • Must We mean What We say ? A Book of Essays, Cambridge, Cambridge University Press, 1969; trad. franç. sous le titre Dire et vouloir dire. Livre d’essais, Paris, Cerf, 2009.
  • The World Viewed. Reflections on the ontology of Film, Cambridge, Harvard University Press, 1971; trad. franç. sous le titre La projection du monde. Réflexions sur l’ontologie du cinéma, Paris, Belin, 1999.
  • The Claim of Reason: Wittgenstein, Skepticism, Morality, and Tragedy, New York, Oxford University Press, 1979; trad. franç. sous le titre Les voix de la raison. Wittgenstein, le scepticisme, la moralité et la tragédie, Paris, Seuil, 1996.
  • Pursuits of Happiness: The Hollywood Comedy of Remarriage, Cambridge, Harvard University Press, 1981; trad. franç. sous le titre À la recherche du bonheur. Hollywood et la comédie du remariage, Paris, Éditions de l’Étoile/Les Cahiers du cinéma, 1993 ; réédition Paris, Vrin, 2017.
  • This New Yet Unapproachable America. Lectures after Emerson after Wittgenstein, Chicago, University of Chicago Press, 1989.
  • Conditions Handsome and Unhandsome. The Constitution of Emersonian Perfectionism. The Carus Lectures, 1988, Chicago, University of Chicago Press, 1990.
  • Contesting Tears. The Hollywood Melodrama of the Unknown Woman, Chicago, University of Chicago Press. 1996.
  • Le cinéma nous rend-il meilleurs?, textes rassemblés par Élise Domenach, Paris, Bayard, 2003.
  • Cities of Words. Pedagogical Letters on a Register of the Moral Life, Cambridge, Harvard University Press, 2004; trad. franç. sous le titre Philosophie des salles obscures. Lettres pédagogiques sur un registre de la vie morale, Paris, Flammarion, 2011.
  • Qu’est-ce que la philosophie américaine? De Wittgenstein à Emerson, Paris, Gallimard, 2009.

Autres ouvrages et articles

  • Ang Ien, Watching Dallas. Soap Opera and the Melodramatic Imagination, London, Methuen, 1982.
  • Bauer Nancy, Crary Alice and Sandra Laugier, “Stanley Cavell and The American Contradiction”, The New York Times, July 2, 2018, https://www.nytimes.com/2018/07/02/opinion/stanley-cavell-and-the-american-contradiction.html.
  • Chalvon-Demersay Sabine, « La confusion des conditions. Une enquête sur la série télévisée Urgences », Réseaux, vol. 17, n° 95, 1999, p. 235-283, https://www.persee.fr/doc/reso_0751-7971_1999_num_17_95_2160.
  • Corcuff Philippe, « Le cimetière des éléphants. La philosophie sauvage d’Eddy Mitchell », Cités. Philosophie Politique Histoire, n° 19, 2004, p. 93-102, http://www.cairn.info/revue-cites-2004-3-page-93.htm.
  • Corcuff Philippe, « De l’imaginaire utopique dans les cultures ordinaires. Pistes à partir d’une enquête sur la série télévisée Ally McBeal », in Claude Gautier et Sandra Laugier (éds.), L’ordinaire et le politique, Paris, PUF, collection CURAPP, 2006, p. 71-84.
  • Corcuff Philippe, « Perfectionnisme démocratique et sociologie : interférences et tensions entre la philosophie de Stanley Cavell et la théorie critique de Luc Boltanski », in Laugier Sandra (éd.), La voix et la vertu. Variétés du perfectionnisme moral, Paris, PUF, 2010.
  • Corcuff Philippe, « Nos prétendues "démocraties" en questions (libertaires). Entre philosophie politique émancipatrice et sociologie critique », site Grand Angle, 5 mai 2014, http://www.grand-angle-libertaire.net/nos-pretendues-democraties-en-questions-libertaires-philippe-corcuff/.
  • Corcuff Philippe, « ‘Jeux de langage’ du noir : roman, cinéma et séries », Quaderni. Communication, technologies, pouvoir, n° 88, automne 2015, https://www.cairn.info/revue-quaderni-2015-3-page-21.htm.
  • Corcuff Philippe, « ‘Fargo’, un défi pour l’imagination politique », site AOC (Analyse Opinion Critique), rubrique "Critique", 11 avril 2018a, https://aoc.media/critique/2018/04/12/fargo-defi-limagination-politique/.
  • Corcuff Philippe, « Des mésaventures académiques du couple critique/émancipation en France. Et du possible renouveau d’une théorie critique en sciences sociales », Revue du MAUSS permanente, 5 mai 2018b, http://www.journaldumauss.net/?Des-mesaventures-academiques-du-couple-critique-emancipation-en-France.
  • Corcuff Philippe et Sandra Laugier, « Perfectionnisme démocratique et cinéma : pistes exploratoires », Raisons Politiques, n°38, mai 2010, p. 31-48, https://www.cairn.info/revue-raisons-politiques-2010-2-page-31.htm.
  • Domenach Élise, Stanley Cavell, le cinéma et le scepticisme, Paris, PUF, 2011.
  • Hall Stuart, “Encoding and decoding in the television discourse”, Paper for the Council of Europe Colloquy on “Training in the critical reading of television language”, organized by the Council & the Centre for Mass Communication Research, University of Leicester, September 1973, 20 p., https://www.birmingham.ac.uk/Documents/college-artslaw/history/cccs/stencilled-occasional-papers/1to8and11to24and38to48/SOP07.pdf; « Codage/décodage » [texte de 1973], Réseaux, vol. 12, n° 68, 1994, p. 27-39, http://www.persee.fr/doc/reso_0751-7971_1994_num_12_68_2618.
  • Katz Elihu, « L’héritage de Gabriel Tarde. Un paradigme pour la recherche sur l’opinion et la communication » [communication de septembre 1991], Hermès. Cognition Communication Politique, n° 11-12, 1993, p. 265-274, https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-1993-1-page-265.htm.
  • Katz Elihu, “Rediscovering Gabriel Tarde”, Political Communication, Vol. 23, issue 3, 2006, p. 263-270, https://repository.upenn.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1278&context=asc_papers.
  • Laugier Sandra, Une autre pensée politique américaine. La démocratie radicale d’Emerson à Stanley Cavell, Paris, Michel Houdiard, 2004.
  • Sandra Laugier, « Les séries télévisées : éthique du care et adresse au public », Raison publique, n° 11, octobre 2009a, p. 277-88, https://www.raison-publique.fr/IMG/pdf/Series_S._Laugier_Series_et_ethique_du_care_RP11_.pdf.
  • Sandra Laugier, Wittgenstein. Les sens de l’usage, Paris, Vrin, 2009b.
  • Laugier Sandra (éd.), La voix et la vertu. Variétés du perfectionnisme moral, Paris, PUF, 2010.
  • Laugier Sandra, « Vertus ordinaires des cultures populaires », Critique, n° 776-777, janvier-février 2012a, p. 48-61, www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=CRITI_776_0048.
  • Laugier Sandra, “Popular Cultures, Ordinary Criticism: A Philosophy of Minor Genres”, MLN (Comparative Literature Issue), Johns Hopkins University Press, Volume 127, n° 5, December 2012b, p. 997-1012, https://www.academia.edu/20466001/Popular_Cultures_Ordinary_Criticism_A_Philosophy_of_Minor_Genres.
  • Laugier Sandra, Why We Need Ordinary Language Philosophy, Chicago, Chicago University Press, 2013.
  • Laugier Sandra, “Stanley Cavell, the Ordinary, and the Democratization of Culture(s)” in Paul Standish & Naoko Saito (eds.), Stanley Cavell and Philosophy as Translation: The Truth is Translated, London, Rowman & Littlefield International, 2017, p. 25-43.
  • Laugier Sandra et Marc Cerisuelo (éds.), Stanley Cavell. Cinéma et philosophie, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2001.
  • Le Grignou Brigitte, Du côté du public. Usages et réceptions de la télévision, Paris, Economica, 2003.
  • Norris Andrew (ed.), The Claim to Community. Essays on Stanley Cavell Political Philosophy, Standford, Standford University Press, 2006.
  • Ogien Albert et Sandra Laugier, Le principe démocratie. Enquête sur les nouvelles formes du politique, Paris, La Découverte, 2014.
  • Pasquier Dominique, « ‘Chère Hélène’. Les usages sociaux des séries collèges », Réseaux, vol. 13, n° 70, 1995, p. 9-39, https://www.persee.fr/doc/reso_0751-7971_1995_num_13_70_2665
  • Shuster Martin, New Television: the Aesthetics and Politics of a Genre, Chicago, University of Chicago Press, 2017.
  • Taïeb Emmanuel, « The Wire : séries et sciences sociales », Revue française de science politique, août 2017, Vol. 67, n°4, p. 731-736, http://emmanueltaieb.fr/wp-content/uploads/2014/06/Taieb-RFSP-67-4-2017.pdf.
  • Tarde Gabriel, L’opinion et la foule [1re éd. : 1901], Paris, PUF, 1989.
  • Wahnich Sophie, La longue patience du peuple. 1792. Naissance de la République, Paris, Payot, 2008.
  • Wittgenstein Ludwig, Philosophical Investigations [manuscripts from 1936-1949], Oxford, Basil Blackwell, 1958; Recherches philosophiques [manuscrit de 1936-1949], Paris, Gallimard, 2004.

Dates

  • vendredi 30 novembre 2018

Mots-clés

  • Stanley Cavell, série télévisée, éthique, politique, perfectionnisme, démocratie, critique sociale

Contacts

  • Sandra Laugier
    courriel : sandra [dot] laugier [at] gmail [dot] com
  • Philippe Corcuff
    courriel : philippe [dot] corcuff [at] sciencespo-lyon [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Philippe Corcuff
    courriel : philippe [dot] corcuff [at] sciencespo-lyon [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Perfectionnisme et séries télévisées. Hommage à Stanley Cavell (1926-2018) », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 26 septembre 2018, https://calenda.org/478493

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