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Développements psychiques

Psychic development

« In Analysis ». Revue transdisciplinaire de psychanalyse et de sciences n°2 /2019

"In Analysis". Revue transdisciplinaire de psychanalyse et de sciences issue no.2 /2019

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Publié le mercredi 31 octobre 2018 par Elsa Zotian

Résumé

In Analysis est une revue transdisciplinaire de psychanalyse et de sciences. Elle se donne pour mission de garantir la pluralité des savoirs en réunissant des chercheurs/ses et des cliniciens/nes de différentes dsicipline autour d'un objectif commun : explorer le sujet humain grâce au discours transdisciplinaire. « Développements psychiques » est le prochain numéro à paraître dans lequel sont conviés des auteurs qui souhaitent partager leur réflexion autour de cette thématique. Est-ce que le sujet se développe dans l'environnement qui lui ait donné (acquis) ? Grandit-il à partir d'un bagage génétique déjà existant qu'il exploite selon des situations rencontrées (inné) ? Existe-t-il une plasticité neuronale qui viendrait modifier son développement premier ? Comment la rencontre avec l'autre, un Tupi-Guarani par exemple, viendrait radicalement modifier la conception du développement du sujet ?

Annonce

Argumentaire

Quels sont les liens qu’entretient la psychanalyse avec la notion de développement ? Selon l'angle de notre regard, la vision peut changer radicalement. Dans certains milieux psychanalytiques, le développement de l’individu n’est pas inscrit dans des recherches scientifiques prescrivant à quoi pourrait ressembler l’histoire individuelle et les détournements singuliers effectués par la pulsion. Dans d’autres, comme ceux initiés par Daniel Stern (professeur émérite à l’université de Genève et psychanalyste américain), le développement fait l’objet de théories révisant, dans une perspective psychanalytique, la relation mère-bébé à partir de la période pré-natale.

Le milieu universitaire notamment - et l’ouvrage sous la direction de R. Roussillon (2016) en est la preuve - n’a pas ignoré la logique des processus psychiques propres à tous les âges de la vie, mettant ainsi l’accent sur la logique des processus en grande partie inconscients qui sous-tendent les manifestations psychopathologiques qui peuvent s’imposer au cours du développement individuel. Les contributions de cet ouvrage démontrent la nécessaire intrication des perspectives développementales et psychanalytiques et fournissent des pistes de réflexion pour une articulation des approches. En termes développementaux, le modèle psychanalytique met l’accent prioritairement sur l’origine primaire et intersubjective de la pulsion, la construction du narcissisme,  les stades du développement psychosexuels (freudiens), la période œdipienne en tant que phase-clé et hautement organisante du développement, la période de latence, l’adolescence et ses crises, etc.

Dans une perspective plus mixte (quantitative et qualitative), la psychologie du développement s’intéresse à l’étude scientifique des modifications mentales et comportementales dues à l’âge ; elle montre, par exemple, que les compétences cognitives peuvent augmenter ou décliner à l’âge adulte en fonction des expériences personnelles. Cette perspective s’intéresse aux débats concernant la relation entre l’inné et l’acquis (ou nature-culture), la continuité versus discontinuité des changements, les périodes du développement critiques versus sensibles, la stabilité versus changement, le rôle de l’individu dans son propre développement (Upton, 2011). Les modèles théoriques traditionnels de la psychologie du développement incluent l’approche psychodynamique freudienne, eriksonienne, etc., les théories de l’apprentissage (Skinner, Watson), les théories constructivistes et sociales constructivistes (Piaget, Vygotsky).

Dans les perspectives récentes, le développement est conçu comme étant multidirectionnel (les changements dus à l’âge ne sont pas forcément caractérisés par le déclin), multidimensionnel (biologique, social, émotionnel, cognitif) et par conséquent multidisciplinaire (neuroscientifiques, psychologues, sociologues, anthropologues et médecins ont des épistémologies à la fois différentes et complémentaires des processus et changements en jeu). Le développement est également reconnu comme étant largement sensible au contexte socio-culturel. Enfin, la plasticité des capacités de développement selon les contextes de vie est également étudiée.

Cette diversité des regards est à l’origine de programmes de recherches faisant appel à une multitude de méthodes et d’instruments variant approches quantitatives et qualitatives selon les objectifs recherchés. Nous disposons actuellement d’une littérature extrêmement riche concernant les périodes prénatale, périnatale et néonatale, le développement précoce, l’enfance, les multiples difficultés de l’adolescence dans des contextes socio-culturels de plus en plus mouvants, l’âge adulte et le vieillissement avec les modifications physiques, comportementales et cognitives inévitables… tout cela au croisement de diverses disciplines et sous-disciplines aux frontières de plus en plus perméables à la transdisciplinarité.

Il nous semble important de rouvrir le débat, au sein de ce numéro de In Analysis, à propos des nombreux questionnements que suscitent ces nouvelles découvertes, dans le domaine du développement, auprès des psychanalystes et qui pourraient être abordés dans la rencontre psychanalyse-sciences. La dyade mère-enfant et les interactions précoces sont de plus en plus étudiées - que peuvent apporter ces découvertes dans le dialogue psychanalyse-sciences ? Que savons-nous des conséquences à court et à long terme des mères et des pères souffrant de troubles psychologiques sur leur enfant ? Qu’en est-il de la place de l’environnement en psychanalyse ? Quels sont les contextes socio-culturels prédisposant à des développements dysfonctionnels et comment sont-ils pensés dans l’approche psychanalytique ? Comment le stress et ses effets nocifs et multidimensionnels modifie-t-il les différentes étapes du développement et les manifestations pulsionnelles ?  Quels mécanismes en particulier doit-on activer en psychothérapie ou en psychanalyse afin de restimuler des compétences négligées pendant les périodes précoces ou sensibles ? Comment repérer les traces de la période pré-natale et comment les élaborer afin d'aboutir à une meilleure organisation pulsionnelle ? Qu’est devenue la théorie de l’Œdipe à l’heure des théories féministes, des inséminations artificielles et des enfants élevés par des couples homosexuels ? Que savons-nous des enfants hyperactifs et comment les psychanalystes interviennent-ils auprès de ce trouble ? Où en est-on avec l’intégration multidisciplinaire dans les cas d’autisme ? Y a-t-il des invariants dans le développement des enfants grandissant dans des familles monoparentales ou recomposées ? Les enfants placés sont-ils mieux protégés affectivement ou subissent-ils une succession de ruptures désorganisantes ? Comment assimile-t-on en psychanalyse la notion de plasticité du développement humain à travers les âges ?  Comment peut-on intégrer dans l’élaboration clinique les aspects liés à la neuro-inflammation constatée dans les dépressions majeures et quels sont ses effets en termes pulsionnels ? Les conditions actuelles de vie dans un monde globalisé soumis à des stimulations technologiques multiples (notamment les écrans) ont-elles un effet sur la psychopathologie développementale et peut-on l’élaborer dans le cadre d’un traitement ? Le réchauffement climatique et l’anthropocène en tant qu’aspects écologiques et socio-culturels sont-ils aussi du domaine de la psychanalyse et, en raison de la plasticité, peuvent-ils modifier l’organisation pulsionnelle de l’individu ? Des études démontrent de plus en plus l’effet du sucre sur le développement, la psychopathologie et la dégénérescence - comment se situent la psychanalyse vis-à-vis de ces découvertes ?

Conditions de soumission

Ces questionnements, nous l’avons vu, ouvrent sur un immense terrain de recherche en cours et à venir ; sans avoir l’ambition de tous les aborder dans le cadre de ce numéro de la revue, nous souhaitons néanmoins offrir des pistes de réflexion pour des perspectives futures au croisement de la psychanalyse et des sciences.

Les propositions d'article de 40 000 caractères (espaces, notes, bibliographie et résumés compris) sont à remettre

pour le 2 décembre 2018

Bibliographie

  • Roussillon, R. (2016, sous la dir.). Manuel de psychologie et psychopathologie clinique générale. Paris: Elsevier.
  • Stern, D. (2003). Le monde interpersonnel du nourrisson. Paris: PUF.
  • Upton, P. (2011). Developmental psychology. Newbury Park: Sage, Learning Matters.

Fondateurs et directeurs

  • Liviu POENARU, Ph.D. en psychopathologie et psychologie clinique, psychothérapeute ASP, Genève   
  • Raphaël MINJARD, Ph.D. en psychopathologie et psychologie clinique, psychothérapeute, Lyon/Genève. 

Comité de rédaction

  • Jacques BOULANGER, Psychiatre, psychanalyste membre de la Société psychanalytique de Paris, membre du Groupe toulousain de l’Institut de psychosomatique Pierre Marty, Toulouse 
  • Colette Combe, Psychiatre, psychanalyste membre de la Société psychanalytique de Paris 
  • Samuel Lepastier, Ph.D., psychologue, habilité à diriger des recherches (HDR), UFR Études psychanalytiques (Université Paris Descartes), psychanalyste membre de la Société psychanalytique de Paris 
  • Ella SCHLESINGER, Ph.D. en psychopathologie, psychologie clinique et anthropologie; psychothérapeute, Lyon 
  • Guénaël VISENTINI, Psychologue clinicien, Attaché temporaire d'enseignement et de recherche, Université Paris Diderot - Paris 7 (Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société)   

Comité scientifique

  • Anne-Françoise ALLAZ, Professeure, Directrice du Département de Médecine interne générale, Réhabilitation et Gériatrie, Université de Genève   
  • Rémy AMOUROUX, Professeur assistant, psychologue clinicien, Institut de psychologie, Lausanne   
  • Patricia ATTIGUI, Professeure de psychopathologie clinique, Université Lumière Lyon 2   
  • Rémy BARBE, Professeur associé à University of Pittsburgh, School of Medicine, médecin responsable d’unité, Hôpitaux universitaires de Genève 
  • Ariane BAZAN, Professeure de psychologie clinique, Université Libre de Bruxelles  
  • Adrien BLANC, Ph.D., psychologue clinicien, chercheur associé au Laboratoire de psychologie clinique, psychopathologie, psychanalyse (PCPP - EA4056), Université Paris Descartes 
  • Anne BRUN, Professeure de psychopathologie et psychologie clinique, directrice du Centre de Recherches en Psychopathologie et Psychologie Clinique (CRPPC), Université Lumière Lyon 2   
  • Louis BRUNET, Professeur à l’Université du Québec à Montréal, psychanalyste (IPA, SCP, SPM)   
  • Daniel DERIVOIS, Professeur de psychopathologie et psychologie clinique, Université de Bourgogne Franche-Comté, Dijon   
  • Olivier DOUVILLE, Psychologue clinicien, Maître de conférences, laboratoire CRPMS, Université Paris Diderot,  Association Française des Anthropologues  
  • Francis EUSTACHE, Professeur, Directeur de l’unité Inserm-EPHE-UCBN U1077 Neuropsychologie et neuroanatomie fonctionnelle de la mémoire humaine, Laboratoire de Neuropsychologie, Caen   
  • Bruno FALISSARD, Professeur de biostatistique et Directeur de l'unité INSERM U669 Santé mentale de l'adolescent, Paris 
  • Alain FERRANT, Professeur émérite de l’Université Lumière Lyon 2   
  • Frédéric FOREST, Ph.D., chercheur associé au Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société, Université Paris Diderot   
  • Bernard GOLSE, pédopsychiatre et psychanalyste APF, Professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université Paris Descartes, docteur en médecine et docteur en biologie humaine, chef du service de pédopsychiatrie à l'hôpital Necker-Enfants malades à Paris   
  • Angélique GOZLAN, Ph.D., psychologue clinicienne, Paris 
  • Susann HEENEN-WOLFF, Professeure à l'Université catholique de Louvain, docteur en sociologie, membre de la Société belge de psychanalyse   
  • Dora KNAUER, pédopsychiatre aux Hôpitaux universitaires de Genève, psychanalyste, chargée de cours à la Faculté de médecine   
  • François LAPLANTINE, Professeur émérite de l'Université de Lyon, anthropologue  
  • Laurie LAUFER, Professeure des Universités, Directrice du Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société (EA 3522),  UFR d'Etudes psychanalytiques, Université Paris Diderot 
  • Bernard LAURENT, neurologue, Professeur des Universités, Chef du Service de Neurologie CHU Saint-Etienne 
  • Pierre LEMARQUIS, neurologue, neurophysiologiste, neuropharmacologue, Toulon  
  • Chantal LHEUREUX-DAVIDSE, Maître de conférences, Université Paris Diderot, psychologue clinicienne, psychanalyste 
  • François MARTY, Professeur de psychologie clinique et psychopathologie, Université Paris Descartes, directeur de la collection Champs libres aux Editions In Press (Paris)   
  • Sylvain MISSONNIER,  Professeur de psychologie clinique de la périnatalité Paris Descartes SPC, Directeur du Laboratoire PCPP (EA 4056), Psychanalyste SPP   
  • Anne-Marie PERRIN, Ph.D., psychologue, Centre antidouleur Saint-Étienne, chargée de cours à l'Université Lumière Lyon 2 
  • Roger PERRON, Professeur émérite à Paris 5, Directeur honoraire de recherches au CNRS, Psychanalyste SPP 
  • Gérard PIRLOT, Professeur, Directeur du Laboratoire Cliniques Pathologique et Interculturelle, Université Toulouse Jean Jaurès 
  • Yves ROSSETTI, Professeur des universités - praticien hospitalier, Université Lyon 1, plateforme Mouvement et Handicap, Hospices Civils de Lyon et Centre de Recherche en Neuroscience de Lyon (CRNL), chercheur équipe ImpAct (integrative multisensory perception-action-cognition team) du CRNL   
  • René ROUSSILLON, Professeur émérite de l'Université Lumière Lyon 2 
  • Emmanuel SCHWAB, Ph.D., psychothérapeute EFPP, chargé d'enseignement, Université de Neuchâtel   
  • Jean-Marc TALPIN, Professeur en psychopathologie et psychologie clinique, Directeur du département de psychologie clinique, Université Lumière Lyon 2 
  • Jean-Pol TASSIN, Professeur au Collège de France, neurobiologiste, Directeur de recherche émérite à l'INSERM, Paris 
  • Juan Eduardo TESONE, Membre formateur de l’Association Psychanalytique d’Argentine, Membre titulaire de la SPP, Professeur USAL , Buenos-Aires, Professeur Associé de l’Université Paris-Ouest, Nanterre 
  • Sarah TROUBÉ, Ph.D., psychologue clinicienne, chercheure post-doctorante à l'Université Paris Diderot (CRPMS-Labex "Who am I?") 
  • Alain VANIER, Professeur, Université Paris Diderot - Paris 7, psychiatre, psychanalyste 

Dates

  • dimanche 02 décembre 2018

Mots-clés

  • psychanalyse, transdiscinplinarité, développement

Contacts

  • Ella Schlesinger
    courriel : revueinanalysis [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Revue transdisciplinaire de psychanalyse et de sciences In Analysis
    courriel : revueinanalysis [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Développements psychiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 31 octobre 2018, https://calenda.org/499721

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