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Église évangélique du Cameroun : contributions pour un nouveau départ

The Evangelical Church of Cameroon - contributions for a new departure

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Publié le mercredi 03 octobre 2018 par Anastasia Giardinelli

Résumé

L’histoire de l’Église évangélique du Cameroun, c’est l’histoire d’une communauté qui bien des fois est tombée, mais s’est toujours relevée. C’est l’histoire d’une église qui a connu diverses crises tout au long de son cheminement, mais, qui a toujours su survivre. L’ambition de cet appel à contributions pour un ouvrage collectif consacré à l’EEC à un enjeu double : 1) tirer les leçons des crises passées et actuelles, afin de construire sereinement l’avenir ; et, 2) envisager une redynamisation de cette église, à partir des défis multiformes qui imposent aujourd’hui de nouvelles manières d’être et d’agir, en tant qu’église et en tant que chrétien. Les contributions attendues devront à cet effet, présenter des diagnostics objectifs des réalités actuelles de cette église, afin de proposer des thérapies durables dans une perspective conjoncturelle et/ou structurelle.

 

Annonce

Argumentaire

« Il faut des « Néhémie » pour reconstruire !

Il faut encore des « Jérémie » pour avertir les autorités !

Il faut aussi des « Jean-Baptiste » pour appeler à la repentance !

Il faut des « Osée » pour annoncer le pardon et la réconciliation avec Dieu !

Il faut des « Saint Jean » pour annoncer l’Évangile de Jésus-Christ pour la rémission des péchés !

Aucun chrétien, aucun serviteur de Jésus-Christ, n’a le droit, au nom même de l’Évangile, de se dérober à cette tâche urgente. » (Kotto, 1960, p.21-22)

C’est avec ce cri de cœur que le Pasteur Jean Kotto engagea les chrétiens à l’action, face à la tentative de schisme et les crises qui menaçaient l’Église évangélique du Cameroun (EEC), juste un an après son autonomie acquise en 1957. Aujourd’hui encore, en ce moment où cette église traverse une crise aux visages multiples, ce cri de cœur est plus que jamais d’actualité. Il s’impose à cet effet, l’urgence d’une nouvelle mobilisation collective.

Pour les spécialistes des sciences sociales et des sciences des organisations, une crise n’est pas nécessairement mauvaise. Elle est aussi l’occasion d’un bilan et d’une remise en question. Une crise est également l’opportunité d’envisager, au-delà des solutions conjoncturelles, des pistes nouvelles pour une restructuration, une refondation et une redynamisation. C’est dans cette logique que s’inscrit cet appel à contributions pour un ouvrage collectif.

L’ambition de ce projet, porté par des intellectuels membres de l’EEC est d’ouvrir un espace intellectuel où il est possible de nourrir et d’exprimer à nouveau, le rêve d’une Église évangélique du Cameroun, unie, stable, agissante et conquérante. Il s’agit d’oser une autre intelligibilité des faiblesses de cette église, afin d’identifier et mettre en perspective, non pas ce qui sépare, mais, ce qui rassemble. Il s’agit aussi de proposer des voies pour engager cette église, en tant que source d’inspiration et acteur pertinent, dans une société qui a plus que par le passé, soif de l’évangile.

Le présent ouvrage se propose de réunir un ensemble de contributions certes modestes, mais qui se veulent sincères et fécondes, pour un nouveau départ dans l’accomplissement de la mission recommandée par le Seigneur à ses disciples : faire de toutes les nations ses disciples. Cette mission menée par l’EEC depuis plus de cent ans est aujourd’hui face à de nouveaux défis. Ceux-ci trouvent leur sens et leur vitalité dans les mutations et transformations contemporaines qui opèrent, non seulement dans le champ religieux, mais aussi, dans l’ensemble des sphères de la société.

Oui ! Oser imaginer à nouveau l’EEC, c’est s’inscrire dans la dynamique de réforme permanente qui est l’un des piliers des convictions protestantes. C’est enrichir l’objectif commun de proclamation de la parole de Dieu, par des voies adaptées aux réalités actuelles. C’est sortir du silence de la lâcheté, tout en évitant de succomber au charme que la prétention à produire des théories fumeuses exerce de plus en plus sur des modes de pensée acquis à la cause de la prestigitation et de la bouffonnerie théologiques. C’est enfin, dépasser les clivages individualistes et claniques, au profit d’une vision commune, nourrit par la richesse de la diversité et fécondée par des savoirs élaborés dans le sillage d’une critique constructive.

Ce livre est l’occasion d’une rupture instauratrice et d’une destruction créatrice. Rompre avec cet intellectualisme et ces ruses à l’épaisseur théologiquement insignifiante, qui n’ont que trop fait subir à une église qui aspire à son épanouissement, des élucubrations d’illuminés plus utiles à la médiocrité qu’à l’excellence. Rompre avec cette tendance de plus en plus croissante, de ces individus devenus pasteurs par effraction et dont la quête d’une reconnaissance sociale pour maquiller des tares intellectuelles et éthiques, n’a d’égale que l’apogée de leur névrose obsessionnelle pour l’avoir et le pouvoir. C’est l’occasion d’explorer et de créer de nouveaux mythes fédérateurs, ancrés dans la parole de Dieu et animés par la nécessité de consolider les acquis et de se doter des connaissances et des forces efficaces pour affronter les défis présents et futurs. C’est l’occasion afin de rappeler aux laïcs que le système presbytero-synodal implique qu’ils soient plus des acteurs que des spectateurs de la vie de l’église. Bref, c’est agir par la réflexion afin que l’EEC ne devienne pas une morgue spirituelle, principale nature des églises qui font allégeance à Mammon et à Baal (Tedongmo Teko, 2018).

À l’heure où la place et le rôle de l’Église sont de plus en plus remis en question dans des sociétés où le corps pastoral tend à mépriser l’éthique et la déontologie du ministère pastoral, en dépit des besoins grandissants des fidèles en secours spirituels ; au moment où des organisations peu recommandables prennent progressivement en otage l’Église et la détourne de ses missions premières, l’urgence d’un temps de réflexion s’impose. Comment en effet rester silencieux et indifférent, face aux dérives actuelles qui fragilisent l’Église tout en affectant l’élan missionnaire et la vie chrétienne ? Le cas de l’EEC est assez illustratif et peut servir de modèle pour véritablement engager au sein de chaque église, des réflexions constructives et prospectives.

Dans le contexte des turbulences actuelles, le principal problème de l’EEC reste celui de sa capacité à inspirer et à produire des chrétiens qui soient de véritables disciples du Christ et acteurs de la transformation positive de la société. Autrement dit, à maintenir allumer la flamme de l’évangile, afin qu’elle puisse contribuer au règne du Seigneur Jésus-Christ dans nos sociétés. Ce problème se décline en diverses préoccupations à la fois théologiques, anthropologiques, sociologiques et managériales :

  • comment faire pour que l’EEC demeure cette église qui dès sa création, a choisi le qualificatif « évangélique » pour signifier « simplement qu’elle est protestante, tout en marquant sa vocation de fidélité à l’Évangile, seule base narrative de sa foi» (Slageren, 2005, p.72) ?  
  • quelles méthodes d’évangélisation l’EEC peut-elle développer dans une société caractérisée par l’irruption de nouvelles religiosités plus conquérantes et plus agressives ?
  • quels modèles de management l’EEC peut-elle mobiliser ou élaborer, pour gérer la diversité culturelle qui constitue bien souvent des sources de la division ?
  • quels modèles de gestion des ressources humaines cette église peut-elle mobiliser pour assurer à son personnel un profil de carrière et une sécurité sociale ?
  • à quels modèles de construction des temples cette église peut-elle recourir, pour se doter de structures harmonisées et remplissant des fonctions d’évangélisation plutôt que des fonctions stériles de prestige superficiel et mondain ?
  • quels systèmes de gestion des équilibres cette église peut-elle définir pour réduire les écarts considérables qui existent entre des paroisses situées en milieu urbains et celles situées en milieu rural ?
  • comment doter l’EEC de textes fondamentaux clairs, précis et éclairés par la Bible pour l’atteinte d’objectifs de performance ?
  • comment former les fidèles de cette église, afin qu’ils soient de véritables ambassadeurs du Christ dans la société ?
  • comment l’EEC peut-elle efficacement se moderniser, sans toutefois perdre son identité ?
  • comment organiser la contribution des jeunes et des femmes à la résolution définitive des crises actuelles ?

Ces préoccupations sont loin d’être exhaustives. Les métamorphoses actuelles du paysage religieux au Cameroun suggèrent en effet, une prise en charge intellectuelle de la dynamique organisationnelle et fonctionnelle des organisations religieuses. Celles-ci sont de plus en plus, soumises à de nouveaux enjeux et interpellées par des défis consubstantiels à la déréliction actuelle des sociétés contemporaines. Sous la forme d’interrogations, ces préoccupations constituent toutefois des axes de réflexion et des pistes qui peuvent être explorés dans le cadre de ce projet éditorial par différents contributeurs.

Les contributeurs peuvent être des acteurs qui vivent au quotidien les réalités de l’EEC, mais aussi, des chercheurs en sciences sociales, en sciences de gestion, en sciences juridiques et politiques. Les contributions de chercheurs en théologie ou des théologiens en fonction sont aussi très attendues. Bref, tout acteur estimant apporter une contribution intellectuelle constructive peut librement participer à ce projet. Pour reprendre le pasteur Jean Kotto, l’EEC a aujourd’hui encore, besoin des « Néhémie », des « Jérémie », des « Jean-Baptiste », des « Osée », des « Saint Jean » : aucun chrétien, aucun serviteur de Jésus-Christ, n’a le droit, au nom même de l’Évangile, de se dérober à cette tâche urgente.

Références bibliographiques

Kotto J., 1960, « L’Église évangélique du Cameroun et l’Union des Églises Baptistes du Cameroun », Exposé à l’assemblée générale de la Mission de Paris, 3-4 décembre, dans Kotto J. (e.a.), Voie nouvelle, Paris, Présence de la mission, p.21-22.

Slagen Van J., 2005, « Aux origines des églises protestantes du Sud », dans Messina J.-P. et Slagen Van J., Histoire du christianisme au Cameroun. Des origines à nos jours, Karthala (Paris)/ CLE (Yaoundé), p. 23-83.

Tedongmo Teko H., 2018, Chrétiens ou chasseurs de démons ? Essai sur la crise moderne du combat spirituel, Sarrebruck, Éditions universitaires européennes.

Calendrier

  • 01 septembre 2018 : diffusion de l’appel à communication
  • 30 octobre 2018 : date limite d’envoi des propositions (résumés) ;

  • 20 novembre 2018 : réponse aux auteurs des propositions retenues et communication des consignes de présentation ;
  • 10 février 2019 : date limite d’envoi des textes définitifs ;
  • 11 février 2019 – 20 mars 2019 : expertise des contributions
  • Juillet 2019 : parution de l’ouvrage.

NB: Les propositions d’article(s) présentées sous forme de résumé doivent comprendre un titre, le nom du ou des auteurs et leurs affiliations institutionnelles. Le résumé de 1000 mots maximum doit bien souligner l’axe de réflexion, les aspects de la problématique, les objectifs, le cadre théorique, l’approche méthodologique et les principaux résultats attendus.

Adresse : Les propositions de résumés ou d’articles doivent être soumises concomitamment aux adresses suivantes : henriteko@yahoo.fr; alaindouglas1@yahoo.fr; gueboutf@yahoo.com

Sous la direction de :

  • Henri T. Teko, Docteur en sociologie, enseignant, Université de Yaoundé 1, Ancien d’église, Paroisse de Soa.
  • Gérard Pekassa Ndam, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur des Universités, Université de Yaoundé II, Conseiller paroissial, Paroisse de Briqueterie II.
  • Alain Wandji, Docteur en Droit, enseignant, Université de Yaoundé II, Faculté des Sciences Juridiques et Politiques, Ancien d’église, Paroisse de Biyemassi.
  • François Guebou, Enseignant, Sociologue, Université de Maroua, Conseiller paroissial, Paroisse de Maroua Ville.

Catégories

Dates

  • mardi 30 octobre 2018

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Eglise évangélique du Cameroun, crises, propositions, nouveau départ

Contacts

  • Henri Teko
    courriel : henriteko [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Henri Tedongmo Teko
    courriel : henriteko [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Église évangélique du Cameroun : contributions pour un nouveau départ », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 03 octobre 2018, https://calenda.org/483219

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