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Mobilités, circulation, imaginaires

Mobilities, circulation and the imagination

Colloque jeunes chercheurs danse et géographie

Young researchers conference in dance and geography

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Publié le lundi 22 octobre 2018 par Céline Guilleux

Résumé

À l’occasion de son prochain colloque, l’atelier des doctorants en danse propose de rassembler pour la première fois des réflexions menées par de jeunes chercheurs dont l’objet d’étude porte sur les arts chorégraphiques, la danse ou, plus largement, l’objet corps, et dont les approches s’inscrivent dans le champ de la géographie. Cet appel vise à recevoir des propositions dont les sujets tissent explicitement des liens entre géographie et danse. Les échanges nourris par ces réflexions mettront en avant un questionnement concernant la fabrication d’un imaginaire conféré par des éléments spatiaux sur un territoire donné. En quoi la mobilité des danseurs et la circulation de pratiques chorégraphiques peuvent-elles façonner un imaginaire ? Comment définir cet imaginaire et mesurer la nature du lien qu’il entretient avec un espace géographique correspondant aux conditions de son émergence ?

Annonce

31.01 & 01.02 2019

Argumentaire

À l’occasion de son prochain colloque, l’Atelier des doctorants en danse propose de rassembler pour la première fois des réflexions menées par de jeunes chercheurs dont l’objet d’étude porte sur les arts chorégraphiques, la danse ou, plus largement, l’objet corps, et dont les approches s’inscrivent dans le champ de la géographie. Cet appel vise à recevoir des propositions dont les sujets tissent explicitement des liens entre géographie et danse. Les échanges nourris par ces réflexions mettront en avant un questionnement concernant la fabrication d’un imaginaire conféré par des éléments spatiaux sur un territoire donné. En quoi la mobilité des danseurs et la circulation de pratiques chorégraphiques peuvent-elles façonner un imaginaire ? Comment définir cet imaginaire et mesurer la nature du lien qu’il entretient avec un espace géographique correspondant aux conditions de son émergence ? Dans cette perspective, comment les études en danse et en géographie peuvent-elles dialoguer ? Si la danse est devenue assez tardivement un objet d’étude pour les géographes (Södelström, Saire, in Lévy, Lussault, 2013 : 243), on remarque que le mouvement et l’espace sont quant à eux des enjeux fondamentaux dans bon nombre d’études en danse. En croisant la littérature entre histoire et géographie culturelle, on constate l’intérêt de lier l’étude de la danse à celle de l’espace et à la prise en compte de facteurs territoriaux et géographiques pour aborder cet art du mouvement.

Comment avoir recours à une dimension spatiale pour saisir un objet d’ordre esthétique ? Qu’apporte cette démarche ? Comment adapter, en termes de méthode, les outils empruntés aux géographes aux problématiques posées par l’histoire et l’esthétique ? Dans les colonnes de la revue L’Espace géographique, Jean-Marc Besse invite les chercheurs en sciences culturelles à convoquer des approches spatiales, en se référant aux auteurs contemporains Dario Gamboni ou Thomas DaCosta Kaufmann : « la création artistique ne s’effectue pas en dehors de toute condition de lieu et d’espace » (Besse, 2010 : 212). Envisageant la création artistique dans sa dimension spatiale, la géographie ouvre des voies pour la recherche en posant la question de l’organisation des espaces de l’art. De cette façon, questionner l’environnement, le territoire et la localisation devient primordial. Face à la multiplicité et à la complexité que présentent parfois les lieux de création et de réception des chorégraphes et danseurs, que mesurer, quelle partie d’un phénomène mettre en exergue, et par le biais de quels outils ? À l’instar de Michel Foucault qui privilégie les fractures et les objets rares (L’Archéologie du savoir, 1969 : 275) et de Pascal Ory dans L’Histoire culturelle (2004 : 17), qui réaffirme que l’« exception » n’écarte pas la représentation d’une société, nous tenterons de dégager des continuités, mais surtout des discontinuités spatiales que recouvrent création et réception en danse. La volonté est d’éclairer – d’un même élan et par opposition – les dominantes, les constantes, les habitudes et les sédentarités des pratiques chorégraphiques et spectatrices.

Les outils et concepts empruntés à la géographie, en vue d’étayer une analyse en esthétique, proposent aux jeunes chercheurs des rituels méthodologiques. Il conviendra d’expliciter les besoins et les applications de ceux-ci, tout en proposant des résultats de recherche concernant la circulation des œuvres, des artistes et des spectateurs. L’enjeu sera de mettre ces études sur la voie d’outils opératoires pour travailler les rapports entre danse et géographie. À titre d’exemple, mentionnons la spécificité d’un des outils clé de la géographie : la cartographie, dont le potentiel heuristique est lié à sa forme graphique. C’est un mode d’énonciation bien particulier, qui peut concevoir les œuvres étudiées dans leur globalité, en symbolisant l’étendue de leur diffusion territoriale. La représentation graphique peut ainsi faire apparaître des espaces plus ou moins denses, relevant de phénomènes tels que la réception publique d’une œuvre, sa circulation, ou encore les trajectoires des artistes. Comment, grâce à la cartographie, les contextes spatiaux des œuvres produites et leurs modalités de diffusion sont-ils propices à des réflexions nouvelles pour l’analyse en arts ?

Dans le sillage du tournant spatial, désignant le développement d’un intérêt grandissant pour l’espace en sciences sociales, ces deux journées de colloque accorderont la primauté à l’espace plutôt qu’au temps. Comme l’indiquait Michel Foucault : « L’époque actuelle serait peut-être plutôt l’époque de l’espace. Nous sommes à l’époque du simultané, de la juxtaposition, nous sommes à l’époque du côte à côte, du dispersé » (Foucault, 1967 : 46). En plus de la contextualisation chronologique d’une danse, qui évoquerait le moment de son apparition, les fractures historiques qu’elle rencontre et le paysage historique qu’elle traverse, il sera question de replacer les objets chorégraphiques et culturels présentés lors du colloque dans leurs origines géographiques, et surtout d’analyser les trajectoires qu’ils initient. Ces dernières peuvent concerner les œuvres elles-mêmes, les artistes et les spectateurs. Dans quels contextes spatiaux émergent les œuvres chorégraphiques ? D’où viennent-elles et où vont-elles ? Afin de resserrer quelque peu cet appel, les notions de circulation et de mobilité seront les entrées principales de ces deux journées, pour ensuite construire un questionnement problématisant les rapports que ces notions entretiennent avec l’imaginaire. Sans viser à dresser l’itinéraire complet d’une danse, d’un mouvement ou d’une œuvre, les trajectoires révèlent des aspects et effets traversés par un objet de recherche. Réciproquement, l’étude d’un territoire peut se faire par la prise en compte de pratiques chorégraphiques ou spectatrices de danse. Dans ce cas, la danse révèle des spécificités territoriales qui éclairent l’étude du géographe. La mobilité et la circulation, selon leur nature et leur fonction, mais aussi leurs échelles, donnent à lire un objet d’une façon nouvelle. De ces lectures et interprétations naissent des imaginaires collectifs qui marquent un lieu et une époque, et peuvent parfois aller jusqu’à initier d’autres pratiques, façonnant à leur tour une danse.

À partir de ces échanges sur les pratiques, outils, questions et hypothèses des jeunes chercheurs en danse et en géographie, nous espérons mettre en commun des recherches en repérant les points de ressemblance et de dissemblance qui feront la dynamique de ces journées. Les approches proposées pourront s’ancrer dans une étude en géographie avec pour objet la danse, mais aussi s’inscrire dans une recherche en arts (arts du spectacle, études chorégraphiques, études théâtrales, sciences culturelles, histoire de l’art), proposant d’étudier des aspects spatiaux (lieux, territoires, trajectoires, mobilités). Les propositions qui joignent une double approche seront les bienvenues. Les études comparatives sont encouragées. La pertinence des propositions dépendra de la mise en avant des méthodes de recherche et des questionnements développés. Au cours de chaque communication est également attendue une explication des raisons qui ont poussé chacun des jeunes chercheurs à entrelacer les deux disciplines. Des disciplines voisines, telles que l’urbanisme, l’aménagement du territoire ou l’architecture peuvent trouver leur place au sein de ce colloque. Enfin, la mise en valeur de l’échelle de travail sera appréciée. Du local à l’international, comment les danses circulent-elles, et quelle influence exerce un espace géographique sur l’esthétique ? Vous trouverez ci-dessous une liste non exhaustive de mots-clés visant à donner un aperçu des thématiques et notions que peuvent évoquer les propositions, suivie de quelques références indicatives de lecture.

Ce colloque se verra ponctué par les exposés de recherche du Centre national de la danse, l’après-midi du 31 janvier, auxquels nous nous joindrons en tant qu’auditeurs.

Modalités de soumission

L’Atelier des doctorants en danse souhaite favoriser la pluridisciplinarité. Tous les jeunes chercheurs ayant pour objet de recherche la danse et les pratiques chorégraphiques sont invités à soumettre une proposition de communication.

À travers un premier document anonyme, contenant :

  • un titre de communication
  • une proposition de 1 500 signes maximum
  • une synthèse de communication de 400 signes maximum

Et un second document contenant :

  • une biographie de 400 signes maximum
  • votre/vos discipline(s), votre sujet et année de thèse, le nom de votre/vos directeur(s) de recherche ainsi que votre/vos université(s) et laboratoire(s) de rattachement.

Les informations demandées ci-dessus sont à fournir dans deux documents distincts.

Les soumissions sont à remettre pour le 22 octobre 2018

à l’adresse suivante : doctorantsendanse@gmail.com  

Après réception, lecture et sélection des propositions par le comité scientifique, vous recevrez la réponse pour acceptation par courriel. Les doctorants et jeunes docteurs sélectionnés seront ensuite invités à exposer leurs réflexions au Centre national de la danse les 31 janvier et 1er février 2019.

Plus d’information sur l’Atelier des doctorants : https://docdanse.hypotheses.org/

Organisation

Une proposition du comité de l’Atelier des doctorants

  • Marion Fournier, doctorante en arts à l'université de Lorraine et l’Universität Leipzig,
  • Oriane Maubert, doctorante en arts du spectacle à l’université Montpellier 3 Paul-Valéry,
  • Karine Montabord, doctorante en histoire de l'art à l'université Grenoble Alpes,
  • avec l’aide de Magali Chatelain, doctorante en géographie à l’université Lumière Lyon 2
  • et du service Recherche et Répertoires chorégraphiques, CN D

Membres invités du comité scientifique

  • Inge Baxmann, professeure en études théâtrales, Universität Leipzig
  • Yves Raibaud, professeur en géographie, université de Bordeaux-Montaigne
  • Mahalia Lassibille, maître de conférences en anthropologie de la danse, université Paris 8
  • Cécile Léonardi, docteure en sociologie de l’art et enseignante, École nationale supérieure d’architecture de Grenoble

Références citées

Jean-Marc Besse, 2010, « Approches spatiales dans l’histoire des sciences et des arts », L’Espace géographique, n° 3, tome 39, p. 212-213.

Michel Foucault, 1984, « Des espaces autres » in Architecture, Mouvement, Continuité, n°5, p. 46-49. (Conférence au Cercle d’études architecturales, 14 mars 1967.)

Michel Foucault, 1969, L’Archéologie du savoir. Paris, Gallimard, p. 275.

Pascal Ory, 2004, L’Histoire culturelle. Paris, Presses universitaires de France, « Que sais-je ? », p.17-18.

Ola Söderström, Philippe Saire, in Jacques Lévy, Michel Lussault, Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, Paris, Belin, 2013, p. 243-244.

Références indicatives 

Consulter la liste des références indicatives sur docdanse.hypothèse.org :

https://docdanse.hypotheses.org/351#more-351

Lieux

  • CND - 1 rue Victor Hugo
    Pantin, France (93507)

Dates

  • lundi 22 octobre 2018

Mots-clés

  • danse, géographie, espace, mobilité, circulation, imaginaire, trajectoire

Contacts

  • Marion Fournier
    courriel : doctorantsendanse [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Marion Fournier
    courriel : doctorantsendanse [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Mobilités, circulation, imaginaires », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 22 octobre 2018, https://calenda.org/488430

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