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Fractures identitaires, radicalités et interventions sociales

Acteurs et processus de radicalisation / contre-radicalisation

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Publié le mercredi 07 novembre 2018 par Anastasia Giardinelli

Résumé

L’objectif de ce colloque est de penser la réalité de la prévention et du traitement des risques de radicalisation sur une base identitaire. Dans la pratique, ce colloque s’intéresse notamment aux environnements producteurs de « radicalisation » et de « contre-radicalisation » identitaire et à l’action des intervenants sociaux auprès des personnes issues des milieux populaires, en privilégiant trois axes : le rôle des acteurs politico-institutionnels dans la prévention de la radicalisation identitaire ; le rôle des intervenants sociaux dans la prévention et le traitement de la radicalisation islamiste ; les acteurs identitaristes et les formes d’intervention sociale ethno-communautaire.

Annonce

Argumentaire

La vague d’attentats meurtriers commis par de jeunes français islamistes radicalisés à partir de 2015 a participé à l’accroissement du processus de séparatisme social, culturel, voire « ethno-racial ». Cette division sert alors les intérêts des extrémistes identitaristes et racistes, autrement dit, les militants d’extrême droite de « Fdesouche » et de « Génération identitaire » et les activistes racialistes du Parti des Indigènes de la République et leurs alliés « décoloniaux » qui voient le monde en noir et blanc et l’avenir de l’humanité comme un « choc des civilisations » et une « guerre de races ». Or, les sciences sociales ont bien décrit les processus sociaux et psycho-sociaux conduisant à la déshumanisation productrice de toutes les violences. Ces processus participent, en particulier dans des situations de tensions économique et sociale, à produire des formes de stigmatisation et de contre-stigmatisation sur des bases identitaires qui peuvent s’avérer dangereuses pour la paix sociale et aboutir à des violences meurtrières. En effet, affirmer un « Nous » considéré comme « pur » ou légitime opposé à un « Eux » jugé « impur » ou illégitime peut conduire à la production d’une violence totale. L’un des points communs des acteurs de ce processus de déshumanisation est d’insister sur ce qui divise (la religion, le sexe, la « race »…) plutôt que sur ce qui rassemble, c’est-à-dire une commune humanité au-delà du genre, du sexe, de la classe, de la culture, de la couleur de peau, etc. Ces promoteurs de division et de séparation sont également des « croisés de la morale » selon l’expression d’Howard Becker (1985) et des producteurs d’identités fermées cherchant à contrôler les corps et les esprits pour faire des « individus » des « représentants » communautaires, chargés de défendre, par la violence le cas échéant, leur communauté d’appartenance et/ou de référence.

Objectifs

Dans ce contexte, dans quelle mesure les intervenants sociaux sont-ils en capacité de prévenir la fracturation identitaire et le devenir potentiellement dangereux d’une frange des habitants des milieux populaires ? L’objectif de ce colloque est de penser la réalité de la prévention et du traitement des risques de radicalisation sur une base identitaire. Dans la pratique, ce colloque s’intéresse notamment aux environnements producteurs de « radicalisation » et de « contre-radicalisation » identitaire et à l’action des intervenants sociaux auprès des personnes issues des milieux populaires, en privilégiant trois axes : le rôle des acteurs politico-institutionnels dans la prévention de la radicalisation identitaire ; le rôle des intervenants sociaux dans la prévention et le traitement de la radicalisation islamiste ; les acteurs identitaristes et les formes d’intervention sociale ethno-communautaire.

Organisé par le Centre de Recherche International sur les Transformations et l’Intervention Sociales (CRITIS) en partenariat avec le laboratoire Communication, Organisation, Ressources Humaines, Intervention Sociale (CORHIS) de l’Université de Perpignan, l’IRTS PACA-Corse, l’IRTS-IDS Normandie, l’IRTS Normandie-Caen, l’Université de Lorraine (2L2S), l’Université de Franche-Comté, l’Université de Calabre (DISPES), l’Université de Barcelone, l’ITSRA, l’Association des Chercheurs des Organismes de la Formation et de l’Intervention Sociales (ACOFIS), le réseau « Normes, déviances et réactions sociales » de l’Association Française de Sociologie (AFS)

Programme

Jeudi 22 novembre 2018, Perpignan

9h/ Accueil

  • Fabrice Lorente, Président de l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD) – sous réserve
  • Xavier Py, Vice-Président chargé de la recherche à l’UPVD – sous réserve
  • François Sentis, Administrateur délégué du Centre de Recherche International sur les Transformations et l’Intervention Sociales (CRITIS), Directeur général de l’Institut Régional du Travail Social PACA-Corse (IRTS PACA-Corse)
  • Manuel Boucher, Professeur des universités en sociologie, Responsable de l’axe 3 « Interventions et transformations sociales » du Laboratoire Communication Ressources Humaines Intervention Sociale (CORHIS - EA 7400 UPVD-UPVM) à l’UPVD, Directeur scientifique du CRITIS

9h15/ Introduction de la journée

  • Manuel Boucher, CORHIS/UPVD - CRITIS

9h30-10h30/ Radicalités, violences et actions publiques

Animateur : Manuel Boucher, CORHIS/UPVD - CRITIS

Politiques publiques de lutte et de prévention de la radicalisation identitaire

  • Dominique Sistach, Maître de conférences (MCF) en Droit public à l’UPVD, membre de l’axe 3 du CORHIS

L'action publique saisie par la « radicalisation » : incertitudes et angles morts

  • Jérôme Ferret, Maître de conférences en sociologie (HDR-EHESS) à l’Université Toulouse 1 Capitole, Directeur Adjoint MSHS-T USR CNRS 3414

République et Radicalités au croisement du chemin : analyse des recherches conduites au sein de la chaire Unesco de prévention des radicalisations

  • Séraphin Alava, Professeur des universités en sociologie à l’Université de Toulouse 2 Jean-Jaurès, Chercheur à l'UMR EFTS, membre de la chaire Unesco de prévention des radicalisations et de l’extrémisme Violent, Chef de file h2020 Prévention des radicalisations au sein des villes

Questions identitaires et radicalisation des jeunes migrants en Calabre

  • Walter Greco, Professeur de sociologie politique - Département DISPES Université de Calabre (Italie), Responsable Scientifique Laboratoire CATI-DISPES, membre du CRITIS

10h50-11h/ Débat

11h15/ Pause

11h15-12h30/ Prévention et traitement de la radicalisation islamiste dans l’intervention sociale

Animateur : Régis Pierret, sociologue, Responsable de la recherche à l’Institut du Travail Social de la Région Auvergne (ITSRA), membre du CRITIS

Enquêter sur la radicalisation dans la protection de l’enfance

  • Manuel Boucher, CORHIS/UPVD - CRITIS

Prévention de la radicalisation et pratiques éducatives en tensions

  • Agathe Petit, docteure en Anthropologie, Responsable de la recherche à l’IRTS PACA-Corse, membre du CRITIS

Un monde local d’acteurs indécis et diversement engagés dans la lutte contre la radicalisation

  • Hervé Marchal, Professeur des universités en sociologie à l’Université de Bourgogne, membre du CRITIS

Prévention sociale publique et acteurs musulmans dans une cité populaire  

  • Mohamed Belqasmi, sociologue, Chargé de recherche à l’IRTS-IDS Normandie, doctorant à l’Université de Nice Côte d’Azur - URMIS, membre du CRITIS

Le spectre de la radicalisation. L’administration sociale en temps de menace terroriste

  • David Puaud, anthropologue, IRTS Poitou-Charentes

12h30-12h45/ Débat

12h45-14h/ Pause déjeuner

14h-15h40/ Les acteurs identitaristes et les mobilisations ethno-communautaires

Animatrice : Brigitte Baldelli, sociologue, chercheuse et formatrice à l’IRTS Perpignan et à l’UPVD, membre du CORHIS

Pourquoi le lien entre sport et radicalisation est-il mal posé ?

  • Gianni Marasà, doctorant en STAPS, Université d’Artois, Atelier SHERPAS/Équipe 3 de l’URePSSS

Anti-mouvements décoloniaux, race et identitarisme

  • Manuel Boucher, CORHIS/UPVD – CRITIS

Les intellectuels et la cause des quartiers populaires : un tiers-mondisme domestique ?

  • Nedjib Sidi Moussa, docteur en sciences politiques, auteur de La Fabrique du Musulman

La montée des « identitaires » en France depuis le début dans années 2000 : analyse d'une radicalisation

  • Yvan Gastaut, Historien, Maître de conférences (MCF) à l’Université de Nice Côté d’Azur - URMIS

Mobiles et modalités des processus de radicalisation des jeunes activistes d’extrêmes droites

  • Nicolas Lebourg, Historien, Chercheur à l’ANR - programme VIORAMIL (Violences et radicalités en France) et chercheur associé à l’Université de Montpellier - CEPEL

15h40-16h/ Débat

16h15-16h45/ Conférence conclusive

Animateur : Manuel Boucher, CORHIS/UPVD - CRITIS

Farhad Khosrokhavar, Directeur d’études EHESS, Directeur de l’Observatoire des radicalisations de la Maison des Sciences de l’Homme (MSH – Paris)

16h45-17h/ Perspectives

Le colloque se tiendra à l’Université de Perpignan (UPVD), 52 Av. Paul Alduy, 66100 Perpignan.

Inscription obligatoire jusqu’au 16 novembre 2018 sur le site de l’ACOFIS (www.acofis.org)

Mail : acofis@gmail.com

Tél. : Secrétariat - Claire Lagu – 00.33. 2.32.83.25.51

Jour du colloque : 00.33. 6. 03. 38. 32. 87

Catégories

Lieux

  • Amphi. 5 - Université de Perpignan (UPVD) - 52 avenue Paul Alduy
    Perpignan, France (66100)

Dates

  • jeudi 22 novembre 2018

Contacts

  • C. Lagu
    courriel : acofis [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Manuel Boucher
    courriel : acofis [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Fractures identitaires, radicalités et interventions sociales », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 07 novembre 2018, https://calenda.org/502234

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