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Sonder les dispositifs numériques : pratiques archéologiques en art et en design

Examining digital systems - archaeological practices in art and design

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Publié le lundi 29 octobre 2018 par Céline Guilleux

Résumé

L’objectif de ces deux journées d’étude est de croiser différentes approches des dispositifs numériques en art et en design sous l’égide de la notion d’archéologie. Par leurs productions, des artistes et designers se confrontent aux fonctionnements des « dispositifs » autoritaires du philosophe Giorgio Agamben et peuvent en exhumer des principes philosophiques et esthétiques. Les enjeux archéologiques permettent ainsi de réinterroger les notions de « média », « médium », d’« intermédialité » ou d’« œuvre multiple » à travers l’étude des « effets secondaires » des dispositifs de représentation et de production en série.

Annonce

Journées d’étude les 25 avril 2019 à l’UJM – Saint-Étienne & 18 octobre 2019 à l’UT2J – Toulouse

Responsables scientifiques

  • Vincent Ciciliato, MCF en arts numériques, CIEREC, UJM
  • Julie Martin, doctorante en art et sciences de l’art, LLA-CREATIS, UT2J
  • Anthony Masure, MCF en design, LLA-CREATIS, UT2J
  • Carole Nosella, MCF en arts plastiques, CIEREC, UJM

Argumentaire

L’objectif de ces deux journées d’étude est de croiser différentes approches des dispositifs numériques en art et en design sous l’égide de la notion d’archéologie. Anticipée dès les années 1980 par des chercheurs comme Vilém Flusser ou Friedrich Kittler, l’archéologie des médias induit un rapport singulier au temps caractérisé par l’idée de survivance. Marqués par les analyses de Michel Foucault sur l’origine du pouvoir (archè), des théoriciens des médias comme Siegfried Zielinski, Wolfgang Ernst, Jussi Parikka ou Erkki Huhtamo mettent à mal l’idée d’une chronologie linéaire des objets technologiques. Avec l’approche archéologique la vision techniciste et progressiste cède place à l’idée d’une sédimentation où les « vieux médias » réels ou imaginaires peuvent anticiper de « nouveaux médias », et dont l’étude permet de cerner la condition médiatique actuelle. Plutôt que de chercher les précurseurs, l’archéologie des médias s’intéresse notamment aux échecs, aux projets avortés ou irréalisés. La marginalité, les méandres constituent pour celle-ci un terrain alternatif à l’histoire dominante (Yves Citton).

Jussi Parrika parle de « méthodes artistiques de l'archéologie des médias qui explorent non seulement le passé mais aussi la machine, et qui traitent des conditions « enfouies » – techniquement « archéologiques » de nos médialités contemporaines » (Qu’est-ce que l’archéologie des médias ?, 2012). Ainsi, « sonder » les dispositifs numériques, c’est à la fois évider, creuser, « descendre dans les profondeurs, au cœur, voire au double cœur » (Emmanuel Guez, « Manifeste Médiarchéologiste », 2016), voir à travers, approfondir le terrain par excavation structurelle et temporelle, mettre à distance, sans nécessité de démembrement. Depuis quelques années en France, des collectifs comme le PAMAL dirigé par Emmanuel Guez et Lionel Broye, Disnovation.org mené par Nicolas Maigret à partir du néologisme proposé par Grégory Chatonsky, RYBN ou encore Refunct media (Benjamin Gaulon) et Média/Médium dirigé par Gwenola Wagon et Jeff Guess, travaillent dans le sens d’une archéologie des dispositifs numériques. Par leurs productions, des artistes et designers se confrontent aux fonctionnements des « dispositifs » autoritaires du philosophe Giorgio Agamben et peuvent en exhumer des principes philosophiques et esthétiques. Les enjeux archéologiques permettent ainsi de réinterroger les notions de « média », « médium », d’« intermédialité » ou d’« œuvre multiple » à travers l’étude des « effets secondaires » des dispositifs de représentation et de production en série.

Au cours de ces deux journées d’étude, il s’agira donc de faire le point sur ce type de démarches afin d’examiner des possibles enjeux dans les domaines du design (qu’il soit graphique, d’objets, d’interfaces), et des arts plastiques (mettant en jeu des techniques numériques ou les interrogeant), mais aussi dans le champ du cinéma et des arts du spectacle.

Différents axes de communications peuvent être envisagés, sans que cette liste soit exhaustive :

  • Le geste archéologique comme processus poïétique : on abordera ici des démarches créatives consistant à sonder, fouiller, creuser, exhumer, déterrer la matière médiatique, et la manière dont ces gestes peuvent permettre de créer de nouvelles formes. Le lien des artistes et des designers aux archives pourra également être évoqué, qu’il s’agisse de consulter des documents existants, d’interroger la notion de collection et de classement, ou encore de créer des archives fictionnelles.
  • Résurgence et remédiation : dans son article « Une esthétique post-média » (2001), l’artiste et informaticien Lev Manovich suggère d'explorer des formes anciennes à partir des nouvelles formes culturelles produites par les « nouveaux » médias (navigation et bases de données en particulier). On pourra ainsi étudier comment mettre en lumière des héritages esthétiques ou techniques de dispositifs plus anciens à travers l’exploration de médium actuels, mais aussi comment explorer les enjeux des médiums actuels par des techniques plus anciennes.
  • Archéologie fictive : on s’interrogera sur la manière avec laquelle certaines productions plastiques s’attachent à tracer une généalogie fictive procédant d’une forme de réflexivité du contemporain.
  • Représentation : on s’attachera à explorer les démarches artistiques confrontant d’anciens et de nouveaux dispositifs s’inscrivant dans une démarche proche de celle de l’archéologie des média.
  • Réception/Traduction : il s’agira (dans la continuité du travail de chercheurs comme Frédérique Vargoz) d’appréhender des approches théoriques et/ou des « archéologues des médias » encore mal connus dans le champ francophone, à les mettre en dialogue avec la French theory, la philosophie des techniques, etc., et à les considérer au regard des champs de l’art et du design.
  • Dispositifs de savoir : dans L’archéologie du savoir, le philosophe Michel Foucault s’emploie à penser la discontinuité de la méthode archéologique contre la linéarité du discours historique. Les communications pourront ainsi porter sur la structuration du savoir et sa remise en cause dans les pratiques artistiques et de design. On pourra aussi s’interroger sur la forme des bases de données et les enjeux du design graphique et typographique dans ces contextes.

Modalités de soumission

Document au format Word/Texte, comprenant :

  • Titre et résumé de 1000 signes maximum
  • Courte bibliographie (5 références maximum)
  • Biographie de l’auteur-e (5 lignes environ)

Les propositions de communication seront étudiées par les responsables scientifiques et réparties sur l’une ou l’autre des deux journées (25 avril 2019 UJM – Saint-Étienne / 18 octobre 2019 UT2J – Toulouse). Merci d’indiquer une éventuelle incompatibilité de calendrier. Notez que les déplacements ne pourront pas être pris en charge par les structures d’accueil.

À envoyer par mail avant le 16 décembre 2018 à :

  • vincent.ciciliato@univ-st-etienne.fr
  • julie.martin1@univ-tlse2.fr
  • anthony.masure@univ-tlse2.fr
  • carole.nosella@univ-st-etienne.fr

Lieux

  • Saint-Étienne, France (42)
  • Toulouse, France (31)

Dates

  • dimanche 16 décembre 2018

Mots-clés

  • art, design, archéologie, dispositif, numérique

Contacts

  • Carole Nosella
    courriel : carole [dot] nosella [at] univ-st-etienne [dot] fr
  • Vincent Ciciliato
    courriel : vincent [dot] ciciliato [at] univ-st-etienne [dot] fr
  • Julie Martin
    courriel : julie [dot] martin1 [at] univ-tlse2 [dot] fr
  • Anthony Masure
    courriel : anthony [dot] masure [at] univ-tlse2 [dot] fr

Source de l'information

  • Carole Nosella
    courriel : carole [dot] nosella [at] univ-st-etienne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Sonder les dispositifs numériques : pratiques archéologiques en art et en design », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 29 octobre 2018, https://calenda.org/492921

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