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Analyse qualitative

Qualitative analysis

« In Analysis ». Revue transdisciplinaire de psychanalyse et de sciences

In Analysis. the transdiscipinary journey of psychanalysis and the sciences

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Publié le mardi 27 novembre 2018 par Anastasia Giardinelli

Résumé

« Analyse qualitative » est notre prochain numéro à paraître dans lequel nous convions des auteurs intéressé-e-s par la thématique et venant de champs disciplinaires différents. Quelles sont les limites de l'analyse qualitative à pouvoir entrevoir le sujet humain ? Les analyses quantitatives n'effacent-elles pas les singularités qui construisent le sujet ? La science doit-elle répondre à des analyses quantitative pour valider ses hyposthèses ?

Annonce

Présentation de la Revue

In Analysis est une revue transdisciplinaire de psychanalyse et de sciences qui se donne pour mission de garantir la pluralité des savoirs en réunissant des chercheurs/ses et des cliniciens/nes de différentes disciplines autour d'un objectif commun : explorer le sujet humain et son environnement grâce au dialogue transdisciplinaire.

La revue présente plusieurs rubriques : "entretien" ; "dossier/débat" dans laquelle l'article écrit sera discuté par d'autres auteurs, elle est donc composée de plusieurs articles ; "Varia" divers articles se rapportant de près ou de loin à la thématique abordée ; rubrique "thèse" concerne les travaux en cours de jeune chercheurs/ses, cela peut être un résumé de thèse (en cours ou déjà soutenue)

Présentation du numéro

« Analyse qualitative » est notre prochain numéro à paraître dans lequel nous convions des auteurs intéressé-e-s par la thématique et venant de champs disciplinaires différents. Quelles sont les limites de l'analyse qualitative à pouvoir entrevoir le sujet humain ? Les analyses quantitatives n'effacent-elles pas les singularités qui construisent le sujet ? La science doit-elle répondre à des analyses quantitative pour valider ses hyposthèses ?

L’avènement de la neuropsychanalyse a suscité de nouveaux débats philosophiques entre psychanalystes et scientifiques concernant la scientificité de la psychanalyse (voir le débat en libre accès de notre numéro 2/2017). Il a été question de redéfinir la place de la psychanalyse au sein des sciences et de mieux comprendre les nouvelles tendances épistémologiques, largement bouleversées par le courant postmoderne; il a été également question de défendre sa spécificité et d’en démontrer la scientificité.

Dans le cadre de ce débat, une place insuffisante a été donnée aux sciences humaines et sociales (SHS). Car si nous admettons que la psychanalyse est une science et non pas une pseudoscience (attribut cher à Karl Popper), c’est avant tout et fondamentalement en vertu de sa dimension qualitative qu’elle peut se réclamer de cette appartenance. Puisqu’ils pensent à partir de la clinique, les analystes pensent par cas. Ils s’inscrivent dans une longue tradition, de la médecine hippocratique (Grmek, 1983 ; Pomata, 2014 ; Pigeaud, 2010) à la psychologie clinique du xixe siècle (Pomini, de Roten, Brodard &Quartier, 2016).

L’étude de cas, méthode classiquement privilégiée en psychanalyse, est entendue en SHS comme une description fine et dynamique d’un contexte et des interactions qui s’y déploient dans le temps (Marshall et Rossman, 2016). Une de ses particularités est son potentiel éclectique: elle peut faire usage de méthodes qualitatives et quantitatives, et présente la flexibilité pour incorporer de multiples perspectives, diverses manière de récolter des données, des regards critiques et des stratégies interprétatives. L’étude de cas est unanimement reconnue pour sa rigueur (de Sardan, 2008), comme pour sa profondeur, son intensité et son aptitude à explorer les interactions entre le cas et le contexte (Flyvbjerg, 2011). Marshall et Rossman sont d’avis que la procédure est descriptive, analytique et interprétative, et précisent qu’il est nécessaire de clarifier, dans une telle démarche, le processus de sélection: le cas en soi (étude intrinsèque), illustration d’un phénomène plus large (cas instrumental) ou la manière dont un seul phénomène se présente dans plusieurs cas (cas multiples).

Rappelons que Flyvbjerg (2006) pointe et étudie cinq malentendus à propos de la recherche à l’aide d’études de cas: (1) la connaissance théorique serait plus valable que la connaissance pratique; (2) on ne peut pas généraliser à partir d’un seul cas et donc on ne peut pas contribuer au développement scientifique; (3) l’étude de cas est plus utile à générer des hypothèses, tandis que les autres méthodes sont plus utiles pour tester des hypothèses et élaborer des théories; (4) l’étude de cas contient des biais concernant la vérification; (5) il est souvent difficile de résumer des études de cas.

Les spécificités épistémiques du « penser par cas » ont été déjà bien explorées dans un ouvrage qui a fait date et mentionne Freud dès l’introduction comme un précurseurs en ce domaine (Passeron et Revel, 2005). Dans le champ spécifiquement analytique, ce « genre épistémique » a fait l’objet d’un certain nombre de publications (NRFP, 1990 ; Fédida et Villa, 2000 ; Laufer, Lepoutre et Visentini, 2017).

Au sens plus large, l’analyse qualitative est proposée par Paillé et Mucchielli (2016) comme une démarche discursive de reformulation, d’explicitation ou de théorisation de témoignages, d’expériences ou de phénomènes. La logique à l’oeuvre participe de la découverte et de la construction de sens. Elle ne nécessite ni comptage ni quantification pour être valide, généreuse et complète, même si elle n’exclut pas de telles pratiques. Son résultat n’est, dans son essence, ni une proposition ni une quantité, c’est une qualité, une dimension, une extension, une conceptualisation de l’objet (p. 11). Selon ces auteurs, les grandes questions en analyse qualitative concernent la variété des techniques, l’usage possible de techniques plus globales, la spécialisation des outils, le débordement de l’analyse au-delà des outils, la place privilégiée occupée par cette méthode, l’effet des grilles préalables sur l’interprétation, le déroulement de la recherche, la stabilité, la cohérence interne.

A mi-chemin entre clinique et épistémologie, ce numéro de In Analysis souhaite questionner ces aspects dans le cadre de la perspective psychanalytique et produire un regard critique à propos de la construction du cas en psychanalyse et en SHS. Ainsi, l’étude de cas en psychanalyse respecte-t-elle les principes de l’analyse qualitative? Comment se situe la psychanalyse vis-à-vis du potentiel généralisable des données d’un cas? Comment se situe-t-elle vis-à-vis de la mixité possible des perspectives d’analyse? Y a-t-il des normes à respecter au sein des différents niveaux d’analyse? Comment employer une norme sans limiter l’accès à la connaissance? La méthode qualitative en SHS peut-elle enrichir la démarche psychanalytique et peut-elle favoriser une meilleure définition des caractéristiques scientifiques de la psychanalyse?

Conditions de soumission

Ces questionnements, nous l’avons vu, ouvrent sur un immense terrain de recherche en cours et à venir ; sans avoir l’ambition de tous les aborder dans le cadre de ce numéro de la revue, nous souhaitons néanmoins offrir des pistes de réflexion pour des perspectives futures au croisement de la psychanalyse et des sciences.

Les propositions d'article de 40 000 caractères (espaces, notes, bibliographie et résumés compris) sont à remettre

pour le 31 janvier 2020

Fondateurs et directeurs

  • Liviu POENARU, Ph.D. en psychopathologie et psychologie clinique, psychothérapeute ASP, Genève   
  • Raphaël MINJARD, Ph.D. en psychopathologie et psychologie clinique, psychothérapeute, Lyon/Genève. 

Comité de rédaction

  • Jacques BOULANGER, Psychiatre, psychanalyste membre de la Société psychanalytique de Paris, membre du Groupe toulousain de l’Institut de psychosomatique Pierre Marty, Toulouse 
  • Colette Combe, Psychiatre, psychanalyste membre de la Société psychanalytique de Paris 
  • Samuel Lepastier, Ph.D., psychologue, habilité à diriger des recherches (HDR), UFR Études psychanalytiques (Université Paris Descartes), psychanalyste membre de la Société psychanalytique de Paris 
  • Ella SCHLESINGER, Ph.D. en psychopathologie, psychologie clinique et anthropologie; psychothérapeute, Lyon 
  • Guénaël VISENTINI, Psychologue clinicien, Attaché temporaire d'enseignement et de recherche, Université Paris Diderot - Paris 7 (Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société)   

Comité scientifique

  • Anne-Françoise ALLAZ, Professeure, Directrice du Département de Médecine interne générale, Réhabilitation et Gériatrie, Université de Genève   
  • Rémy AMOUROUX, Professeur assistant, psychologue clinicien, Institut de psychologie, Lausanne   
  • Patricia ATTIGUI, Professeure de psychopathologie clinique, Université Lumière Lyon 2   
  • Rémy BARBE, Professeur associé à University of Pittsburgh, School of Medicine, médecin responsable d’unité, Hôpitaux universitaires de Genève 
  • Ariane BAZAN, Professeure de psychologie clinique, Université Libre de Bruxelles  
  • Adrien BLANC, Ph.D., psychologue clinicien, chercheur associé au Laboratoire de psychologie clinique, psychopathologie, psychanalyse (PCPP - EA4056), Université Paris Descartes 
  • Anne BRUN, Professeure de psychopathologie et psychologie clinique, directrice du Centre de Recherches en Psychopathologie et Psychologie Clinique (CRPPC), Université Lumière Lyon 2   
  • Louis BRUNET, Professeur à l’Université du Québec à Montréal, psychanalyste (IPA, SCP, SPM)   
  • Daniel DERIVOIS, Professeur de psychopathologie et psychologie clinique, Université de Bourgogne Franche-Comté, Dijon   
  • Olivier DOUVILLE, Psychologue clinicien, Maître de conférences, laboratoire CRPMS, Université Paris Diderot,  Association Française des Anthropologues  
  • Francis EUSTACHE, Professeur, Directeur de l’unité Inserm-EPHE-UCBN U1077 Neuropsychologie et neuroanatomie fonctionnelle de la mémoire humaine, Laboratoire de Neuropsychologie, Caen   
  • Bruno FALISSARD, Professeur de biostatistique et Directeur de l'unité INSERM U669 Santé mentale de l'adolescent, Paris 
  • Alain FERRANT, Professeur émérite de l’Université Lumière Lyon 2   
  • Frédéric FOREST, Ph.D., chercheur associé au Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société, Université Paris Diderot   
  • Bernard GOLSE, pédopsychiatre et psychanalyste APF, Professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université Paris Descartes, docteur en médecine et docteur en biologie humaine, chef du service de pédopsychiatrie à l'hôpital Necker-Enfants malades à Paris   
  • Angélique GOZLAN, Ph.D., psychologue clinicienne, Paris 
  • Susann HEENEN-WOLFF, Professeure à l'Université catholique de Louvain, docteur en sociologie, membre de la Société belge de psychanalyse   
  • Dora KNAUER, pédopsychiatre aux Hôpitaux universitaires de Genève, psychanalyste, chargée de cours à la Faculté de médecine   
  • François LAPLANTINE, Professeur émérite de l'Université de Lyon, anthropologue  
  • Laurie LAUFER, Professeure des Universités, Directrice du Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société (EA 3522),  UFR d'Etudes psychanalytiques, Université Paris Diderot 
  • Bernard LAURENT, neurologue, Professeur des Universités, Chef du Service de Neurologie CHU Saint-Etienne 
  • Pierre LEMARQUIS, neurologue, neurophysiologiste, neuropharmacologue, Toulon  
  • Chantal LHEUREUX-DAVIDSE, Maître de conférences, Université Paris Diderot, psychologue clinicienne, psychanalyste 
  • François MARTY, Professeur de psychologie clinique et psychopathologie, Université Paris Descartes, directeur de la collection Champs libres aux Editions In Press (Paris)   
  • Sylvain MISSONNIER,  Professeur de psychologie clinique de la périnatalité Paris Descartes SPC, Directeur du Laboratoire PCPP (EA 4056), Psychanalyste SPP   
  • Anne-Marie PERRIN, Ph.D., psychologue, Centre antidouleur Saint-Étienne, chargée de cours à l'Université Lumière Lyon 2 
  • Roger PERRON, Professeur émérite à Paris 5, Directeur honoraire de recherches au CNRS, Psychanalyste SPP 
  • Gérard PIRLOT, Professeur, Directeur du Laboratoire Cliniques Pathologique et Interculturelle, Université Toulouse Jean Jaurès 
  • Yves ROSSETTI, Professeur des universités - praticien hospitalier, Université Lyon 1, plateforme Mouvement et Handicap, Hospices Civils de Lyon et Centre de Recherche en Neuroscience de Lyon (CRNL), chercheur équipe ImpAct (integrative multisensory perception-action-cognition team) du CRNL   
  • René ROUSSILLON, Professeur émérite de l'Université Lumière Lyon 2 
  • Emmanuel SCHWAB, Ph.D., psychothérapeute EFPP, chargé d'enseignement, Université de Neuchâtel   
  • Jean-Marc TALPIN, Professeur en psychopathologie et psychologie clinique, Directeur du département de psychologie clinique, Université Lumière Lyon 2 
  • Jean-Pol TASSIN, Professeur au Collège de France, neurobiologiste, Directeur de recherche émérite à l'INSERM, Paris 
  • Juan Eduardo TESONE, Membre formateur de l’Association Psychanalytique d’Argentine, Membre titulaire de la SPP, Professeur USAL , Buenos-Aires, Professeur Associé de l’Université Paris-Ouest, Nanterre 
  • Sarah TROUBÉ, Ph.D., psychologue clinicienne, chercheure post-doctorante à l'Université Paris Diderot (CRPMS-Labex "Who am I?") 
  • Alain VANIER, Professeur, Université Paris Diderot - Paris 7, psychiatre, psychanalyste 

Bibliographie

Coll. (1990). Nouvelle revue de psychanalyse, n° 42 : Histoires de cas. Paris : Gallimard.

Fédida, P., Villa, F. (2000). Le cas en controverse. Paris : PUF.

Flyvbjerg, B. (2006). Five Misunderstandigs About Case-Study Research. Qualitative Inquiry, 12 (2), p. 219-245.

Flyvbjerg, B. (2011). Case study. In N. K. Denzin & Y. S. Lincoln (Eds.), The Sage Handbook of qualitative research (4th ed., pp. 301-316). Thousand Oaks, CA: Sage.

Grmek, M. (1983). Les maladies à l’aube de la civilisation occidentale. Paris : Payot.

Laufer, L., Lepoutre T. & Visentini, G. (2017). Psychologie clinique, 44 : Écrire le cas.

Marshall, C., Rossman, G. B. (2016). Designing Qualitative Research (6th edition). Thousand Oaks, CA: Sage.

Olivier de Sardan, J.-P. (2008). La rigueur du qualitatif. Les contraintes empiriques de l’interprétation socio-anthropologique. Louvain-La-Neuve : Academia Bruylant.

Paillé, P., Mucchielli, A. (2016). L’analyse qualitative en sciences humaines et sociales (4e édition). Paris: Armand Colin.

Passeron, J.-C., Revel, J. (2005). Penser par cas. Paris : EHESS.

Pigeaud, J. (2010). Le style d’Hippocrate ou l’écriture fondatrice de la médecine. In Detienne, M. Les savoirs de l’écriture en Grèce ancienne. Villeneuve d’Ascq : Presses universitaires du Septentrion, pp. 305-329.

Pomata, G. (2014). The medical case narrative : distant reading of an epistemic Genre. In Literature and Medicine, 32 (1), p. 1-23

Pomini, V., De Roten, Y., Brodard, F., Quartier, V. (2016). L’étude de cas : dialogue entre recherche et pratique en psychologie clinique et en psychothérapie. Lausanne : Antipodes.

Widlöcher, D. (1990). Le cas, au singulier. Nouvelle revue de psychanalyse, 32, p. 285-302.

Catégories

Dates

  • vendredi 31 janvier 2020

Mots-clés

  • psychanalyse, sciences cognitives, anthropologie, transdiscinplinarité, philosophie, analyse qualitative

Contacts

  • Ella Schlesinger
    courriel : revueinanalysis [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Revue transdisciplinaire de psychanalyse et de sciences In Analysis
    courriel : revueinanalysis [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Analyse qualitative », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 27 novembre 2018, https://calenda.org/499799

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