AccueilUne généalogie littéraire des pratiques de soi

Une généalogie littéraire des pratiques de soi

A literary geneolgy of practices of the self

Michel Foucault, Roland Barthes, Claude Mauriac

Michel Foucault, Roland Barthes, Claude Mauriac

*  *  *

Publié le lundi 26 novembre 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Il s’agira dans le cadre de ce colloque de s’interroger, du point de vue de la littérature et de la philosophie, sur ce moment charnière de la fin des années 1970 qui voit infléchir la pensée de Michel Foucault vers une problématisation autre de son objet de recherche afin de se demander quelles fonctions a pu jouer la littérature dans la pensée des pratiques de soi du dernier Foucault.

Annonce

Argumentaire

Il s’agira dans le cadre de ce colloque de s’interroger, du point de vue de la littérature et de la philosophie, sur ce moment charnière de la fin des années 1970 qui voit infléchir la pensée de Michel Foucault vers une problématisation autre de son objet de recherche. Après avoir publié en 1976, le premier tome de l’Histoire de la sexualité, Foucault délaisse les ars eroticaepour recentrer son propos sur les pratiques du souci de soi antiques, l’Epimeleia heautou

Ce moment coïncide avec un retour implicite, indirect et non formulé à la littérature. S’il évoque alors officiellement un intérêt pour la « non-littérature », dans « La vie des hommes infâmes » c’est bien une généalogie de la « littérature au sens moderne » qu’il tente d’échafauder. De même, s’il définit à partir de Kant et de l’article « Was ist Aüklarung ? », une « attitude de la modernité » répondant à une « critique ontologique de soi-même », c’est Baudelaire qui vient l’incarner.

Alors même que Michel Foucault avait souhaité rompre avec la littérature dans les années 1960, n’y voyant plus un extérieur du langage qui pourrait interrompre un ordre du discours, le tournant des années 1970-1980 s’ouvre sur une nouvelle approche du littéraire, de l’écriture littéraire, qui n’est plus un objet d’étude mais paraît revêtir un intérêt autre. Ce retour à la littérature semble nourrir sa réflexion sur les pratiques de soi alors même qu’il n’écrit qu’un seul article, en 1983, dans le numéro consacré à l’autoportrait de la revue Corps écrit, sur l’ « Écriture de soi ». Ce que Michel Foucault définissait sous l’expression de « trip gréco-latin » pourrait avoir été pensé non seulement à l’aune des textes de l’Antiquité, mais aussi par l’observationde pratiques littéraires contemporaines qui auraient relevé de formes d’« esthétique de l’existence ». La littérature aurait été en quelque sorte l’autre de la pensée foucaldienne des pratiques de soi, cette « grande étrangère ». Comme il l’a souvent affirmé, c’est à partir d’une époque contemporaine que Michel Foucault problématise son objet d’étude, dans un mouvement centré sur l’actualité, une actualité le mettant alors en contact avec des pratiques littéraires appréhendées comme pratique de soi. 

Aussi s’agira-t-il de se demander quelles fonctions a pu jouer la littérature dans la pensée des pratiques de soi du dernier Foucault. 

Programme

Mercredi 28 novembre 

Après-midi 14h00 -18h00 – Odéon, Archéopôle

  • Accueil des participants
  • Allocution d’ouverture – Éric Benoit (Directeur de l’EA TELEM)
  • Mot d’accueil et présentation du programme de recherche –Isabelle Galichon(TELEM) & Azucena Gonzalez(Université de Grenade)
  • Introduction  « Michel Foucault, Roland Barthes, Claude Mauriac : de la littérature comme pratique de soi » 

Session 1 –Pratiques de soi : entre théorie et praxis

  • Danielle Cohen Levinas, ENS « Sur la blancheur du papier : l’exception autobiographique »
  • Emel Köse, Université de Fribourg « L’écriture de soi comme expérience limite chez Foucault »
  • Gabriel Torelly, Université Fédérale de Rio Grande do Sul (Brésil) « Ecrivain-écrivant, sorcier, professeur »

Pause

Table ronde – Écritures et pratiques de soi

  • Dominique Sigaud (Prix de la Société des Gens de Lettres pour l’œuvre 2018)
  • Xiaolu Guo (National Book Critics Circle2017 pour l’autobiographie Nine Continents)
  • Christine Herzer (Lauréate 2018 de la Cité Internationale de Arts à Montmartre « Écritures »)

Soirée 18h00 – Auditorium (Maison des étudiants)

Théâtre – Laure Fragment (CHTO Compagnie)

D’après les Écrits de Laure de Colette Peignot

Jeudi 29 novembre 

Matinée 9h30 -12h00 – Salle des thèses, Maison de la Recherche 

  • Performance – Christine Herzer (poète, artiste visuel)

Session 2 – Pratiques de soi et formes d’existence

  • Natividad Garrido Rodríguez, Université de La Laguna « La constitución de sí en el espacio de la escritura literaria bajo el ejercicio del cinismo antiguo »
  • Davide Luglio, Sorbonne Université « Pour une genèse littéraire de ‘l’esthétique de l’existence’ : Pasolini, Barthes, Foucault »

Pause

  • Makoto Fujiyama, Université Bordeaux-Montaigne « Penser la vie chrétienne avec Foucault »
  • Valeria Tettamanti, Université de Bologne « Le Neutre barthésien et l’éthique du singulier »

Après-midi 14h00-17h00 – Odéon, Archéopôle 

Session 3 – Processus de subjectivation : entre éthique et politique

  • Oscar Baroso, Université de Grenade« A proposito del humanismo tras la muerte del hombre »
  • Javier de la Higuera, Université de Grenade« Ontologie de la littérature et militantisme envers le monde dans la pensée de Foucault »

Pause

  • Laura Cremonesi, Scuola Normale Superiore (Pise) « Transfiguration et critique : Foucault, Baudelaire et l’ontologie du présent »

Soirée 19h00 – Librairie La Machine à lire

(place du Parlement à Bordeaux)

Lecture d’une sélection de textes réalisée par Serge Renko

En présence de Marielle Macé et Xiaolu Guo (National Book Critics Circle2017)

Vendredi 30 novembre

Matinée 9h30 -12h30 – Salle des thèses, Maison de la Recherche

Session 4 – Écriture de soi et éthique de soi

  • Christophe PébartheGuillaume Dubouilh, Université de Bordeaux « Dessiner un sujet résistant à partir de la subjectivation antique, selon Michel Foucault »
  • Kim Sang Ong-Van-Cung, Université de Bordeaux-Montaigne « Écriture et éthique. Foucault et Barthes »

Pause

  • Marielle Macé, EHESS « A qui parler de toi, sinon à la parole ? – Autour des mots du deuil »
  • Nicolas Poirier, Université Paris-Nanterre « Exil et autobiographie. Elias Canetti et Edward Saïd »

Déjeuner à l’Archéopôle

Après-midi 14h00-17h00 – Odéon, Archéopôle 

Session 5 – Poétiques de l’écriture de soi et autobiographie

  • Béatrice Bloch, Université Bordeaux-Montaigne « Beauvoir : écrire pour dessiner sa vie, actualité de l’existentialisme à l’aune de Michel Foucault ? »
  • Giuseppe Crivella, Université de la Pérouse « Vers une égologie apophatique… L’acaciade Claude Simon entre Foucault et Blanchot »

Pause

  • Beltran Jimenez Villar, Université de Grenade « Quien es el sujeto del ensayo ? Montaigne y el nacimieno del ethosmoderno »
  • Maureen Kelly, Université de Chicago « Confession and literature »

Lieux

  • Esplanade des Antilles
    Pessac, France (33)

Dates

  • mercredi 28 novembre 2018
  • jeudi 29 novembre 2018
  • vendredi 30 novembre 2018

Mots-clés

  • subjectivation, écriture de soi

Contacts

  • Isabelle Galichon
    courriel : isabelle [dot] galichon [at] orange [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Isabelle Galichon
    courriel : isabelle [dot] galichon [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Une généalogie littéraire des pratiques de soi », Colloque, Calenda, Publié le lundi 26 novembre 2018, https://calenda.org/518338

Archiver cette annonce

  • Google Agenda
  • iCal