AccueilLes complaintes criminelles en France après 1870 : inventaire, problématisation, valorisation d’un corpus méconnu

Les complaintes criminelles en France après 1870 : inventaire, problématisation, valorisation d’un corpus méconnu

Criminal lament ballads in France after 1870: archiving, analysis and promotion of a little-known corpus

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Publié le mardi 16 octobre 2018 par Anastasia Giardinelli

Résumé

La complainte criminelle – au sens strict du terme, un texte chanté narrant dans un but informatif et/ou édifiant les détails d’un authentique fait divers criminel – s’inscrit dans une histoire longue, depuis les occasionnels du XVIe siècle, jusqu’aux « Canards sanglants » du premier XIXe siècle. Autrefois tiré de l’oubli par des collectionneurs, ou des érudits, ce type d’éphémère est l’objet d’une attention par trop occasionnelle. Le propos de ce colloque est de poser les jalons d’une nouvelle  approche pluridisciplinaire des complaintes criminelles,  qui peuvent être considérées comme des sources auxiliaires à l’histoire des délits et des peines, des pratiques populaires de paralittérature, des médias « alternatifs » avant l’heure ou encore des témoins des goûts musicaux populaires.

Annonce

Argumentaire

La complainte criminelle – au sens strict du terme, un texte chanté narrant dans un but informatif et/ou édifiant les détails d’un authentique fait divers criminel – s’inscrit dans une histoire longue, depuis les occasionnels du XVIe siècle, jusqu’aux « Canards sanglants » du premier XIXe siècle. Autrefois tiré de l’oubli par des collectionneurs, ou des érudits, ce type d’éphémère est l’objet d’une attention par trop occasionnelle.

Trois générations marquent l’historiographie récente des canards criminels. Jean-Pierre Seguin, le pionnier, les a tirés de l’ombre au tournant des années 1960, puis, dans les années 1980, en particulier en Bretagne, la recherche sur les « chansons sur feuilles volantes » a connu un grand succès. Enfin, la mise en ligne récente de la base de données « Complaintes criminelles 1870-1940 » sur le site Criminocorpus ouvre un nouveau chantier visant à interroger les derniers soubresauts de cette forme, des débuts de la IIIe République à la Seconde Guerre mondiale.

Le propos de ce colloque est de poser les jalons d’une nouvelle  approche pluridisciplinaire des complaintes criminelles,  qui peuvent être considérées comme des sources auxiliaires à l’histoire des délits et des peines, des pratiques populaires de paralittérature, des médias « alternatifs » avant l’heure ou encore des témoins des goûts musicaux populaires.

Axes thématiques

Les contributions pourront s’inscrire dans les axes thématiques et les questionnements suivants :

  • La définition du corpus

Il s’agit d’interroger la définition de la complainte criminelle donnée supra, d’aller au-delà du crime au sens pénal du terme, et de l’étendre à tout texte chanté traitant d’un évènement « criminalisé », i.e. perçu comme tel ? Pensons à certaines catastrophes industrielles, aux scandales politico-financiers, ou l’expression du militantisme, en particulier anarchiste.

  • L’inventaire des « canards » conservés dans les collections publiques

Entre archives et bibliothèques, le classement, le catalogage, l’indexation des éphémères est multiple. Réunis en recueils factices ici, disséminés dans des fonds d’érudits là, rattachés ou non aux fonds musicaux ailleurs, leur traque est un travail de longue haleine. Quelle logique a guidé leur classement ? Comment rendre plus aisée la recherche des « canards » et les valoriser ?

  • La singularité médiatique des complaintes

La forme chantée inscrit ce matériau dans une sociabilité musicale et des circulations de répertoires, de l’édition au for privé, des feuilles volantes aux cahiers de chansons. La complainte, de ce fait, suit les goûts populaires. Ses mutations, qu’elles soient formelles ou musicales n’illustrent-elles pas les avatars des répertoires appréciés, consommés ou pratiqués, de la rue au caf’conc’ ? Deux approches mériteraient d’être valorisées : L’étude musicologique du répertoire (L’occurrence des timbres choisis, l’évolution formelle des complaintes, etc.) et la pratique effective du chant des complaintes, hier et aujourd’hui. 


  • Les liens de la complainte à l’image

Parmi tous les codes sémantiques utilisés par le canard, véritable média préfigurant l’audio-visuel, l’iconographie complète, paraphrase, illustre la complainte. Du bois gravé au cliché typographique jusqu’à la photographie, l’image, par sa créativité ou son réemploi n’est-elle pas une clé pour apprécier la réception d’un chant quasi indissociable d’un visuel ?

  • Les aspects linguistiques et littéraires de la complainte

La nature de la langue employée est relativement ambiguë. Le corpus n’est pas homogène : il réunit des chansonniers parisiens maniant le double sens, les textes à clefs, ou un humour vachard, avec des chanteurs ambulants à la syntaxe approximative, au style parlé, tentant maladroitement de s’approprier des codes d’écriture parfois un peu sophistiqués pour eux. Il serait intéressant également de se pencher sur l’usage des langues régionales et du patois dans les complaintes criminelles afin d’en mesure l’importance, l’usage et l’appropriation à une échelle plus locale.

  • L’approche éditoriale des complaintes

Le manque de détails éditoriaux sur les complaintes criminelles. Quels en sont les auteurs ? Qui les édite ? À quelle date ? Qui les vend ? Comment s’organise la production et la diffusion d’un média qui échappe régulièrement au dépôt légal ?

  • La dimension internationale de la complainte criminelle

Un peu partout à travers le monde, du Brésil à l’Inde, ce répertoire est attesté, jusqu’à posséder encore aujourd’hui une réelle actualité, et une créativité reconnue. Des études sur d’autres aires géographiques, des Murder ballads à la littérature de Cordel seraient précieuses dans une vision comparative.

Pour faire le point sur « l’état de l’art » en la matière, et croiser les points de vue entre chercheurs et professionnels issus de champs divers (historiens de la justice, des médias, de l’édition ou de l’art, musicologues, spécialistes de la littérature comparée, bibliothécaires, archivistes, conservateurs, etc.), ce colloque se propose d’être un moment d’échanges pour jeter les bases d’un chantier qui tirera de l’ombre ces sources modestes, discrètes – voire même parfois discréditées –, dont l’intérêt va bien au-delà de leur singularité.

Modalités de soumission

Les propositions de communication sont à soumettre

avant le 30 novembre 2018

à l’adresse suivante : redaction@criminocorpus.org

Elles comprendront le titre de la communication, un bref résumé (1000 signes maximum) et une courte présentation bibliographique (500 signes maximum).

Les communications retenues par le comité scientifique qui se réunira en décembre 2018 pourront être prononcées en français ou en anglais.

Organisation 

  • Jean-François Maxou HEINTZEN (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)
  • Sophie VICTORIEN (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)

Comité scientifique

  • Olivier Belin (université de Cergy-Pontoise)
  • Romain Benini (université Paris-Sorbonne)
  • Jean-Claude Farcy (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)
  • Jean-François Maxou HEINTZEN (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)
  • Sophie-Anne Leterrier (université d’Artois)
  • Gaetano Manfredonia (Bibliothèque de Corrèze)
  • Jean-Yves Mollier (université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
  • John MULLEN (université de Rouen)
  • Philippe Nieto (Archives nationales de France)
  • Philippe ORIOL (Cesacom)
  • Anne PASQUIGNON (BnF)
  • Marc RENNEVILLE (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)
  • Sophie VICTORIEN (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)

Partenaires

  • CLAMOR/CRIMINOCORPUS
  • Archives nationales
  • BnF

Lieux

  • Archives nationales 59 Rue Guynemer
    Paris, France (75)
  • BnF site François Mitterrand 25 rue Émile Durkheim (marches) ou avenue de France (de plain-pied) 75013 Paris
    Pierrefitte-sur-Seine, France (93383)

Dates

  • vendredi 30 novembre 2018

Mots-clés

  • complaintes criminelles, histoire de la justice, musique, chansons, édition, canards criminels, faits-divers, affaires criminelles

Contacts

  • Sophie Victorien
    courriel : sophie [dot] victorien [at] cnrs [dot] fr
  • Jean-François Heintzen
    courriel : maxou [dot] heintzen [at] orange [dot] fr

Source de l'information

  • Sophie Victorien
    courriel : sophie [dot] victorien [at] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les complaintes criminelles en France après 1870 : inventaire, problématisation, valorisation d’un corpus méconnu », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 16 octobre 2018, https://calenda.org/487841

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