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Migration: a research topic for or beyond political science?

Les migrations : objet pour ou au-delà de la science politique ?

ST85 XVe congrès de l'Association française de science politique (AFSP)

*  *  *

Published on Monday, December 10, 2018 by Céline Guilleux

Summary

Cette section thématique, organisée dans le cadre du XVe congrès de l'Association française de science politique (AFSP), porte sur la place de la science politique dans la compréhension de l’objet « migrations ». L’ambition scientifique est d’interroger la contribution théorique et analytique de la science politique aux études migratoires et inversement la contribution des études migratoires aux questionnements « classiques » de la science politique. Existe-t-il des paradigmes, des échelles d’analyse, ou des questionnements propres à la science politique ? La section thématique entend dépasser la fragmentation des travaux de recherche sur les migrations et valoriser l’articulation et la complémentarité d’analyses venues des différents sous-champs de la discipline, tout en en questionnant le potentiel et les limites. Elle valorise les efforts de dépassement des unités d’analyse classiques (individus, groupes, État) et niveaux d’analyses établis (individuel, local, national, international).

This thematic session (ST), organized as part of the AFSP’s 15th Congress, focuses on the place of political science in the understanding of international migration. Our ambition is to question the theoretical and analytical contribution of political science to migration studies and conversely the contribution of migration studies to the analysis of the central research topics in political science about migration. Are there paradigms, scales of analysis, or questions specific to political science? The thematic session intends to overcome the fragmentation of the research in political science. It aims at enhancing the articulation and complementarity of the different subfields of the discipline, while questioning the potential and limits of each. While selecting the papers presented, we will value ​​efforts to go beyond traditional analysis units (individuals, groups, states) and established levels of analysis (individual, local, national, international). 

Announcement

Argumentaire

Foisonnement, fragmentation et interdisciplinarité caractérisent les études migratoires contemporaines. Face à ce constat, cette section thématique, organisée dans le cadre du 15ème Congrès de l'AFSP, porte sur la place de la science politique dans la compréhension de l’objet « migrations ». L’ambition scientifique est d’interroger la contribution théorique et analytique de la science politique aux études migratoires et inversement la contribution des études migratoires aux questionnements « classiques » de la science politique. Existe-t-il des paradigmes, des échelles d’analyse, ou des questionnements propres à la science politique ? La ST entend dépasser la fragmentation des travaux de recherche sur les migrations et valoriser l’articulation et la complémentarité d’analyses venues des différents sous-champs de la discipline, tout en en questionnant le potentiel et les limites. Elle valorise les efforts de dépassement des unités d’analyse classiques (individus, groupes, État) et niveaux d’analyses établis (individuel, local, national, international). Elle sera attentive aux comparaisons synchroniques et diachroniques. Les débats s’organisent autour des trois axes suivants :

Axe 1 : Interroger les typologies des migrations et des mobilités internationales

La catégorisation des migrations — « volontaires », « forcées », « légales », « illégales », « économiques », « familiales », « qualifiées », « étudiantes », etc. — et des personnes en situation post-migratoire — « Étranger », « immigré », « expatrié », « immigrés de la deuxième génération », « personne issue de la diversité », etc. — structure le débat public et permet aux acteurs de légitimer les politiques engagées. Ce n’est pas seulement les migrants que l’on catégorise, mais également les États et les modèles de société selon leur place supposée dans des mouvements migratoires perçues comme linéaires. Ces typologies, qui pénètrent de façon plus ou moins critique le discours scientifique, montrent leurs limites en raison de la complexité des itinéraires et du rallongement de certaines trajectoires migratoires. Ce premier axe de réflexion accueille des travaux qui portent sur les processus de catégorisation des migrants, de leurs descendants ainsi que des États et sociétés qui les voient partir, arriver, rester, s’installer ou transiter. Il encourage les contributions qui portent sur les usages politique passés et présents de ces catégories ainsi que les travaux qui participent à l’établissement de typologies et de catégories alternatives.

Axe 2 : Repenser la centralité de l’État

Dans le cadre de cet axe, il sera à la fois de sortir de la « pensée d’Etat » (Sayad 1999) et de l’appréhension des migrants par le haut, tout en reconnaissant que la structuration des débats migratoires, l’intégration des nouveaux venus et les contrôle des « indésirables » placent l’État au cœur de l’analyse. L’élaboration et la mise en œuvre des politiques migratoires impliquent d’autres acteurs (associatifs, religieux, privés) que les seuls acteurs étatiques. Cette ST invite aussi à complexifier l’analyse de ces derniers en abordant entre autres les modalités d’externalisation du contrôle, de privatisation de la gestion migratoire, la gouvernance au guichet (Spire 2008) ou encore l’impact sur les relations internationales et la difficile émergence d’une gouvernance globale de la migration (Badie et al. 2008). Les communications abordant ces différents processus sont les bienvenues.

Axe 3 : Intégrer les échelles dans les analyses migratoires

Un autre enjeu de l’appréhension du phénomène migratoire contemporain réside dans la variété des niveaux d’analyses : du niveau individuel (les migrants et leur trajectoires), au niveau local (la perception locale de l’arrivée), au niveau national (les réponses étatiques et les controverses associées), au niveau global (l’impact sur les relations internationales, les causes globales des migrations    environnement, conflits, pauvreté, la constitution d’enjeux transnationaux liés). La section thématique permettra d’envisager les concepts et les analyses qui lient ces différentes échelles ainsi que les approches comparatives pour nuancer des processus homologues.

Modalités de soumission

Les propositions de communication, en français ou en anglais, sont à envoyer avant le 12 décembre 2018 aux responsables scientifiques, aux adresses suivantes :

  • farida.souiah@univ-amu.fr
  • damien.simonneau@usaintlouis.be

Responsables 

  • Simmoneau, Damien
  • Souiah, Farida

Références bibliographiques

Badie Bertrand et al., Pour un autre regard sur les migrations. Construire une gouvernance mondiale, Paris, La découverte 2008.

Bigo Didier, “Borders, mobility and security”, Kauppi Niilo (ed.), A political sociology of transnational Europe, ECPR Press, 2013, p. 111-126.

Brettell, Caroline et James Hollifield. Migration Theory: Talking across Disciplines. 2e éd. New York: Routledge, 2007.

Guiraudon Virginie, “Weak Weapons of the Weak? Transnational Mobilisation around Migration in the European Union”, in D. Imig & S. Tarrow (dir.), Contentious Europeans. Protest and Politics in an Emerging Polity, Lanham, Rowman and Littlefield, 2001, p.163-183.

Hamidi, Camille, et Nicolas Fischer. Les politiques migratoires. Repères Sociologie. Paris : La Découverte, 2016.

Jeandesboz Julien & Polly Pallister-Wilkins, “Crisis, Routine, Consolidation: The Politics of the Mediterranean Migration Crisis”, Mediterranean Politics, 21:2, 2016, p. 316-320.

Martiniello, Marco. « Comparisons in Migration Studies ». Comparative Migration Studies 1, no 1, 2013, pp.7-22.

Morawska, Ewa, et Michael Bommes (dir). International Migration Research: Constructions, Omissions and the Promises of Interdisciplinarity. Aldershot, Hants, England ; Burlington, VT : Routledge, 2005.

Sayad Abdelmalek, « Immigration et “pensée d’État” », Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 129, 1999, Délits d’immigration. p. 5-14.

Spire Alexis, Accueillir ou reconduire. Enquête sur les guichets de l’immigration, Raisons d’agir, 2008, 124 p.

Vuddamalay, Vasoodeven, et Catherine Wihtol de Wenden. « Migration and Migration Research in France ». In International Migration and the Social Sciences, édité par Ellie Vasta et Vasoodeven Vuddamalay, Palgrave Macmillan UK, 2006, p. 79-142.

Argument

Variety, fragmentation and interdisciplinarity characterize contemporary migration studies. This thematic session (ST),organized as part of the AFSP’s 15th Congress, focuses on the place of political science in the understanding of international migration. Our ambition is to question the theoretical and analytical contribution of political science to migration studies and conversely the contribution of migration studies to the analysis of the central research topics of political science. Are there paradigms, scales of analysis, or questions specific to political science? The ST intends to overcome the fragmentation of the research in political science about migration. It aims at enhancing the articulation and complementarity of the different subfields of the discipline, while questioning the potential and limits of each.  While selecting the papers, we will value ​​efforts to go beyond traditional units of analysis (individuals, groups, states) and established levels of analysis (individual, local, national, international). We will be attentive to synchronic and diachronic comparisons. The debates will be organized according to three research lines or axes: Questioning categories and typologies of migration and international mobility (axis 1); Rethinking the centrality of the state (axis 2); and Integrating scales into migration analyses (axis 3).

Axis 1: Questioning categories and typologies of migration and international mobility

The categorization of migration—as “voluntary”, “forced”, “legal”, “illegal”, “economic”, “family”, “skilled”, “student”, etc.—and individuals in a post-migration situation (“foreigners”, “immigrant”, “expatriate”, “second generation”, “diversity”, etc.) structure the public debate and legitimize migration policies. It is not only migrants that are categorized, but also States and societies according to their place in migratory movements perceived as linear. These typologies, which infuse the scientific discourse in more or less critical ways, show their limits because of the complexity of migrants’ routes and trajectories. This first axis welcomes research that focuses on the process of categorizing migrants and their descendants as well as States and societies from which they leave and where they arrive, stay, settle or transit. We welcome contributions that focus on the past and present political uses of these categories as well as proposals that contribute to the development of alternative typologies and categories.

Axis 2: Rethinking the centrality of the State

 It is a question of both getting out of “state thinking” (“pensée d’État”) (Sayad 1999) and the apprehension of migration “from the top”, while recognizing that the organization of migration debates, the integration of newcomers and the control of “undesirables” place the State at the heart of the process. The development and implementation of migration policies involve more actors than state actors, especially NGOs, diaspora communities, the private sector and religious charities. It also invites layers of complexity to be added to the issues analysed by addressing, among other things, the outsourcing of control, the privatization of migration management, governance au guichet (at the ticket counter) (Spire 2008) or the impacts on international relations and the difficult emergence of a global governance of migration (Badie et al. 2008). Papers addressing these different processes are welcome.

Axis 3: Integrating scales into migration analyses

Another challenge to understanding contemporary migratory trends lies in the variety of levels of analysis: from the individual level (migrants and their trajectories), to the local level (the local perception of the arrival of newcomers), the national level (State responses and associated controversies), the global level (impact on international relations, global and transnational advocacy campaigns related to migration). We welcome contributions that link different scales of analysis, as well as comparative approaches that provide more nuanced understanding of similar processes.

Submission guidelines

Proposals, in French or English, have to be sent

by the 12 December 2018,

to the scientific coordinators of the Session :

  • farida.souiah@univ-amu.fr
  • damien.simonneau@usaintlouis.be

References

Badie Bertrand et al., Pour un autre regard sur les migrations. Construire une gouvernance mondiale, Paris, La découverte 2008.

Bigo Didier, “Borders, mobility and security”, Kauppi Niilo (ed.), A political sociology of transnational Europe, ECPR Press, 2013, p. 111-126.

Brettell, Caroline et James Hollifield. Migration Theory: Talking across Disciplines. 2e éd. New York: Routledge, 2007.

Guiraudon Virginie, “Weak Weapons of the Weak? Transnational Mobilisation around Migration in the European Union”, in D. Imig & S. Tarrow (dir.), Contentious Europeans. Protest and Politics in an Emerging Polity, Lanham, Rowman and Littlefield, 2001, p.163-183.

Hamidi, Camille, et Nicolas Fischer. Les politiques migratoires. Repères Sociologie. Paris : La Découverte, 2016.

Jeandesboz Julien & Polly Pallister-Wilkins, “Crisis, Routine, Consolidation: The Politics of the Mediterranean Migration Crisis”, Mediterranean Politics, 21:2, 2016, p. 316-320.

Martiniello, Marco. « Comparisons in Migration Studies ». Comparative Migration Studies 1, no 1, 2013, pp.7-22.

Morawska, Ewa, et Michael Bommes (dir). International Migration Research: Constructions, Omissions and the Promises of Interdisciplinarity. Aldershot, Hants, England ; Burlington, VT : Routledge, 2005.

Sayad Abdelmalek, « Immigration et “pensée d’État” », Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 129, 1999, Délits d’immigration. p. 5-14.

Spire Alexis, Accueillir ou reconduire. Enquête sur les guichets de l’immigration, Raisons d’agir, 2008, 124 p.

Vuddamalay, Vasoodeven, et Catherine Wihtol de Wenden. « Migration and Migration Research in France ». In International Migration and the Social Sciences, édité par Ellie Vasta et Vasoodeven Vuddamalay, Palgrave Macmillan UK, 2006, p. 79-142.

Places

  • Bordeaux, France (33)

Date(s)

  • Wednesday, December 12, 2018

Keywords

  • migration, politique migratoire, catégorisation, acteur, échelle d’analyse, interdisciplinarité

Contact(s)

  • Farida Souiah
    courriel : farida [dot] souiah [at] univ-amu [dot] fr
  • Damien Simonneau
    courriel : damien [dot] simonneau [at] usaintlouis [dot] be

Information source

  • Farida Souiah
    courriel : farida [dot] souiah [at] univ-amu [dot] fr

To cite this announcement

« Migration: a research topic for or beyond political science? », Call for papers, Calenda, Published on Monday, December 10, 2018, https://calenda.org/520534

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